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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 14:11

Paris. 2 millions d'habitants. Juste le nom fait rêver. Ses cafés, musées, la Seine, son architecture, son histoire, le Louvre, Le jardin des plantes, du Luxembourg, ses poètes, sa vie nocturne, comme tout cela me manque parfois. Les longues marches que j'y ai pris, seul pour mieux goûter l'ambiance, pour me perdre délicieusement, pour être surpris au détour d'une rue par une place avec sa fontaine ou un marché, une rue probablement chargée d'histoire. Prendre un café, flâner le long de la Seine, regarder les péniches chargées à bloc remontant péniblement la rivière, les bateaux transportant les touristes qui auront "fait" Paris en 3 ou 4 jours, photographiant Paris ou plutôt eux avec pour décor Paris. "Moi" devant la tour Eiffel, "moi" devant la Joconde, "moi" devant l'Arc de Triomphe, "moi" sur les Champs Élysées.

 

Paris, j'y ai habité pendant 9 ans et beaucoup de "mystères", lieux, concernant cette ville restent à être découverts. Paris ne se découvre pas en quelques jours et ne se découvre pas devant n'importe qui. Il faut lui consacrer du temps si vous voulez qu'elle se dévoile.

 

Je me souviens de promenades mémorables le matin, je veux dire le matin très tôt, genre 4 heures et demie-5 heures, lorsque le soleil se lève tout juste, les musiciens, serveurs-serveuses, noctambules de toutes sortes, prostituées et autres "travailleurs" de la nuit sont couchés (la plupart) et ceux qui bossent le jour ne sont pas encore levés. Il existe un laps de temps, une brèche où Paris est presque calme. Pas de voiture ou très peu, le métro n'a pas encore repris son service, le gens qui travaillent sur les marchés s'affairent à monter leurs étals. Paris ne dort jamais? Si, quelques minutes, d'un sommeil léger et presque silencieux.

 

On rencontre, à cette heure, les gens qui nettoient Paris, lui refont une beauté, un lifting journalier. En particulier les balayeurs de rue. Oui, Paris s'offre un coup de balais le matin mais aussi tout le long du jour. On balaie à la main, avec des balais en plastique vert dont la forme rappelle les anciens balais faits avec des branches qu'on auraient mis ensemble et ficelés. Efficaces, peu bruyants, les balayeurs font couler de l'eau le long des trottoirs grâce à un système, genre de petite borne fontaine, qui fournit de quoi bien laver les rues en emportant les déchets vers les égoûts. Paris est prête pour une autre journée de labeur.

 

St-Gabriel. 3500 habitants. La nuit est complètement calme, on entendrait une mouche voler. De temps en temps un camion transportant des arbres passe, bouscule cette tranquilité et réveille probablement les dragons en plastique qui ornent le toit d'une ancienne boutique d'artisans. St-Gabriel, paradis de la moto-neige. St-Gabriel royaume du moteur.

 

Dans mon village on nettoie les rues également. Pour ce faire on utilise un énorme camion qui réveillerait un mort quant au bruit qu'il émet, crache une fumée noire et laisse quantité de déchet trop petits ou lors de manoeuvres que ce mastodonte doit effectuer pour éviter les voitures garées sur le bord des rues. Sur le camion une phrase stipule: "gardons notre ville propre"...

 

Deux villes, deux concepts.

 

Paris. Juste le nom fait rêver.

 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 14:14

Depuis l'âge de 9 ou 10 ans, âge où on commence à voir et comprendre que les adultes nous ont menti sur plein de choses, je me demande ce qu'il peut y avoir de beau et de grand dans le fait de croire. Déjà un peu plus jeune, lorsqu'il était presque obligatoire (Je dis presque car mes parents ont eu la gentillesse de m'épargner les cours insipides et hypocrites de "sciences religieuses"-déjà le nom aurait dû affoler tout être pensant) de suivre les cours de religion, je voyais la totale indifférence de mes camarades de classe pout les dits cours. Nous subissions les âneries qui y étaient dites sans poser de questions, à cet âge on peut nous faire croire n'importe quoi de toute façon. Je voyais et sentais bien que vraiment peu des élèves prenaient au sérieux ou étaient touchés par le discours  pompeux et lénifiant des prêtres ou curés qui passaient partager la "bonne parole" avec nous.

 

Pour tout dire, l'impression que me laissaient ces croyants professionnels, qui a encore des échos dans mon être aujourd'hui, mon impression générale était une sorte de visquosité, de quelque chose de collant et de malsain qui se dégageait de leurs paroles. Trop douce pour être vrai. Leur discours, leur voix me mettait mal à l'aise, sentiment partagé par beaucoup de mes amis sans savoir pourquoi. Le résultat de ce malaise se traduisait par des moqueries que je ne répèterai pas ici. On est si directe étant enfant, si vrai et, vu de la "hauteur" du jugement d'adulte, si dur. Ce n'est que plus tard que l'on apprend à tergiverser, ne pas dire ou avec tant de nuances que notre discours devient fade et sans goût. Ce n'est que plus tard que l'on apprend la diplomatie. Souvent "diplomate" parce qu'incapable de voir la vérité en face. Handicapé par un égo qui ne supporte pas de se voir dans une glace ou voir la vie telle qu'elle se présente. Alors on se met à croire.

 

À croire dans un monde meilleur au lieu de le faire et bâtir maintenant. À espérer ce paradis qui m'a toujours semblé d'un ennui sans fond. Croire pour éviter de se mettre au travail. Tout de suite. Maintenant. Avec le véritable sentiment de participer à quelque chose qui nous dépasse. La fraternité.

 

Je ne vois pas la beauté de la foi. Je m'excuse. Je n'ai pas été touché et ceux qui me disaient ou me disent l'être ou à tout le moins en parle, ne présentent aucune différence dans leurs actions que ceux qui n'ont pas cette "chance". Par contre j'ai croisé des gens touché par la grâce, cette espèce de façon de voir,faire dire les choses avec intelligence et beauté.

