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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 23:40

Qu'est-il besoin de construire un Dieu ou de le brûler sur l'autel des idées?

Croire, ne pas croire sont deux formes d'inattention.

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Le soleil la fuit

Le vent murmure à l'ombre

La lune écoute, froide et sombre

Sans bruit, sans nombre

Ci-git la nuit

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On écrit au passé ou au futur.

Le présent est indescriptible.

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Le passé et le futur sont des concepts identiques.

Le présent y échappe.

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Traverser la vie? Elle nous traverse! Se diriger vers la mort? Elle vient à nous! Être le centre et la périphérie tout à la fois. Pas d'hier, pas de demain. L'infini est un point que le temps a déserté.

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Vivre entre deux abîmes : hier et demain.

Celui qui ne tombe jamais est un sage.

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L'inattention c'est être hier ou demain. L'attention c'est être présent

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 15:08

L'hiver ne se reconnait plus dans la glace.

Il laissera sa place à l'éternel printemps

D'où surgiront des crétins optimistes

Nouveaux-nés de cette gauche libérale

Ou vieux cons de droite abyssale

Qui vous raconterons

Deux temps trois mouvements

Que l'avenir est radieux

Que les fleurs sentent bon

Que le ciel est bleu

Qu'il faut être progressiste

Fuir la sagesse des aïeux

Le printemps ne se reconnaît plus dans la terre.

Il laissera sa place au mol été d'où surgiront

Du haut de leurs tracteurs

des hypers agriculteurs

lacérant la terre à vous fendre le coeur

des artistes "rebels" bouffant de la subvention

des radios poubelles sous le coup d'injonctions

des démocrates hypocrites bombes à la main

des religieux pieux tirant sur tout ce qui bouge

des philosophes creux enrhumant du crétin

des revues, télés et journaux dans le rouge

des artistes poubelles en peine d'inventions

des radios "rebelles" maniant diffamations

L'été ne se reconnaît plus dans le feu.

Il laissera sa place

aux vidéastes

à l'amour revolver

Face contre terre

Un doigt sur le chien

L'autre dans la chatte

Le coït à quatre pattes

Et par derrière

Faudra vous y faire

Ici on s'éclate

...

Les bras ballants

les bras tombants

Face contre plage

un enfant

sur toutes les pages

tourne le dos.

On trépigne on rage

On s'émeut on s'indigne

Nous sommes, nous

Tellement plus sages.

L'automne, lui, fait un drôle d'air

il écoute (il a de la feuille)

il regarde le monde se défaire

il est en deuil

Il se dit qu'il n'y a plus de saison

et nous, plus de raison

À P. Muray

Published by Yannick Rieu - dans Culture
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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 09:16

"La mauvaise conscience accompagne souvent la mauvaise foi"

Des mois que je n'avais pas vu Jean. La rédaction prenait tout mon temps et je dois avouer que ses idées avaient tendance à remettre en cause la rédaction de mon mémoire, en ce sens que mon ami me forçait à me remettre en question, moi et mon travail. Tout ce que je voulais c'est terminer ce foutu mémoire et me trouver un bon job. Dans ma famille, ce qu'il en restait, Jean était devenu persona non grata comme on dit. De nombreuses frictions à chacune de ses visites rendaient notre amitié difficile et, peut-être par faiblesse de ma part ou intransigeance de la sienne, nous avaient éloigné. D'un autre côté il ne se passait pas une journée sans qu'un texte, un article, un auteur me remette en mémoire l'une ou l'autre de ses idées ou réflexions. Pour être franc, il me manquait. Ou c'était moi qui le manquais...

La neige avait disparu. Printemps précoce. Des voiliers d'outardes avaient été vus dès février. Noël, cette fête devenue insupportable de niaiseries avec ses réunions familiales obligatoires, les remises de présents fortement recommandés par les marchands flairant la bonne affaire, les premiers dégueulis de décorations, les orgies de couleurs visibles dès octobre sur les maisons, les arbres, les rues...partout! Toute cette agitation publicitaire avait suivi celle aussi horrible, voire pire, j'ai nommé: l'halloween. Bref l'humanité avait une fois de plus survécu au mauvais goût et à l'abrutissement festif des médias. D'ailleurs a-t-elle vraiment survécu?

Comme c'est drôle...Il n'y a pas si longtemps j'aurais fait l'apologie de ces fêtes...Jean...

