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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 03:11

Si j'étais philosophe

J'irais voir du côté des manouches

Des tziganes et des Touaregs

J'irais entendre les Yanomanis du Brésil

J'écouterais les indiens d'Amérique

J'irais en Afrique

Les Pygmées, les Bandjouns

Les Abourés de la Côte d'Ivoire

Si j'étais philosophe

J'irais voir du côté de l'Orient aussi

Je m'intéresserais au Bulang et au Drung du Yunnan

Aux Aïnous du Japon

J'interrogerais les Aborigènes d'Australie

Si j'étais philosophe

Je serais philosophe avec la philosophie

Je commencerais, si j'étais philosophe 

Avec les peuples qui n'ont pas d'histoire

Pas d'écriture, pas de possession

Pas de temple ou de religion

Je commencerais avec le plus loin

De ce que je pense que je pense

Sachant que tout cela n'aurait pas de fin

 

Si j'étais philosophe je m'interdirais de penser ce que je n'aurais pas vécu.

 

Si j'étais philosophe je serais anthropologue de la non-pensée.

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 16:26

Envers et contre tous

Définition 1: "dans la direction de" (10ème siècle)

Définition 2: "Faire quelque chose malgré les conseils opposés des personnes qui nous entourent" (16ème siècle)

17ème centurie

Probablement

L'apogée de l'Occident

Du fond de leur abîme

ou selon, de leur cîme

Molière, Corneille et Racine

La Fontaine, Mozart, Bach

Sans oublier Descartes

Par la peau des dents

Échappés de la furie

De leurs vénérables descendants

Entre sens et parements

Amantes et amants

Enlacés

Libres

Juste équilibre

Entre le "dire" et le "penser"

Le génie

Du naturel et du construit

 

En ces temps d'éreintes

Vaut mieux être un Philinte

Qu'un bruyant Alceste

Sans demander son reste

Suivre son chemin d'airain

Voie faite d'indifférence

Et d'espoirs non feints

Sans fins, sans freins

Sans fin

---

Cet amour de portée (musicale)

Sur un air de discorde (banal)

Entendu

Une note ratée

Au bout d'une corde

S'est pendu

---

D'une mélodie ardue

Une note s'est perdu

Solitaire

Elle cherche en vain

Salutaire

Un air contemporain

---

La puérilité

Nue

S'empare du virtuose

Tellement!

Qu'il n'ose

Plus

Jouer la vérité

---

Il est de ces amours envahissants

Dont il vaut mieux rester distant

Se méfier

Petits jouets

Que ces amours étouffaient

Qui vous font tant 

À tout jamais

Enfant

Parfois

Chez certaines gens

Il est évident

Et je suis courtois

Que pour elles

L'amour est mur

Voile et chape

Au-delà desquels

Personne ne murmure

D'où rien ne s'échappe

Chose indiscutable

D'apparence irréprochable

Forteresse de bons sentiments

Dégoulinant de tendresse

Amour répugnant

Suintant la faiblesse

Forme de pouvoir

Éternel

Maternel

Le mal nommé amour

Est un bien mauvais détour

Des mains de gens d'avoir

De ceux masqués d'atours

De ces hypocrites

Qui profitent

De cette innocence

Que rien n'offense

L'enfance

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 16:07

On ne crée qu’à partir de rien, on invente à partir de tout.

6 :30

 

Je m’éveille. De mon lit j’observe le jeu de lumière dans le feuillage des arbres. Des ombres sans contour dansent sur le mur de ma chambre. Il pleut. Les fenêtres donnent plein sud. Je couche sur le papier quelques idées. Je me relis et m’endort. Fascinantes ces idées...

10 :00

 

Un flash. Je me réveille en sursaut. J’ai fait un rêve formidable. Aucun souvenir. Je cours une dizaine de kilomètres, fais un tour de vélo (une vingtaine de kilomètres).

10 :03

 

Je m’éveille à nouveau et me lève. En pleine forme. Sous la douche une mélodie prend forme dans ma tête et se déploie gracieusement. Trop de shampoing, la mousse tombe à mes pieds. Le bain devient glissant et dangereux.

10 :29

 

Jus de pamplemousse fraichement pressé, pain 3 farines (blanche, blé complet et sarrasin) fabriqué par mes soins, avocat nature, saumon fumé. Un délice ! Ai oublié la mélodie.

11 :03

 

Il est là, imposant au milieu de la pièce, séduisant et encombrant tout à la fois. Quelque chose d’humain chez lui. Un peu de piano. Faudra que je fasse un peu de technique au saxophone. 2 accords que j’aime bien. Je note.