 

Bach, Cocteau, Matisse, Nelligan, Velasquez, Proust, Mozart. Des noms qui résonnent en vous, simplement pour vous donner une idée de ce que j'entends par grâce. Rien à voir avec le fait de croire ou non. Des artistes pouvaient être plein de grâce dans leur spécialité mais "ordinaires" dans leur vie de tous les jours. Sans prétentions religieuses ou sans liens avec le fait de croire, d'avoir la foi.

 

Non, vraiment, je ne vois pas la beauté de croire, d'avoir la foi. Pour moi, et je ne veux manquer de respect à personne, c'est une maladie qu'on nous transmet (souvent jeune...plus facile) ou que l'on attrape par désespoir, quand justement on espère plus, on ne rêve plus. Par rêve j'entends la capacité du cerveau de penser ou concevoir quelque chose afin de le réaliser.

 

Les rêves diurnes doivent donc être "raisonnables", en lien avec la réalité.

 

La soit-disant beauté de la foi est culturelle et certainement pas innée chez l'être humain. 

 

Dom Helder Camara, archevêque Brésilien a déclaré:«Quand je nourrissais les pauvres, on me tratait de saint. Quand j'ai demandé pourquoi ils étaient pauvres, on m'a traité de communiste.»

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 09:47

À l'heure où j'écris ces quelques lignes, Orion se lève, majestueuse, annonciatrice de l'hiver qui s'en vient. L'été elle reste à l'horizon et on ne peut l'apercevoir que si l'on est ou en mer ou dans un endroit plat genre Prairies de l'ouest canadien. Le ciel est limpide, le temps calme, pas de vent, l'air est doux, nuit de fin d'été, début de ma saison préférée, l'automne.

 

Tout scintille là-haut, tout est d'une clarté et d'une transparence à couper le souffle. Si on regarde attentivement, si on prolonge notre observation on peut ressentir une espèce de vertige devant l'immensité, l'infinie beauté de ce ciel. On  imagine et sent notre planète si petite, si fragile et éphémère dans cette mer d'étoiles sans fin. Il faut lever le regard, regarder et voir.

 

Il faut lever les yeux pour voir mais aussi élever notre esprit pour sentir l'union de tout ceci, la grande force tranquille qui se dégage de toute cette folle beauté. Les mots ne peuvent que corrompre cet état, la pensée aussi. Le silence est le seul moyen de goûter l'infini. Toutes les musiques, poésies, réflexions, analyses, philosophies ne sont que des images,des ombres de cette réalité qui nous entoure constamment et que l'on oublie d"écouter, parce que trop occupé à vouloir la saisir. Or, on ne peut saisir cette réalité que si on se tait. Je parle ici du silence total, extérieur et intérieur. Il existe des silences tout-à-fait bruyants comme celui qui ne dit rien mais n'en pense pas moins...Le silence des gens qui souffrent est une cacophonie qui fait mal à nos oreilles "intérieurs".

 

C'est dans des moments comme cette nuit que j'aurais envie d'embrasser le monde entier et lui dire qu'il existe quelque part un monde de paix véritable, de silence silencieux, de beauté innéfable.

 

J'ai envie de pleurer et de rire, de prendre la souffrance du monde dans mes mains et la souffler comme on souffle et fait voler les graines de pissenlits, ses petits parapluies blancs. Je suis la force et la faiblesse de la terre. "Je" n'existe plus. N'existe que l'exquise force de la faiblesse et du néant. L'autre monde est là, tout proche, il colle à mon être et le dissout à coup de silences et de riens, de vides remplis de sens. Tout devient insignifiant et important, tout devient Un.

 

La mort n'est pas triste pour celui qui la vit mais pour celui qui reste, parfois. Et cette tristesse n'est-elle pas une forme d'égoïsme? De quoi sommes-nous triste?  Du malheur d'avoir perdu un ou une amie? De notre sort? La perte d'un être cher est dramatique. La vie est dramatique. Pas la mort. 

 

On doit apprivoiser la mort, en faire notre amie et vivre chaque jour avec elle. Elle n'est pas la fin de tout mais la continuité de la vie. Elle n'en est pas séparé. Bien sûr, on ne doit pas la souhaiter mais la regarder et l'observer dans toute sa beauté et sa grande justice.

 

Orion est presque à son zénith maintenant, le soleil va se lever dans quelques minutes. Il fera disparaître les étoiles et brillera de milles feux.

 

Les étoiles seront toujours là, derrière le soleil aveuglant, comme la mort est là derrière la brillance de la vie. Celui-ci ne doit jamais nous faire oublier celle-là au risque de devenir insignifiant et prétentieux.

 

 

 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 15:33

Je viens de prendre connaissance d'un article qui me laisse pour le moins perplexe. Monsieur Robert Beauchemin, critique culinaire, titre son article: «Qui a peur du jazz?» alors que celui-ci traite de son expérience (plutôt négative) d'un repas pris dans le club de jazz le Dièse Onze.

 

Son texte incendiaire repose sur un seul repas pris dans cet endroit, j'imagine dans la semaine précédent son article et sur quelques items choisis dans la carte. Lorsqu'on décide de pondre un texte si négatif à propos d'un endroit qualifié de "survivant" par l'auteur même, donc vulnérable, il me semble qu'on doit y aller avec plus de sérieux, prendre toutes les mesures pour être certain de la validité de notre propos. Ce n'est pas le cas ici. 

 

Monsieur Beauchemin est très mal renseigné sur l'existence et le nombre de club de jazz à Montréal ce qui indique le peu de temps qu'il a pris pour nous donner l'heure juste en ce qui concerne ce sujet. Il existe, monsieur Beauchemin, d'autres endroits spécialisés dans le jazz (un de ces endroits vient de fêter ses 25 ans d'existence...) qui servent également de la nourriture, comme le Dièse Onze, sans prétention gastronomique.

