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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 02:23

Je suis présentement à Toronto et j'ai le temps d'écrire mes premières impressions de mon arrivée.

 

Tout d'abord on doit payer 2 dollars pour les chariots qui nous aident à transporter nos bagages. L'aéroport de Toronto est le seul endroit que je connaisse qui pratique une telle politique d'acceuil. D'abord ton fric... Ensuite la douane...

 Les premiers sourires que je rencontre sont ceux des deux femmes qui m'acceuillent au "lounge" d'Air Canada. Je leurs fait d'ailleur la réflexion et elles n'en sourient que plus, essayant peut-être de compenser pour les "faces de boeufs" rencontrés dès notre sortie de l'avion. La douanière est une jeune, blonde et potelée. Nous avons l'impression d'être des criminels. Pas de sourire, questions posées de façon brutales, sans un regard ou alors à la limite de l'agressivité. J'ai le sentiment de rentrer dans une prison et d'être coupable d'un forfait quelconque. C'est fou comme on oublie vite! Depuis des semaines que je vous parle de la chaleur, la plupart du temps, de l'acceuil des Chinois, et ce partout.

 

Ce matin à l'hôtel, il n'y avait pas de personnel disponible pour transporter nos bagages. Qui est venu nous donner un coup de main? Le garde de sécurité, qui refusa tout pourboire. Juste pour rendre service, avec ce sourire et cette amabilité que l'on rencontre partout  en Chine. Savez-vous que lorsque vous passez les douanes, il y a un système pour vous permettre d'évaluer le service des officiers qui y travaillent. Cinq boutons vous donnent le choix entre "très satisfait" à "pas du tout satisfait" avec les nuances entre ces deux extrêmes. Imaginez la même chose ici...Peut-être feraient-ils des efforts pour être aimables, un minimum!

 

Une remarque concernant le buffet du "lounge". Beaucoup d'alcools disponible (je compte une quinzaine de bouteilles différentes plus la bière) et finalement assez peu de nourriture. Deux soupes, des légumes crus, basta! Des chips, des arachides, des olives et autres amuses-gueule en quantité. Des sauces pour accompagner les légumes et trois choix de fruits (bananes, pommes et prunes). C'est la quantité d'alcool qui m'impressionne, symbole de luxe et de vie aisée peut-être.

 

J'ai bien hâte des revoir mes chats! Ils ont été gardé par une amie qui adore les animaux, je suis certain qu'elle les a gâtés.

 

Beaucoup de travail m'attend. Concert avec Yves Léveillé en septembre au Gesù, projet avec mon trio "électrique", nous allons donner une série de concerts cet hiver et au printemps avec pour thème la musique d'Uzeb.  J'ai bien hâte de travailler sur leur musique. Pas question de reproduire ce qu'ils ont fait, ce serait bête et inutile. Je veux aller chercher l'essentiel de leur musique et mettre l'accent sur une réinterprétation presque acoustique finalement de leur répertoire. La plupart des morceaux sont déjà choisis et j'attend avec impatience de rejouer avec Rémi-Jean Leblanc et Samuel Joly qui forment ce trio.

 

Toute une série de textes sont disponible sur mon blog concernant la tournée en Chine. Bonne lecture!

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 00:57

C'est le retour à la maison après presqu'un mois passé en Chine. Content de retrouver le Québec! Mon expérience en Chine et mes voyages dans plusieurs provinces m'ont fait voir "de visu" la formidable dynamique de ce pays et  l'ambiance décontractée qui y règne. Cela m'a aussi permis de jauger le degré ou la profondeur du mépris que l'on porte à ce pays par la dichotomie de ce que j'ai vu, senti, entendu tout au cours de cette tournée et la vision qu'on en a dans les médias. C'était mon dixième voyage dans ce pays. 

 

Évidemment que ce pays n'est pas parfait! Il a ses problèmes comme tout pays. Mon but avec ces textes était de montrer un côté de la Chine dont on ne parle guère dans les différents médias, trop occupés, la plupart du temps, à diaboliser cette partie du monde et nous montrer que le pire. On pourrait faire le même exercice avec n'importe quels pays et croire que ces pays sont de véritables enfers!

 

Je viens de recevoir un site (en fait on a remplacé-de façon anonyme bien sûr- ma page d'acceuil par ce site, ce qui montre déjà le désir de m'imposer une vision, le courage de ces gens qui osent parler de liberté et dénoncent...une dictature. J'en ri de bon coeur!)-Behind the wall (NBC) qui se spécialise, apparemment, dans la démonstration du fait que la Chine est vraiment une dictature brutale, sourde à ses habitants, inhumaine etc. La présentation même du site, son titre sous-entend qu'il y aurait un "mur" à franchir. Ce mur est d'abord dans leur tête. Dans la nôtre. Cela sent la propagande à plein nez et je suis certain que le résultat de la lecture régulière de ce site vous fera détester la Chine. C'est probablement son but caché mais je suis sûr que c'est au nom de la liberté que l'on est si prompt à dénoncer les politiques chinoises. Encore une fois, ce pays n'est pas parfait et beaucoup d'erreurs et d'injustices sont commises...comme chez nous! De là à diaboliser tout ce qui s,y fait, il y a une marge que le site de la NBC semble ignorer. Les choses ne sont jamais ou tout blanc ou tout noir. Quand il y ce genre "d'unité", vous pouvez être certain d'avoir affaire à de la propagande. Ce genre de discours qui se place d'emblée du côté de la liberté, de la "compassion", de la justice, des droits de l'homme etc. doit être analyser avec minutie. Voilà un bon exemple d'un discours à deux faces. Il est si facile de tomber dans le piège des "bons sentiments"!