15 :48

 

Arrête mes lectures. 4 bouquins trônent sur la table du salon : philo, sociologie, science (vulgarisé) et une biographie. Je lis trop. Ça m’empêche de réfléchir. On pourrait passer une vie à lire ! J’imagine un musicien qui passerait le plus clair de son temps à écouter de la musique. Pas de sens. Autant se promener, faire son jardin, nettoyer la maison. Ou ne rien faire. Tout est dans la façon. Faire de façon extraordinaire des choses ordinaires plutôt que faire des choses extraordinaires de façon ordinaire...Se promener...Faudrait que je fasse un peu de saxo.

17 :27

 

De retour de ma promenade. Petite fringale. Olives, tartinade de tofu, verre de vin.

18 :04

 

Un peu de saxo, le temps de sentir que les doigts prennent leur place naturellement, les notes coulent avec fluidité. Depuis quelques mois le son a gagné en substance sans aucune raison apparente. J’observe avec mes oreilles. J’évite de travailler sur des concepts. Trop restrictive cette approche. Trop de méthode rend le jeu mécanique, prévisible. Je tente de travailler à la façon d’un peintre. Je peins et je jette. Je joue et j’oublie. La mélodie de ce matin ou sa sœur réapparait au détour d’un trait. Cette fois je note et monte au studio. Nouvelle composition. J’espère qu’elle tiendra le coup. Demain ou la semaine prochaine elle prendra peut-être le chemin de la poubelle ou alors ce tiroir qui déborde de bonnes idées qui ne servent à rien. Un jour peut-être...

20 :39

 

Je visionne le film « Dans la maison » avec Fabrice Luchini. On ne fait pas de bonne littérature avec de bonnes intentions paraît-il. Avec quoi devrions-nous faire de la bonne musique alors ?

22 :26

 

Retour au studio. Intègre les deux accords trouvés ce matin à ma nouvelle compo. Je sème. Nouveau visage, amputation, élagage, chirurgie, plâtrage, amincissement, bouturage, coupure, greffe, labourage...opération à thème ouvert. Un musicien est aussi un chirurgien, un jardinier, un paysan. Sa terre ce sont les sons. Une mère pour aimer mais surtout un père pour sacrifier. Il est bon qu’il soit aussi terroriste sans pitié faisant éclater ce qu’il aura construit la veille. Combien il faut d’amour pour dire non ! Que de destruction pour arriver à une naissance !

1 :47

 

Coucher

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 22:18

"On peut être tenté d'aimer que le mot "art" puisse donner à des gens le sens de la grandeur qu'ils ignorent en eux"

Malraux

« Je consomme de la culture ».

Quand j’entends cette expression une grande tristesse m’envahit. Mais pas que. Une colère sourde, un agacement lancinant mêlé de stupéfaction et pour tout dire un léger désespoir m’atteint. Le degré d’asservissement qu’une telle phrase implique me laisse bouche bée.

Utiliser ces mots dans une même phrase -consommer et culture- démontre à quel point nous pouvons intérioriser un concept qui nous place finalement au rang de tube digestif. Celui-ci remplit des fonctions essentielles, cela va sans dire, mais il n’est pas vraiment reconnu pour sa conscience ou sa capacité à prendre du recul face aux choses qui lui sont proposées. Il digère. Ou pas.

Se définir comme consommateur c’est accepter l’apathie que ce mot suggère par définition. On pourra rétorquer qu’il y a des consommateurs avertis. Cette expression est, à mon sens, encore plus pernicieuse, un peu comme « développement durable » ou « croissance négative » ou encore « lien social », « discrimination positive » ; des expressions qui auraient pu tenir dans le livre d’Orwell « 1984 » ! des expressions qui inhibent, déconcertent et au final rendent difficile la réflexion, la prise de position, quelle qu’elle soit. Elles désamorcent les conflits potentiels (sans les régler), escamotent les points de vue différents et contradictoires. Ce sont des éléments de langage manipulatoires. En prendre conscience est un pas de plus vers l’autonomie, une plus grande capacité à penser juste.

Il est clair qu’une économie de marché a plus besoin de gens qui consomment que de gens qui réfléchissent. Selon moi, c’est à partir de cette constatation que nous devons poser le problème de la perte de qualité de notre système éducatif. Isoler ce problème de ce que le néo-libéralisme exige et/ou implique est une erreur et pour tout dire un peu fallacieux. Les nombreuses et catastrophiques réformes (aujourd’hui dès qu’on entend ce mot on sait que l’on va perdre quelque chose...) auxquelles nous assistons depuis plusieurs décennies ne sont peut-être que la réponse logique ou la pente naturelle qu’un tel système induit.

