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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 17:49

Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie.

J. Prévert

Comme la rose

Sa prose

Avait des épines

Piquant parfois

L'amour propre

De ceux qui en croquent

Les mains sales

Laissant pantois

Mettant à mal

Au galop

Les riches cloportes

Les curés un peu trop

Philanthropes 

La férocité

Sourire aux lèvres

Le bon point

Sourire en coin

Poing levé

Qu'il est bon!

Comme l'orfèvre

De manier

Le verbe qui claque

Le fouet qui oint

La poésie qui frappe

Avec précision

Attaché à son pays

À sa langue et son esprit

À la fraternité

À l'égalité

En particulier

Aux peuples, aux ouvriers

Aux mal-aimés, aux délaissés

Aux perdants oubliés

Aux sans-dents

Du président

Aux petits

À ces ceux sortis

Du nid

Un cher Prévert

À notre époque

S'il s'en moque!

Sans aucun doute

Un peu pervers

Sans vergogne dans cette joute

Par un quelconque journaliste

Se ferait traiter

À n'en pas douter

De populiste?

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 02:25

On peut dire de Voltaire qu'il est anti-esclavagiste comme on peut sans doute affirmer que Trump est démocrate. Ces deux affirmations sont véridiques. Hélas, quand nous avons dit cela nous n'avons pas dit grand chose. On pourrait tout aussi bien qualifier Trump d'anti-esclavagiste (jusqu'à preuve du contraire...) et Voltaire de démocrate, même si ce dernier avait, c'est le moins qu'on puisse dire, une conception, disons jacobine ou si vous voulez bourgeoise de la démocratie.  

On connait assez peu sa philosophie sociale et politique. Voltaire écrit dans son Essai sur les Moeurs et l'Esprit des Nations cette chose accablante: "un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourrit par lui et le gouverne". Une vision d'une société légèrement élitiste vous en conviendrez. La constituante, où l'ombre de Voltaire planait sans aucun doute, stipulait, proposition faite par l'abbé Sieyès, que les citoyens se partageraient en deux catégories: les passifs et les actifs. Vous avez deviné que les passifs-les pauvres, ceux qui ne pouvaient payer d'impôts - n'avaient pas le droit de vote et que les actifs - les riches - avaient droit de vote. "Démocratie représentative"? Représentative de qui? On peut penser, sans être cynique, que cette conception de la démocratie a du traverser la tête de quelques dirigeants lors du Brexit ou encore lors du référendum de 2005 en France où le peuple a rejeté en masse l'idée d'une constitution pour l'Europe...et qui se l'ai fait imposé quelques années plus tard!

Henri Guillemin reprenant les mots de Robespierre, nous donne un résumé de la philosophie sociale de Voltaire: "Une philosophie pratique réduisant l'égoïsme en système, qui considère la société comme une guerre de ruses, le succès comme la règle du juste et de l'injuste, le monde comme le patrimoine des fripons". Un résumé légitime selon Guillemin.

N'est-ce pas là une philosophie que nous ne connaissons que trop bien? J'allais écrire "trumpienne"! Et pas que!

Je pourrais écrire les "bons coups" de Voltaire mais ceux-là nous les connaissons très bien: ses combats pour la liberté d'expression (quoique ses déboires avec Rousseau, ses filouteries à son encontre et bien d'autres choses pourraient nous faire douter de sa totale honnêteté dans ce domaine-voir la video de Guillemin à ce sujet), son anti-christianisme, son anti-esclavagisme notoire (?) même s'il écrit dans son Essais sur les Moeurs et l'Esprit des Nations (Tome 8, page 187) : « Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur. Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir. ».

 

Contradictions? Homme d'affaire avisé? Sans doute un peu des deux.

Diaboliser ou sanctifier revient au même: nous nous éloignons de la vérité. Comme le dit si bien René Pomeau, grand spécialiste de Voltaire, dans son livre (en cinq volumes!) "Voltaire et son Temps", "Rien de plus facile que d'accabler Voltaire en dissimulant ce qui gêne". Et les choses qui gênent chez Voltaire sont pléthores. 