 

C'est pourquoi j'ai tenu à vous parler de la Chine, de mon expérience sur le terrain, de mes rencontres inoubliables, de ses panoramas et de ses gens qui vivent et aiment, tout comme nous, qui rient, pleurent, discutent, espèrent, partagent, tombent et se relèvent, font des erreurs, des découvertes, se trompent, réussissent, réclament, dénoncent, manifestent, chantent, dansent. 

 

Toute cette vie qui se manifeste ne peut pas être simplement vu avec des yeux qui ne regardent et  voient qu'un seul côté des choses. Je suis d'accord pour dénoncer ce qui ne va pas mais commençons par chez-nous et arrêtons de faire la leçon aux autres comme si nous étions le fleuron de l'humanité.

 

Cette vision négative de la Chine cache pour moi quelque chose de malsain. Regardons notre passé, en tant qu'occidentaux, et voyons notre racisme ancré profondement en nous, voyons notre prétention à vouloir dicter nos valeurs aux autres nations, notre propension à imposer notre culture, notre façon de vivre.

 

Tout ça c'est l'histoire! Il faut lire, se documenter, ne pas se contenter des idées toutes faites, des "évidences",  ne pas simplement lire pour confirmer ce que l'on pense déjà savoir, mais aller plus loin.

 

Sans ce travail, qui exige un peu d'effort et de modestie, nous allons tout simplement au désastre.

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 03:50

Demain nous retournons au pays des deux oeufs/bacon...Je fais des blagues mais je crois que la bouffe nous renseigne sur une partie de la mentalité d'un pays. À quoi correspondent ou quelles sont les relations existantes entre l'art culinaire d'un pays (ou son absence) et à quel niveau se situent-elles, je ne saurai répondre. C'est un sujet sur lequel il serait intéressant de se pencher. La nourriture bien "bourrative" et riche (pommes de terre, charcuteries, choucroute, pain) de l'Allemagne, la délicatesse et la finesse de la cuisine française, chinoise ou italienne, le fast-food américain, la cuisine anglaise plutôt austère: la nourriture parle! Il est vrai qu'avec les mouvements migratoires et la mondialisation on peut maintenant manger des sushis à Montréal, des spaghettis sauce bolognaise à Mumbaï ou encore des hamburgers avec du ketchup à Shanghaï! Mes parents m'ont raconté qu'à leur arrivée à Montréal à la fin des années 50, la rue St-Laurent était plutôt pauvre en restaurants. Voyez maintenant! 

 

C'est de Shanghaï que nous repartons vers le Québec. Nous sommes arrivés hier soir de Kunming et le choc est plutôt violent. Choc au niveau température (il fait 33 degrés à Shanghaï). Il faut dire que le temps est particulièrement agréable à Kunming qui porte le surnom de "ville du printemps". La température y est régulière, ni trop chaude l'été ni trop froide l'hiver. Un éternel printemps. L'arrivée de nuit par avion à Shanghaï est éblouissante. Chaque gratte-ciel est illuminé de diverses couleurs qui s'animent et forment des dessins, des formes géométriques mouvantes qui donnent l'impression d'une fête permanente. New-York paraît fade à côté! C'est la même chose dans chaque ville que nous avons traversées. Les Chinois aiment la couleur, la fête, la bouffe, les réunions d'amis, les feux d'artifice. Pendant des siècles ils ont utilisé la poudre uniquement pour leurs feux, ce n'est que beaucoup plus tard que cette poudre fut utilisée pour les canons, idée qui n'est pas venue des Chinois mais des explorateurs européens. 

 

Dans l'avion en route pour Shanghaï j'ai fait deux petites lectures intéressantes, je vous les soumets.

 

Dans un texte précédent je vous ai parlé que Facebook n'était pas disponible (ainsi que tweeter) en Chine. Je suis certain que beaucoup d'entre vous en ont conclu qu'encore une fois cela démontrait le peu de liberté que les Chinois avaient et que leur voix était étouffée systématiquement. Les émeutes en Anglettere des dernières semaines jettent un éclairage intéressant sur ce sujet. J'ai lu que ce pays songeait à restreindre l'emploie des médias sociaux lors de manifestations afin de limiter la communication entre les protestataires éventuels. Autrement dit tant que vous ne dites que des niaiseries ou échangez des photos à la cons avec des commentaires insipides vous avez le droit de vous en servir mais, si par malheur, vous voulez protester, réclamer une certaine justice, ne pas suivre comme des moutons nos politiques, nous allons limiter leur utilisation. Personne ne parle des droits de l'homme? Où sont passé les indignations qui fusaient lorsque la Chine a pris la décision de bloquer ces médias? Savez-vous que déjà, les États-Unies en ont interdit l'utilisation en 2009, lors du sommet du G8 et ont même arrêté deux manifestants pour cette raison? C'était, bien sûr , pour des raisons de "sécurité". Mais chez les autres on exige leur emploie au nom de la liberté...Quelle hypocrisie!.. 