Lire un roman, consommer un roman. Écouter de la musique, consommer de la musique. Assister à des expositions, consommer de l’art.

Ces formules suggèrent deux attitudes complètement différentes.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 17:59

Pourquoi cela changerait-il?

Quoi de neuf sur cette île?

Donner, recevoir et rendre

Ce n'est pourtant pas si difficile

À comprendre

---

Chercher à être humble n'a aucun sens. L'humilité provient de la compréhension de l'absurdité de la prétention. C'est à cette seule condition que la modestie peut fleurir. Autrement cette humilité ne sera que de la prétention masquée. Il faut beaucoup de négatif pour parvenir à du positif. On doit faire avec ce qui est plutôt que de chercher à toucher "ce qui devrait être".  

---

"Suivez ceux qui cherchent la vérité et fuyez ceux qui l'ont trouvé". André Gide

La vérité n'a pas de chemin. Elle est mouvante, vivante, insaisissable. Elle ne peut être abordée que par des gens libres. Est libre celui qui ne suit personne, celui qui ne vit pas par une recherche constante de connaissances de seconde main. Rempli de savoir et ignorant, celui-ci cherchera inévitablement à se coller à une image de lui-même qu'il aura échafaudé. Fort de son savoir théorique sur la paix, l'humilité, le partage il cultivera une frustration et un dégoût de lui-même (parce que se comparant continuellement avec un idéal) qui, cercle vicieux, ne le conduira qu'à être encore plus violent, prétentieux et égoïste. 

---

La conversation démocratique? Je veux bien mais... 

Ce que j'observe?

Que c'est un voeux pieux souvent promut par des personnes (susceptibles!) dont la pensée, trop faible, ne supporte pas, ne tolère pas le débat. Ou alors n'acceptent-ils de débattre qu'avec des gens qui pensent comme eux...Ou alors ce sera la rencontre (?) d'opinions qui n'auront aucune influence les unes envers les autres. Des solitudes qui resteront solitaires à tout jamais. À quoi sert le débat si rien ne change dans l'une ou l'autre des parties? Drapés qu'ils sont dans leurs certitudes, ils sont intouchables. Intouchables et médiocres parce que sûrs d'eux.

De toute façon et trop souvent, le silence tient lieu d'argument chez ces gens.

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Pourquoi je pense que Wayne Shorter est un musicien hors norme? Parce qu'il est un des rares à pratiquer le doute dans sa musique. Le doute et la vulnérabilité. Ce qu'il faut de force pour arriver à cela!

Pendant que la plupart affirment haut et fort, lui avance à pas feutrés, hésite, propose délicatement, dépose vertigineusement (imaginez une goutte de rosée et voyez ce qu'il y a de vertigineux dans cette faible chose dans un monde de brutes!) ses doutes à nos pieds. Shorter est capable de clamer, aussi le fait-il toujours avec délicatesse, ce qui n'exclut pas l'énergie! Son histoire n'est pas son histoire mais celle du moment présent. Au lieu de nous éloigner, de nous distraire, il nous rapproche. Wayne Shorter c'est le voyage intérieur collectif. 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 15:57

Le mot « démocratie » nous rassure sur nous-mêmes, collectivement j'entends. Il ronfle à nos oreilles et nous endort, satisfaits, contents après tout de l’image que nous (nous) projetons. Ce mot est un leurre et je suis surpris qu’il satisfasse encore la plupart des intellectuels occidentaux pour décrire nos gouvernements.

1-oligarchie. Système politique dans lequel le pouvoir appartient à un petit nombre d'individus constituant soit l'élite intellectuelle (aristocratie), soit la minorité possédante (ploutocratie), ces deux aspects étant fréquemment confondus.

 

2-ploutocratie. Système dans lequel le pouvoir politique est dévolu aux détenteurs de la richesse.

 

3-démocratie. Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple.

 

(Définitions tirées du Larousse)

À votre avis, quelle(s) définition(s) s’accorde(nt) le plus avec ce que nous vivons ?

Ce n’est pas précisé, mais rien n’indique que la liberté d’expression ou celle de la presse, l’indépendance de la justice, les procédures de délibérations ou encore de votes, d'élections (des éléments qui sont nécessaires à une démocratie) soient exclues des systèmes ploutocratique et oligarchique. Si la démocratie permet, en principe, de changer les dirigeants d’un pays, d’une province, à quelle sorte de changement a-t-on affaire si tous les candidats (droite ou gauche) sont, finalement, pour un système identique à savoir le néo-libéralisme ? Quel sens prennent alors les mots « choix », « liberté », « souveraineté du peuple » ?

