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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 14:33

Les raisons qui me portent à écrire sont multiples. Je me souviens qu'à l'adolescence j'écrivais des poèmes. Cette période de la vie est certainement une des plus intéressante en ce sens que l'on sent toute cette énergie qui bouillonne en nous, on commence aussi à percevoir les mensonges qu'on nous passent, la vision que l'on tente de nous imposer pour faire croire que nous vivons dans un pays libre (oui à un certain niveau, j'y reviendrai) alors que notre esprit est formaté, entre autres, par l'école. On y apprend à obéir, à se plier et se conformer à des horaires fixes, à ne pas trop poser de questions ou alors elle doivent être insignifiantes, c'est à dire sans trop de "portée" ni conséquence. Ou alors ce sont les réponses qui fermaient un débat jugé trop audacieux. Je me souviens très bien d'avoir eu des remontrances de mon professeur car je voulais discuter de la religion et de l'inutilité d'avoir la foi. Pour moi, déjà à cette époque, croire en quoi que ce soit était inutile, regarder et voir ce qui "est" me paraissait et me parait l'attitude la plus juste pour comprendre notre monde. Tous les vendeurs de rêves, d'espoir et de foi (la publicité, les prêtres etc.) m'ont toujours semblés suspects. La maîtresse m'a bien fait comprendre que j'étais un danger pour les autres. Elle avait peur que mes camarades perdent la foi! J'avais11 ans. C'est le genre de chose dont on se souvient. C'est là que j'ai commencé à avoir des doutes sur l'infaillibilité des personnes qui avaient du pouvoir. Combien on est naïf à ces âges... Ce qui a confirmé mes doutes s'est passé lors d'une remise d'examen (j'étais à ce moment en 6ième année) et où le directeur, devant toute la classe, s'est moqué de la façon dont j'avais écrit le mot "automne". Monsieur le directeur pensant que ce mot s'écrivait sans "m" et pensant également faire une bonne blague prononça le "m" alors que ce "m" est muet, bien sûr...Je ne pipai mot...et allai vérifier dans le dictionnaire. J'avais raison! Le directeur de mon école avait tort. Depuis ce temps je me méfie de toute personne en position de pouvoir.

 

Cette période adolescente est crainte et redoutée parce que les ados remettent en cause, en principe, les valeurs des adultes, de la société en question.  Dangereux! Pas sérieux! Ce n'est qu'un mauvais moment à passer! Il va reprendre le droit chemin! Notre ado est "bizarre" et combien d'autres reflexions j'aurai entendu pour justifier cette peur du non-conformisme!

 

J'ai eu la chance d'avoir des parents qui m'ont foutu la paix et m'ont laissé tracer mon chemin. Eux-mêmes, à une certaine époque, étaient assez critique du monde dans lequel ils vivaient, surtout mon père. Ses idées ne dépassaient le cadre familial que très rarement. Je me souviens de quelques lettres écrites de sa main (il avait une belle plume) se plaignant de l'odieux des publicités imposées toutes les dix minutes à la télévision, coupant de façon brutale, violente toutes émissions ou films. Ça le mettait hors de lui. Je me souviens aussi et surtout de son abandon, sa résignation. Il va sans dire que les réponses qu'il recevait était du genre "merci pour votre mot, continuer de regarder notre chaîne et bla bla bla". Oui, nous sommes libres de dire tant que nos paroles ou écrits restent sans aucun poids, sans danger. Si par malheur votre voix commence à porter, toute une série d'actions (ou de non-actions) seront prises pour vider la substance de votre discours, pour vous faire taire...toujours dans la liberté! 

 

C'est probablement la deuxième raison pourquoi j'écris. Le silence de mon père. Cette souffrance présente en lui déboucha finalement sur son silence face à une société injuste, dévoreuse d'enthousiasme, éteignoir d'espoir. J'ai vu mes frères et soeur devenir ternes, mornes, perdre la fantastique énergie qui les habitaient enfants. Je les ai vus courber le dos devant la vie, citoyens obéissants, silencieux dans la société, acceptant l'innaceptable, le défendant même parfois, votant une fois tous les 4 ans, pensant par ce fait vivre dans un pays vraiment libre... De bons citoyens je vous dis!

 

J'écris depuis la mort de mon père. J'écris pour faire mon devoir de démocrate. J'écris parce que le silence est incompatible avec une véritable démocratie. J'écris pour faire mon devoir de citoyen. J'écris parce que je vois et sens clairement le carcan qu'on nous impose de façon insidieuse. J'écris parce qu'on nous ment délibérément sur les véritables enjeux de notre société. J'écris parce que j'étouffe. J'écris parce que l'on nous voudrait silencieux. J'écris parce que ce silence est un silence de mauvaise qualité. Ce n'est pas le silence qui provient de la sagesse, c'est le silence des gens qui souffrent, dans leur coin, rendus impuissants par la peur de perdre leur emploie, leurs privilèges, la peur d'être pris pour des "chialeux", la peur du regard de l'autre, peur de déranger, d'exister...