 

Savez-vous également que les manifestations dites "spontanées" dans les pays arabes au printemps passé ont été en fait encouragées depuis plusieurs années par les États-Unies?

 

En effet, depuis 2008, des étudiants arabes (plusieurs milliers) ont été invités aux USA pour leur montrer les possibilités qu'offrent ces médias sociaux dans la contestation (ceci peut expliquer pourquoi ils veulent tant que ces médias soient et restent accessibles). Imaginez l'inverse, que le Canada, par exemple, invite des étudiants américains pour leur apprendre les différentes façons de contester leur gouvernement! Quel serait la réaction de notre voisin vous pensez....Nous féliciteraient-ils pour notre engagement pour la liberté?...Ne venez pas me raconter que c'est pour libérer le peuple! Depuis des années, les États-unies envoie entre 1 et 2 milliards de dollars à l'Égypte pour...sa police et son armée! Kadhafi, tant qu'il servait les intérêts des États-Unies et de l'Europe était le bienvenue partout...La liste pourrait se poursuivre encore! 

 

Ce double discours entretenu par les Américains-"liberté" chez les autres, sécurité chez nous (et ils ne sont pas les seuls) reste la base de leur politique étrangères depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Notez que quand ce pays parle de liberté, c'est celle de leurs multinationales d'exploiter outrancièrement les richesses des autres pays, sans égards pour les autochtones.

 

Autre sujet, même hypocrisie. Les objets manufacturés en Chine, le "made in China" rapportent plus aux Américains qu'aux Chinois. Pour chaque dollars que ces objets rapportent les USA ramasse 55 cents et les Chinois 45 cents. Le transport, les taxes, le pourcentage que les importateurs américains prennent expliquent ce fait. Et nous n'avons pas parlé du coût, pour la Chine, que cela entraîne pour l'environnement! Le transfert du travail manufacturé vers la Chine est un fait, mais la richesse, globalement, reste entre les mêmes mains.

 

Ce qui est sûr, c'est qu'encore une fois, ce fait ne profite qu'à une certaine classe de la société et vous l'aurez compris, pas à ceux qui travaillent dans ces usines.

 

Comme disait Coluche: c'est les pauvres qui vont être contents de savoir qu'ils vivent dans un pays riche!     

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 04:48

La vie est communication. Si on observe la nature et son mode de fonctionnement on s'aperçoit rapidement que la communication reste la base de toute vie et que sans elle la vie perd de son sens. Rien de plus tragique que le refus de partager, de voir l'autre comme séparé de soi, de croire que nous sommes des îles, que notre personne est ou peut être "autonome" et en compétition constante avec les autres. Voir les choses de cette manière amène, produit des dysfonctionnement du cerveau et rend malade. Elle déshumanise.

 

Cette "maladie" peut être acceptée dans certaines sociétés et même vue comme le fonctionnement normal des humains qui la forme. La compétition, la passivité, la sacro-sainte vertu de l'avidité et du gain personnel, le manque d'intérêt pour autrui et même la crainte de celui-ci ne sont pas des formes acceptables de fonctionnement pour une société dite évoluée. Tout ceci ne fait que former des handicapés sociaux, riches ou moins riches, avec plus ou moins de succès, décorés, médaillés ou non, ou simplement anonymes. Une personne sur six, au Québec, souffre de problèmes mentaux, d'après les chiffres officiels. Je crois qu'avec ma définition de l'handicapé social, ce chiffre est très conservateur. Je connais et rencontre beaucoup de gens qui, en apparence, mènent une vie normale mais qui, dans le fond, ne sont que des ombres de ce que l'humain pourrait et devrait être.  

 

Si cette communication est sélective, que nous communiquons uniquement lorsque cela fait notre affaire, que certains sujets doivent être éviter parce que jugés trop sensibles, nous sommes dans l'illusion d'être ouverts. Cette forme de communication forme les clans, les nations, les familles ou tribus et participent à cette forme de mort, d'isolement et d'apathie sur lesquels les dirigeants comptent pour mieux nous exploiter. Une personne seule n'a pas de poids et peut même croire que ses pensées sont uniques voire folles. Alors qu'il n'en est rien. La souffrance de se croire isolé (et de l'être parfois) peut créer la violence, violence pouvant se retourner contre nous et que l'on nomme "suicide". Il n'est pas normal et acceptable de compter sur des spécialistes pour communiquer, même si ceux-ci, il faut le dire, font un travail souvent remarquable. Je pense ici à tous les organismes qui se spécialisent dans l'écoute et autres formes d'aides. Une société qui en est venu là, doit se poser des questions sur les valeurs qu'elle transmet et qui la structurent.  

 

Pourquoi en être arrivé à cette monstrueuse indifférence? Est-elle voulu ou le résultat de notre nature?

 

La nature, dans son essence, est faite de communication. Tout est en relation avec tout. Ne dit-on pas que le simple battement d'ailes d'un papillon peut avoir des répercussions sur une galaxie au fin fond de l'univers? Cette image, toute poétique qu'elle soit, devrait nous faire réfléchir.