 

Il suffit juste de s'y intéresser un peu. Un tout petit peu.

On pourra lire une biographie "positive" de Voltaire, ou scolaire, malgré tout riche et intéressante, écrite par Jean Orieux aux Éditions Flammarion.

Pas le temps de lire? Quelques liens pour en savoir plus et mieux.

https://youtu.be/21wbMNUzHzw

https://youtu.be/WWx_svVlI9o

https://youtu.be/sicSOROTNEc

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 20:28

"Quelque mal que puissent faire les méchants, le mal que font les gens de bien est le pire des maux"

Tiré de "Ainsi Parlait Zarathoustra" de Nietzsche 

 

 

Un regard sur l'histoire, sur ceux qui ont vécu en d'autres temps, de notre position où, parait-il, nous serions ce point culminant d'une suite de progrès au cours des âges, âges bien sombres, sentant le souffre, pestilentiels pour nos narines si pures et sensibles, insupportables âges où le mal coexistait avec le bien, où tout n'était pas passé par le filtre des droits de l'homme, justifiant en son nom, ceci dit en passant, bon nombre d'injustices et d'horreurs sous le couvert d'interventions humanitaires. Ce regard d'aujourd'hui, supposé infaillible et irréprochable, hystérique mais dégagé de toute infamie (?), sur celui d'hier me parait bien délicat.

Ainsi armé, au nom du Bien, sans vergogne, la tête haute, on juge et condamne tout ce qui n'entre pas dans le nouveau catéchisme néo-moraliste de notre temps. C'est avec férocité que la "moraline" est injecté à l'instar de ces oies qu'on gave pour donner le foie gras, sauf qu'ici, on vise à se parer d'une bonne conscience, à se dire combien ces temps obscurs ne reviendront plus, que nous sommes enfin sortis de l'histoire et de ses turpitudes. Nous sommes propres, lavés, plus blancs que blancs, "brainwashés"?, donc aptes à poser notre regard et surtout notre jugement qui disqualifie en tout ou en partie bon nombre de penseurs, de philosophes, de musiciens, d'écrivains, en les résumant à leur part d'ombre.  

Voltaire? Furtwängler? Celine? Beethoven? Heidegger? Diderot? Rousseau? (ce ne sont que quelques exemples...) Machos, anti-sémites, anti-féministes, esclavagistes, fascistes, racistes...Ils ont tous fait ou écrit et probablement pensé ces choses qui, aujourd'hui, seraient passibles de mise à l'index, de poursuites judiciaires, de prison. Et alors? Faudra-t-il refaire le procès de tous ces gens? et les milliers d'autres? En quel honneur? de quel droit? Sommes-nous à ce point imbus de nous-mêmes? Narcissiques! Notre époque voudrait-elle régler son compte au passé? L'effacer ou à tout le moins le rendre lisible, présentable, sans anfractuosités, plat, droit, blanc, lessivé!

"L"exigence de Bien sans compromis, sans compromissions, sans arrangements, entraîne que le Mal qu'on prétend expulser vient illico loger dans le Bien expulseur, où il devient irrepérable puisqu'il se met alors à parler dans le langage et avec la voix de ce qu'il squatte. Et c'est ainsi que le mensonge et la haine se mettent à exiger la justice et l'amour, et apportent une énergie féroce à les faire triompher le plus férocement possible. Cela se vérifie tous les jours, et dans les domaines les plus variés." P. Muray

 

 

Le problème, à mon sens, porte sur la férocité avec laquelle les "gens de Bien" avancent. Leur jugement et leur prétention à revoir (et refaire parfois) l'histoire avec leurs yeux d'hommes et de femmes d'aujourd'hui n'a aucun sens. On peu certes observer les contradictions qui existent chez tous les êtres humains, on peut s'en indigner ou s'en réjouir, c'est selon, mais une chose insupportable à mes yeux, c'est cette incroyable bigoterie, cette complaisance teinté d'arrogance dissimulée et pour tout dire cette tartuferie qui semble animer ces grenouilles de bénitiers de la bien-pensance.