 

Ceci dit, après avoir discuter avec le patron du Dièse Onze, il est tout à fait juste que la qualité de la nourriture ce soir-là était mauvaise. Les faits sont reconnus et des ajustements (qui ne sont pas les premiers) ont tout de suite été faits. Facile. Le cuisinier, lors du passage de ce critique culinaire, n'était pas celui qui officie habituellement. Ce n'est pas une raison pour servir une nourriture mauvaise mais on peut peut-être essayer de comprendre le pourquoi des choses avant de tout rejeter en bloc, l'eau et le bébé avec. Je crois savoir que monsieur Beauchemin a une formation en anthropologie ou en histoire ce qui devrait lui donner une certaine compréhension de la complexité des choses humaines et une vision un peu plus scientifique du processus de la critique.

 

À savoir: Bien se renseigner sur l'historique des boites de jazz, étudier avec plus d'attention la globalité de la carte au risque de faire des généralités sans aucune base sérieuse (surtout si l'on a décidé "d'achever" ce survivant),  passer rapidement sur les desserts («les desserts sont tout aussi désolants» Tous les desserts?, et les vins («hmmmm. rien à dire» Ça veut dire quoi "rien à dire"?) me parait bien léger comparé au texte lourdement négatif de Robert Beauchemin.

 

De plus, dans un souci de toujours améliorer son endroit et de communiquer avec ce critique, le patron du Dièse Onze s'est donné la peine de téléphoner à plusieurs reprises à monsieur Beauchemin qui n'a pas daigné, à ce jour, répondre aux tentatives du "survivant".  

 

Petite anecdote pour finir: je viens de consulter le "Protégez-vous" du mois d'août qui fait un topo sur les meilleures frites vendues dans divers restos...Dans les plus grasses (98%!) on retrouve celles de "Frites Alors" recommandé par...Robert Beauchemin en 2008.

 

Personne n'est parfait et personne ne va jeter Robert Beauchemin avec l'eau du bain. 

 

Pour lire l'article en question: http://www.cyberpresse.ca/vivre/cuisine/restaurants/201108/19/01-4427171-au-club-diese-onze-qui-a-peur-du-jazz.php

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 12:53

La musique de jazz est devenu une musique fourre-tout où chacun se fait une idée de ce qu'elle peut contenir. Musique dont les origines sont elles-mêmes diverses mais qui, au cours des époques, à toujours été une musique de liberté et de rythme. Les organisateurs de festival dit de jazz l'ont bien compris et ne se gêne pas pour présenter, au nom de cette liberté, n'importe quoi.

 

Je ne suis pas puriste, loin de là, et je dois avouer que beaucoup de musique portant le "label" jazz  me laisse complètement froid, indifférent et, à la limite, me tombe sur les nerfs.

 

Il y a tout d'abord l'attitude "jazz" (qui m'ennuie) où la personne qui en est atteinte est supposé être "cool", au-dessus de ses affaires, dragueur impénitent, noceur de première, sans véritable culture et cachant ce fait sous des airs de fausse modestie. Il faut dire que l'idée, tenace, du jazzman buvant, fumant, se couchant tard vient probablement du fait que cette musique a été joué pendant une longue période presqu'uniquement dans les bars et autres bouges malfamés.

 

On peut parler, dans certain milieu, de racisme à l'égard de cette musique. Je me souviens, il n'y a pas longtemps, d'un chef d'orchestre avec qui je travaillais pour présenter un concert, me dire au moment d'une répétition, lorsque mon solo devait commencer: "Là, tu fais ton show". Mon show, comme il l'appelait, était pour moi tout l'inverse! Peut-on imaginer qualifier de "show" le soliste jouant les suites de Bach ou le concerto pour violoncelle de Dvorak, de faire son "show"? Évidemment non! Mais ce chef, dans sa petite bulle suffisante, avait cette idée, pas trés généreuse et plutôt obtuse, que mon solo se résumait à faire un "show"! 

 

Il arrive malheureusement trop souvent, de la part de mes confrères pratiquant la musique classique, que de telles inepties soient encore admisent. La culture ne se résume pas à connaître uniquement sa spécialité. Des musiciens comme Leonard Bernstein, Mitropoulos, Ravel, Milhaud, entre autres, l'auront bien compris et fait comprendre.

 

Beaucoup de malentendus concernant le jazz continuent de mal faire connaître cette musique. Je me rappelle les yeux noirs, répobrateurs de la responsable de la phonothèque du conservatoire lorsque j'étais étudiant et osais écouter Éric Dolphy ou John Coltrane (faut dire que je montais le son uniquement pour me délecter de son courroux)! On parle des années 77-78-79!

 

J'ai souvenir également d'avoir passé mes examens (en saxophone classique) avec un "bec" ou embouchure destiné pour le jazz. Hérésie totale! Panique dans le jury! De quoi! Du haut de mon arrogance d'adolescent, j'osais, encore une fois, défier le bon goût "classique". Ce bon goût était pour moi sclérose, manque d'imagination et pure snobisme. J'ai rencontré la même attitude lorsque j'ai tenté de continuer mon apprentissage à L'université McGill. J'étais "trop moderne" pour le directeur du big band... Moi, tout ce que je voulais c'était apprendre tous les jazzs! Sidney Bechet et Wayne Shorter, Louis Armstrong et Miles Davis, Earl Hines et Herbie Hancock! Et là, je ne parle que du jazz! Toutes les musiques m'intéressaient et m'intéressent. Ce n'est pas le style mais la pertinence du discours derrière celui-ci qui m'interpelle. Le contenu plus que le contenant. Bach et Hendrix sont des musiciens pertinents.