 

Peut-être sommes-nous juste trop préoccupés par notre petite personne, nos petites réussites personnelles pour daigner jeter un regard sur autre chose que soi-même.

 

Mais à qui profite cet isolement?

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 16:08

Nous sommes de retour à kunming. Notre passage dans la ville de Dali et Xizhou (la ville où le projet de résidence sera établi) a été une expérience tout simplement fabuleuse et ce, à plusieurs point de vues.

 

Xizhou est un village situé à 25 kilomètres de Dali, ville plutôt touristique mais quand même agréable et jolie. Cette région est reconnue pour la grande variété de fleurs et ses champignons sauvages. Bordée de montagne, Dali a une longue et passionante histoire, remplie d'épopées et plusieurs faits d'armes sont encore dans la mémoire de ses habitants. Par exemple, un de leur héros a été, au moment des faits, leur ennemi, mais son courage et la justice qui animaient ses actions lui ont valu un grand respect qui se perdure encore aujourd'hui. Pendant une grande partie de la soirée passée dans une résidence privée, la "chef" du village (c'est comme ça qu'on me la présente) nous a entretenu sur l'histoire de son village et de la région. À l'occasion de cette soirée, un ensemble de musique traditionnelle nous a offert un concert (que j'ai enregistré) comportant différentes musiques bouddhistes de la région de Dali. Un homme agé de 80 ans improvisa une histoire avec fond de musique. J'aurais aimé que vous voyiez ses yeux! Brillants, vivants, allumés, rieurs... Bien entendu, ce concert fut suivi d'un repas plantureux où un alcool "maison" fait à base de  noix du pays coulait à flot! Un délice à 42 degrés...Après moultes toasts j'ai les joues en feu mais la tête toujours claires!

 

 Je suis surpris par l'érudition de cette femme mais aussi des gens qui nous accompagnent. On parle littérature, musique, histoire, géographie, politique sans prétention et toujours avec humour.  Le matin de notre départ elle fait porter à la réception de notre l'hôtel une série de livres sur l'histoire de la région. Raffinée et attentionnée, discrète et généreuse, ce n'est que du bonheur à grande dose! Évidemment, ma compagne traduit toutes ces conversations sans quoi je passerais à côté d'une grande partie de cette humanité. Quand je pense aux crétins qui lèvent le nez sur toute cette culture, j'aurais envie de leur claquer doucement le museau...juste pour les réveiller un peu!

 

Vous allez probablement penser que j'exagère, que je m'emporte parce tout est nouveau et que mon enthousiasme est quelque peu complaisant ou que le fait que ma compagne soit chinoise y est pour quelque chose. Pas du tout, au contraire, je suis extrêmement attentif à tout ce qui m'entoure et je vais de surprise en surprise et dans 95% des cas, ces surprises sont positives. J'ai trouvé en Chine une "famille" sur qui l'on peut compter, avec qui l'on peut discuter (parfois avec véhémence et passion) mais sans jamais remettre en cause l'unité, la base qui fait que nous sommes humains. Le partage, l'espoir, l'amitié reste le terreau de ces échanges. Les liens de sang qui nous unissent à notre famille étant enfant doivent se changer en cette forme de partage sous peine de perte de ces liens. Chine, plus je te connais et plus je t'aime! Peut-être y a-t-il quelque chose d'atavique dans tout cela. En effet, mon grand-père était le chauffeur officiel de l'Opéra de Shanghaï lorsque celui-ci passait à Paris. On parle ici de l'entre deux guerre. 

 

Revenons à Xizhou. C'est le matin, les montagnes vertes viennent s'échouer sur le bord du lac également vert mais d'un vert émeraude. Les nuages qui lèchent la cime des montagnes sont d'un gris délicats et presque transparents, la lumière passant au travers leurs donnent différents tons de gris. Un orage au loin (le lac est vraiment immense) et la pluie, comme un rideau qui se déploie, rajoute un côté féerique à cette scène. Le chemin que l'on emprunte est bordé de fleurs d'un violet, rouge et jaune intenses. Les champs de maïs et de riz sont de différents tons de verts, d'un autre vert que ceux de la montagne et la terre est d'un rouge-orange qui rappele la côte nord du Québec. Que de beauté!

C'est dans ce pays inspirant que les résidences seront construites. Il me tarde vraiment de revenir pour y étudier leur musique.

 

Je continue mon jogging tous les matins et j'ai le souffle un peu court...nous sommes à 2000 mètres d'altitude! Il faut dire que les cigarettes que l'on ne manque pas de me faire goûter lors des différents repas y sont peut-être pour quelque chose... C'est au cours d'un de ces repas que j'ai entendu deux petites histoires concernant une région proche du Tibet. Un ami qui a pas mal voyagé dans cette province, me raconte qu'il est passé par un village de 1000 habitants où pas moins de 4 différentes religions (catholique, musulmane, protestante et bouddhiste) cohabitent sans problèmes depuis longtemps. C'est donc possible! L'autre histoire concerne un autre village qui n'utilise aucune écriture mais où les gens se nomment Marie et Joseph en grande majorité...Ça sent le missionnaire à plein nez! 