Chesterton disait que dans les moments de grand trouble, il n'y a pas que les vices qui se libèrent, vont à l'aventure et font des ravages : "Les vertus sont aussi libérés et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore."

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 03:25

Alors

La mort

Tu veux qu'on se tutoie?

La mort, la mort...

On en fait tout un plat

Alors que moi

Je la vois

Rire aux éclats!

---

Parfois...

 

Ô comme ils sont fatigants

Ces intrigants

Tous ces savants

Ennuyants barbants

Qui vous expliquent le monde

Le pourquoi et le comment

Pourquoi Trump est immonde

Comment sauver la planète

Pourquoi il faut que ça s'arrête 

Avant que tout ne pète

Que la pollution c'est pas bon

Qu'il fallait être Charlie

Quand on te l'a dit

Le temps d'un instant 

Juste au bon moment

Parce que ca fait bien

Honnête citoyen

Éco-responsable

Consommateur averti

La tête dans le sable

Pour le développement durable

Parce que c'est profitable

Et c'est pas n'importe qui

C'est le gouvernement

Qui le dit

Ils psittacisent

Des idées molles

De drôles d'idées

Des idées assises

Qu'on leurs a soufflé 

À l'école

Ces éternels touristes

Handicapés du sentir

Toujours en piste

Cultivés et ivres

De livres

Ne savent plus regarder

Une étoile se lever

Un nuage passer

Ne savent plus compter

Le temps des saisons

Celui des moissons

Des semences et du don

Ne savent plus goûter

La terre sous leurs pieds

Humer 

Le vin tiré 

Ecouter

Ils traversent la vie

En zombies 

Pratiquent le yoga

Le stretching et la méditation

Le jogging et la génuflexion 

Et toutes ces choses-là 

Qui sont si bonnes

Pour leur personne

Ils sont déplaisants et dérisoires

Méprisants et rasoirs

Tellement loin porte leur regard

Que s'il pouvait faire le tour de la terre

Ils ne verraient encore et toujours que leur derrière

---

Le silence est un mensonge

Dans bien des cas

Quand on y songe

Le silence est un mensonge

Bien délicat

---

Oui mais...

 

Vingt six mille cent soixante et onze bombes

Vingt six mille cent soixante et onze tombes

Que ce si cher et acclamé 

Barak!

En une année

Aura creusé 

La claque!

Alléluia!

Trois bombes par heure

Obama!

Pacificateur

Prix Nobel de la paix

Alors qu'il n'avait pas encore

Largué ce si cher trésor 

Lui qui n'avait encore

Rien fait

Before

À la plume d'or

Sur ses arrêts de mort

Avec élégance 

Signa

Vingt six mille cent soixante et onze fois

Avec éloquence

Annonça

Avec prestance

lança   

Dans un silence béat

Sous le charme

Aidé de médias 

Foules aphones

Armes

Missiles et drones

Jeune et beau

Grand et noir de peu

Et de peau

Tellement d'espoir!

Faisons un aveu

On s'est fait avoir

Ou on a fait semblant

Pauvres manants

D'y croire

Faites vous une raison

Les décideurs

Sont ailleurs

Ils ne sont pas

De la Blanche Maison

Tout au plus

En mission

Invités d'horreur

En toute convivialité 

Pour un repas

Le temps de passer

En toute amitié

Un contrat

Ils sont

Non élus

Ces faux-culs 

Tireurs de ficelles

Vendeurs de canons

De pilules et de chansons

Et font

À tire d'aile

Dans la déraison

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 03:11

Si j'étais philosophe

J'irais voir du côté des manouches

Des tziganes et des Touaregs

J'irais entendre les Yanomanis du Brésil

J'écouterais les indiens d'Amérique

J'irais en Afrique

Les Pygmées, les Bandjouns

Les Abourés de la Côte d'Ivoire

Si j'étais philosophe

J'irais voir du côté de l'Orient aussi

Je m'intéresserais au Bulang et au Drung du Yunnan

Aux Aïnous du Japon

J'interrogerais les Aborigènes d'Australie

Si j'étais philosophe

Je serais philosophe avec la philosophie

Je commencerais, si j'étais philosophe 

Avec les peuples qui n'ont pas d'histoire

Pas d'écriture, pas de possession

Pas de temple ou de religion

Je commencerais avec le plus loin

De ce que je pense que je pense

Sachant que tout cela n'aurait pas de fin

 