 

Vous aurez deviné, je n'ai pas terminé mon cursus musical dans ces établissements et j'ai commencé l'étude du jazz et des autres musiques en auto-didacte, qui se poursuit au moment d'écrire ces lignes. (Pour l'anecdote, j'ai quand même passé les fameux examens au conservatoire, avec mon bec-jazz.... et était reçu pour l'année suivante!)  

 

Le jazz est une musique des possibles. En fait, pour être tout à fait honnête, je n'ai aucun intérêt dans la vaste majorité du jazz qui se fait ou pratique aujourd'hui. Tous ces imbéciles qui se tuent au travail pour atteindre une technique de virtuose et qui ne sauront pas quoi faire avec...Mettre la charrue avant les boeufs me parait la plus juste façon de présenter leur travail.  

 

La vrai question est de savoir si l'on a quelque chose à dire et si oui, comment le dire. C'est un peu comme si un écrivain en herbe s'échinait à apprendre le dictionnaire par coeur sans réfléchir à ce qu'il veut écrire et transmettre.

 

Nadia Boulanger affirmait que la première chose que l'on doit connaître lorsque l'on est face à des étudiants, c'est de savoir s'ils portent en eux un véritable amour pour ce qu'ils font. 

 

 

 

          

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 01:06

Faire de la musique. Quelle magnifique façon de communiquer avec les gens. Jamais je ne serai assez reconnaissant au destin, aux circonstances, d'avoir mis sur mon chemin la possibilité de choisir cet art. En fait je n'ai jamais vraiment choisi mais laissé les choses arriver: la technique du bouchon comme disait Renoir père. Se laisser aller dans le courant de la vie, sans trop chercher à contrôler ou influer sur le cours des évènements. C'est ainsi que peu à peu je me suis laissé happer par les sons, les rythmes. Jamais je me suis douter que faire de la musique m'ouvrirais toutes ces portes, me donnerait des joies si pleines et profondes.

 

Des rencontres, parfois lumineuses, ont marqué mon esprit suffisament pour pousser plus loin, de façon plus profonde mon envie de connaître cet art. Ces influences n'ont pas forcément été directes. Elles l'ont été par le truchement de disques, de livres, de films et les personnages marquants rencontrés n'étaient pas tous musiciens, loin s'en faut.

 

Je me rapelle ce professeur de français en secondaire 4, pianiste à ses heures, fou de littérature, haut comme trois pommes portant le costume (cravate...je ne me souviens plus) et plein d'énergie, affable mais sans aucune complaisance. Certainement une des premières rencontres marquantes, ouverture des premières portes, des possibles, d'avenirs autres que l'usine du coin ou le métier abrutissant et frustrant mais rémunérateur. Le travail pour gagner sa vie et non pas pour grandir, s'épanouir, connaître et apprendre.

 

Apprendre est probablement le mot-clé d'une vie, la raison première de toute existence digne de ce nom. Toutes ces heures passées en solitaire mais jamais seul, comme le dit si bien Leonard Bernstein, à étudier, écouter, réfléchir, ne donnent pas le sentiment d'être isolé mais participent ou donnent le sentiment d'être et d'appartenir à une communauté. Le musicien se sent seul surtout lorsqu'il est dans le monde. Ce monde. Celui de l'apparence, du superficiel, du jetable, du médiocre et du consommable.

 

On ne consomme pas la culture, on y participe. On consomme la culture industrielle: ces produits destinés à être vendu comme de la lessive, pensés pour plaire au plus grand nombre. Je pense ici à tous ces chanteurs et chanteuses formatés et, comme la bouffe, sans véritable goût, bien empaquetés, ficelés comme du saucisson, destinés à faire des "tubes" (hits) pour des gamin(e)s décérébrés. Par définition, un "tube", c'est creux! «Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es» comme disait le philosophe. «Dis-moi ce que tu écoutes et je te dirai qui tu es» pourrais-je dire. 

 

À l'opposé de cette culture de masse, industrielle, on retrouve les gens qui sont, non pas affamé d'art, mais du prestige que l'art peut leur procurer. Côtoyer des artistes de renom donne du panache, paraît bien et n'engage pas à grand chose finalement. Je pense à tous ces snobs qui vont aux concerts pour se montrer, ou montrer qu'il font parti de cette élite qui est suffisamment "sensible" pour apprécier le "véritable" art, qui comprenne tellement bien la valeur ($?...) de ce que représente un artiste réputé. Je passe rapidement sur les organisateurs prétentieux, traitant les musiciens comme de la marchandise, les critiques qui vont aux concerts avec partition (Hey! on écoute un concert, on ne le lis pas!..) et les artistes vendus, prêts à lécher le derrière de n'importe qui pour faire avancer leur carrière.

 

La musique rend plus humain. La musique affine, aiguise la pensée. Elle nous transporte dans un autre monde, non pas pour s'évader de celui-ci, mais pour mieux le comprendre, s'en éloigner pour le voir dans sa globalité. Musique-refuge pour se protéger de la froideur de nos rapports dits humains. Musique pour oublier ou se rappeler.

 

Les mots traversent l'esprit. La musique traverse l'âme.      

 

 

 

       

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 12:37

Ce matin tout est gris. Une brume épaisse enveloppe l'ensemble des choses et ne laisse voir que les contours, flous, sans consistances, fades parce que mal définis. Plus ou peu de contrastes violents. Même les sons sont, comme en hiver, feutrés, doux, sans cette espèce de violence qui accompagne la clarté et la vision limpide des choses.

 

Entendre clairement et voir clairement fait mal. Les choses crues, perçues trop directement doivent s'accompagner d'une sagesse au risque de se perdre dans un désespoir inutile et démobilisateur. Cette brume semble bienfaisante parce qu'elle cache beaucoup de choses mais derrière, la réalité attend son heure pour se révéler.

