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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 22:24

Celui qui vit la réalité d'instant en instant n'a aucun moyen de communiquer cette réalité.

Krishnamurti

Nous n'avons aucune preuve raisonnable, tangible, scientifique, rationnelle que Cela existe.

On en parle beaucoup sans l'avoir connu, on se tait et semble l'avoir rencontré.

Pour lui on a souffert, prié, tué, pleuré, dansé.

On s'est fait écrivain, musicien, peintre, poète pour mieux le célébrer.

On a aussi beaucoup exploité en son nom.

Pour lui on a construit des splendeurs.

On est mort pour lui.

Dieu? L'Amour?

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 21:22

Le souffle des pantoufles est aussi assourdissant que le claquement des bottes: ils trahissent une même servilité, une même surdité.

La musique se tait, s'éteint. Son teint? Blafard.

Du bruit; tesson qu'une gorge juvénile prend pour une mélodie.

Quand on dit: "Regarde!"

Écoute!

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 03:29

D'élection en élection nous sommes conviés à prendre part à cette grande fête de la démocratie. Pendant ces 11 semaines nous allons atteindre des sommets, des hauteurs-je le sens- où l'air raréfiée ne nous permettra de respirer qu'une fois sur deux, remplissant nos poumons de ce vide si caractéristique de la politique politicienne.

Pendant 11 longues semaines les protagonistes de cette aventure prévisible, de cette farce qui ne fera probablement sourire personne, feront semblant de s'opposer, de s'affronter dans des débats insipides, de s'engluer dans des comédies d'échanges de vues.

11 semaines pour faire le tour de ce que l'on connaît déjà. À moins de vivre sur une autre planète. Les médias jubilent, piaffent, s'ébrouent, s'affairent, se mobilisent: des experts vont nous faire croire qu'il y a de la substance à analyser sur 11 semaines!

Théâtre. Mauvais théâtre. Comédie triste jouée par des acteurs de troisième ordre qui n'entendent pas à rire. C'est leur gagne-pain...J'attends une tarte à la crème qui ne viendra pas.

Cinéma. Histoire dont le dénouement est déjà écrit. Quel que soit l'heureux élu...élu!

Aucun changement à attendre de ce côté. Ce qui me fascine le plus c'est de voir tous ces gens qui y croient encore! Insondable naïveté.

Pas de changements donc. Ou alors chirurgicaux, microbiens, moléculaires, atomiques! L'aspirine pour un cancer, le verre d'eau au lieu de l'amputation!

77 jours pour faire du surplace.

1848 heures à vivre sur une balloune.

11 semaines à nous promener...

Tiens, je vais me relire Jules Verne, ça va me dépayser.

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 19:38

"Ceux qui déclarent que l'art ne doit professer aucune doctrine entendent ordinairement par là aucune doctrine opposée à la leur"

Borgès

Les artistes sont rares. Ils l'ont toujours été. L'époque contemporaine a ceci, entre autres, de particulier qu'elle a vu se multiplier des artistes d'un nouveau genre: des professionnels de l'art.

Une fois mise de côté l'activité à laquelle se consacre ces "artistes" (musique, peinture, littérature etc.) plus rien ne les distingue: une fois retiré l'habit d'artiste, apparaît le vulgaire, le plat, le morne, le sans intérêt, le commun. L'inattention dans ce qu'elle a de plus normale.

(Ils font des choses extraordinaires de façon ordinaire alors qu'il me semble plus intéressant de faire des choses ordinaires de façon extraordinaire.)

Ces grands spécialistes du camouflage feront l'affaire de bien du monde en fait. Adepte de la bien-pensance, jamais à contre-courant (ou alors professionnels du contre-courant en tant que "pose"), subtilement adaptés aux valeurs de nos sociétés fascisantes dans la mollesse d'une rectitude morale débilitante, ils ne sont en aucun cas "dangereux".

Ils seront les promoteurs (inconscients dans le meilleur de cas) d'un statu-quo. Sortes d'épouvantails subventionnés s'intégrant parfaitement au paysage, amis des oiseaux de mauvais augure, marionnettes complaisantes des quelques fonctionnaires repus de pensée unique tirant les ficelles de la création et de la nouveauté dans la mesure où celles-ci ne seront pas hostiles à leurs intérêts et leur crédibilité.

Quand la contemporanéité est devenue la seule voie "royale", l'unique chemin menant à Rome, la seule route pertinente et tolérée (totalitaire), celle par laquelle on décidera de la validité d'une oeuvre, l'artiste se doit, il me semble, d'être "anti-contemporain" en endossant pleinement son rôle: celui d'anticorps ou de révélateur.

Celui qui combattra les éléments pathogènes.