Si j'étais philosophe je m'interdirais de penser ce que je n'aurais pas vécu.

 

Si j'étais philosophe je serais anthropologue de la non-pensée.

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 16:26

Envers et contre tous

Définition 1: "dans la direction de" (10ème siècle)

Définition 2: "Faire quelque chose malgré les conseils opposés des personnes qui nous entourent" (16ème siècle)

17ème centurie

Probablement

L'apogée de l'Occident

Du fond de leur abîme

ou selon, de leur cîme

Molière, Corneille et Racine

La Fontaine, Mozart, Bach

Sans oublier Descartes

Par la peau des dents

Échappés de la furie

De leurs vénérables descendants

Entre sens et parements

Amantes et amants

Enlacés

Libres

Juste équilibre

Entre le "dire" et le "penser"

Le génie

Du naturel et du construit

 

En ces temps d'éreintes

Vaut mieux être un Philinte

Qu'un bruyant Alceste

Sans demander son reste

Suivre son chemin d'airain

Voie faite d'indifférence

Et d'espoirs non feints

Sans fins, sans freins

Sans fin

---

Cet amour de portée (musicale)

Sur un air de discorde (banal)

Entendu

Une note ratée

Au bout d'une corde

S'est pendu

---

D'une mélodie ardue

Une note s'est perdu

Solitaire

Elle cherche en vain

Salutaire

Un air contemporain

---

La puérilité

Nue

S'empare du virtuose

Tellement!

Qu'il n'ose

Plus

Jouer la vérité

---

Il est de ces amours envahissants

Dont il vaut mieux rester distant

Se méfier

Petits jouets

Que ces amours étouffaient

Qui vous font tant 

À tout jamais

Enfant

Parfois

Chez certaines gens

Il est évident

Et je suis courtois

Que pour elles

L'amour est mur

Voile et chape

Au-delà desquels

Personne ne murmure

D'où rien ne s'échappe

Chose indiscutable

D'apparence irréprochable

Forteresse de bons sentiments

Dégoulinant de tendresse

Amour répugnant

Suintant la faiblesse

Forme de pouvoir

Éternel

Maternel

Le mal nommé amour

Est un bien mauvais détour

Des mains de gens d'avoir

De ceux masqués d'atours

De ces hypocrites

Qui profitent

De cette innocence

Que rien n'offense

L'enfance

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 16:07

On ne crée qu’à partir de rien, on invente à partir de tout.

6 :30

 

Je m’éveille. De mon lit j’observe le jeu de lumière dans le feuillage des arbres. Des ombres sans contour dansent sur le mur de ma chambre. Il pleut. Les fenêtres donnent plein sud. Je couche sur le papier quelques idées. Je me relis et m’endort. Fascinantes ces idées...

10 :00

 

Un flash. Je me réveille en sursaut. J’ai fait un rêve formidable. Aucun souvenir. Je cours une dizaine de kilomètres, fais un tour de vélo (une vingtaine de kilomètres).

10 :03

 

Je m’éveille à nouveau et me lève. En pleine forme. Sous la douche une mélodie prend forme dans ma tête et se déploie gracieusement. Trop de shampoing, la mousse tombe à mes pieds. Le bain devient glissant et dangereux.

10 :29

 

Jus de pamplemousse fraichement pressé, pain 3 farines (blanche, blé complet et sarrasin) fabriqué par mes soins, avocat nature, saumon fumé. Un délice ! Ai oublié la mélodie.

