Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 15:57

Le mot « démocratie » nous rassure sur nous-mêmes. Il ronfle à nos oreilles et nous endort, satisfaits, contents après tout de l’image que nous (nous) projetons. Ce mot est un leurre et je suis surpris qu’il satisfasse encore la plupart des intellectuels occidentaux pour décrire nos gouvernements.

1-oligarchie. Système politique dans lequel le pouvoir appartient à un petit nombre d'individus constituant soit l'élite intellectuelle (aristocratie), soit la minorité possédante (ploutocratie), ces deux aspects étant fréquemment confondus.

 

2-ploutocratie. Système dans lequel le pouvoir politique est dévolu aux détenteurs de la richesse.

 

3-démocratie. Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple.

 

(Définitions tirées du Larousse)

À votre avis, quelle(s) définition(s) s’accorde(nt) le plus avec ce que nous vivons ?

Ce n’est pas précisé, mais rien n’indique que la liberté d’expression ou celle de la presse, l’indépendance de la justice, les procédures de délibérations ou encore de votes, d'élections (des éléments qui sont nécessaires à une démocratie) soient exclues des systèmes ploutocratique et oligarchique. Si la démocratie permet, en principe, de changer les dirigeants d’un pays, d’une province, à quelle sorte de changement a-t-on affaire si tous les candidats (droite ou gauche) sont, finalement, pour un système identique à savoir le néo-libéralisme ? Quel sens prennent alors les mots « choix », « liberté », « souveraineté du peuple » ?

Dans toute remise en question, combat, réflexion pertinente sur un sujet, il faut en premier lieu pouvoir nommer clairement ce dont il est question, la nature exacte d’un problème soulevé. La langue française est précise et nous donne les moyens de circonscrire, de définir clairement, et dans ce cas particulier, les différents systèmes de gouvernements à l’intérieur desquels nous évoluons. 

Il me semble que, de nos jours, utiliser le mot « démocratie » dans une réflexion sans faire référence également, pour plus de précision, aux mots « ploutocratie » et/ou « oligarchie » me paraît au mieux relever d’un oublie ou d’une simplification outrancière ou, au pire, de malhonnêteté, d’inconscience ou de lâcheté. Il se peut aussi que ce mot soit simplement utilisé par habitude, ce qui, il faut l'avouer, en dit long sur le degré de vigilance et la précision de la pensée de l'utilisateur!

Un changement sémantique anodin en apparence peut cependant nous faire comprendre la plupart des actions qui sont prises par nos gouvernements. Par exemple, la signature du libre-échange entre le Canada et l'Europe est tout-à-fait logique et raisonnable pour une ploutocratie ou une oligarchie mais difficilement acceptable pour une démocratie.

C’est pourtant ce mot, démocratie, que j’entends, que je lis, que je vois chez nos journalistes, chroniqueurs, penseurs, philosophes, concitoyens qui sert à définir notre société. Ce qui n’est pas faux n’est pas forcément vrai. 

Les changements sont longs opérer. Difficile de remettre en question ce qu’on nous serine depuis la petite enfance – que nous vivons en démocratie -, pas évident de changer ce paradigme, cette conviction, pas toujours facile ou possible de prendre le temps d’expliquer les subtilités de ces trois formes de gouvernements. Il est peut-être question de courage aussi...

Un lent glissement s’opère depuis plusieurs années, un « flou artistique » est maintenu afin que soit malaisé une prise de position limpide, acceptable et acceptée par la majorité. En fait, vous l'aurez compris, à peu près personne ne souhaiterait vivre dans une ploutocratie ou une oligarchie! Tranquillement on vide de sa substance ce mot - démocratie -, on le garde tout en s’en éloignant. Voyez comment il est difficile de lutter contre cette « démocratie » puisque celle-ci est garante, en principe, de nos libertés ! Il est donc impératif de garder ce mot tellement rassurant! 

Notre sécurité psychologique passe souvent avant le réel. 

Published by Yannick Rieu - dans Culture
commenter cet article
24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 17:53

La philosophie c'est la confession d'un corps 

Nietzsche

La philosophie c'est en premier lieu quelque chose qu'on vit, pas qu'on pense.

Le hasard m’a fait naître ici plutôt que là, à ce moment plutôt qu’à un autre, avec mes capacités intellectuelles et physiques limitées, ma compréhension approximative du monde, ce sentiment récurent d’insuffisance et d’impuissance face aux souffrances ; et cette colère qui n’en finit pas d’être nourrie quotidiennement par la foudroyante ténacité de la bêtise, de la complaisance, de la suffisance, de la violence, de l’aveuglement, de l’étroitesse de vue, du manque de hauteur, de largeur, de profondeur de beaucoup d’esprits, sans compter sur le très désagréable sentiment de faire parfois partie du problème!