 

Le soleil peine à se lever, se lève mais n'arrive pas à ouvrir les yeux pleinement. Sa lucidité est mise à rude épreuve et c'est un spectacle saisissant de voir la lutte qu'il mène avec l'opacité du monde matinal. En même temps qu'il gagne du terrain sur l'aveuglement "brumesque"  il me montre des détails et m'ouvre ainsi des perspectives nouvelles.

 

Ça y est! Il parvient maintenant à mettre à jour l'église et son clocher. Dans sa sagesse, le soleil s'attaque d'abord à ce qui représente un faux espoir, une vision datant d'un autre temps, du temps où les gens avait besoin de croire parce que pas assez éduqués, naïfs et suivants n'importe quelle idéologie qui leur ferait oublier leur peur de la mort, leur peur et leur culpabilité d'être vivant autrement dit. Le voilà maintenant dardant ses rayons sur la mairie, deuxième plus haut édifice de mon village. Là aussi j'y vois une magnifique métaphore. Percer, mettre à jour les intentions profondes de nos institutions (et donc notre propre façon de s'organiser-de penser) serait instructif et évocateur.

 

Nous regarder en face et honnêtement, comme si nous étions étrangers à nous-mêmes, d'un autre temps et d'un autre lieu. Chercher, fouiller, découvrir comme les archéologues le font pour d'autres civilisations. Avoir cette distance qui permet la vision large et complète des phénomènes auxquels nous sommes soumis. Notre société est le reflet de notre pensée et notre pensée est le reflet de notre société, c'est vous dire tout le boulot qu'il nous reste à faire...Penser qu'on peut changer vraiment, réellement nos institutions sans changer d'abord soi-même, nous-mêmes, est une illusion que l'Histoire nous démontre à longueur de siècles! 

 

La plupart des spécialistes qui se penchent sur les détails de nos organisations, institutions (politiques, culturelles, religieuses) ne regardent pas dans la bonne direction. Ce regard doit d'abord se diriger sur nous-même,  nous faire comprendre de quoi nous sommes fait, nos aspirations et la raison de ces aspirations, nos rêves et ambitions, notre personnalité, notre caractère etc. Il nous faut dissiper cette brume intérieure qui rend la vision de toute chose floue. 

 

Sans cette connaissance de nous-mêmes tout le reste n'a aucune valeur et est perte de temps. 

 

Le soleil, après s'être attaqué aux principales institutions (état, religion-je n'inclus pas les médias, sûrement à tort) jette un éclairage sans complaisance sur tous les petits commerces qui gravitent autour. La banque, le bureau qui abrite la télévision et la radio tout à la fois, sorte de convergence qui semble anodine mais qui empêche d'avoir une prise réelle sur notre monde par la compréhension des évènements la structurant-car possédés par une seule personne, une seule vision donc, probablement commerçante. 

 

Ce monde, on nous le vend en petits paquets bien enveloppés, séparés, insignifiants comme des gâteaux Vachon, ne se touchant jamais afin que nous ayons une vision partielle des évènements. Nous sommes alors incapables de comprendre réellement ce qui nous arrive, de porter un jugement clair et avisé sur le présent et ainsi d'agir de façon intelligente sur notre environnement. Nous devenons alors des "consommateurs", pratiquant la charité au lieu de la justice, votant tous les quatres ans pensant que nous avons prise sur la politique,  écoutant les informations croyant connaître le monde-être avisés, victimes de propagande, rêvant de paix mais simplement le jouet des faiseurs de guerre et des vendeurs de tout acabit. 

 

La brume s'est complètement levée, dissoutes par les rayons révélateurs du soleil. Toute la journée il mettra en relief, montrera ce qu'il y a à voir, nous fera peut-être ouvrir les yeux sur des évidences que la nuit, la brume et ses vendeurs tentent de nous cacher. 

 

 Nous sommes notre propre soleil.

 

À nous de savoir où et quand frapper. 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 10:56

Un journaliste radio-canadien, il n'y a pas longtemps, parlait de la politique en Chine et résumait son système comme suit: les personnes au pouvoir changent mais pas le système. Quand est-il ici? Est-ce que le système politique change à chaque élection? Bien sûr que non! Les changements sont (très!) superficiels mais la base du fonctionnement de la politique canadienne reste la même, c'est une évidence qui a échappé à notre journaliste.

 

Pourtant des changements en profondeur seraient souhaitables voire indispensables. Personellement, je crois qu'une véritable démocratie ne peut fonctionner qu'à des niveaux humains donc régionnaux (peut-être), locaux (sûrement). Les aspirations, problèmes, besoins et préoccupations ne peuvent être qu'appréhendés et réglés dans la sphère de nos vies. Vancouver, par exemple, ne fait pas partie de mes préoccupations journalières, de mon day-to-day. C'est une abstraction, une idée bien lointaine dans mon esprit et c'est probablement la même chose pour eux vis-à-vis le Québec (sauf quand on les paye pour nous dire tout l'amour qu'ils ont pour nous...). L'humain vit au niveau...humain, c'est-à-dire plutôt localement. Cela ne nous empêche pas de "penser global" mais l'action sera toujours "local". Sortir de ce schéma amène plus de problèmes que de solutions, on ne peut que constater ce fait lorsque l'on s'intéresse un peu à la politique.

 

C'est pourquoi je crois plus au consensus qu'à une démocratie qui laisse toujours trop d'insatisfaits sur le bord de la route. Seulement un consensus n'est possible qu'avec un nombre assez restreint d'intervenants, de participants. Pour utiliser cette forme de fonctionnement il faut aussi une éducation solide, des idées claires sur notre place dans la société, une compréhension des rapports de pouvoir qui peuvent exister au sein de la communauté et surtout un désir profond et vrai de bâtir, de collaborer, de travailler ensemble pour une vie meilleure et une société plus juste. Ce n'est évidemment pas la cas de notre société où la tolérance, par exemple, est vu comme quelque chose de souhaitable.