Dans toute remise en question, combat, réflexion pertinente sur un sujet, il faut en premier lieu pouvoir nommer clairement ce dont il est question, la nature exacte d’un problème soulevé. La langue française est précise et nous donne les moyens de circonscrire, de définir clairement, et dans ce cas particulier, les différents systèmes de gouvernements à l’intérieur desquels nous évoluons. 

Il me semble que, de nos jours, utiliser le mot « démocratie » dans une réflexion sans faire référence également, pour plus de précision, aux mots « ploutocratie » et/ou « oligarchie » me paraît au mieux relever d’un oublie ou d’une simplification outrancière ou, au pire, de malhonnêteté, d’inconscience ou de lâcheté. Il se peut aussi que ce mot soit simplement utilisé par habitude, ce qui, il faut l'avouer, en dit long sur le degré de vigilance et la précision de la pensée de l'utilisateur!

Un changement sémantique anodin en apparence peut cependant nous faire comprendre la plupart des actions qui sont prises par nos gouvernements. Par exemple, la signature du libre-échange entre le Canada et l'Europe est tout-à-fait logique et raisonnable pour une ploutocratie ou une oligarchie mais difficilement acceptable pour une démocratie.

C’est pourtant ce mot, démocratie, que j’entends, que je lis, que je vois chez nos journalistes, chroniqueurs, penseurs, philosophes, concitoyens qui sert à définir notre société. Ce qui n’est pas faux n’est pas forcément vrai. 

Les changements sont longs opérer. Difficile de remettre en question ce qu’on nous serine depuis la petite enfance – que nous vivons en démocratie -, pas évident de changer ce paradigme, cette conviction, pas toujours facile ou possible de prendre le temps d’expliquer les subtilités de ces trois formes de gouvernements. Il est peut-être question de courage aussi...

Un lent glissement s’opère depuis plusieurs années, un « flou artistique » est maintenu afin que soit malaisé une prise de position limpide, acceptable et acceptée par la majorité. En fait, vous l'aurez compris, à peu près personne ne souhaiterait vivre dans une ploutocratie ou une oligarchie (sauf les quelques "élus"-1% plus ou moins)! Tranquillement on vide de sa substance ce mot - démocratie -, on le garde tout en s’en éloignant. Voyez comment il est difficile de lutter contre cette « démocratie » puisque celle-ci est garante, en principe, de nos libertés ! Il est donc impératif de garder ce mot tellement rassurant! 

Notre sécurité psychologique passe souvent avant le réel. 

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 17:53

La philosophie c'est la confession d'un corps 

Nietzsche

La philosophie c'est en premier lieu quelque chose qu'on vit, pas qu'on pense.

Le hasard m’a fait naître ici plutôt que là, à ce moment plutôt qu’à un autre, avec mes capacités intellectuelles et physiques limitées, ma compréhension approximative du monde, ce sentiment récurent d’insuffisance et d’impuissance face aux souffrances ; et cette colère qui n’en finit pas d’être nourrie quotidiennement par la foudroyante ténacité de la bêtise, de la complaisance, de la suffisance, de la violence, de l’aveuglement, de l’étroitesse de vue, du manque de hauteur, de largeur, de profondeur de beaucoup d’esprits, sans compter sur le très désagréable sentiment de faire parfois partie du problème!

Je sens comme un étau qui se resserre, un feu qui se meurt faute d’oxygène, une épée, que dis-je ! une chape pointue et effilée (!) de Damoclès, un nuage sombre qu’aucun vent ne vient emporter, et que parfois, peut-être, de légers souffles viennent s’y briser, se perdre dans la tourmente, souvent anonymes, inutiles et pourtant indispensables.

Tout ceci je le sens au plus profond de moi, je l’observe, je le vois, le constate. Je constate l’ennuie sublime que me procure les gens sérieux, dans le très mauvais sens du terme, les gens sérieux, affairés, tendus, « concentrés », qui s’inventent des problèmes de riches, des pensées de gens se croyant immortels, des actions et des postures d’ignorants parce qu’agissant en oubliant ou feignant d’ignorer qu’il leurs reste, de toute façon, que peu de temps à vivre. En regard de l’univers, nous sommes des éphémères.