11 :03

 

Il est là, imposant au milieu de la pièce, séduisant et encombrant tout à la fois. Quelque chose d’humain chez lui. Un peu de piano. Faudra que je fasse un peu de technique au saxophone. 2 accords que j’aime bien. Je note.

15 :48

 

Arrête mes lectures. 4 bouquins trônent sur la table du salon : philo, sociologie, science (vulgarisé) et une biographie. Je lis trop. Ça m’empêche de réfléchir. On pourrait passer une vie à lire ! J’imagine un musicien qui passerait le plus clair de son temps à écouter de la musique. Pas de sens. Autant se promener, faire son jardin, nettoyer la maison. Ou ne rien faire. Tout est dans la façon. Faire de façon extraordinaire des choses ordinaires plutôt que faire des choses extraordinaires de façon ordinaire...Se promener...Faudrait que je fasse un peu de saxo.

17 :27

 

De retour de ma promenade. Petite fringale. Olives, tartinade de tofu, verre de vin.

18 :04

 

Un peu de saxo, le temps de sentir que les doigts prennent leur place naturellement, les notes coulent avec fluidité. Depuis quelques mois le son a gagné en substance sans aucune raison apparente. J’observe avec mes oreilles. J’évite de travailler sur des concepts. Trop restrictive cette approche. Trop de méthode rend le jeu mécanique, prévisible. Je tente de travailler à la façon d’un peintre. Je peins et je jette. Je joue et j’oublie. La mélodie de ce matin ou sa sœur réapparait au détour d’un trait. Cette fois je note et monte au studio. Nouvelle composition. J’espère qu’elle tiendra le coup. Demain ou la semaine prochaine elle prendra peut-être le chemin de la poubelle ou alors ce tiroir qui déborde de bonnes idées qui ne servent à rien. Un jour peut-être...

20 :39

 

Je visionne le film « Dans la maison » avec Fabrice Luchini. On ne fait pas de bonne littérature avec de bonnes intentions paraît-il. Avec quoi devrions-nous faire de la bonne musique alors ?

22 :26

 

Retour au studio. Intègre les deux accords trouvés ce matin à ma nouvelle compo. Je sème. Nouveau visage, amputation, élagage, chirurgie, plâtrage, amincissement, bouturage, coupure, greffe, labourage...opération à thème ouvert. Un musicien est aussi un chirurgien, un jardinier, un paysan. Sa terre ce sont les sons. Une mère pour aimer mais surtout un père pour sacrifier. Il est bon qu’il soit aussi terroriste sans pitié faisant éclater ce qu’il aura construit la veille. Combien il faut d’amour pour dire non ! Que de destruction pour arriver à une naissance !

1 :47

 

Coucher

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 22:18

"On peut être tenté d'aimer que le mot "art" puisse donner à des gens le sens de la grandeur qu'ils ignorent en eux"

Malraux

« Je consomme de la culture ».

Quand j’entends cette expression une grande tristesse m’envahit. Mais pas que. Une colère sourde, un agacement lancinant mêlé de stupéfaction et pour tout dire un léger désespoir m’atteint. Le degré d’asservissement qu’une telle phrase implique me laisse bouche bée.

Utiliser ces mots dans une même phrase -consommer et culture- démontre à quel point nous pouvons intérioriser un concept qui nous place finalement au rang de tube digestif. Celui-ci remplit des fonctions essentielles, cela va sans dire, mais il n’est pas vraiment reconnu pour sa conscience ou sa capacité à prendre du recul face aux choses qui lui sont proposées. Il digère. Ou pas.

Se définir comme consommateur c’est accepter l’apathie que ce mot suggère par définition. On pourra rétorquer qu’il y a des consommateurs avertis. Cette expression est, à mon sens, encore plus pernicieuse, un peu comme « développement durable » ou « croissance négative » ou encore « lien social », « discrimination positive » ; des expressions qui auraient pu tenir dans le livre d’Orwell « 1984 » ! des expressions qui inhibent, déconcertent et au final rendent difficile la réflexion, la prise de position, quelle qu’elle soit. Elles désamorcent les conflits potentiels (sans les régler), escamotent les points de vue différents et contradictoires. Ce sont des éléments de langage manipulatoires. En prendre conscience est un pas de plus vers l’autonomie, une plus grande capacité à penser juste.