 

Quelle affreuse chose que de "tolérer" son voisin. Cela veut dire qu'il n'y a pas de communication mais simplement une fausse acceptation de l'autre et de ses valeurs au lieu d'une véritable mise en commun. Chacun reste sur ses positions, pas de mise en commun, pas de réelle communication donc.

 

Nous vivons dans société schizophrénique qui fait l'apologie de l'individualisme, de la compétition du chacun pour soi et tous les quatre ans, on nous demande de voter pour des politiciens qui vont être soi-disant "rassembleur"! Avec des "projets de société"! Nous vivons à la surface des choses et des mots. C'est plus commode et moins fatiguant. Nous sommes le produit de notre éducation. Et cette éducation est corrompu.

 

Dès le plus jeune âge, nous sommes en compétition par le truchement des examens, des notes, de la moyenne de groupe qui sert à nous comparer les uns aux autres et voir si nous sommes "au-dessus de la moyenne" ou non. Nous assimilons, intégrons cette façon de voir les choses en nous-mêmes, et nous allons même jusqu'à railler, prendre pour idéaliste et utopique toute idée qui irait dans un sens plus juste et humain. L'autre devient un compétiteur, qu'il faut dépasser, ses réussites deviennent dangereuses parce qu'elles signifient que je suis inférieur, moins bon. L'amour, le partage, l'intérêt ou la préoccupation de l'autre sont devenu suspects (pour la plupart)! Quand je parle d'amour, je parle du véritable amour qui passe par un réel intérêt au bien-être de l'autre, à la joie de le voir grandir (dans tous les sens du terme), à une compassion véritable, au bonheur que peuvent nous donner ses succès mais aussi à cette générosité qui nous donne les moyens de mettre les choses en commun. Nous en sommes tellement loin!

 

Mais que vient faire Layton dans tout ça? Tout d'abord j'aimerais offrir toutes mes condoléances à ses proches. La mort d'un humain est toujours triste, qu'il soit proche ou loin de nous, Canadiens, Irakiens, Chinois, Québécois ou que sais-je. La perte d'une vie est toujours triste, humaine ou non. Un départ, surtout s'il est définitif, est toujours difficile. Mais c'est la vie! La mort fait partie de la vie, c'est pourquoi il faut l'apprivoiser et ne pas se morfondre, nous apitoyer sur notre sort et notre douleur...C'est encore de l'égoïsme que de ne pas comprendre ce phénomène qui nous touchera un jour ou l'autre, de loin (la mort de l'autre) et fatalement de près (la nôtre).  

 

Jack Layton était un politicien professionnel. Il a cru dans ce système, parlé de démocratie (alors qu'il savait très bien que l'on vit déjà dans une oligarchie, on s'en rapproche dangereusement à tout le moins), agit selon ses convictions, fait des compromis, négocié, menti par omission, joué le jeux des médias, travaillé et policé son image. Son parti (avec son assentiment) à proposer des candidatures bidons aux dernières élections, des gens peu aptes à faire le travail nécessaire pour améliorer notre société. Jack Layton voulait le pouvoir et était prêt à aller loin pour l'avoir, comme la majorité des politiciens. Sa mort ne change rien à tout cela. 

 

Faire de la politique comme il l'a fait n'a fait que renforcer l'idée que notre système, tel que conçu aujourd'hui, est le moins pire de tous les systèmes comme a dit Churchill, un peu hypocritement. Le problème, c'est qu'il nous est impossible d'en sortir (et pourtant il le faudrait!) et essayer autre chose parce que les gens au pouvoir et  ceux qui gravitent autour en retirent beaucoup de bénéfices!

 

"Je fais de la politique lorsque j'écris et prends le risque du jugement immédiat. Il faut parler, dire quand on sent le devoir moral de le faire, pas juste lorsqu'on pense "bien dire" ou bien écrire"

Umberto Eco

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 09:26

Pas facile de se remettre du décalage horaire lorsqu'on revient de Chine. 12 heures! Le monde à l'envers qu'il faut remettre à l'endroit...Tout un défi! Mon corps fait la gueule et se réveille au milieu de la nuit se demandant ce qu'il doit faire... Il est donc 3 heures du matin, la lune se lève aussi pour ne pas me laisser seul. Magnifique, orange presque rouge, je la sens encore bouffie de sommeil, gênée peut-être d'avoir passé une nuit blanche de l'autre côté de la terre! De mon petit bureau où j'écris je la vois qui prend des forces minute après minute, bientôt elle aura la couleur métallique qu'on lui connait, argent mais certainement pas "sonnant". Plutôt calme comme cette nuit, comme mon village.  

 

J'habite une ancienne maison de notaire qui date du début du 20ième siècle. Grande, confortable, d'une construction qui a l'air de vouloir défier les années, née avant moi, elle sera sûrement encore là lorsque je quitterai ce monde.  Face à mon bureau une fenêtre qui donne sur la rue principale me fait voir l'église, gigantesque construction pour un si petit hameau. Prétentieuse par sa grosseur mais de piètre qualité en ce qui concerne la qualité de sa construction, le toît n'est pas isolé, une hérésie pour le Québec! On fête ses cent ans cette année mais elle paraît en avoir le double. Des gens, peu nombreux, la fréquentent encore, un peu comme on visite un mourant. On y dit quelquefois la messe, célèbre quelques mariages par année mais surtout on y pratique des cérémonies mortuaires. La moyenne d'âge de mon village dépasse les 65 ans...