Celui qui fera apparaître l'image qui est proposée.

Imposée.

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 01:12

Ce que tu es maintenant n'est pas ce que tu étais il y a un instant. Ce qui est vivant bouge, se transforme continuellement.

La vie est insaisissable. Comme le feu. On ne peut comprendre la vie. Elle est. Et plus tu voudras la saisir plus elle s'éloignera. La vie est un poisson.

Elle s'évanouit, se fige à la moindre inattention. Le temps d'écrire un mot et te voilà transformée. Le temps de nommer et la voilà partie.

La continuité réside dans la mémoire. Le moi est la mémoire et la pensée s'en nourrit. Penser au futur c'est encore penser avec hier. Penser au présent c'est penser avec il y a un instant.

Le penseur et la pensée ne sont pas séparés. L'un est l'autre.

Derrière tout cela? Le vide. L'origine. La racine et le faîte à la fois. Sans intention, intelligent, au-delà bien et mal. Ce vide qui donne un parfum aux fleurs et des crocs aux carnivores.

Infini devant, infini derrière. En-haut, en-bas, infini. Dans toutes les directions puisqu'il n'y a pas de direction.

Entre l'infini et l'infini?

Un spasme.

Merveilleux spasme qui a le bon goût de ne pas s'éterniser.

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 16:35

Cher John,

La vie est merveilleuse et la mort fascinante.

Ce sont souvent les grandes tensions qui font les grands artistes. Comme tu as dû souffrir! Je suis heureux que tu aies vécu et heureux que ton calvaire soit terminé. Aujourd'hui est l'anniversaire de ta délivrance, je ne peux que me réjouir.

C'est un peu égoïstement que je te reprocherais d'être trop tôt parti...ou c'est peut-être moi qui suis né trop tard!

À mes yeux tu es encore, six pieds sous terre, bien plus vivant que bien des vivants de mon époque. On a jamais fait autant de films sur les vampires et les zombies, ça doit sûrement dire quelque chose!

Mon époque...Si tu la voyais...Si tu la vivais...Quoi? La tienne était pas mal aussi? La guerre mondiale, Hiroshima, le Vietnam, la guerre froide...Oui, c'est vrai, tu as vécu tout cela...Tu as connu ces horreurs...

Tu voulais la paix, ils faisaient la guerre, tu jouais la vie, ils semaient la mort.

Je vais te dire, leur semence a fait des petits, tout ça a pris racine! Faut dire que le terrain est propice...L'ignorance et la peur sont des soeurs qui s'engendrent!

Tu vois, on a des images claires de Pluton depuis peu mais de nous-mêmes...On ne voit pas grand chose! On pense encore que le bonheur est à des milliards de kilomètres! Notre regard porte beaucoup trop loin si je puis dire!

Je te l'ai dit, le terrain est propice!

Oui John, la vie est fascinante et la mort merveilleuse!

Bises!

Yannick

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 20:05

Tout d’abord et à l’instar de Normand, je serai obligé de convenir d’une idée, celle qu’éduquer est de rendre l’humain libre. Nous allons supposer que l’ensemble de la profession comprend et souhaite cela.

Constat

Notre époque est bruyante. Nous sommes bruyants à « l’intérieur » comme à l’extérieur. Nos cerveaux s’affolent, notre parole perd en qualité ce qu’elle a gagné en quantité. Collectivement nous sommes confus, perdus, brouillons, impuissants, hésitants, éparpillés. Le vide, le calme, la lenteur, le silence sont devenus des spectres qu’il faut à tout prix éviter, des pièges dans lesquels s’il fallait s’y prendre trop fermement, feraient de nous, aux yeux de la plupart de nos contemporains, des sous-humains, des humains ratés, dépassés, non performants, ringards, anachroniques.

Écouter - le goût du silence

Pour répondre à cette hystérie collective je crois que, dans un premier temps, il serait sage de réapprendre à écouter, redonner le goût du silence. À mon avis ce serait une première étape à franchir, une base sur laquelle tout le cursus scolaire pourrait s’appuyer. Le cours de musique deviendrait un moyen d’aborder l’écoute avec la conscience qu’elle est un outil qu’il faut redécouvrir et affuter constamment. De plus, l’art d’écouter-car c’en est un-, servira pour toutes les matières et pour toute la vie, dans toutes les circonstances.

Durant un séjour en Chine où j’enseignais la musique j’ai tenté une petite expérience. J’ai demandé aux étudiants de prendre en note tout ce qu’ils entendaient au cours d’une marche que nous prenions ensemble. Les résultats furent intéressants. Là où des dizaines de sons pouvaient être perçus, seulement 7 ou 8, en moyenne, étaient notés.