 

J'écris aussi car je me rend compte que les pros de la communication font, dans l'ensemble, un travail médiocre. Je n'ai certe pas la prétention de faire leur travail. D'ailleurs quelques un(e)s le font très bien, je pense par exemple à Chantale Hébert, Josée Legault. Les journalistes aussi ont des comptes à rendre, eux aussi voudraient dire, dénoncer. Ils ne sont pas libres de le faire pour plein de raisons dont celle de garder leur job! Un journaliste sans protection, rendu vulnérable par des conditions de travail précaires ne prendra pas le risque de déplaire à son patron. Libre mais à l'intérieur de cadres très précis.

 

 Nous sommes, vous l'aurez compris, une société médiocre, riche et injuste. J'écris parce que les injustices sont des choix politiques et non une fatalité.  J'écris pour aller vers l'autre. J'écris pour comprendre ma propre médiocrité et éventuellement y remédier.

 

J'écris afin de pouvoir me regarder dans une glace et ne pas avoir honte.

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 16:20

Nous sommes à deux jours de notre départ pour la Chine. Les heures précédant une tournée sont toujours un peu échevelées. Les derniers détails, mises au points concernant le répertoire, la location de batterie, synchroniser les transports intérieurs (avions, trains, voitures), liste d'invités pour chaque théâtre et j'en passe!

 

Parlant transport, un accident de train s'est produit il y a quelques jours avec son lot de blessés et de morts. Le phénomène de corruption y est pour quelque chose, des mesures ont déjà été prises par le limogeage du ministre des rails et une enquête est déjà en cours. Des actions concrètes, rapides et sans appels. Je me permets un parrallèlle avec la corruption existante ici, au Québec, assez bien ciblée et connue, quantifiée sur le coût, le gaspillage que cela entraîne pour notre société. Une très large partie de la population (80%) réclame à juste titre une commission d'enquête mais le gouvernement fait la sourde oreille...Pourquoi? Ce gouvernement a été élu par le peuple et pour le peuple (définition de la démocratie). On voit clairement le dérapage et les véritables intérêts de ce gouvernement. Pour en revenir à la Chine, une très courte analyse sur cet incident à l'émission C'est bien meilleur le matin (salut Robert!) fait état de blogueurs mécontents et inquiets pour leur sécurité. Je me demande simplement qui a lu ces blogues et qui en a fait la traduction, combien de blogues ont été répertoriés etc. L'animateur avance (comme une évidence bien sûr...) que le gouvernement chinois fermera ces blogues et étouffera toute tentative de communication sur ce sujet. Ici on suppose, on sous-entend que les dirigeants chinois sont malveillants et sourds à toutes revendications. Les faits nous montrent tout le contraire!  Mais notre dressage a été si bien fait que nous n'avons pas besoin de fouet pour faire nos cabrioles pseudo-démocratiques! Il existe un site en chinois très complet  où l'on peut voir et lire une grande quantité de blogues, de messages de toutes sortes critiquants sans embages les politiques du gouvernement. On peut y lire également une analyse de l'accident avec  tableaux, dessins explicatifs, une liste des blessés avec leur nom, l'hopital où ils sont soignés, l'état de blessés et leur évolution etc. Je sais, peu d'entre nous parle le chinois et le lit encore moins, mais allez y faire un tour juste pour voir...

 

Bon, laissons là les apôtres de l'indignation à géométrie variable.

 

Dernier droit donc avant le départ. Un problème que l'on rencontre lorsque l'on organise une tournée en Chine...Le décalage horaire! 12 heures séparent la Chine du Québec. Lorsqu'il est midi ici il est minuit en Chine. Je vous laisse imaginer les horaires auxquels il faut se soumettre pour rejoindre nos partenaires chinois. Presque tout doit être fait la nuit, ce qui n'est pas idéal vous en conviendrez! Nos nuits deviennent des journées et on ne peut se payer le luxe d'être actif que la nuit parce que beaucoup de choses doivent être réglées ici aussi! 

   

J'ai toujours des "papillons dans l'estomac" avant chaque départ. Mélange de fébrilité, d'un peu d'anxiété (tout est vraiment ok?...), d'excitation, d'appréhension de la réception de la musique (bon choix de morceaux, bon déroulement du concert?) mais aussi réflexions sur la résidence construite pour les Productions Yari: emplacement à déterminer précisement, genre d'utilisation dans l'avenir, pour qui (musique, danse, peinture) et comment (de quoi auront besoin les artistes invités) etc. De quelles façons nous pourrons moduler le projet, les négociations avec nos partenaires, tout doit être clair avant de plonger! 

 

Après mon passage au Centre d'Arts Orford plusieurs idées me sont venues. Cet endroit est particulièrement bien pensée (c'est leur soixantième anniversaire!), agréable, convivial et soutenu par une équipe dynamique et ouverte sur l'avenir! Beaucoup de choses à retenir pour le projet en Chine!  Pour moi, rencontrer des gens passionnés par ce qu'ils font reste un vent frais dans la morosité généralisée mais aussi une source d'inspiration et d'espoir! 

 

Voici le lien pour le site chinois. http://news.sina.com.cn/z/hzdccg2011/index.shtml

 

 

  

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 18:09

Je suis présentement au Centre d'Arts Orford où je vais interpréter avec mon trio (Adrian Vedady-John Fraboni) et François Bourassa la suite de John Coltrane "A love Supreme".