Je sens comme un étau qui se resserre, un feu qui se meurt faute d’oxygène, une épée, que dis-je ! une chape pointue et effilée (!) de Damoclès, un nuage sombre qu’aucun vent ne vient emporter, et que parfois, peut-être, de légers souffles viennent s’y briser, se perdre dans la tourmente, souvent anonymes, inutiles et pourtant indispensables.

Tout ceci je le sens au plus profond de moi, je l’observe, je le vois, le constate. Je constate l’ennuie sublime que me procure les gens sérieux, dans le très mauvais sens du terme, les gens sérieux, affairés, tendus, « concentrés », qui s’inventent des problèmes de riches, des pensées de gens se croyant immortels, des actions et des postures d’ignorants parce qu’agissant en oubliant ou feignant d’ignorer qu’il leurs reste, de toute façon, que peu de temps à vivre. En regard de l’univers, nous sommes des éphémères.

Alors on s’invente des convictions, de fausses solutions, on crie, on s’insulte, on aboie, on se désole, on s’apitoie, on s’indigne du comportement des autres. Toujours. La lâcheté prend des formes d’héroïsme, le calcul celui d’intelligence, la cupidité sous prétexte de sécurité nationale, la guerre comme moyen de parvenir à la liberté, la démocratie cheval de Troie de bien des turpitudes. Et les droits de l’homme.

Et pourtant...

Tout cela s’efface devant des choses insignifiantes - en apparence - pour m’éblouir du fait d’être vivant. Sourire, geste, attention, regard. Un mot, une rencontre. Beauté et stupéfiante intelligence de la nature, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Nous côtoyons cet infini quotidiennement et y sommes bizarrement et extraordinairement indifférents. 

La vie n’a pas de sens en soi. La logique horizontale humaine, cause et effet, ne peut qu’aborder ce tout que par morceaux, par petits bouts. Même en étudiant les pièces d’un casse-tête de très près, une à une, il nous sera pratiquement impossible de l’assembler si nous n’avons pas au préalable une représentation globale de l’image que nous tentons de reconstituer. 

Voilà le monde dans lequel je vis. Un monde où beaucoup de gens se passionnent pour les morceaux d’un casse-tête sans savoir exactement à quoi ils peuvent bien correspondre.

Published by Yannick Rieu - dans Culture
commenter cet article
8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 04:31

Identitaire? Inclusif?

Pourquoi diable choisir si frêles esquifs!

Se voir en négatif? En positif?

Que voilà deux visions, deux pôles bien chétifs!

Inclusif? Identitaire?

Que ceux qui gueulent apprennent à mieux se taire

Croyant faire d'un peuple, autoritaire

Une plèbe qu'ils imaginent réfractaire

Au monde, à l'autre, à la terre entière

Aimer l'autre.

Sur papier, beau projet!

Encore faut-il savoir de quoi il est fait

Ce bon apôtre

Aimer?

Est-ce se perdre dans son prochain?

S'ignorer afin qu'on nous tende la main?

Si j'ai tout perdu mon frère, mon voisin

Si ma culture, ma langue, si mon esprit

Si tout cela est devenu un beau gâchis

Sans aucun atour, sans aucun contour

À quoi s'éveillera-t-il

Ce bel amour?

---

Inclusifs, identitaires

Des mots pour taire

Des mots pour trahir

Des mots pour punir

Des mots pour se faire

Des mots pour se croire

Des mots pour traire

Les pis de nos esprits

Published by Yannick Rieu - dans Culture
commenter cet article
5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 06:40

"Le moi,

cette activité séparatrice et centrée sur soi

qui espère devenir un jour ce qu'elle n'est pas"

J. Krishnamurti

Une ville, des habitants

Des femmes, des enfants

Nourrir un rêve

Espérer une trève

Le temps d'un jeu

Le temps d'un peu

De temps pourtant

Rien ne s'arrête

À Alep

Les immeubles défigurés

La misère, l'horreur

La souffrance, la peur

Le bruit, la poussière

Les morts, les blessés

Les vieux et les vieilles

Les jeunes c'est pareil

Désespérés, mortifiés

Barbelés de silence

Bercés d'indifférence

Cimetière sans fleurs

Que la guerre a oublié d'oublier

Alep se meurt

Alep qu'on enterre

Jeu pervers

À Tombeau ouvert

Sauf erreur

Alep qu'on enterre

À ciel ouvert

Published by Yannick Rieu - dans Culture
commenter cet article
30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:52