De l'eau partout! La neige disparaissait à vu d'oeil, comme neige au soleil. Il me tardait d'enfourcher mon vélo et goûter un peu de cette nouvelle saison. Il m'attendait. Je l'avais astiqué, huilé, réglé ses freins, vérifié la pression des pneus, graissé la chaîne, les moyeux, retendu et rééquilibré les rayons. Prêt à bondir le vélo. Souriant, pimpant, optimiste. Silencieux. Le vélo c'est un chat. Un peu le contraire de Jean...Peu souriant, mal fagoté, pessimiste le Jean. bruyant? Non...quand même...Bouillant? Oui.

Les premiers coups de pédales m'ont transporté dans le quartier où habite mon ami. Tiens donc! Est-ce que ces mois sans nouvelles ont distendu les liens d'amitié? Pas en ce qui me concerne. Je ne l'ai jamais quitté. Vous avez compris. Lui? Avec Jean on ne peut être sûr de rien! Imprévisible (ce que je comprends de lui à tout le moins) et détaché. Jean difficilement cernable, beaucoup de mes amis le trouvent...

Une voix derrière moi.

Hé! Connard!

Le temps de me retourner pour localiser cet aimable voix...

Une flaque d'eau, un nid-de-poule...La culbute...Le noir. Je flotte, j'entends un crissement de pneus, des voix...Je reviens à moi, on m'entoure. J'ai mal au genou droit, ma tête est dans mon coeur ou l'inverse. À chaque battement mes oreilles bourdonnent.

Appellez une ambulance! La police! les pompiers! Ça n'a pas d'allure des routes si mal entretenues! La ville est responsable! Il ne porte pas de casque le malheureux!

Toutes ces voix si lointaines et proches à la fois...

Je sens une paire de bras qui...

Non! Faut pas le bouger! Il est peut-être touché au dos, à la nuque! Je repart. Le noir à nouveau.

On dit le noir mais en fait c'est faux. Pas de noir ou de quoi que ce soit. Rien. Je retombe dans le rien. Et je m'y sens bien...Je m'y sens "rien" en fait...Après-coup quand j'y repense, cet état est indescriptible avec des mots. La pensée n'a pas accès au rien. Son essence même le lui interdit. La pensée implique le temps, sortir du temps c'est sortir de soi-même. Il me semble.

C'est là. C'est tout. Je ne pense plus, je ne suis plus mais "ça" est là. Comme une nuit sans rêves. "Ça" existe, sans mémoire. Pas de mémoire pas de temps. Juste une impression sans rien sur quoi s'appuyer, une impression sans l'intervention des sens. Rien d'horizontal. Un vertical vertigineux sans souvenirs. Que de la conscience impersonnelle? C'est possible ça?

Toujours ce mur quand je tente de raisonner l'état dans lequel j'étais. Ou "ça" était...Je n'y arrive pas.

Réveil pénible. Une odeur d'alcool. J'ai trois fois mon âge. Mon corps précède ma pensée. J'ai mal.

Mon vélo?

T'inquiète connard...

Il y avait dans ce "connard" beaucoup de tendresse.

Jean?

Je suis chez Jean. Manquait plus que ça.

Il sourit.

-Il va bien ton vélo! Un peu amoché comme toi mais il va survivre...Et toi? Ça va?

-D'après toi? Mais qu'est-ce qui pue comme ça?

-Toi. J'ai nettoyé ton genou. Pas grave...Une bosse sur la tête, un coude qui ressemble au genou...Ils voulaient t'envoyer à l'hôpital, rameuter les flics....Tout le bazar! Et tu t'es fait dessus.

-T'es sûr que je vais bien?

-Plutôt à toi de me dire.

-Je crois que oui...C'est donc toi qui...

-Oui. Je ne pensais pas que tu...comment dire...que tu perdrais les pédales...

-Très drôle!

Je pouffai malgré moi...Aie! Mes côtes!

-Tout va bien alors...

Je passai quelques heures chez lui le temps de me remettre de mes émotions (et de me nettoyer...). Une conversation un peu décousue vu mon état. Un thé, des nouvelles, un rendez-vous pour la semaine suivante. Jean semblait heureux de me voir. J'avais un peu forcé le destin en me rendant dans son quartier, sans doute avec l'espoir d'une rencontre fortuite. Je n'aurais jamais osé frappé à sa porte.

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 03:48

"Les mots sont des planches jetées sur un abîme avec lesquels on traverse l'espace d'une pensée qui souffrent le passage et non point la station. L'homme en vif mouvement les emprunte et se sauve mais qu'il insiste le moins du monde ce peu de temps, les rompt et tout s'en va dans les profondeurs".