 

À cette suite en quatre mouvements (Acknowledgement, Resolution, Pursuance et Psalm) se greffe un poème, chose assez rare en jazz. Coltrane avait déjà écrit des textes pour d'autres compositions comme entre autres Crescent, Wise One mais sans jamais les avoir édités.



Il existe seulement deux versions de cette suite, l'une enregistrée le 9 décembre 1964 en studio, la plus connue, et une autre en 1965 au Festival de Jazz d'Antibes (France). Les deux versions diffèrent légèrement. Dans la version studio Coltrane utilise des timbales, chante ou plutôt psalmodie une phrase et la répète un peu à la manière d'un mantra à la fin du premier mouvement. La dernière partie est ni plus ni moins le poème (que l'on retrouve sur la pochette) joué en musique. On peut suivre le texte avec la musique et voir que Coltrane reste très proche du rythme du poème, de son déploiement dans le temps, sa ponctuation. Le projet de restituer cette musique bien qu'intéressant, soulève chez moi quelques réflexions.



Une bonne part de l'intérêt de la musique de jazz vient du fait que celle-ci est construite à partir de préoccupations personnels, que ce soit au niveau strictement musicales (approche harmonique particulière, rythme, son etc.) ou extra-musicales (spiritualité, politique, sociologique) le tout débouchant sur une musique unique, originale, porteuse de sens. C'est pourquoi, à mon avis, on ne peut jouer la musique de Coltrane ,dans le cas qui nous intéresse, comme en classique on jouerait du Mozart, sans perdre ce qui fait sens dans cette musique. Cette façon de présenter le jazz, de plus en plus fréquente, provient de l'institutionnalisation de cette musique. pour enseigner une musique il faut que celle-ci soit un tant soit peu "figée", cadrée, de sorte que l'on puisse contrôler ce qui est enseigné.

 

Peut-on enseigner le jazz? Oui et non. Oui pour ce qui est du côté technique (apprentissage de l'instrument-même la façon peu orthodoxe d'aborder l'instrument de certains jazzmen fait partie de leur signature-formules rythmiques, harmonie etc.) mais là ne reside pas l'essentiel de cette musique. Ce qui fait cette musique si riche et vivante vient de l'originalité même de ceux qui la font. Or, on ne peut enseigner l'originalité dans aucune école. Je dirais même que l'institution à tendance à étouffer l'original, à produire des techniciens habiles mais ternes et, à la limite, interchangeables.

 

Perdre les racines de cette musique, sa raison d'être, son pourquoi, la fera peut-être devenir plus à même d'être enseigner (un bon exemple de ce que je raconte est illustré par le Lincoln Center où l'on définie et enseigne le jazz avec des limites très claires et qu'il est préférable de ne pas dépasser) et ainsi institutionnalisée, lui donnant pignon sur rue et respectabilité, vendable parce que bien définie et délimitée comme n'importe quel produit. Certains pourront en tirer bénéfice mais l'ensemble de l'humanité y perd en diversité.

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 01:19

Quoi jouer au public chinois. Cette question je me la suis posée lors de ma première tournée. Peut-être inutilement. Je veux dire que mes propositions diverses ont toujours été bien accueillies. Que ce soit avec Simon Goubert, un batteur français avec un son énorme "à la Elvin Jones" ou mon quartet avec lequel j'entreprends une deuxième tournée (nous étions en Chine à la fin de l'été dernier à l'Exposition Universelle de Shanghaï et dans le cadre des évènements culturels soulignant le 40ième anniversaire de relation diplomatique entre la Chine et le Canada) et qui, à mon oreille, sonne plutôt "classique" avec une approche axée sur la mélodie et le lyrisme. 

 

Le public chinois dans son ensemble connaît assez peu le jazz mais il se déplace pour l'écouter. L'audience réagit, il me semble, à l'instinct (ce qui n'est pas une mauvaise chose-le public "trop connaissant" se laisse parfois trop peu d'espace en lui pour laisser la place à quelque chose de neuf). Comme tous les publics, le spectateur chinois aime sentir qu'il se passe quelque chose, quelque chose de vivant qui demande à être suivi...une histoire.

 

 Les Chinois sont friands d'histoires. Il n'est pas rare de prendre un taxi avec la radio à bon régime où l'on y entend un comédien raconter des histoires, imitant la voix des protagonistes. Histoires d'amour très souvent (peuple romantique s'il en est!) mais aussi des épopées, histoires de famille(s) sur plusieurs générations, histoires se passant au cours de tel ou tel dynastie, ces émissions sont très populaires et une seule histoire peut se dérouler sur plusieurs jours! Existent aussi les radios-théâtres également très prisés. Garder un fil, une idée et dérouler, enchaîner, construire. En musique (et ailleurs!), la clarté a toujours été une préoccupation pour moi , tenir un discours musical improvisé et malgré tout lisible demeure un défi captivant, quel que soit le public.  