Or étudier et/ou faire de la musique c’est d’abord écouter. Attentivement.

Entendre c’est subir, écouter c’est agir

Écouter c’est s’arrêter, se taire, prendre le temps, se fondre, suspendre la pensée, celle qui juge, jauge, évalue, analyse, compare, mesure. Que de choses doivent mourir pour parvenir à cet état de réception ! Écouter c’est observer et il n’y a d’observation totale que quand le « moi » est absent. Qu’on me comprenne bien ici, il n’est pas question de pseudo-ésotérisme et son fatras mais bien d’un état que beaucoup de musiciens, entre autres, connaissent : la disponibilité.

Écouter c’est aussi aller vers l’autre, sortir de soi ; que ce soit la musique, les paroles de quelqu’un, les sons et bruits qui nous environnent. Écouter c’est être attentif, présent au monde dans lequel nous évoluons. De cette écoute totale, fille de l’attention, naît l’intelligence. Et cette intelligence opérera dans toutes les sphères de notre vie.

Quand nous aurons bien fait sentir, comprendre ce qu’écouter signifie, suppose et engendre, nous pourrons alors aborder l’enseignement de la musique à proprement parler ou tout autre matière avec un regard (une oreille ?) neuf.

Choix et liberté

À supposer qu’une majorité de décideurs, d’éducateurs et autres spécialistes auront porté l ‘écoute au niveau d’un art, les réponses quant au comment enseigner la musique ne seront plus des choix mais des évidences nées de cette intelligence issue de l’attention.

Nous pensons, à tort, que pratiquer des choix est le résultat de la liberté en action. Si notre perception est pure, que nous sommes lucides, il n’y a pas de choix. Ce n’est que dans le doute et l’incertitude que nous commençons à choisir. La liberté ne peut coexister avec la confusion.

L’angle choisi pour enseigner une matière dépend de ce que l’on souhaite réaliser à travers cet enseignement.

S’il s’agit de montrer quoi penser on penchera vers une éducation axée sur des connaissances théoriques. S’il s’agit de montrer comment penser on ira vers plus de créativité, d’expérimentation, de développement de la sensibilité etc. Les deux enseignements pouvant cohabiter.

Une éducation qui formerait des gens sachant vraiment écouter accoucherait dans le même temps de rebelles, parce qu’intelligents, donc sensitifs et pacifiques. Libres.

Et cela est hors de question, n’est-ce pas ?

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 14:35

"Be logical!" hurle Vic au pauvre tromboniste qui se liquéfie sous ces mots. Je l'entendrai souvent ce "be logical". "Tell us a story", "Don't play stacato in your solo", "Don't play in your stand", "Be lyrical"... Combien de petites phrases toute simples mais tellement utiles...

Depuis l'âge de 14-15 ans, depuis que le jazz est entré dans ma vie, le nom de Vic Vogel est associé à cette musique.

Je me souviens.

Son passage au Saguenay (1977 ou 78?) était pour moi tout un évènement. Les meilleurs musiciens du Québec rassemblés dans un orchestre! Le Vic Vogel Big Band représentait le nec-plus-ultra, le sommet des sommets en jazz. Vic c'était le jazz!

L'orchestre joue sur une scène extérieure. Il fait beau. La bombe! Je suis sur le cul, littéralement (nous sommes assis sur l'herbe) et métaphoriquement!

Ça bouillonne, ça pète, ça flammèche, crépite, explose. Ça caresse aussi, c'est doux et rugueux à la fois, fort et souple. Mon coeur, lui, brûle, mon sang ne fait qu'un tour mais quel tour! Les montagnes russes de La Ronde à côté c'est de la gnognotte! Je suis emporté par le son, par l'énergie incroyable qui se dégage de l'orchestre.

Un jour je jouerai avec Vic. Pour Vic serait plus juste.

Fin 1985 début 86. Des années ont passé. Je suis à Montréal depuis moins d'un an, un an à écumer les bars plus ou moins sordides, plus ou moins malfamés, à faire le boeuf comme on dit en France, à courir les jam-sessions comme on dit ici. Des milliers d'heures passées sur mon instrument. Je joue dans le métro pour gagner quelques sous, tire le diable par la queue. Dans le bonheur, dans la joie. Je me fout de tout, je joue.

Le téléphone sonne. On me demande de passer à une répétition du Vic Vogel Big Band. Je n'y crois pas. Je rêve! J'ai surtout la trouille en fait.

Autodidacte en jazz, je me sens un peu comme un arnaqueur, j'ai le syndrome du gars qui ne devrait pas être là. L'usurpateur dans un band de pros.

J'arrive depuis peu de mon Saguenay, je ne comprends ni ne parle anglais (merci l'école!). Mais qu'est-ce que je fout ici?