23:40

Autour d'eux il n'y a que brume

Des épaisses profondeurs nocturnes

Des nuées de bruine

Collent à leur peau saline

23:51

Sur le baromètre le capitaine lisait

Du gros temps s'annonçait

1:33

Leurs mains poisseuses s'agrippent au vent

Les vagues agitent et s'ajoutent à leurs tourments

2:05

On ne prie pas, loin de là

Mais on peut lire dans les yeux

Qu'ils sont conscients

Depuis le matin

Qu'il faudra être patient

Qu'il faudra être marin

Que quelque chose de plus grand qu'eux

Se prépare là-haut, au-dessus des mâts

Dans les cieux

2:47

Tous silencieux sous les hurlements du vent

Silencieux et affairés malgré les gifles d'écume

Le navire gîtant, se cabrant

Au milieu des montagnes et des dunes

Sculptées au gré du souffle magistral

Dans cette nuit qu'ils savent fatale

3:15

Le trois-mats, les âmes craquent

La tempête, l'ouragan

L'eau les embarquent

Ou peut-être Dieu l'immanent?

6:48

Le soleil se lève sur une mer apaisée

Doucement elle ondule

Presqu'immobile, désertique.

Des oiseaux planent là-haut

Blancs sur bleu, erratiques.

Sans restes

Quelques nuages à l'Ouest

Emportent la nuit

Avec eux

Published by Yannick Rieu - dans culture
commenter cet article
27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 15:13

La peste ou le choléra?

Bon peuple, amis citoyens

Vous aurez le choix

L'embarras du désarroi

De changer?

Rien!

Inconscient ou stupide?

Arrogant ou avide?

Trump ou Clinton?

Qu'on me pardonne

Soyez-en certains et sûr

Vous gagnerez le droit

Avec lamentations et effrois

De vous vautrer dans le mur

Le sourire faux

La face cachée

À n'en pas douter

Elle fait ce qu'il faut

Elle pue l'hypocrisie

Présentable mais pourrie

Tout comme ce mot:

Démocratie

Lui?

Je n'en parle pas

Il ne vaut même pas

Figure replète

Caricature de la frime

Une phrase complète

La moindre rime

L'ombre d'un alexandrin

Ce sombre crétin

Le jeu de la démocratie

Truqué, préparé, dévoyé

Encore soutenu et expliqué

Par des philosophes appliqués

Des penseurs invertébrés

Par de sots abrutis

Pensant user de leur liberté

Faut-il encore le répéter?

Ne feront que désigner

Des celles comme Hillary

Qui vous tromperont de là jusqu'ici

Glosez sur le débat

Discutez de leurs ébats

Il vous en faut si peu

Pour vous sentir libre, heureux?

Chers moutons béats

La peste ou le choléra?

Choisir entre deux rats

De vous ne feront des rois

(...)

Si, peut-être, au fond

Des rois, c'est votre choix

Rois des cons.

Published by Yannick Rieu - dans Culture
commenter cet article
9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 16:33

Prologue?

De l'adolescence

Jusqu'à trépas

J'ose parler de choses

Qui ne me concerne pas

---------

La liberté, la fausse

Se mord la queue

Une plume dans le cul

Montre du doigt

Condamne

À coups de sexe et d'imam

Condamne et assassine

À coups de mots

De curé et de rabbine

Montre du doigt

Les hors sa loi

---------

Qui comme moi

Nouveau colon de la pensée

Organisateur éclairé de la vie d'autrui

Joyau ultime de luttes acharnées

Suprême décideur des valeurs d'aujourd'hui

Gardien divin de brebis égarées

Désignant le chemin aux âmes affolées

Prenant sous son aile les fidèles aux abois

Il est le nouveau curé de la liberté

Et ordonne de sa voix

Qui comme moi!

Qui comme moi!

Son sourire violent

Sa plume de ciment

Ses caresses rêches

Droit dans les yeux

Il vous tourne le dos

Si de sa bouche sèche

Il vous fait un aveu

Coupe les cheveux en quatre

C'est pour mieux vous battre

En brèche

---------

Qu'on l'habille ou la dévête

Encore trop bête on la croit

Ou libre pas encore prête

De faire ses propres choix?

---------

Montre

Cache

Dévoile

Couvres

Exhibe

Camoufle

Expose

Maquille

Révèle

Déguise

Parais

Mais qu'ont-ils mes frères

Ces bons apôtres

À vouloir dire aux autres

Quoi faire?

---------

Toi qui crois choisir

As-tu bien observé?