 

La musique qui ressort de la langue chinoise est plutôt douce, moins "hachée" que le japonais, coulante et sinueuse, très variée au niveau de l'intonation et la plupart du temps mélodieuse, sans heurts. C'est peut-être pourquoi le public chinois est si sensible aux jolies mélodies, celles du genre qui font pleurer...Je soupçonne également leurs oreilles d'être sensibles au variations très subtiles qu'un musicien peut apporter dans son son, spécialement dans les morceaux lents. J'ai déjà assisté à une sorte de retenue de souffle collective (et fugitive) lors de passages "cruciaux", dramatiques.  La langue chinoise utilise 4 intonations de bases, chacunes de celles-ci pouvant changer la signification d'un même mot. Même en me concentrant uniquement sur ces intonations, j'arrive encore très difficilement à les localiser et les entendre dans une conversation normale.   

 

Ce qui a de nouveau depuis la dernière tournée c'est l'ajout de chansons populaires ou traditionnelles chinoises à notre répertoire. Ma connaissance encore superficielle de la musique (des musiques!) chinoise ne me permet pas d'en parler avec autorité mais le (trop peu de) temps consacré jusqu'ici à la recherche et l'écoute me laisse entrevoir des possibles vraiment intéressants. 

 

Cette tournée s'inscrit dans une série offerte au grand public qui a pour nom "découverte de l'art" où le prix des billets varie de 5 à 20 dollars. Cette initiative du gouvernement chinois vise à rendre accessible à un maximum de gens de toutes conditions l'art sous toutes ses formes. La famille chinoise utilise 37% de son budget pour l'éducation (ce qui est énorme) donne ainsi à la Chine une formidable force intellectuelle. Beaucoup de postes de haute direction sont tenus par des jeunes de 24,25,26 ans! Lors de notre dernière tournée un cocktail avait lieu au Centre National des Arts de Beijing avec le gratin habituel. Nous avons tous été surpris par la jeunesse des dirigeants mais surtout par leur érudition et la grande pertinence des questions posées à propos du concert  que l'on venait de donner. Les musiciens avec qui j'étais n'en revenaient tout simplement pas! Ce qui me touche, au-delà de leur savoir, c'est leur volonté de s'ouvrir à l'autre. Quand un animateur, victime (?) de cette propagande haineuse qui vise la Chine depuis 50 ans, me parle de la fermeture sur elle-même de cette culture je ne peux que constater que la fermeture n'est pas là où on pense! Il y a eu en effet une fermeture de la Chine lors de l'établissement de la République Populaire de Chine en 1949 (1er octobre). Cette fermeture était un acte de survie pour stopper les occidentaux qui souhaitaient et s'acharnaient depuis une centaine d'années à morceler ce pays et en faire leur terrain de jeu! Ce qu'ils ont fait avec, par exemple, l'Iran en 1953 en renversant un gouvernement démocratiquement élu et en plaçant un dictateur complaisant avec les compagnies pétrolières qui volaient carrément ce pays. Même chose avec le Chili! Et beaucoup d'autres! Mao a donc decidé de bouter hors de la Chine ces rapaces. Depuis ce temps l'occident fait la gueule...Merde alors! On ne pourra plus envahir, exploiter à outrance, saccager à notre guise?? Il faut vraiment regarder le passé si on veut réellement comprendre.

 

Ne pas connaître et avoir quand même des opinions sur ce qu'on ignore porte un nom. La liberté commence dans notre tête! Si le temps me le permet, je ferai une analyse en détail de cette entrevue faite avec Robert Frosi. Les mots utilisés ne sont jamais innocents a fortiori quand on a affaire à des professionels de la communication.  

 

Notre répertoire se compose donc de "classiques" comme What a wonderful wolrd, Les feuilles mortes (les Chinois ont une assez bonne connaissance de la chanson française), Tadd's delight, Over the rainbow, 2 compositions originales et  3 morceaux tirés du répertoire chinois. Peut-être 4 car je travaille sur une magnifique chanson. A capella.

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 13:49

Voici le premier texte d'un journal sur ma tournée en Chine, sa préparation et les réflexions que cette belle aventure suscitera chez moi. 

 

9 concerts et 4 classes de maitre dans des lieux magnifiques (opéras) sur une période de deux semaines.  Je me réjouis à l'avance mais redoute un peu la chaleur (30 et +) et beaucoup l'air climatisée...Après ces deux semaines de tournée je me rends avec ma compagne dans le sud-ouest, dans la province de Yunnan pour y finaliser un projet de résidence pour artiste. En fait tout est signé entre les Productions Yari et la compagnie qui monte le projet. Plus de 10 milliards de Yuans (environ 1.5 milliards de dollars) investis dans un projet culturel afin de revitaliser une partie de cette province. Les résidences en sont une partie.