Un drôle de sentiment m'habite. De drôles de sentiments devrais-je dire! Je suis dans l'orchestre le plus "hot" en ville, parmi les virtuoses que j'admire depuis que j'ai 15-16 ans, je devrais être heureux, content, satisfait...Quelque chose comme ça quoi! Je le suis mais quelque chose me dit que je suis fini. Voilà! Tu joues dans l'orchestre de tes rêves...et après?

Fébrile aussi, une peur me noue l'estomac, me prend à la gorge. Et si on découvrait que je suis un arnaqueur? Que je ne sais rien ou presque? Que je ne comprends rien de ce qui se dit autour de moi?

Oui, et après? Je les emmerde! C'est pas simple, je vous l'ai dit. Des dizaines de sentiments contradictoires s'entrechoquent en moi.

Oui, je les emmerde ces professionnels! C'est pas moi qui les ai appelé, c'est eux! S'ils ne sont pas contents, ils ont qu'à me mettre dehors!

Petite revanche? Peut-être.

Cette attitude, était-elle reliée à mon (très) court séjour à Mc Gill? Deux semaines en 1980! Mon jeu avait été qualifié de trop moderne par le directeur du big band de l'université (je tairai le nom de cet imbécile). Je me suis tiré vite fait de cette institution qui sentait un peu trop le renfermé à mon goût. Heureusement cela a changé.

Une espèce de revanche sur les musiciens et professeurs (pas tous!) qui m'avaient rejeté, moi le francophone un peu fou qui jouait "trop moderne"?

J'arrivais dans une famille et comme beaucoup de famille, les rapports entre ses membres n'étaient pas toujours simples. Il y avait des tenants de la politique "Mc Gillienne" dans l'orchestre...

Heureusement le père (Vic!) tenait tout cela avec une main de fer dans le velours de la musique. Ou une main de velours dans le fer (faire?) de la musique. Au choix.

Vic est peut-être le plus sentimental des êtres que j'ai rencontré dans ce métier. Comme beaucoup de ces hyper-sensibles, il cache cette vulnérabilité derrière un personnage un peu rustre, lourdaud même parfois, une image du fort en gueule, du macho indestructible buvant, mangeant, rigolant, baisant. Ça marche avec les médias, souvent à la surface des choses. Le plus étonnant, c'est que certains musiciens y croient à cette image. Pas moi.

J'ai vu derrière cette façade un amoureux, quelque chose de très fragile, un trésor que Vic prend bien soin de ne pas exposer à n'importe qui.

J'ai vu un être vivant, unique, détonnant et déroutant beaucoup de gens. Une fée qui se serait déguisée en ogre. Dans un Québec parfois si monotone, gris et morose d'esprit, Vic m'est apparu comme une lumière, un farfadet à qui on ne la fait pas.

Vous dire que cet orchestre a été une école pour moi (j'y ai joué pendant presque 2 ans) est un cliché. Il l'a été pour beaucoup de musiciens. Beaucoup de joie, quelques moments difficiles (je l'ai dit, on était une famille, il y avait donc un ou deux cons qui s'étaient glissés...)

Quand ça jouait on oubliait tout. Nous étions un. Unique et indescriptible bonheur!

Vic c'est le contraste, quelques concessions (trop à mon goût, c'est pour cette raison que j'ai quitté), des engueulades (toujours courtes), des fous rire (souvent), du sérieux, de la retenu dans les sentiments, une chaleur du coeur vraie, une générosité immense.

Vic c'est le jazz. Vic c'est la vie.

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 23:41

"Dans cette mort rien de triste, cela se passe en pleine lumière avec un soleil qui innonde tout d'une lumière d'or fin"

Van Gogh

-T'as lu cet article?

Jean bouillait. Il était arrivé chez-moi en colère, ce qui, en général, n'augurait rien de bon pour les responsables de sa mauvaise humeur.

-Non, pas eu le temps, je travaille...

-Non mais c'est pas possible écrire des âneries pareille! Cette journaliste, et là je lui fais une fleur en lui donnant ce titre; ce gratte-papier, cette enflure de la plume, cette pisse-froide du verbe...

-Allons! Allons! Calme-toi! Et dis-moi de quoi il en retourne!

-Cette Célia Burn qui prétend écrire sur la musique...Écrire tout court...Un ramassis d'inepties sur des concerts qu'elle a vu...Elle n'a aucune mais aucune idée...Elle n'a jamais rien écrit qui me ferait penser ou seulement soupçonner qu'elle sait ce que "écouter" peut vouloir dire! Elle espère des musiciens ce qu'elle n'a jamais fait, ce qu'elle ne fait pas et ne fera jamais! Du "nouveau"! Du moderne...du contemporain! Moderne c'est déjà trop vieux!