Paul Valéry

On sait que le mot n'est pas la chose. Pour celui qui a faim, vaut mieux un mauvais repas qu'un excellent livre de cuisine.

Ai-je par ces mots froissé cet écrivain-philosophe à qui j'avais envoyé plusieurs de mes disques, le sachant amoureux du jazz...et des mots?

Rien de moins sûr car jamais il ne prit la peine de me répondre ni même d'accuser réception de mon travail, lui qui au cours de nombreuses entrevues radiophoniques et télévisuelles, fustigeait les gens malpolis, incapables de dire bonjour ou merci, refusant ainsi ne serait-ce que la simple existence de l'autre.

Non mon cher écrivain-philosophe, je ne t'en veux pas le moins du monde. Tu étais sans doute trop occupé à compulser tes fiches, à lire, à réfléchir, à écrire. Je sais aussi que l'abus de savoir rend mécanique et un peu froid parfois. À trop se concentrer on devient quelque peu inattentif à l'autre.

Non, le mot n'est pas la chose.

Mais à quel abîme Valéry fait-il référence? Cet abîme que des planches-mots surplombent. À quelle profondeur songeait-il? Pourquoi ces profondeurs semblaient terroriser notre poète génial à l'idée d'y sombrer? C'est pourtant dans les profondeurs que la vie foisonne, c'est dans les profondeurs que la vie-vivante, celle que les mots n'atteindront jamais, celle d'où est absent le verbe qu'elle est la plus lumineuse. Dans les profondeurs il n'y a que le silence.

Regarde la mer!

À trop vouloir nommer nous restons à la surface des choses et des êtres. C'est tout ce que nous connaissons. Les abîmes nous rendent insécures, les profondeurs nous donnent le vertige.

Il n'y a que l'insécurité qui nous pousse à nous inventer des certitudes, certitudes qui bougent, changent au fil des siècles. Le vide, l'abîme, lui, ne bouge ni ne change. Il échappe à la pensée, il échappe aux concepts, il échappe au temps.

Le manteau des mots dissimule, parfois de merveilleuse façon! Le savoir, lui, est ignorance lorsque la connaissance du moi fait défaut.

Le culte du savoir et des mots sont des formes modernes d'idolâtrie.

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 10:53

La mort rapproche. Me suis réveillé avec cette idée cette nuit. Vraie pars vraie? En tout cas une chose est certaine, dans une majorité de cas, notre tristesse lorsque confrontée à celle-ci, ce sentiment de perte qui nous rend si désarmé, dépourvu et désemparé, ce sentiment de vide nous fait pleurer sur nous-mêmes. Et cela est inconvenant. N'est-il pas?

Tournée, manège...

Impossible de tenir un journal pendant la tournée. Pas cette fois. Trop de déplacements, de kilomètres, de fatigue. Le corps ne pense plus et s'il le fait se sont pour des choses pragmatiques.

Tellement reçu d'informations ces trois dernières semaines...Je dois laisser décanter tout cela; des odeurs, des couleurs, des sons, des situations, des mots devenus musique car entendus pour autre chose que des mots chargés de sens, des paysages, des cités, des hésitations, explications, mal-entendus, des connivences sans raisons apparentes, des regards qui en disent plus long que des phrases...

Tous ces gens qui vivent si loin et si proche; des frères et sœurs qui sont des "moi" que je ne connais pas et que je ne connaîtrai jamais ou si peu. Je suis eux sans qu'ils le sachent, ils sont moi sans que je m'en doute.

Tournée, manège...

Laisser reposer comme le bon vin, laisser respirer, oxygéner toutes ces émotions; le parfum du voyage prend corps souvent bien après le retour.

Le voyage rapproche. Il nous rapproche de notre nature, celle qui existera toujours derrière les masques de la civilisation.

Bien fait, il nous éloigne de nous-mêmes, ce que l'on croit être nous, nos habitudes, nos relations, nos certitudes, nos opinions. Un voyage bien fait casse le monde confortable de nos traditions, de nos valeurs circonstancielles.

Tout renaît, frais, nouveau, plein de sens. Le geste le plus banal devient révélateur. Un bon voyage décuple l'attention, décentre, déstabilise, "dé-range", remet en cause, interroge.

Le voyage en forme de point d'exclamation, c'est bien, celui en forme d'interrogation me semble plus intéressant. Non?