 

Xizhou est situé sur le bord d'un immense lac (Er Hai) entouré de montagnes. Beaucoup de pêche se pratique encore, la nature est omni-présente. Une Chine dont on entend jamais parler ou presque. Le Yunnan à lui seul est composé de 26 ethnies différentes, chacune avec ses musiques, ses danses, ses costumes et coutumes. Quand je vois toutes ces cultures s'épanouir, vivre les unes à côté des autres je ne peux m'empêcher de penser à la façon de faire au Québec et notre ignorance et souvent mépris pour les peuples autochtones tout le long de notre histoire et notre appauvrissement comme société qui en découle. Et l'on voudrait donner des leçons sur l'intégration et le convivial? Commençons par apprendre à nous connaître, à nous regarder dans le miroir! Mais aussi et surtout ne nous contentons pas des quelques articles écrits dans les principaux journaux anglophones et francophones d'ici. On y écrit souvent n'importe quoi lorsqu'il s'agit de la Chine et j'y décèle un fond de xénophobie entretenu par une propagande négative sur ce pays depuis plus de 50 ans!  Décidement l'occident ne prise pas le fait que ce pays ne soit pas le terrain de jeux des multinationales comme dans beaucoup de pays dits émergents. En 2008, seulement 3% des investissements en Chine étaient réalisés par des compagnies étrangères, on est loin des braderies que l'on peut observer ici... 

 

Je voudrais dès ce premier article mettre les choses à leur juste place. Je ne suis ni pro-Chine ni (évidemment) anti-Chine. Je ne demande qu'à connaître ce pays, à le voir tel qu'il se présente, tel qu'il est avec ses défauts et qualités, ses réussites et ses échecs. Il y a quelque chose de malsain dans le fait de juger un pays (et on se gêne pas!) tout en  ignorant son histoire, ses aspirations, ses rêves, sa culture quoi! Notre prétention (nous, occidentaux) séculaire à vouloir dicter aux autres quoi faire, comment vivre (on a qu'à penser au colonies!) tout en pillant littéralement ces mêmes pays...pas de quoi pavoiser! Se pencher sur l'histoire, la nôtre en premier lieu, devrait nous donner un peu d'humilité, de modestie mais surtout nous donner des outils pour ne pas sombrer dans cette  pensée unique si réductrice et destructrice. Il y a pire que de ne pas être informé, c'est de penser que nous le sommes! Et nous n'avons plus aucune raisons de ne pas l'être correctement!

 

Cet a priori négatif sur la Chine qui semble inoffensif et presque de bon aloi, se traduit par de petites phrases, des perceptions et des évidences qui n'en sont pas. On ne voit les choses qu'à travers notre horizon, c'est pour cette raison que cet horizon se doit d'être aussi large et profond que possible. C'est notre devoir d'hommes et femmes libres. La démocratie est une culture et s'exprime par la capacité d'un peuple de dominer son destin. Elle ne se résume pas à un droit de vote! On dit que la politique est trop importante pour la laisser uniquement aux politiciens, en sommes nous arrivé à ne pas laisser l'information uniquement dans la main de quelques journaux, radios et télévisions? Avec l'avènement d'internet il est possible maintenant d'aller chercher les informations dans un plus large spectre que ce qu'on nous propose ici. Le rôle des médias est de rendre compréhensibles les enjeux et les points de vue opposés, contradictoires. C'est uniquement sur cette base que nous pouvons nous faire une opinion sur un sujet. Or, on nous présente, la plupart du temps, qu'une "version" des faits. 

 

La concision exigée lors d'entrevues toujours trop courtes débouche sur l'unique possibilité de dire des choses communes, entendues, car il n'y a pas de place pour développer une pensée originale. Les débats (vraiment trop peu nombreux ici au Québec) présentés ne sont que trop souvent des simulacres de démocratie, parce que basés sur l'idée de répondre dans l'immédiat, des réparties exigées courtes sans possibilité de développement dans le temps. Débattre comme un combat de boxe ne mène jamais loin.  

 

www.yannickrieu.com  pour voir les endroits où nous nous produirons.

 

http://www.radio-canada.ca/emissions/cest_bien_meilleur_le_matin/2010-2011/chronique.asp?idChronique=164455 

Entrevue avec Robert Frosi 20 juillet 2011 sur la tournée (C'est bien meilleur le matin) 

 

Lien avec le New York Times: un article intéressant sur les 5 principales idées fausses (concernant la Chine) et répandues dans les medias occidentaux 

http://www.nytimes.com/2011/07/19/opinion/19iht-edli19.html?_r=2&ref=china

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 14:44

Notre société est sclérosée. Handicapée par notre manque de passion, par nos organisations lourdes, parce que créées par des cerveaux lourds et peu agiles ou alertes, manquant cruellement d'imagination, de (réelle) créativité ( j'entends ce mot si souvent qu'il commence à devenir plat, vide!). Nos esprits sont devenus compliqués (et non complexes), s'arrêtant et s'acharnant sur de petits détails, incapables de saisir l'ensemble d'un problème et d'y faire face avec diligence et efficacité. Cette lenteur, cette espèce d'opacité, de marasme comme culture ou façon de faire qui colore presque toutes nos actions, notre incapacité à vraiment saisir les réels enjeux, qu'ils soient politiques, économiques, sociétaux sera probablement notre tombeau en tant que société. La capacité d'adaptation à son environnement reste la principale qualité que l'on doit posséder pour survivre. Cette société "dinosaure" risque de disparaître tout comme ces sauriens de jadis et ce pour les mêmes raisons...Il faut toutefois se poser la question: À qui profite cette lenteur? À ceux-la même qui sont censés être en poste pour faire des...changements, pour diriger! J`y vois là une analogie avec ce qui se passe dans certains pays arabes. Si l'on voudra de réels changements va falloir sortir dans la rue et faire notre révolution. Croire que nos dirigeants prendrons des mesures énergiques pour rétablir ne serait-ce qu'un début de justice c'est croire au Père Noël ! Leurs actions resteront cosmétiques, de surfaces pour calmer le peuple...Leurs intérêts diffèrent des nôtres. 