 

Pour finir, parlant de missionnaire, je reviens sur la déclaration du Dalaï Lama qui dit, dans une entrevue récente,  avoir été inspiré par Georges Bush. Je pensais à cette déclaration et m'imaginais un Jésus (la comparaison est un peu boîteuse, j'en conviens) déclarant que César ou Ponce Pilate avait été son inspiration. De quoi rire pour ne pas pleurer... 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 08:43

Nos enfants ne nous appartiennent pas. Nous en sommes responsables comme nous sommes responsables de notre planète sans en être les propriétaires. Tous, nous sommes de passage sur cette terre. Notre héritage parlera pour nous: enfants, comme planète.

 

Avec une femme (c'est le minimum requis!), avec laquelle je ne suis plus, nous avons donné la vie à 2 filles, des jumelles, qui fêteront leur 10ième anniversaire de naissance dans quelques heures. Elles commencent plus sérieusement et profondement à comprendre elles-mêmes, leur environnement, le monde, à faire des liens, se faire des ami(e)s.

 

Nous sommes donc responsable. Mais que veut dire au juste "être responsable"?

 

D'abord, est-ce que moi-même je connais vraiment le monde dans lequel j'évolue? Ou ne suis-je qu'un ixième "consommateur", ignorant des luttes qui se déroulent autour de moi, dans la famille proche, dans notre société et plus loin dans le monde? Est-ce être responsable que de perpétuer mon ignorance à travers mes enfants? 

 

Sommes-nous tous vraiment aptes à faire des enfants et les éduquer, même si pour la plupart d'entre nous, nous pensons que c'est un droit (et donc la question ne se pose même pas)? Avons-nous assez d'amour en nous-mêmes pour les observer suffisament attentivement pour comprendre leurs motivations, leur caractère, leur personnalité?  

 

Pour moi, être un parent responsable, digne de ce nom, c'est s'intéresser au monde dans lequel nous vivons, le remettre en cause lorsque nécessaire et agir sur lui. Ce n'est certe pas assouvir ses ambitions personnelles à travers eux, encore moins satisfaire son désir de se voir en eux. Notre fierté (si vraiment être fier est important) doit plutôt venir de la liberté qu'ils prendront au fil des années par rapport à nous-mêmes et le développement de leur vision du monde ainsi que leur capacité à penser d'une façon réellement autonome. Tant mieux si cette vision concorde avec la nôtre, sinon certains correctifs devront être apporter de leur côté et/ou du nôtre. Tout le monde ne peut avoir raison...

 

Être parent responsable c'est dire la vérité (ce qu'ils sont aptes à comprendre), être franc et sincère, sur tous les sujets même les plus difficile. Les manipuler comme de vulgaires outils pour parvenir à nos buts, quels qu'ils soient, honorables ou non comme, pour donner quelques exemples: être tranquille, faire passer nos conceptions, nos visions souvent  étroites et corrompues de ce que devrait être la vie. Tout ceci, me semble-t-il, démontre le peu de respect que l'on a pour nos enfants. 

 

L'amour que l'on pense porter à nos enfants est un concept sur lequel on ne réfléchit pas assez et que l'on emploie à tort et à travers. Il s'est, en grande partie, vidé de son sens. Il sert souvent à cacher notre ambition à vouloir exercer du pouvoir sur nos enfants et ce, de façons subtiles ou moins subtiles.

 

Être responsable c'est proposer et non pas diriger, influencer; c'est amener à comprendre le monde qui les entoure et dans lequel ils baignent. 

 

Mon père disait de son vivant que faire des enfants ne valait la peine que s'ils devenaient rebelles. Vu la société dans laquelle nous vivons, ses mots prennent tout leur sens aujourd'hui,  plus que jamais.

 

Bon anniversaire les enfants!

Je vous souhaite une vie remplie de vérité, de clarté, de partage...donc de bonheur!

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 05:09

Nous sommes arrivés à Dali hier soir après 3 heures d'avion de Beijing à Kunming suivi de 4 heures de route de Kunming à Dali. Fatigué de tant de voyages depuis le début de la tournée (on totalise peut-être 15 ou 20 milles kms) nous n'aspirons qu'à nous reposer un peu. Dali est une magnifique ville, peu importante en nombre d'habitants (300.000 à vu de nez) située sur le bord d'un immense lac. C'est le pays des fleurs et beaucoup de plats sont préparés avec diverses fleurs aux arômes et fragrances diverses. Beaucoup de champignons sauvages et même des plats à base d'écorces d'arbres. Un délice, encore une fois!

 

Notre périple en voiture de Kunming à Dali m'a permis de voir un peu le pays. Semblable au parc des Laurentides pour le paysage mais avec une architecture différente pour ce qui est des maisons, la nature est omniprésente et plutôt sauvage. Sur chaque batiments on retrouve des dessins en couleurs qui représentent différents sujets (oiseaux, mammifères, plantes, fleurs et bien sûr dragons) mais aussi des dessins géométriques abstraits et très colorés. Tout ceci donne une touche naïve aux villages traversés et illustent bien la mentalité générale de cette région.  En se rapprochant de Dali la montagne devient plus découpée et les sommets sont plus hauts. Le temps est plus frais (25 le jour et 15-16 la nuit) et l'air est enfin respirable.