Il est clair qu’une économie de marché a plus besoin de gens qui consomment que de gens qui réfléchissent. Selon moi, c’est à partir de cette constatation que nous devons poser le problème de la perte de qualité de notre système éducatif. Isoler ce problème de ce que le néo-libéralisme exige et/ou implique est une erreur et pour tout dire un peu fallacieux. Les nombreuses et catastrophiques réformes (aujourd’hui dès qu’on entend ce mot on sait que l’on va perdre quelque chose...) auxquelles nous assistons depuis plusieurs décennies ne sont peut-être que la réponse logique ou la pente naturelle qu’un tel système induit.

Lire un roman, consommer un roman. Écouter de la musique, consommer de la musique. Assister à des expositions, consommer de l’art.

Ces formules suggèrent deux attitudes complètement différentes.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 17:59

Pourquoi cela changerait-il?

Quoi de neuf sur cette île?

Donner, recevoir et rendre

Ce n'est pourtant pas si difficile

À comprendre

---

Chercher à être humble n'a aucun sens. L'humilité provient de la compréhension de l'absurdité de la prétention. C'est à cette seule condition que la modestie peut fleurir. Autrement cette humilité ne sera que de la prétention masquée. Il faut beaucoup de négatif pour parvenir à du positif. On doit faire avec ce qui est plutôt que de chercher à toucher "ce qui devrait être".  

---

"Suivez ceux qui cherchent la vérité et fuyez ceux qui l'ont trouvé". André Gide

La vérité n'a pas de chemin. Elle est mouvante, vivante, insaisissable. Elle ne peut être abordée que par des gens libres. Est libre celui qui ne suit personne, celui qui ne vit pas par une recherche constante de connaissances de seconde main. Rempli de savoir et ignorant, celui-ci cherchera inévitablement à se coller à une image de lui-même qu'il aura échafaudé. Fort de son savoir théorique sur la paix, l'humilité, le partage il cultivera une frustration et un dégoût de lui-même (parce que se comparant continuellement avec un idéal) qui, cercle vicieux, ne le conduira qu'à être encore plus violent, prétentieux et égoïste. 

---

La conversation démocratique? Je veux bien mais... 

Ce que j'observe?

Que c'est un voeux pieux souvent promut par des personnes (susceptibles!) dont la pensée, trop faible, ne supporte pas, ne tolère pas le débat. Ou alors n'acceptent-ils de débattre qu'avec des gens qui pensent comme eux...Ou alors ce sera la rencontre (?) d'opinions qui n'auront aucune influence les unes envers les autres. Des solitudes qui resteront solitaires à tout jamais. À quoi sert le débat si rien ne change dans l'une ou l'autre des parties? Drapés qu'ils sont dans leurs certitudes, ils sont intouchables. Intouchables et médiocres parce que sûrs d'eux.

De toute façon et trop souvent, le silence tient lieu d'argument chez ces gens.

---

Pourquoi je pense que Wayne Shorter est un musicien hors norme? Parce qu'il est un des rares à pratiquer le doute dans sa musique. Le doute et la vulnérabilité. Ce qu'il faut de force pour arriver à cela!

Pendant que la plupart affirment haut et fort, lui avance à pas feutrés, hésite, propose délicatement, dépose vertigineusement (imaginez une goutte de rosée et voyez ce qu'il y a de vertigineux dans cette faible chose dans un monde de brutes!) ses doutes à nos pieds. Shorter est capable de clamer, aussi le fait-il toujours avec délicatesse, ce qui n'exclut pas l'énergie! Son histoire n'est pas son histoire mais celle du moment présent. Au lieu de nous éloigner, de nous distraire, il nous rapproche. Wayne Shorter c'est le voyage intérieur collectif. 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 15:57

Le mot « démocratie » nous rassure sur nous-mêmes, collectivement j'entends. Il ronfle à nos oreilles et nous endort, satisfaits, contents après tout de l’image que nous (nous) projetons. Ce mot est un leurre et je suis surpris qu’il satisfasse encore la plupart des intellectuels occidentaux pour décrire nos gouvernements.