Partager, un mot-clé en Chine.

Partager, un mot-clé en Chine.

Je me demande si le choix de mon instrument ne relève pas, après tout, de sa forme interrogative...

N'y a-t-il pas quelque chose de l'ordre de l'interrogation dans sa forme?

Vous me suivez?

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 04:51

Il m'apparaît de plus en plus évident que tout est fait dans nos sociétés pour que nous chérissions notre servitude. D'autres avant moi en ont parlé, et beaucoup mieux: La Boetie, Huxley, Orwell etc.

Pourrait-on imaginer un lion aimant la cage qui lui a ôté toutes ses qualités de lion? Sa nature de lion? Il en est de même pour l'être humain comme tout être vivant: dès qu'il perd sa liberté il perd sa nature, il devient autre et cet autre est bien triste à voir.

Pour qui a déjà vécu cette désolante expérience qui est de visiter un zoo saura de quoi je parle...À moins qu'ayant perdu le goût de la liberté vous trouviez normal voire intéressant d'observer l'affligeant spectacle de la dignité perdue de nos frères les animaux.

L'humain qui jouit de sa servitude n'apprécie pas beaucoup la liberté chez autrui. Elle est suspecte et dangereuse.

Évidemment la chose n'est jamais présentée comme telle. Cette servitude, pour se faire aimer, doit prendre des visages de...liberté! Comme on fait la guerre que pour des raisons de justice ou que notre immodestie nous pousse à jouer l'humilité!

La servitude est confortable, elle donne un sentiment de sécurité, ne favorise pas la réflexion ni la prise de risque-ou alors dans des limites bien définies. La servitude déteste les remises en question et à en horreur de se voir pour ce qu'elle est. La servitude ne dit jamais son nom.

La lâcheté est son terreau.

À l'instar de la servitude dissimulée sous forme de liberté, la lâcheté assumée aura besoin d'un puissant allié pour "marcher la tête haute": l'ego, le "moi".

Celui qui désire sans arrêt, celui qui n'a de cesse de voir l'autre comme un danger pour son intégrité, l'impitoyable consommateur, le tranquille pourvoyeur d'injustice, l'indifférent...le centre de l'univers!

Nous sommes devenus tellement insensibles et centrés sur nous-mêmes que nous ne voyons plus l'état de monstrosité dans lequel nous vivons. Nous ergotons sur des pacotilles, tergiversons sur des riens, bavardons sans fin à propos de tout et de rien-surtout de rien, prenons nos aspirines pour des révolutions et nos prises de position pour des fins de monde.

Des actes aussi insensés que la guerre, qui n'est qu'une projection spectaculaire et sanglante de notre vie quotidienne, l'exploitation de l'autre, la compétition, le culte du succès sont maintenant vus comme des choses avouables, normales, acceptables, typiquement humaines et naturelles.

On a déguisé la haine en amour, la folie en bon-sens, l'hypocrisie en politesse.

On a déguisé la servitude en devoir.

Un nouveau Premier Ministre du Canada a été élu le 19 Octobre 2015.

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 01:01
Longues heures de route la nuit...
Longues heures de route la nuit...

Il y a de ça peu de temps, se rendre en Chine aurait pris des semaines. En quelques heures nous sommes à l'autre bout du monde (11.000 kilomètres!), un autre continent, une autre culture. Dès la sortie de l'avion, un autobus nous attend...8 heures de routes pour nous rendre dans la province de Shandong. Le corps ne sait plus...Dois-je dormir, manger, rester éveillé? Dans le doute il fait un peu tout cela à la fois...Le corps s'affole, la tête suit. Dormi en pointillé, des rêves sans queue ni tête, couché très tard, réveillé trop tôt.

On se demande parfois ce qui nous pousse à faire ce que l'on fait. Ma réponse toute personnelle est la suivante: l'arbre qui pousse se demande-t-il pourquoi il pousse? Évidemment non! Il pousse car c'est dans sa nature de pousser, sa nature d'arbre. Si notre cerveau ne possède pas un calme suffisant, s'il est préoccupé par mille problèmes, il aura tendance à mal fonctionner et soulever des questions inutiles. L'intelligence naît de son silence.

Oui, je sais, l'arbre n'a pas de cerveau. Ça ne veut pas dire qu'il n'est pas doué d'intelligence! La nature est source d'enseignement, on la sait depuis toujours...Et on l'oublie trop souvent.

Pourquoi je fais ce que je fais? Quelle drôle de question!