 

Mes voisins immédiats viennent d'aménager depuis peu. Un couple gentil qui fait sa petite affaire. Une mère et son fils, tout les deux à la retraite. Couple étrange qui coupe tous les arbres sur leur terrain parce que ça fait sale, passe le balais à longueur de journée sur le trottoir, devant leur maison, été comme hiver, plante des fleurs en plastique pour égayer leur monde. Tous les jours ou presque, le fils part en "quatre roues" vers des aventures sûrement palpitantes et risquées dans la forêt toute proche sous l'oeil inquiet de sa mère qui attend anxieusement le retour de ce fils aventureux et pas vraiment prodigue. Heureusement ses escapades ne durent jamais trop longtemps!

 

En face de chez moi, il y avait un superbe presbytère, le plus vieux de la MRC d'Autray (c'est dans Lanaudière). "Il y avait" parce qu'on l'a déplacé dans le fond du terrain, presque invisible, pour faire place à une caisse populaire à l'architecture d'un goût plus que douteux qui est supposée se fondre avec les autres bâtiments qui l'entourent: l'église citée plus haut et le CLSC fait de grosses briques grises. Un gros cube qu'on aurait déposé sur le gazon peut vous donner une idée de la finesse de cet immeuble qui fait quand même 5 étages! Un autre cadeau laissé par la religion catholique dans le temps où elle en menait large.

 

À gauche du CLSC survit une maison faite de briques rouges qui semble abandonnée. Son propriétaire demeure à Québec et ne vient que de temps en temps. C'est un monsieur qui, comme sa maison, semble abandonné. La dernière fois qu'il est passé, c'était pour constater qu'un mur s'était écroulé sous les vibrations occasionnées par les travaux de son voisin. En effet, un énorme magasin, vu la grosseur du village, est en construction et remplace en partie un restaurant parti en fumée de façon opportune quelques semaines plus tôt. En gros ce commerce s'occupe de vendre des moteurs: tondeuses, "quatres roues", motos, scies à chaîne etc. C'est un amoureux (c'est ce qu'il m'a dit) du lac, de la nature. C'est lors d'un souper, presque les larmes aux yeux, qu'il m'a raconté ses grandes marches le long de la plage et ses projets pour "développer" ce superbe coin de pays. 

 

Continuons notre visite. Voisin de cet amant de la nature se trouve un Rona, autre cicatrice architecturale. Là on ne s'est pas embarassé. On a reconstruit ce flambeau du mauvais goût après un incendie (St-Gabriel est particulièrement inflammable) qui a emporté l'ancienne quincaillerie. Énorme, car décidement on construit beaucoup par ici, laid comme seul un Rona peut l'être, il est le centre des gens qui bossent et qui ont toujours des projets à concrétiser. Les bâtisseurs du Québec de demain. Genre Laval.

 

Dans la foulée on retrouve, toujours en allant vers la gauche une pharmacie, des bureaux de notaires, une maison mortuaire, une boulangerie abandonnée et pour finir de ce côté de la rue, un Métro qui par sa taille rivalise avec l'église. Contrairement à celle-ci, cette épicerie est très fréquenté et par des vieux qui se retrouvent au "café" (quelques chaises et tables à l'entrée) pour se rencontrer et toute la communauté St-Gabrieloise. Faut bien bouffer. Ce Métro tout neuf (sa rénovation et agrandissement date d'à peine un an), a été inauguré en grande pompe. Tout le village a été invité comme pour une exposition, un évènement mondain. Son propriétaire vous recevait personnelement à l'entrée, vous serrant la main en rêvant peut-être aux bénifices mirobolants que son nouveau bébé rapporterait. Il faut dire que ce Métro propose des prix qui, souvent, sont presque le double des prix que l'on rencontre à 35 kms d'ici, soit Joliette. C'est lors du même souper avec notre visionnaire amoureux des espaces verts, que cet épicier m'a confié que les principaux bénéfices provenaient de la vente des gâteaux, biscuits,bonbons, chocolats et des plats congelés. Les deux extrémités de son magasin sont en effet les deux pôles d'attractions du client. La patisserie constitue l'entrée et est garnie de desserts plus écoeurants les uns que les autres, décorés de couleurs qui "n'existent pas" (des bleus plus bleu que bleu pour les gateaux aux bleuets, des rouges fraises qui rappellent le sang, des jaunes qui font apparaître le soleil fade etc.), et la dernière allée (immense!) propose tous les plats congelés que les citoyens ne prendront jamais le temps de faire.  

 

Si on va maintenant à droite de ma demeure, un espèce de bunker gris, qui est en fait un bloc-appartements, trône sur le coin de la rue et de l'autre côté de cette rue on trouve une belle auberge à vendre. C'est là que j'allais déjeuner de temps en temps, la cuisinère y préparait des pommes de terre grillées et assaisonnées à points! Plus bas, on retrouve quelques maisons et un dépanneur fermé depuis le printemps. Toujours en descendant la côte on rencontre des maisons de retraite (dans tout St-Gabriel, on peut en compter au moins 7 et pas des petites!).

 

On arrive enfin à ce magnifique lac, le lac Maskinongé. Chaque année, depuis des lustres , on y organise une "fête" qui se nomme "Beach Party" (party à la plage) et qui dure une fin de semaine. Musique rock à plein tube, joints et bières coulants à flot, cette fête attire surtout des jeunes. La dernière fois qu'elle a eu lieu, j'ai compté pas moins de 15 ambulances qui sont passées devant chez-moi, toute sirène dehors, se dirigeant vers l'hopital de Joliette afin de donner les premiers soins à ces (trop) joyeux lurons. La ville a aménagé le terrain aux alentours de la plage, construit une scène et un bar pour acceuillir les touristes. Elle a donné pour nom à ce projet "Parti à la plage"...Notez la subtilité de l'orthographe. Je me rends au lac avec mes filles quand le temps le permet, le matin, car après 11 heures les motos-marine et autres bateaux à moteur rendent l'endroit...bruyant!

 

À l'entrée du village on peut admirer la sculpture d'un ski-doo avec l'inscription "bienvenue au royaume de la motoneige".