 

Ce matin il pleut mais j'ai quand même fais mon footing (jogging) pour  la première fois depuis le début de la tournée. Impossible de courir dans les villes polluées et avec une température dépassant les 30 degrés. Les hôtels proposent  la plupart du temps un espace "fitness" mais je dois dire que j'ai horreur de cela. Malgré le bon équipement proposé je préfère toujours pratiquer mes activités physiques à l'extérieur. Cela me semble plus naturel et logique, mon corps a besoin de lumière et de bon air frais pour se sentir à l'aise.  C'est comme le yoga ou le taï chi. Ici, en Chine, ces activités font partie de la vie et sont intégrées aux activités courantes. Il existe bien sûr des associations pour ces sports mais ils sont pratiqués majoritairement à l'extérieur. Il n'est pas rare de rencontrer ces associations, des que le temps le permet, dans les parcs ou autres endroits propices à leur activité. De plus, jamais je n'ai senti cet espèce de snobisme que l'on peut voir chez nous chez ceux qui pratique ces sports. Faire du yoga, pour le chinois, n'est pas plus particulier que se brosser les dents...

 

Les choses vont se préciser ce soir concernant la résidence pour artistes que les Productions Yari, que Haiying Song et moi dirigeons, mettent sur pieds avec des partenaires chinois. Cette résidence qui n'est qu'une parti d'un projet plus important, offrira une occasion aux artistes désireux de travailler dans un endroit entouré de nature, de préparer et se concentrer sur leur projet personnel. Ces projets devront bien entendu  créer des liens entre la culture canadienne ou québécoise et la culture chinoise. Les locaux ne sont pas encore construits et la réunion de ce soir nous donnera l'occasion de présenter et aussi  préciser notre pensée à nos partenaires et de voir qu'est-ce qui sera possible d'offrir aux artistes. Cette résidence s'adressera dans un premier temps aux musiciens mais d'autres résidences seront offertes pour d'autres disciplines.

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 23:09

Il est 5 heures du matin, déjà réveillé. On doit se lever à 6 heures pour prendre notre avion pour Kunming. J'ai donné ma classe de maître hier (c'était de 19H30 à 21H00) devant une salle plus que comble, des gens étaient assis sur des chaises rajoutées dans les côtés. L'endroit est sympathique, c'est une bibliothèque/phonothèque uniquement composée de livres sur la musique et des partitions de musique classique. Ma loge est magnifique avec un sofa ultra-confortable, type "Louis quelque chose qui n'a jamais existé", qui se trouve en face d'un système de son de très haute qualité flanqué d'un écran sur-dimensionné pour visionner des DVDs. La collection de DVDs qui fait tout le mur est consacré uniquement aux opéras du monde entier et  des livres en allemand, français, anglais et chinois sur les principaux compositeurs occidentaux ornent la bibliothèque. Une collection de patitions avec le CD correspondant pour écouter et suivre la musique, des sculptures de diverses dynasties complètent la pièce. Ça sent le bois (la bibliothèque est faite d'un bois rouge de toute beauté) et le livre neuf. Je passerais bien quelques semaines ici... 

 

Le Centre National des Arts de Chine est une construction récente et l'intérieur est à couper le souffle. Structure auto-portante (pas de piliers à l'intérieur) qui ressemble un peu à une soucoupe volante, entourée d'eau, sa couleur aluminium rappele justement la couleur de l'eau. C'est donc une impression de légèreté qui se dégage de l'ensemble malgré cette immense et imposante architecture. Pour y entrer on doit en quelque sorte passer sous l'eau que l'on peut voir car le plafond à cet endroit est transparent. C'est tout une myriade d'effets auxquelles on assiste lorsque le soleil passe au travers du liquide.

 

La classe de maître débute par morceau joué en solo (les musiciens du quartet sont repartis au Québec) suivit d'un bref historique de la musique de jazz. Je parle de la disposition d'esprit que l'on doit avoir pour aborder cette musique. Je fais la comparaison avec l'apprentissage de notre langue maternelle, que l'on apprend en copiant la sonorité et répétant ce que l'on entend. Ce n'est que plus tard que l'on ouvrira les livres pour en apprendre les lois qui la compose (grammaire, conjugaison, syntaxe etc.) La musique (classique ou jazz ou que sais-je...) devrait, à mon avis, suivre le même chemin. Malheureusement on nous gave de théorie beaucoup trop tôt. C'est le résultat des institutions qui doivent contrôler le savoir, quitte à nous en écoeurer. Tout ça pour finir avec des examens que je qualifierais de "baptême bureaucratique du savoir".

 

Quelques jeunes saxophonistes ont apporté leur instrument. Je leur montre une chanson (sans partition...) tirée du répertoire traditionnel chinois. Mélodie simple avec quelques variations plutôt subtiles. On travaille 15 ou 20 minutes et le résultat est étonnant. On joue le morceau ensemble quelquefois et les élèves se surprennent eux-mêmes par la rapidité avec laquelle ils ont fait "corps" avec cette chanson. Le jazz est, à l'origine, une tradition orale. En outre, le fait d'apprendre ensemble crée des liens qui seraient absents si l'on avait simplement lu une partition. C'est aussi cela le jazz. Une communauté qui s'épaule, chacun profitant ou faisant profiter du savoir de l'autre. Ça devrait être cela...