Alors on s’invente des convictions, de fausses solutions, on crie, on s’insulte, on aboie, on se désole, on s’apitoie, on s’indigne du comportement des autres. Toujours. La lâcheté prend des formes d’héroïsme, le calcul celui d’intelligence, la cupidité sous prétexte de sécurité nationale, la guerre comme moyen de parvenir à la liberté, la démocratie cheval de Troie de bien des turpitudes. Et les droits de l’homme.

Et pourtant...

Tout cela s’efface devant des choses insignifiantes - en apparence - pour m’éblouir du fait d’être vivant. Sourire, geste, attention, regard. Un mot, une rencontre. Beauté et stupéfiante intelligence de la nature, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Nous côtoyons cet infini quotidiennement et y sommes bizarrement et extraordinairement indifférents. 

La vie n’a pas de sens en soi. La logique horizontale humaine, cause et effet, ne peut qu’aborder ce tout que par morceaux, par petits bouts. Même en étudiant les pièces d’un casse-tête de très près, une à une, il nous sera pratiquement impossible de l’assembler si nous n’avons pas au préalable une représentation globale de l’image que nous tentons de reconstituer. 

Voilà le monde dans lequel je vis. Un monde où beaucoup de gens se passionnent pour les morceaux d’un casse-tête sans savoir exactement à quoi ils peuvent bien correspondre.

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 04:31

Identitaire? Inclusif?

Pourquoi diable choisir si frêles esquifs!

Se voir en négatif? En positif?

Que voilà deux visions, deux pôles bien chétifs!

Inclusif? Identitaire?

Que ceux qui gueulent apprennent à mieux se taire

Croyant faire d'un peuple, autoritaire

Une plèbe qu'ils imaginent réfractaire

Au monde, à l'autre, à la terre entière

Aimer l'autre.

Sur papier, beau projet!

Encore faut-il savoir de quoi il est fait

Ce bon apôtre

Aimer?

Est-ce se perdre dans son prochain?

S'ignorer afin qu'on nous tende la main?

Si j'ai tout perdu mon frère, mon voisin

Si ma culture, ma langue, si mon esprit

Si tout cela est devenu un beau gâchis

Sans aucun atour, sans aucun contour

À quoi s'éveillera-t-il

Ce bel amour?

---

Inclusifs, identitaires

Des mots pour taire

Des mots pour trahir

Des mots pour punir

Des mots pour se faire

Des mots pour se croire

Des mots pour traire

Les pis de nos esprits

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 06:40

"Le moi,

cette activité séparatrice et centrée sur soi

qui espère devenir un jour ce qu'elle n'est pas"

J. Krishnamurti

Une ville, des habitants

Des femmes, des enfants

Nourrir un rêve

Espérer une trève

Le temps d'un jeu

Le temps d'un peu

De temps pourtant

Rien ne s'arrête

À Alep

Les immeubles défigurés

La misère, l'horreur

La souffrance, la peur

Le bruit, la poussière

Les morts, les blessés

Les vieux et les vieilles

Les jeunes c'est pareil

Désespérés, mortifiés

Barbelés de silence

Bercés d'indifférence

Cimetière sans fleurs

Que la guerre a oublié d'oublier

Alep se meurt

Alep qu'on enterre

Jeu pervers

À Tombeau ouvert

Sauf erreur

Alep qu'on enterre

À ciel ouvert

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:52

23:40

Autour d'eux il n'y a que brume

Des épaisses profondeurs nocturnes

Des nuées de bruine

Collent à leur peau saline

23:51

Sur le baromètre le capitaine lisait

Du gros temps s'annonçait

1:33

Leurs mains poisseuses s'agrippent au vent

Les vagues agitent et s'ajoutent à leurs tourments

2:05

On ne prie pas, loin de là

Mais on peut lire dans les yeux

Qu'ils sont conscients

Depuis le matin

Qu'il faudra être patient

Qu'il faudra être marin

Que quelque chose de plus grand qu'eux

Se prépare là-haut, au-dessus des mâts

Dans les cieux

2:47

Tous silencieux sous les hurlements du vent

Silencieux et affairés malgré les gifles d'écume

Le navire gîtant, se cabrant

Au milieu des montagnes et des dunes

Sculptées au gré du souffle magistral

Dans cette nuit qu'ils savent fatale

3:15

Le trois-mats, les âmes craquent

La tempête, l'ouragan

L'eau les embarquent

Ou peut-être Dieu l'immanent?

6:48

Le soleil se lève sur une mer apaisée

Doucement elle ondule

Presqu'immobile, désertique.

Des oiseaux planent là-haut

Blancs sur bleu, erratiques.

Sans restes

Quelques nuages à l'Ouest

Emportent la nuit

Avec eux

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