 

St-Gabriel c'est tout ça. Mais c'est aussi des gens qui ont le coeur sur la main comme mon ami André, grand voyageur, homme-à-tout-faire, spécialiste de la démerde ou encore Laurent, électricien qui pratique des prix des années 70. C'est aussi Jeannine, femme d'un âge certain ou d'un certain âge, pleine d'énergie aux yeux pétillants de jeunesse, c'est aussi ce restaurant sans aucune prétention qui sert des plats typiquement québécois (trop salés, trop sucrés, pas de goût) mais dont la propriétaire et les serveuses sont d'une sympathie qui vous font oublier ce qu'il y a dans votre assiette! C'est aussi Gilbert, parti trop vite, emporté par un cancer de la gorge, amoureux de musique et de jazz en particulier, qui organisait dans l'arrière de son restaurant des concerts où les gens du village s'entassaient pour écouter cette musique. C'est Stéphanie qui garde mes chats lorsque je suis en tournée et qui les couvre de câlins.

 

Le soleil se lève et mon corps se demande bien ce qu'il fout là (le soleil) à cette heure. Mon corps ne sait plus ou il sait trop. La lune est encore présente, les gens vont travailler et moi, je vais me coucher. C'est vraiment le bordel... 

 

Rien de parfait dans ce monde sauf la nature, les astres, les animaux...Mais qu'est-ce que je fais ici!

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 22:21

Encore une fois, nous sommes le jouet de la propagande. Au nom de la liberté, de la protection des civils et dieu sait quoi, on nous ment sur la véritable situation en Libye et les raisons de cette guerre amorcée il y a plus de cinq mois maintenant. Encore une fois notre apathie, notre lâcheté et notre égoïsme collectif donnent des ailes aux marchands de mort(s) et spéculateurs de toutes sortes qui se frottent les mains d'avance sur les richesses qui seront bientôt disponible...

 

Tout à coup, ce dictateur qui était le bienvenue avec sa tente dans les grandes capitales il n'y a pas si longtemps, est devenu un horrible personnage aux yeux des dirigeants américains, français et anglais pour ne nommer que les principaux acteurs de cette pièce qui sent le déjà-vu et le roussi tout à la fois. On nous a déjà fait le coup avec l'Irak, l'Afghanistan pour ne nommer que les plus récents. C'est le pétrole qui les intéresse, voyez-vous? Mais que font les médias? Pourquoi on nous rabâche les oreilles avec ce discours mensonger, hypocrite qui veut que l'Otan "travaille" pour la démocratie, la paix, la protection des civils etc.? Messieurs (mesdames) les journalistes, en quatre ou cinq clics on peut, sur internet, avoir une assez bonne idée de votre médiocrité (et de la situation en même temps). Nous sommes en 2011. C'est un peu plus difficile de nous faire croire n'importe quoi pour qui se donne la peine de vérifier vos informations. Attention! Ils y en a des honnêtes qui font du beau boulot! Mais pas dans les médias que je qualifierais d'alignés (ou aliénés...). Cette parole qui se veut soi-disant diplomatique, polie et "non-violente" cache finalement un discours veule, sans véritable générosité et bien-pensante, au service des puissants. Dans une autre époque cela s'appelait collaborer. Résistons donc!

 

Soutien massif de la population libyenne aux forces de l'Otan? Pourquoi font-ils du surplace depuis cinq mois alors que les "rebelles"  sont soutenus par des bombardements "ciblés" de deux super-puissances et sont dotés d'armes ultra-modernes? Cela fait un moment que ceux-ci font des "percés" soi-disant décisives selon les médias alignés ou pro-Otan si vous préférez. Selon d'autres sources, tout aussi crédibles, ce qui se passe est peut-être un peu différent.

 

On bombarde les positions de l'armée libyenne, les "rebelles" prennent possessions des zones dites libérées, se font photographier avec un drapeau, envoient un communiqué de presse aux médias complaisants, puis se retirent car ils n'ont apparemment pas le soutien de la population comme l'affirme l'Otan. Ceci explique probablement le peu d'avancement depuis le début des hostilités.

 

Une question maintenant: pourquoi avoir rejeter d'emblée le plan de paix proposé par L'UA (Union Africaine)? Ce plan acceptée par Kadhafi selon l'UA et proposé il y a plusieurs mois déjà, comprenait:

1- Cessez-le-feu immédiat

2- Envoi d'observateurs pour vérifier que le cessez-le-feu était bien respecté

3- Création d'un gouvernement de transition comprenant les membres du CNT (Conseil national de Transition) et du gouvernement actuel

4- Mise en place de réformes démocratiques

5- Tenue d'élections démocratiques pour que le peuple puisse choisir ses dirigeants

 

En avez-vous entendu parlé?

 

Quelques chiffres maintenant.

Revenu du pétrole: 150 milliards de dollars(!)

Kadhafi rêvait d'une Afrique forte: il a investi 300 millions pour créer un réseau de télécommunications qui aurait permis à 45 pays à se passer des grands opérateurs occidentaux comme Orange (France) ou Vodaphone (Angletterre). Les milliards (plus de trente) logés aux États-Unies (tiens donc...), auraient pu soutenir le projet de créer un fond monétaire africain et la création d'une nouvelle monnaie, remplaçant le franc CFA. Kadhafi était aussi opposé à la création de l'Union pour la Méditteranée, car selon lui et plusieurs observateurs indépendants, cela visait à affaiblir l'Union Africaine et plus largement la solidarité continentale.

 

Voilà en quelques clics ce qu'on peut apprendre. Quelques minutes pour comprendre un peu mieux les enjeux de cette guerre qui se veut "libératrice".

 

Et mon derrière, c'est du poulet???

"Vous êtes pas tanné de vous faire fourrer bande de caves" aurait pu dire cet éloquent Péloquin! 

 

 

 

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