-Faut que tu m'explique un peu là...Tu me perds!

-Pour qualifier la musique, pour lui mettre une étiquette, pour se distancier par rapport à ce qui existait, des musiciens et des critiques ont trouvé des termes comme "musique nouvelle" ou encore "musique contemporaine". Normalement ce sont les historiens, avec du recul, instaurent des catégories pour qu'on s'y retrouve un peu. Je ne pense vraiment pas que Bach savait qu'il composait de la musique baroque! Tu vois?

-Oui, ça me parait évident...

-Alors ces petits futés ont d'emblée, pour des raisons à mon sens bien futiles voire puériles, décidé que leur musique relevait de la nouveauté. À mon avis, elle relève plutôt d'un certain mépris doublé d'une prétention de vouloir faire table rase (ce qu'ils étaient incapable de faire: on ne peut faire table rase de ce que l'on ne connait pas ou peu!) de tout un passé riche, le mot est faible, et en même temps d'un désir de se démarquer (pourquoi?), de se singulariser de la façon la plus facile...On réinvente la musique! Rien que ça!

-Tu es injuste là...Je ne connais pas très bien ce dont tu parles mais les révolutions...

-Justement! Ces mêmes gens qui voulaient changer la donne, se sont les mêmes qui ont profité et qui profitent le plus du système en place! Ces anti-conformistes salariés, ces iconoclastes subventionnés, ces experts de la note qui dérange sont installés et bien installés dans ce qu'ils, selon eux, combattent! De plus, ces petits malins ont le culot de nous faire la leçon, de faire sentir que nous sommes, finalement et après tout, trop conventionnels, trop bourgeois, trop arriérés pour apprécier leur complaisant vomi, leur éjaculation musicale informe, leur dessous-dessus! Leur musique me fait penser, dans le meilleur des cas, à la rigueur du pantalon de ce jeune dont on voit la raie des fesses...Ça ne tient pas!

-Jean, je ne comprends pas ton courroux, c'est la journaliste ou la musique qui...

-Mais tout ça! D'ailleurs ce n'est pas tant la musique que la démarche sournoise justifiant cette musique dite nouvelle ou contemporaine qui me trouble ainsi! Beaucoup de ces musiciens n'ont aucune idée de ce qu'ils font, ceux qui écrivent dessus font semblant de comprendre, d'y voir une démarche socialement et politiquement nouvelle, en rupture avec le passé, et le public, en tout cas les plus vicieux et les plus snobs, s'affichent à ces concerts pour se faire croire qu'ils font partie d'un monde qui remet en cause l'establishment. Ils se pensent à part, privilégiés...Élus!

-Mais l'article, il traite de quoi?

-Cette Célia (Dieu que je m'ennuie de vrais critiques!), en plus d'écrire comme un manche à balais, nous pond un article d'une condescendance...Attends, je te lis...

"Ce soir, j'ai pu assisté à deux évènements forts différents et pas inintéressants dans leur ensemble. On a pas affaire à du nouveau, du surprenant (tu veux quoi? comme les bagnoles un nouveau modèle à chaque année?) même si les musiciens ne sont pas dépourvus de talent (qu'est-ce que tu connais du talent?). Les deux concerts nous ont offert de la musique typiquement locale (C'est quoi ça la musique locale?). Nous ne serons donc pas trop exigeants envers eux (T'as pas les moyens d'être exigeante!)

D'abord le groupe "Jeux-D-Nonce" (Ouf! quel jeux de mot!): une mixture de sons, de rythmes, de bruits et de paroles qu'on pourra qualifier d'engagés (des sons engagés...faudra m'expliquer...) nous ont montré de quel bois se chauffaient les musiciens. Ne reculant devant rien (???), le groupe aborde des thèmes qui illustrent leur engagement politique anti-conformiste (le conformisme de l'anti-conformisme...). Tour à tour, dénonçant les méfaits du tabagisme et de la drogue (là j'ai carrément rigolé), l'hypocrisie de la religion catholique (s'attaquer à un agonisant...quelle audace!), la cruauté envers les animaux et l'homophobie, ils ont crié leur amour de la liberté et de la justice. L'utilisation de cris, de borborygmes et de multiples effets souvent amusants, les musiciens évitaient les sonorités trop convenues et prévisibles (???). L'utilisation judicieuse de jouets d'enfant (petites flûtes, crécelles, pipeaux, sifflets) a non seulement ajouté cette touche de naïveté qui colore cette musique mais nous a démontré la créativité (les grands mots sont lâchés!) de ces créateurs (la créativité des créateurs...oui oui Célia...). Rien de nouveau (on le saura...) mais saluons le courage (!) de ces musiciens qui osent s'aventurer hors de sentiers battus.

Je laisse le directeur artistique du groupe résumer leur vision.

Question: "Votre travail s'inscrit-il dans un courant particulier?"

Réponse:"Nous évitons le plus possible d'être influencé par d'autres musiques. Nous tenons à notre identité et en cela écoutons peu de musique. Nous créons une musique enraciné dans notre vécu personnel"

-Je continue?

-Vas-y! Essaie de ne pas trop entrecouper ta lecture de commentaires s'il te plaît...

-Alors...Attends que je retrouve le passage...

"Le John Ryder Quartet nous présente une musique cette fois-ci enraciné dans le jazz pur (Jazz pur? c'est quoi ça?...je m'excuse PA...j'arrête...). L'ambiance est plus relâchée et le public plus nombreux qu'au concert précédent. Très impressionnant, le batteur et chef du groupe s'est montré envahissant. On aurait aimé entendre un peu plus et un peu mieux ses trois acolytes. Ryder ne réinvente pas la roue (regard amusé de Jean...) mais le swing ternaire de la musique me rappelle des soirées mémorables passées à New-York où le vrai bon jazz reste accessible un peu partout. (autre regard de Jean dubitatif) John Ryder d'ailleurs nous a affirmé (traduit de l'anglais):"Yeah man! (sourire de Jean) Vous savez le jazz c'est cool comme musique! Faut que ça swingue et un bon solo, c'est cool! On s'amuse bien et j'espère un jour vivre à New-York, c'est là que ça se passe!"

On lui souhaite. Peut-être trouvera-t-il une voix en côtoyant de grosses pointures.

-Je ne vois rien là de bien...

-Exactement! Parce qu'il n'y a rien à voir! Aucune analyse sérieuse, la journaliste ne fait que rapporter ce qu'elle a vu et crû entendre! Elle ne nous dit pas en quoi ces musiques sont ou non pertinentes. Pourquoi? Parce qu'elle n'a aucune idée de ce qui se passe! Critique de musique n'est pas présentateur météo bon Dieu! On peut pas juste décliner ce qui se passe sous nos yeux et nos oreilles! Tu vois? Il ne suffit pas de nous dire si elle aime ou pas, on s'en fout! Analyse mon vieux, analyse!

-J'ai trouvé intéressantes ses questions moi! Elle a pris le temps de rencontrer les musiciens au moins!

-Un bon point! Légèrement...succinct! Et pas de réaction sur les réponses...

-Tu t'attends à quoi au juste? Qu'elle prenne position? Me semble que ce n'est pas son rôle...

-Critique mon PA! Critique! Ça te dis quelque chose ce mot? J'adore les émissions sportives...Ils sont plus intelligents que dans la culture! On fait de vraies analyses! Ça fouille, ça scrute, dissèque, compare, jauge, ça s'intéresse à l'histoire, on connaît les joueurs, ce qu'ils ont fait ou pas fait et j'en passe!

-Oui mais dans le sport ce sont des centaines de milliers de gens que ça intéresse et c'est beaucoup d'argent!

-Oui...La culture tout le monde, ou presque, s'en fout au fond...

-Non mais...

-T'as qu'à voir qui présente et qui parle de la culture à la radio, à la télé!

-Je les trouve sympa...

-La question n'est pas là PA! Tu crois que ces personnes "sympas" font de la critique? C'est bien gentil, consensuel la plupart du temps, bisounours, complaisant trop souvent, insignifiant quoi! Des critiques qui ont perdu tout sens...critique! En ont-ils les moyens?

-T'es toujours...comment dire...tellement négatif! Quelque chose de valable à tes yeux des fois?

-Faut que j'y aille...Dernière chose...Comment critiquer quelqu'un qui, comme Dieu, crée? Une création, en principe, est intouchable! Nous ne sommes plus entourés d'artistes ou d'artisans mais de créateurs! Ce glissement sémantique me paraît suspect...

Jean, sur ces mots, me fit l'accolade et s'en alla plus serein qu'à son arrivée. Je me demandais ce qui pouvait bien motiver cette colère, car après tout, il y avait des choses pas mal plus grave qui se passaient dans le monde que cet article de journal.

Je retourne à mon travail et tombe sur cette phrase de Nietzsche qui soudain résonne en moi: "Encore un siècle de journalisme et les mots pueront"

C'était en 1882...

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 16:14

La douceur triomphe de la dureté ; la faiblesse triomphe de la force.

Lao-Tseu

Cela faisait plusieurs jours que je n'avais pas de nouvelles de Jean. D'habitude nous nous téléphonions pour prendre rendez-vous ou tout simplement pour jaser un peu. Avec le retard pris dans mon travail, je n'avais pas donné de mes nouvelles et lui...La rédaction prenait tout mon temps et je séchais sur des textes un peu rébarbatifs. Panne d'inspiration, panne d'idée, panne d'enthousiasme. Dans le désordre. Il était peut-être temps que je sorte de mon mémoire et que j'aille chercher un nouvel élan ailleurs, hors de mon sujet.

Un coup de fil. Pas de réponse. Deuxième coup de fil quelques heures plus tard. Toujours pas de réponse.

Était-il encore dans un de ses moments où il ne communiquait avec personne? Ça lui arrivait assez souvent de prendre des pauses sociales, comme il les appelait. "Hygiène isolatoire" ou "bains de silence", Jean avait des formules bien personnelles pour nommer ces moments où il jouait (il n'aimerait probablement pas ce mot) à l'anachorète.

Je pris mon vélo. La température douce de ce mercredi soir de septembre s'y prêtait bien et pour dire vrai transforma mon périple en un pur moment de bonheur.

La caresse amicale du vent sur mon visage, le plaisir de pédaler, activité simple et répétitive qui favorise la méditation ou la réflexion, la joie de fournir un effort minimal pour un déplacement-silencieux-maximal, une sensation d'indépendance, la même qu'on doit ressentir sur un voilier quand le vent nous pousse, cet espèce d'isolement et en même temps la sensation d'être proche du paysage qui défile. Tout cela participait à ce fugitif instant privilégié. Je pensais: que de chemin parcouru depuis ma première rencontre avec Jean!

J'arrive chez mon ami, barre soigneusement ma bicyclette.

Voler un vélo! Quelle chose ignoble! Une banque, une voiture...de luxe de préférence! Un vol de banque bien fait, sans violence et qui rapporte, c'est beau! Voire admirable! Je sais, c'est illégal, mais moralement ça se discute...Voler une bicyclette? Quelle lâcheté! C'est sans défense un vélo! Ça ne demande rien, c'est souriant et sympathique! Faut vraiment être un sale con pour s'attaquer à si faible; aussi courageux que s'attaquer à une vieille ou à un vieux, un enfant...un bébé!

Je frappe et refrappe à la porte. Au bout d'un moment alors que je m'apprêtais à abandonner, Jean, en pyjama, vient m'ouvrir, pas rasé, l'oeil torve. Pas l'air content de me voir l'ami!

-Qu'est-ce que tu fabriques ici?

-Je t'ai appelé, ça ne répondais pas...

-Ça? C'est qui "ça"?

-"Tu" ne répondais pas (pas content du tout l'ami)

-Non, j'ai décroché le téléphone...Bon allez...Rentre!

-J'peux repasser une autre fois, y fait beau, un p'tit coup de vélo...j'ai pensé...

-Ça va ça va...Rentre je te dis, j'allais me faire un café.

-À cette heure??

-Quoi à cette heure? Il est quelle heure?

-Attends que je regarde mon cell...Dix heures.

-Déjà? Quel jour sommes-nous?

-C'est pas possible...Nous sommes mercredi, on s'est vu vendredi passé...Le Jazzclub, la pluie, les chats...

-...La robe rouge, oui je me souviens! J'suis pas encore sénile comme tes vieux! J'ai juste perdu la notion du temps, j'avais des trucs à faire.

Nous rentrons dans son petit appartement.

Des livres, des disques, des revues, boîtes de pizza, des vêtements-pantalons, chaussettes, t-shirts, chemises, sous-vêtements- des coussins, des crayons, stylos, des feuilles de papiers, des journaux, une lampe renversée (qui n'a pas dû fournir de lumière depuis...des lustres!), des tasses, des verres, fourchettes et autres ustensiles...Un capharnaüm bordelistique fabuleux! On ne pouvait pas faire un pas sans marcher sur quelque chose qui ne devait pas y être! Comme une vague qui aurait balayé l'appartement, le fouillis s'étale jusque dans la cuisine où Jean se prépare un kawa.

-De l'eau pour moi.

-Va te chercher un verre, regarde sous la chemise verte à ta droite.

-Tu sais te retrouver dans ce...

-Je sais où je range mes affaires!

-T'appelles ça ranger?

-D'accord, c'est pas ordonné mais...

-Et si je te demandais...Je sais pas moi...euh...Le disque de Chester Young qu'on a écouté la dernière fois?

-Lester! Lester Young! Dans l'aquarium vide, à côté de la table, sous la couverture carrelée.

-Ok! Ok! (je vérifiai quand même... et rapporta un verre)

-Regarde dans le frigo, il y a de l'eau de source. Passe-moi le litre de lait par la même occasion.