Ta pensée

On te l'a fabriqué

---------

Voiler son visage en muni-jupe

Montrer ses fesses porter la burqa

C'est dans la tête qu'on est une pute

La liberté n'est pas un choix

---------

L'homme qui croyait ne pas croire

Suivait un autre chemin

Que son frère Chrétien

L'homme qui croyait ne pas croire

Un autre chemin

Le même espoir

Un autre chemin

Le même destin

---------

Se dévêtir

Pour cacher le fait

Qu'on a rien d'autre

À offrir

---------

Épilogue?

Trop de mots

Manque de silence

Manque de distance

Du lot

Depuis ma naissance

Et si le fondamental restait insaisissable?

Échapper de l'esclavage auquel le langage soumet l'esprit?

Published by Yannick Rieu - dans Culture
commenter cet article
19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 16:25

Philosophes chroniqueurs de salon

Pros du verbiage, prétentieux de la plume

De droite, de gauche ou de Pampelune

Génies, savants et cons

Jamais on aurait cru

Pour un bout de tissu

Voir la toile

Un souffle dans le voile

Au nom de la liberté

Nous faire suer

(Nous faire chier

J'aurais écrit

Mais je suis poli)

Entendre autant de brebis braire

(Oui je sais l'âne brait, la brebis bêle

C'est pour vous dire que tout s'emmêle)

Tous ces commentaires

Le cul au chaud, le cerveau propre

La langue bien pendue

Prête à l'opprobe

S'étouffer de liberté

Toujours la nôtre

Jamais celle des autres

On sait que l'opinion

L'athéisme, l'agnosticisme

Et bien sûr la religion

Peuvent être des prisons

Cependant ne pas oublier

Qu'on peut être co-détenu

En montrant son cul

Sur une plage

Published by Yannick Rieu - dans Culture
commenter cet article
11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 20:54

Dans sa maison, Pierre Jean-Jacques prônait la paix, la démocratie, le partage, l'amour. Sa femme, ses enfants vivaient plutôt bien même si de petites crises, vite réglées, éclataient de temps en temps. Les décisions importantes se prenaient en famille, chacun pouvant apporter ses idées et les faire accepter par une majorité. Il y avait du pain et du beurre sur la table pour tout le monde même si, il faut l'avouer, Pierre Jean-Jacques avait une préférence pour l'aîné et faisait passer son égoïsme et sa rapacité pour un trait de caractère que ses autres enfants ne possédaient pas.

Hors de sa maison, aussi surprenant que cela puisse paraître (d'ailleurs beaucoup ne le croyait pas), Pierre Jean-Jacques avait tendance à s'approprier le bien d'autrui allant jusqu'au meurtre pour ce faire. Avant cette étape ultime, il usait de divers stratagèmes pour arriver à ses fins. Chantage, mensonge, corruption etc.. Il pouvait s'immiscer dans la vie des autres dans le but de les déstabiliser, de semer la zizanie et ainsi les rendre plus vulnérable. Pierre Jean-Jacques avait à coeur de bien faire vivre les siens.

Son voisin immédiat possédait un magnifique verger donnant à chaque automne des pommes succulentes, juteuses et sucrées. Avec son aîné il se rendit plusieurs fois chez monsieur Tout-le-Monde, le dit-voisin, afin de négocier une entente concernant son verger. Après moultes discussions parfois houleuses, Pierre Jean-jacques et son fils se permettant de critiquer la façon de vivre, à leurs yeux, barbare, de leur voisin, perdit patience et trucida le pauvre homme et sa femme, déclara chef de famille son aîné et fit bonne récolte au grand plaisir des siens.

Pierre Jean-Jacques est considéré, en général, comme un bon père de famille même si certains de ses voisins le trouvent gonflé. Son petit dernier éprouve un peu de honte. Lorsque celui-ci fait part de son sentiment à son père celui-ci lui répond invariablement: "pas d'auto-flagellation, pas de repentance inutile! Ce que je fais c'est pour le bien de la famille!"

Dans la maison de Pierre Jean-Jacques règnaient, presque toujours, la paix, la démocratie, le partage et l'amour.

Published by Yannick Rieu - dans Culture
commenter cet article
13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 05:01

La créativité?

Une mixture de plusieurs éléments: l'inconscience, l'irresponsabilité, l'égoïsme et la légèreté.

L'inconscience ou la rupture avec ce qui nous entoure.

L'irresponsabilité comme détachement du poids de la vie.

L'égoïsme ou l'indispensable retour sur soi.

La légèreté ou le refus de se prendre au sérieux.

Bien entendu l'inverse de tout cela est également vrai.

La conscience, la responsabilité, l'altruisme et le sérieux.

La créativité est un mystère quand on y pense et une évidence quand on a les deux pieds dedans.

Published by Yannick Rieu - dans Culture
commenter cet article