Cet après-midi répétition et balance de son. Hâte de voir la salle, hâte de souffler dans mon saxo, hâte de faire de la musique avec mes collègues.

Les papillons sont là, ils ne me lâcheront pas de toute la tournée. Compagnons de voyage légers et lourds à la fois.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 15:50

Bientôt nous allons voter. Nos maîtres seront désignés. Après cette mascarade de démocratie ils n'auront que peu de compte à rendre. C'est un fait.

Comment changer les choses alors?

À moins que ce monde nous aille, nous pouvons continuer de voter et poursuivre notre chemin en ayant adopté des valeurs qui ne nous correspondent pas.

Si ce monde ne nous plaît pas, il faut le changer. Pas par le haut (élections) mais par le bas, c'est-à-dire nous-mêmes.

Autrement dit: vivre dans le monde sans en faire partie.

Que veut dire faire partie du monde?

C'est d'abord croire que la pensée va régler nos problèmes alors qu'il est facile d'observer les ravages qu'elle cause tout le long de l'histoire.

Faire partie du monde c'est mal se connaître, refuser de voir la vérité: notre suffisance, notre manque de générosité, nos combats futiles et puériles pour se faire une place dans un monde...qui ne nous plaît pas!

Faire partie du monde c'est notre état de guerre permanent pour arriver à nos fins. C'est se croire pacifiste et être violent dans nos actes de tous les jours. La violence de l'ambition, de la compétition, de la performance, de l'idéalisme, du nationalisme, des croyances de toutes sortes.

Faire partie du monde c'est dire "je t'aime" sans y penser vraiment. C'est porter un masque et se croire à l'abris, c'est porter un masque et y croire!

Se mentir à soi-même.

Faire partie du monde c'est abdiquer, abandonner, reculer, se coucher, oublier, accepter, s'aplatir, renoncer.

Faire partie du monde c'est encore croire que les élections vont changer les choses. C'est accepter qu'on nous rende médiocre dans nos gestes.

Parce qu'être médiocre est plus facile, plus confortable, moins fatiguant, moins engageant, plus sympathique.

Faire partie du monde c'est baser nos relations sur le calcul.

Faire partie du monde c'est se mentir constamment à soi-même, se croire flamme alors qu'on est de mèche...

Les convictions molles font de bons électeurs.

Voter c'est valider un système qui maintient notre impuissance.

Vivre dans le monde sans en faire partie.

Tout un défi.

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 23:52

Voilà un mot que l'on rencontre souvent!

Liberté.

Sommes-nous libre? Qu'y a-t-il derrière ce mot, qu'est-ce qu'il contient?

Avons-nous vraiment réfléchi sur ce qu'est la liberté? Un être humain libre peut-il avoir des conclusions? Des opinions arrêtées? Des traditions? Une nationalité? Des croyances, religieuses ou politiques? Des idéaux?

La liberté peut-elle être de seconde main?

La pensée peut-elle être libre? Peut-on parler de liberté si celle-ci ne peut s'épanouir qu'à l'intérieur de schèmes bien définis dictés par la pensée?

L'horizontalité de la pensée nous interdit l'accès au présent. Celui-ci est inaccessible tant que la pensée opère. Elle prend sa source dans la mémoire, celle-ci étant constituée de souvenirs, de savoirs, de connaissances etc.

Celui ou celle qui vit continuellement dans ses pensées est un être du passé. Il ne connaît pas la beauté du présent et ira (la pensée ne tolère ni ne conçoit son propre silence) jusqu'à affirmer que le présent est chose pauvre, dénué d'intérêt. La pensée ne veut pas mourir!

Attention! Je ne dis pas qu'elle est inutile (évidemment!) mais elle n'est efficace que dans un mince champs d'action. Le problème est qu'elle prend toute la place, avec les ravages que l'on connaît. Nos sociétés, depuis longtemps, ne connaissent que cet outil pour affronter la vie et ses milles problèmes. Nous ne connaissons rien d'autre et sommes, cela est troublant, incapables d'entendre ces voix qui nous ont questionné sur la pertinence ou l'impertinence de la pensée dans certains champs. Nous sommes pour ainsi dire à genoux devant elle.

L'endoctrinement peut prendre beaucoup de formes, plus ou moins subtiles. La "beauté" de certaines formes d'endoctrinements si je puis dire, qui ont cours dans nos sociétés dites libres, s'appuient justement sur des valeurs qui nous font penser ou croire que nous vivons, pensons librement alors qu'il n'en est rien. Notre liberté n'est au fond qu'une habitude, un pli, une tradition qui serait trop périlleux de remettre en cause. Nous préférons, et de loin, notre confort et notre sécurité psychologique à une remise en cause profonde et sincère.