 

Un exemple? J'entends depuis au moins 25 ans que les gouvernements veulent s'attaquer à la pauvreté. Quels sont les résultats? Minimes voire inexistants! Combien de temps aura-t-il fallu à ces mêmes gouvernements (ici au fédéral) pour voter des milliards pour les avions de chasse...quelques heures. Si cette situation vous parait normal et acceptable, c'est que le travail d'information (lire de propagande) est très bien fait! Parce qu'il faut savoir que cette pauvreté est systémique, c'est à dire que notre système produit de la pauvreté, en a même besoin pour fonctionner et est inhérent à cette forme d'organisation. Il suffit de quelques clics sur internet pour savoir cela. C'est le genre de chose que nous n'entendrons jamais dans la bouche des dirigeants...C'est pas très sexy...

 

Tiens, en passant...Saviez-vous que Hilary Clinton a demandé aux gouvernements (arabes) qui coupaient facebook, twitter et autres moyens de communications sur internet de rétablir ces reseaux pour préserver la liberté d'expression des manifestants...Ces mêmes moyens ont été interdits aux États-Unies lors de manifestations pour protester contre le G-20. En 2009, deux Américains ont été...arrêtés et jugés!!!

 

Voilà un concept qui devrait intéresser...

 

Rien de pire que l'injustice, les armes à la main. Aristote

 

Pour une lecture éclairante sur les révolutions dans les pays arabes lire le petit livre de Amhed Bensaada, Arabesque Américaine (le rôle des États-Unies dans les révoltes de la rue arabe) aux éditions Michel Brûlé. 

 

 

  

 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:51

A propos d'un billet entendu à la radio de Radio-Canada le 8 juillet 2011 (C'est bien meilleur le matin).

 

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBF/CestBienMeilleurLeMatin201107080815_1.asx

 

Il est toujours très difficile de comprendre l'autre sans le juger surtout si cette personne est d'une autre culture que la nôtre. Le pire que l'on puisse faire, selon moi, est de voir l'autre uniquement selon nos préoccupations, notre politique de vie, notre vision personnelle des choses et des êtres bref, selon nos valeurs que l'on voudrait, bien sûr, universelles. Une illustration de ce danger nous est donné par le discours que tenaient, il n'y a pas si longtemps (et qui n'est pas tout à fait mort...) l'Afrique du Sud et les États-Unis sur les noirs. Il fut un temps où, incapable de comprendre ce qui était différent d'elles, ces deux sociétés considéraient les gens de couleurs comme inférieurs, sans intelligence, brutaux, sans âme etc. Il faut avoir lu quelques livres datant du 18-19ième siècle pour se rendre compte avec quels sûreté et aplomb ces gens dissertaient sur ces "hommes inférieurs", en toute bonne foi. Fondamentalement, je ne crois pas que cet esprit soit disparu, il prend simplement d'autres formes à d'autres niveaux. Le billet de madame Geneviève St-Germain en est un exemple...soft et insidieux

 

Madame St-Germain décrit Anne Sinclair comme une femme intelligente, ayant famille, compte en banque bien garni, métier d'écrivaine solide, animatrice allumée et curieuse, bref, une vie riche et globalement heureuse menée par une femme avec une tête sur les épaules. Il se trouve que Geneviève St-Germain ne peut concevoir ou imaginer un instant que madame Sinclair puisse faire des choix qui ne concordent pas avec ses valeurs à elle. Comme on a pu voir, Anne Sinclair a tous les outils nécessaires pour faire des choix éclairés concernant sa vie privée et professionnelle. Il me semble plus raisonnable de penser qu'Anne Sinclair ne tient pas les infidélités de son mari comme un si grand déshonneur, "péché mortel" pour reprendre une expression qui a terrorisé le peuple québécois pendant trop longtemps.  Ou alors elle souffre mais y trouve finalement son compte. Je ne sais.

 

Pierre Eliot Trudeau a dit avec raison (pour une fois que je suis d'accord avec lui...) que l'état n'avait pas d'affaires dans la chambre à coucher d'un couple. Vous non plus madame St-Germain. Et tous les autres. Que connaissez-vous de leur intimité (on ne veut pas le savoir...)? De leur contrat personnel, de leur entente, de leur "politique interne"? Qui vous dit que madame Sinclair n'a pas d'amant(s)? Vous vous rappelez sans doute du couple Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. Leur "contrat" était de cette nature me semble-t-il. Monsieur Sartre était un sacré baiseur et il arrivait même que madame de Beauvoir choisisse pour monsieur...Ça n'a pas empêché Simone de Beauvoir de jeter les bases du féminisme... Vous pourriez d'ailleurs lire (ou relire) avec intérêt le livre de cette grande écrivaine qui a pour titre "Lettres à Nelson Algren" chez Gallimard. On appréciera l'honnêteté de cette femme mais aussi ses contradictions, notamment sur sa conception de la liberté (pour elle) et celle pour...son amant. On ne peut pas sérieusement traiter Simone de Beauvoir de victime, pas plus que madame Sinclair!