 

Je réserve une période de question pour la fin et mis à part les questions (peu nombreuse finalement) classiques du genre quel sorte de saxo je joue ou quelle sorte d'anche j'utilise (je fais court dans mes réponses dans ces cas-là) d'autres questions plus intéressantes fusent. Elles portent souvent sur des questions pratiques et sur le comment improviser, par quoi commencer. Je dois préciser ma pensée et donner ou proposer des chemins qui seront clairs, les Chinois sont pragmatiques. Je les sens timide devant cette musique et fais tout pour leur donner du courage.

 

La beauté de cette musique c'est qu'elle n'appartient pas (plus) à un groupe particulier ou une race quelconque. Tout le monde peut faire sienne cette musique si l'on s'en donne la peine.  Le mythe du noir qui a le rythme dans la peau est une stupidité que l'on n'entend plus guère. Heureusement que ce racisme "à l'envers" n'a plus cours...Je l'espère!...

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 06:34

C'est dans une des salles les plus imposantes (1500 places) que le quartet a terminé sa tournée. J'avais, encore une fois, quelques appréhensions au niveau du son...Éh bien non! L'acoustique nous a permis de jouer sans amplification et être clairement entendu par tous les spectateurs (la salle était pleine à 90%). L'accueil frisait le délire et j'ai pu remarquer dans la première rangée un petit garçon qui a passé la soirée à taper des mains et à danser! Après les spectacles nous ne pouvons nous soustraire aux séances de photos et signatures. Pourquoi le ferait-on d'ailleurs? Voir l'enthousiasme et le bonheur sur le visage des gens est une joie pour moi et donne un sens supplémentaire et complémentaire à mon travail commencé il y a plus de trente ans. Depuis mes débuts j'ai connu le respect de mes pairs ainsi qu'une certaine notoriété au niveau des critiques spécialisés, mais jamais de succès populaire. C'est nouveau pour moi et je dois dire que cela me rassure un peu. Je ne fais pas de musique et ne veux pas faire de musique pour une petite élite et après une si longue période de travail sans une appréciation populaire je me posais des questions (peut-être dans des moments de faiblesse...) sur la réelle validité de mon travail et son utilité au sein de la société. Je vous rassure tout de suite que ce succès populaire n'a jamais été et ne sera jamais le but à atteindre. Je ne suis certainement pas prêt à faire le clown sur scène pour intéresser les gens à ma musique ni à être complaisant avec qui que ce soit et quoi que ce soit qui concerne la musique. Maintenant que je sais que ma musique peut toucher différentes couches de la société, différentes personnes de différentes cultures, je suis un peu plus serein! Cela me donne également une confiance accrue et une énergie nouvelle. 

 

Hier soir j'ai donné un concert avec une section rythmique chinoise (en fait le batteur est Japonais mais demeure en Chine depuis des lustres). J'avais déjà joué avec le bassiste (Zhang Ke) trois ans auparavant. Quels progrès depuis ce temps! Pourtant la scène du jazz à Beijing est assez pauvre, hormis ce club dont je vous ai déjà parlé, le East Shore. Il y joue 3 ou 4 fois par semaine et fait des "gigs" alimentaires pour boucler ses fins de mois. Le pianiste (Xia Jia) à un niveau comparable avec n'importe quel pianiste au Québec. Son touché est délicat et ferme à la fois, sa science de l'harmonie très personnelle et son sens du rythme vraiment intéressant. Il prend des risques et s'en sort haut la main! Nous allons certainement collaborer dans le futur. Le batteur (Izumi Koga) est peut-être le plus faible des trois mais possède des qualités qui font qu'il est possible de construire des choses avec lui. Il a une bonne écoute mais son jeu est un peu plat, sans beaucoup de saveur. Il lui manque également cette énergie que je recherche chez un batteur et qui pousse à se dépasser. Belle soirée de toute façon sous le signe de l'amitié et des sourires complices.

 

Je donne une classe de maître ce soir au Centre national des Arts de Chine situé à deux pas de notre hôtel. Je vais certainement parler de la musique en tant que language. Je n'ai jamais de plan précis lors de ces rencontres. Tout dépend de l'auditoire. On m'a dit qu'il y aurait pas mal d'enfants, je glisserai donc assez rapidement sur la technique (instrumentale, harmonique etc.) pour me concentrer sur le phénomène "musique" proprement dit. Sa place dans nos sociétés, son rôle, son impact sur nos vies. J'aime également poser des questions à l'auditoire et ses réponses sont souvent le prétexte à des réflexions que je développe sur le moment. Passionnantes et risquées, le fait d'improviser ces classes de maître m'amène souvent sur des chemins nouveaux et inattendus. De plus, cette réflexion "sur le champs" reste toujours vivante et proche des préoccupations et besoins de l'auditoire. Il est arrivé que j'aborde à peine la musique de jazz en tant que telle mais, par exemple, les raisons qui font que je pratique cet art. Se remettre en question à tous les niveaux fait partie de ce fabuleux métier, que je pratique en artisan, c'est à dire avec simplicité et sans prétention. 