Ainsi sans vouloir aller à la racine des problèmes nous continuons à élaborer des concepts, nous nous penchons sur ce qui devrait être au lieu de voir ce qui est.

Nous sommes des idéalistes parfois fort sophistiqués, avec des réflexions habiles, complexes voire compliquées.

Des milliers de livres écrits. Intéressants et inutiles.

Des milliers d'idées. Charmantes, désarmantes, subtiles, volatiles.

Je pense donc je suis?

La pensée s'arrête et cela est.

Confort et médiocrité vont de pairs.

Au fond nous ne voulons pas changer.

En toute bonne foi.

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 19:33

Je suis musicien. Jouer avec les sons et les rythmes me fascine depuis mon tout jeune âge.

Pour qui se contente de voir les choses en surface, cela peut sembler puéril...Faire de la musique!.. Alors que tant de gens souffrent? Que les politiques nous mènent en bateau en toute conscience ou inconscience? Alors qu'un mouvement de peur semble étreindre la planète entière? Qu'un repli sur soi paraît, pour un nombre de plus en plus important de citoyens, comme une réponse adéquate aux problèmes qui surgissent! La misère physique, morale et...et...

Pour ma part, la racine de la majorité de nos problèmes, pour ne pas dire tous, se trouve dans notre conditionnement, notre culture dite humaine qui fait que nous nous pensons séparés les uns des autres. Depuis tout petit cette idée nous est transmise de mainte façons à l'école, dans les médias, dans nos familles. À tous les niveaux! C'est l'idée maîtresse et elle est rarement remise en question. Elle domine notre savoir, nos actions. Elle façonne l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes.

Sartre affirmait que l'enfer c'est l'autre. L'autre c'est moi lui rétorquerais-je et ce moi est une illusion!

L'égo n'a pas plus de réalité que ces personnages qui évoluent sur un écran de cinéma. Le problème c'est de croire dans cette illusion...Ce n'est pas la seule! C'est dans l'ordre des choses de la pensée que de créer des illusions. Notre culture accepte et trouve normal de se définir à partir de fantômes. Et nous payons le prix.

Nous sommes un. Il ne s'agit pas d'opiner du bonnet et voir cela comme une idée intéressante, un autre concept intellectuel que l'on remisera dans notre mémoire avec tout le reste. Il s'agit de vivre ce fait, ce qui est une toute autre histoire.

Une faible partie de l'humanité aura compris que nous sommes "un". Pas besoin de vous dire que cette minorité ne fait pas les premières pages des journaux, que ces gens ne font pas le "buz". On ne les entend pas parce que nous ne voulons pas les entendre. Nous préférons nos habitudes. Nous préférons notre confort (physique, intellectuel et moral) même si ce confort rend des millions de gens malheureux.

Cette petite idée (qui n'a aucune valeur si elle reste intellectuelle) par trop révolutionnaire demande un trop grand effort pour être populaire. La perspective qu'elle sous-tend donne le vertige. Vivante, elle rendrait complètement caduque les bases de nos sociétés, bases sur lesquelles se fondent le colonialisme, l'impérialisme ou toutes autres formes de domination pratiquées au jour le jour, dans les plus petites choses.

Que faire avec tout cela? Cette violence inouïe, cette injustice innommable, cette brutalité hallucinante, ce dangereux aveuglement si caractéristique de notre culture? Aveuglement entretenue par notre lâcheté, notre profonde indifférence qui profite à beaucoup de gens et en tout premier lieu à chacun de nous.

Ma goutte d'eau, mon minuscule grain de sable se nomme Da Li. C'est ma façon de dire qu'au-delà des différences, les humains vivent tous les mêmes choses. Le bonheur, la joie, la tristesse, la souffrance n'ont pas de couleurs ni de géographie particulière.

Da Li c'est ma voix. Elle exprime, après plus d'une douzaine de séjours en Chine, ce sentiment d'union que ces voyages m'ont permis de vivre.

C'est un chant, un bruissement à peine audible, un frémissement imperceptible.

Ce n'est pas l'espoir qui m'anime. Je n'ai pas de but.

Il fallait que cela soit fait. C'est tout.

Published by Yannick Rieu - dans Culture
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