 

On peut être d'accord ou non avec le genre de vie qu'Anne Sinclair s'est choisi. La poser en victime me parait nettement exagéré voire malhonnête comme cela arrive trop souvent lorsque l'on veut instrumentaliser des évènements pour sa cause, toute nécessaire qu'elle soit. 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 16:39

Depuis l'arrivée du couple royal au Canada, j'entends à la radio, dans les journaux et sur le web la grande indifférence des Québécois envers cette institution. Malgré cela, ces médias nous présentent plusieurs émissions spéciales sur la venue de ce couple, les nouvelles commençant toutes, ou presque, par un résumé de leurs activités, ce qu'ils portent (surtout elle), ce qu'ils pensent et disent (ce qu'on leur a dit de penser et dire...) etc. Je vois ici une nette coupure entre le peuple québécois et les médias (québécois aussi...). 

 

À l'inverse, plus de 1 million de personnes passent au Festival International de Jazz de Montréal, écoutent cette musique et en sont passionnés ou à tout le moins ne les laissent pas indifférents. Comment cet engouement se traduit-il dans les médias? Presque rien aux nouvelles, peu ou pas d'émissions spéciales dans la programmation régulière comparativement à ce couple qui, je le répète, nous laisse globalement indifférent.

 

Voyez-vous ou sentez-vous qu'on nous manipule, qu'on veut bien montrer ce qu'on veut et donner le poids que l'on veut à des évènements politiques ou culturels? La différence de traitement entre ces deux évènements porte à réfléchir sur le rôle des médias et le pourquoi d'une telle dichotomie entre les faits, leurs impacts sur notre société et la présentation de ceux-ci.

 

Il est clair pour moi qu'il est impossible d'avoir une vision juste des choses si on se contente uniquement d'être informé par les réseaux traditionnels. Quand  un journaliste se contente de lire les 7 ou 8 principaux journaux pour faire sa revue de presse, je me dis qu'il est soit paresseux ou alors qu'il est une autre victime de cette cécité volontaire, confortable et sans danger pour sa job.

 

Quelques liens sur mon site offrent des alternatives...Pour les passionnés...Les autres peuvent continuer de dormir...

  

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 16:36

L'image projetée, chez certains artistes, est la chose la plus importante pour leur carrière. Le fond, pour eux, est quelque chose de secondaire vu qu'ils peuvent très bien vivre, gagner leur vie sans trop se préoccuper de sens, sachant bien que peu de personnes sont, après tout, sensibles au fond des choses. Je dirais même que l'image devient le fond, que si vous leur parlez de sens ils vous regardent avec des yeux paniqués ou alors ne comprennent pas le...sens de vos paroles. Pas trop de réflexions donc chez ces spécialistes de la surface et de l'esbroufe, chez ces champions de la propagande.

 

Ou alors ils vont tenter de donner du sens à ce qu'il font avec des textes nébuleux en sur-utilisant et vidant de leur substance des mots comme créativité, nouveauté, amour, spiritualité etc. Le flou artistique entretenu par le flou intellectuel de ces gens n'est que rarement discuté ou mis en doute. Si d'emblée vous tentez d'avoir une explication claire de leur concept, de ce qu'ils veulent dire, vous n'aurez pas de réponse ou alors on sera extrêmement surpris, gêné voire irrité de votre curiosité. Vous serez à priori suspect de ne pas aller dans leur sens, ou alors on vous traitera de prétentieux en s'arrangeant pour éviter toute discussion avec vous...

 

Il y a aussi de ces artistes qui donnent pour thème à leur création des évènements qui leur sont arrivés dans leur vie privée. Ils développent alors tout un discours remplie de préjugés, d'idées reçues, de faibles ou mauvaises réflexions qui ont pour effet de défoncer des portes...ouvertes!  Ces mêmes gens sont souvent incapable de discuter directement et franchement des ces problèmes avec les personnes concernées. La névrose ne peut être un point de départ valable pour une création à condition de dépasser cette névrose. Si c'est pour en faire l'apologie et en être fier...

 

Pour construire une bonne image, il faut des causes. Certains optent pour l'enfance (c'est toujours très vendeur de se pencher sur ces pauvres enfants sans défenses), cause "touchante" s'il en est!  L'image de l'adulte qui dit que l'important, pour l'enfant, c'est l'amour est un de ces clichés qui ne veulent pas dire grand chose...Personne n'est contre la vertu! Mais parlons de l'amour! Demandez à ces mêmes gens de vous parler de quoi est fait cet amour et vous aurez du...vent! Ou des stupidités sortant tout droit des films d'Hollywood, vous savez, cet amour gnangnan, fleur bleue...à vomir!

 

Avec l'amour vient la vérité, la franchise, la droiture, la tendresse, l'observation.