J'ouvris le frigo; se trouvait dans la porte un litre de lait ainsi qu'une bouteille d'eau, les deux contenants coincés par le portefeuille de Jean qui les séparait et les maintenait bien arrimés sur l'étage du bas.

Alors, me demanda-t-il entre deux gorgés de café, ça avance ton mémoire?

-Pas mal menti-je, mais là (me rapprochant de la vérité) je suis en panne. J'ai des textes à lire un peu rébarbatifs...chiants pour être franc!

-Pourquoi faut-il que tu te tapes ces textes?

-Pour mon mémoire pardi! Ce que tu me disais à propos de la musique, de l'effort à fournir...Et bien, c'est la même chose!

-Pas tout-à-fait, mais je comprends. Ici on parle d'un effort de compréhension intellectuel, la musique, c'est différent. Ici la volonté, là l'immersion. Concentré ou attentif, tu te souviens? Tu saisis la différence? On reçoit la musique comme on reçoit le soleil, l'effort est inutile et même nuisible en ce qui concerne la musique.

-Oui, je me souviens maintenant. Et toi? Qu'est-ce que tu as fait ces jours-ci?

-J'ai réfléchi.

-À propos de...?

-Plusieurs choses...

-Comme...

-La force de la faiblesse par exemple.

-Mmm...La force de la faiblesse...Un concept oriental non?

-Si tu veux...je préfère me pencher sur sa pertinence que sur son origine si tu vois ce que je veux dire...

-Je ne saisis pas très bien comment la faiblesse peut être...forte!

-Voyons voir...Prenons ces gens qui se disent voltairiens, pas tous bien sûr! qui sont pour une liberté de parole ou d'expression si tu veux, tant que tu vas dans leur sens, pas de problèmes! Mais si tu t'avises de diverger de leurs opinions, alors là c'est la chasse! Ils érigent des barrières, ils installent autour de toi un silence, littéralement, ils te coupent la parole. Ils te débranchent socialement.

-Pour ça tu n'as pas besoin d'eux! Tu te débranches toi-même sans leur aide!

-Oui! Et c'est pour cette raison que je suis libre. Je n'ai de comptes à rendre à personne. Je n'ai pas peur de déplaire. Je n'ai rien à défendre, pas de boulot à perdre, rien à protéger. Je suis "faible" et c'est précisément cette faiblesse qui me rend fort.

Et tes textes? C'est à quel propos?

-Ils portent sur la stratégie de communication pour faire comprendre et accepter le droit d'ingérence

-Belle saloperie que ce droit d'ingérence si tu permets! C'est pas Kouchner qui le premier a utilisé ce terme?

-Oui, j'ai d'ailleurs un texte de lui à lire

-Mmm...Dis-moi, as-tu déjà vu des faibles s'ingérer dans les affaires des forts? Ce n'est rien de moins que du néo-impérialisme sous couvert humanitaire! Cette gauche droitsdelhommiste libérale est à vomir! Elle fait tout ce que la droite rêvait de faire sans jamais oser tout-à-fait! T'as vu en France?

-Quoi?

-Ils sont en train de préparer une loi pour condamner le geste de la quenelle! Même en Russie au pire moment du communisme on est pas allé aussi loin! Et c'est pas fini! On arrête un enfant de huit ans pour apologie du terrorisme, on refuse l'entrée à une jeune lycéenne de 15 ans pour port de jupe...trop longue! Sont devenus complètement dingues!

-Faut les comprendre, après les attentats de Charlie Hebdo, tout le monde a peur!

-Si on était pas allé les emmerder chez-eux on en serait peut-être pas là!

-ce qui est fait est fait...

-Mais ça continue! L'arrogance, l'avidité, la cupidité et l'inconscience d'une toute petite partie de la population occidentale est responsable de ce désastre! Quand j'ai vu ces mêmes personnages, ce même esprit, défiler dans les rues de Paris en prétendant être Charlie, je me suis dit que peut-être je n'étais pas si Charlie que ça! Pas comme ça en tout cas!

-Oui, j'ai vu la photo...

-Truquée! Enfin recadrée pour être juste...Ça t'en dit pas long toi? Les gens se font foutre de leur gueule et ils applaudissent! En redemandent!

Encore une fois tu caricatures un peu...

-À peine.

Nous parlâmes encore une bonne heure avant que j'enfourche à nouveau mon vélo.

Sur le chemin du retour, je pensai à ces millions de gens victimes des politiques de nos dirigeants. Directes et indirectes. Des milliards peut-être...

Je me demandais jusqu'à quand qualifierait-on ces dommages de "collatéraux".

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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