1-oligarchie. Système politique dans lequel le pouvoir appartient à un petit nombre d'individus constituant soit l'élite intellectuelle (aristocratie), soit la minorité possédante (ploutocratie), ces deux aspects étant fréquemment confondus.

 

2-ploutocratie. Système dans lequel le pouvoir politique est dévolu aux détenteurs de la richesse.

 

3-démocratie. Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple.

 

(Définitions tirées du Larousse)

À votre avis, quelle(s) définition(s) s’accorde(nt) le plus avec ce que nous vivons ?

Ce n’est pas précisé, mais rien n’indique que la liberté d’expression ou celle de la presse, l’indépendance de la justice, les procédures de délibérations ou encore de votes, d'élections (des éléments qui sont nécessaires à une démocratie) soient exclues des systèmes ploutocratique et oligarchique. Si la démocratie permet, en principe, de changer les dirigeants d’un pays, d’une province, à quelle sorte de changement a-t-on affaire si tous les candidats (droite ou gauche) sont, finalement, pour un système identique à savoir le néo-libéralisme ? Quel sens prennent alors les mots « choix », « liberté », « souveraineté du peuple » ?

Dans toute remise en question, combat, réflexion pertinente sur un sujet, il faut en premier lieu pouvoir nommer clairement ce dont il est question, la nature exacte d’un problème soulevé. La langue française est précise et nous donne les moyens de circonscrire, de définir clairement, et dans ce cas particulier, les différents systèmes de gouvernements à l’intérieur desquels nous évoluons. 

Il me semble que, de nos jours, utiliser le mot « démocratie » dans une réflexion sans faire référence également, pour plus de précision, aux mots « ploutocratie » et/ou « oligarchie » me paraît au mieux relever d’un oublie ou d’une simplification outrancière ou, au pire, de malhonnêteté, d’inconscience ou de lâcheté. Il se peut aussi que ce mot soit simplement utilisé par habitude, ce qui, il faut l'avouer, en dit long sur le degré de vigilance et la précision de la pensée de l'utilisateur!

Un changement sémantique anodin en apparence peut cependant nous faire comprendre la plupart des actions qui sont prises par nos gouvernements. Par exemple, la signature du libre-échange entre le Canada et l'Europe est tout-à-fait logique et raisonnable pour une ploutocratie ou une oligarchie mais difficilement acceptable pour une démocratie.

C’est pourtant ce mot, démocratie, que j’entends, que je lis, que je vois chez nos journalistes, chroniqueurs, penseurs, philosophes, concitoyens qui sert à définir notre société. Ce qui n’est pas faux n’est pas forcément vrai. 

Les changements sont longs opérer. Difficile de remettre en question ce qu’on nous serine depuis la petite enfance – que nous vivons en démocratie -, pas évident de changer ce paradigme, cette conviction, pas toujours facile ou possible de prendre le temps d’expliquer les subtilités de ces trois formes de gouvernements. Il est peut-être question de courage aussi...

Un lent glissement s’opère depuis plusieurs années, un « flou artistique » est maintenu afin que soit malaisé une prise de position limpide, acceptable et acceptée par la majorité. En fait, vous l'aurez compris, à peu près personne ne souhaiterait vivre dans une ploutocratie ou une oligarchie (sauf les quelques "élus"-1% plus ou moins)! Tranquillement on vide de sa substance ce mot - démocratie -, on le garde tout en s’en éloignant. Voyez comment il est difficile de lutter contre cette « démocratie » puisque celle-ci est garante, en principe, de nos libertés ! Il est donc impératif de garder ce mot tellement rassurant! 

Notre sécurité psychologique passe souvent avant le réel. 

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