 

Demain je me dirige avec ma compagne vers la province de Yunan où l'on va peaufiner notre projet de résidence pour artistes. Je vous en reparle plus tard.

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 05:29

Je rajoute ce deuxième mail concernant nos engagements pour la paix, la façon de les faire et leurs impacts sur le monde. Cette fois-ci envoyé directement à Mariane Pearl, je précise un peu ma pensée, la rend, je l'espère, plus claire. Je me permet de partager avec vous cet échange qui n'a rien de personnel et qui concerne finalement tout le monde. Je publierai se réponse si elle me le permet. 

 

Bonjour Mariane,

j'ai reçu, il y a quelques jours, une invitation de votre organisme à participer à votre évènement du mois d'octobre. Je suis présentement en Chine où je termine une tournée (c'est la dixième) qui m'a amené au quatre coins de ce pays. Ma compagne est chinoise et nous avons de nombreux projets pour l'avenir, notamment une résidence pour artistes dans la province de Yunan (sud-ouest).

 

Avant de poursuivre, j'aimerais vous exprimer toute ma sympathie à vous et votre famille. Cet acte barbare dont Daniel a été victime n'est malheureusement pas le seul perpétré et n'est qu'une goutte (qui pour vous est océan, je le comprend parfaitement) dans la mer d'injustice qui noie les siècles.

 

Cette injustice, promue comme culture par les pays dominant, ne pourra être endiguée que si nous nous réveillons et usons de cette liberté qui nous est accordée pour changer nos dirigeants. Je suis certain que vous connaissez les liens qui unissaient Ben Laden avec le gouvernement américain, la mise sur pieds et le soutien de ce pays aux fanatiques islamistes (qui ont assassiné Daniel) pour contrer les Russes pendant la guerre en Afghanistan et d'autres horreurs du même type. Cela, il faut que les gens (d'abord les Américains) le sachent. Connaître vraiment qui nous sommes et ce que nous représentons au yeux du monde nous permettra d'être plus efficace dans notre lutte pour la paix.

 

Il faut, me semble-t-il, que les gens sachent que vous êtes au courant de ces politiques basées sur le cynisme, l'arrogance, le non-respect des peuples, qui veulent une véritable démocratie, lorsque cela n'est pas bon pour le "business" . Savez qu'aux yeux de la justice internationale, tous les présidents américains, depuis la seconde guerre mondiale, pourraient être jugés et declarés coupables de crimes de guerre? Comment voulez-vous que nous ne suscitions pas tant de haine de part le monde?? Ici je dois parler de ma grande sympathie pour la culture américaine (je ne suis certe pas un "anti-américain primaire"). J'étudie et pratique la musique de jazz depuis longtemps (je suis saxophoniste) et j'ai beaucoup d'ami(e)s dans ce magnifique pays!

 

Je n'en voit pas la trace (de votre connaissance de ces faits), nulle part dans vos textes et présentations. Nos actions doivent coller à la réalité et ne pas simplement être des voeux pieux. Cela me rappelle trop, pour donner deux exemples, l'église catholique ou alors le Dalaï Lama qui ont un discours de paix mais qui, dans les faits, sont pratiquement à la solde des gens au pouvoir. Vous sachant bouddhiste, je me permet simplement de souligner que le Dalaï Lama, dans une entrevue donner il y a peu, donnait le président Bush (fils) comme son principal inspirateur. On pourrait douter de la sincérité de sa démarche spirituelle à moins! J'arrête là mes observations mais j'en aurais encore beaucoup à dire!

 

Il est clair pour moi que votre démarche et vos actions sont une force positive pour l'avancement de la compréhension entre les peuples. Il est clair également que votre (notre) action sera tolérée tant qu'elle n'aura pas trop de poids et/ou d'échos dans le monde. Si, par malheur (pour certains) ou bonheur (pour d'autres) cette action donne de réels espoirs et changements dans la vie des gens, nous serons invités à disparaître soit par une propagande efficace ou tout simplement par la force. Rappelons-nous l'archevêque du Salvador qui donnaient les moyens aux paysans de se prendre en main (et cela fonctionnait!) et la réaction des États-Unies qui ont entraîné et soutenu un commando pour assassiner cet homme. Les guerres et dictatures ont toujours été une grande source de richesse pour les états dominants.

 

Je m'excuse de ce long mail, vous avez sûrement mille choses à faire! Merci de prendre le temps de me lire.

Je vous souhaite tout le bonheur du monde et suis de tout coeur avec vous,

 

Yannick Rieu

www.yannickrieu.com

www.yannickrieu.fr (blog en français)

P.S. Vous avez peut-être reçu un autre mail (incomplet, du à une fausse manoeuvre de ma part...) qui traite sensiblement du même sujet. Veuillez SVP l'ignorer. 

P.P.S. Un homme que j'admire beaucoup (que vous connaissez peut-être déjà) et que j'étudie depuis longtemps du nom de Jiddhu Krishnamurti devrait vous intéresser. (voir adresse sur mon blog)

  

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