Avec l'amour s'en va la compétition, la jalousie, l'envie, l'égocentrisme.

De toute façon, l'éducation de nos enfants ne peut être un projet personnel.

 

D'autres causes gagnantes comme la liberté (chez les autres, ici on l'a...), la pollution, l'eau servent aussi à donner une image plus douce de ces artistes qui, pour arriver, sont prêts à beaucoup de manipulations et de mensonges!

 

Ces images servent trop souvent à cacher une pauvreté de pensée, de réflexion. Ce dont le Québec a besoin, me semble-t-il, est un dialogue franc, une réelle ouverture à l'autre. J'ai trop eu l'occasion de discuter avec des gens qui se disaient d'accord avec certaines idées mais qui n'en faisait qu'a leur tête une fois la communication terminée.

 

Où est leur véritable visage?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 17:27

Je viens de lire un petit (dans tous les sens du terme) article écrit par Gilles Proulx portant sur le Tibet (Journal de Montréal 24 juin 2011/opinion). Ramassis de faussetés, truffé d'erreurs d'ordre historique et grossièrement tendancieux, monsieur Proulx étale sans vergogne son ignorance et nous montre sans aucune gêne son manque de jugement dans ce dossier. Il n'en a pas le monopole, malheureusement.

 

Une opinion, pour avoir une certaine valeur, doit être construite sur une étude des faits dans leur contexte. Une étude minimum de l'histoire et de la politique de ce pays (la Chine) est aussi nécessaire pour nourrir et asseoir cette opinion que l'on voudra solide. Bref, faire un réel travail journalistique est incontournable avant de pondre quoi que ce soit, si on veut être pris au sérieux. C'est ce qui fait la différence entre un article digne de ce nom...et une conversation de bar...

 

D'abord le Tibet fait partie de la Chine depuis le 13ième siècle! La Chine n'a donc pas "envahie" le Tibet pas plus que l'armée canadienne a "envahie" le Québec durant les évènements d'octobre 1970. On ne peut s'envahir soi-même. Le Tibet a été "indépendant" pendant l'occupation Anglaise (eux ont vraiment envahie!) et cette indépendance n'a jamais été reconnue même par les États-Unies. Un envahisseur ne peut promulguer l'indépendance au nom du pays envahie...Tout le monde l'aura compris. 

 

Maintenant pour quelle raison Mao a-t-il décidé d'intervenir au Tibet malgré de nombreux échanges écrits et parlementations avec le Dalai-Lama? Jamais ou presque les journalistes en parlent... Il se trouve que le régime politique sous le Dalai-Lama s'apparentait au servage, système moyenâgeux où une caste de moines exploitait à outrances les paysans tibétains. Le peuple était laissé dans une pauvreté répugnante pour que ces moines puissent prier en paix... Ne parlons pas d'éducation...C'est sciemment que les dirigeant tibétains maintenaient le peuple sans éducation...Plus facile de faire croire n'importe quoi à des ignorants... Est-ce de cela que vous êtes nostalgique? Voyez-vous quelques parallèles avec le Québec...?

 

Parce que quand vous faites l'apologie du Dalai-Lama c'est l'apologie de ce système que vous faites. Vous êtes-vous bien informé de l'entourage de ce soit-disant maître spirituel? Ses liens avec la CIA? Qui soutient ce personnage? Allez voir (c'est publique maintenant) la politique de la CIA dans les années 50 concernant cette région. Elle n'a pas changé. Alors? Je sais il faut du courage, de l'énergie pour aller au fond des choses... Je sais, ce n'est pas à la mode! Avez-vous lu la constitution proposée par le Dalai-Lama et ses sbires? Pas de démocratie! Le Dalai-Lama se réserve le droit de changer les décisions qui seraient prises par voix démocratiques. C'est dans la constitution (que tout bon journaliste se doit d'avoir lu avant que d'éructer des fadaises sur le Tibet)! C'est une théocratie que propose le Dalai-Lama...Vous en avez pas eu assez avec l'Iran?

 

Il est faux également de prétendre le Tibet uni derrière le Dalai-Lama. D'autres factions monastiques existent mais n'ont pas d'espace de parole, celui-ci étant monopolisé par le Dalai-Lama grâce à l'attitude complaisante de la plupart des journalistes.

 

Je dois dire que j'en ai assez d'entendre ces idioties concernant la Chine. Ce pays a certes ses problèmes mais il faut arrêter de le démoniser comme on le fait maintenant.

Il y a une limite à exposer notre inculture, notre vision étroite concernant ce pays. Nous sommes dans un  pays libre? Profitons-en pour nous rapprocher le plus possible d'une juste vision des choses. Si non, à quoi sert cette liberté????

 

À suivre...

J'effectuerai ma 10ième tournée chinoise de fin juillet à mi-août. Nous allons parcourir 9 provinces. Je tiendrai un journal de tournée par le biais de mon blogue.

 

Bonne fête quand même...

 

Je vous renvoie à une entrevue (il y en a beaucoup d'autres!) fort intéressante sur le Tibet.

 

http://www.michelcollon.info/Tibet-Reponses-sur-l-039-Histoire.html

 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture