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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 06:22

La politique ...les actions prévues ou mises en oeuvre par une institution, une organisation, un parti, un Etat, une entreprise, un individu...(définition partielle)

Je ne joue plus, je ne joue pas

 

Je ne vote plus, je préfère faire de la politique.

 

Cela  vous semble étrange? Vous êtes dubitatifs? Ne pas voter est irresponsable? Combien de fois ai-je entendu cette affirmation! Pourquoi jouerais-je un jeu dont les règles sont décidées par ceux qui détiennent un pouvoir que ce jeu leur procure (et qui se proposent de gagner à tous les coups!) et dont ils mésusent?  

 

C'est peut-être que vous avez assimilé, intériorisé cette idée que le summum de l'engagement politique et/ou démocratique ne s'exerce qu'à date prédéterminée - au Québec à tous les quatre ans -;  qu'on a intérêt à vous faire croire que l'action politique, son point culminant, son apogée serait dans le fait de se rendre régulièrement et bien sagement aux urnes afin d'élire un représentant (qui ne vous représente que dans une très faible mesure voire pas du tout), le reste du temps vous contentant de bosser, de consommer, de passer du temps devant un écran, de vous distraire afin d'oublier votre frustration pour tout le temps perdu à un travail inutile, morcelé, débilitant, sans lien avec vos aspirations profondes. Vous trouvez que j'exagère? Le temps moyen journalier devant un écran est de...plus de 6 heures! iPad, téléphone cellulaire, ordinateur, télévision, cinéma. Passifs, on vous veut passifs.

 

Oui chef! 

 

On attend l'homme ou la femme providentiel, le parent, le chef, le député, le président ou premier ministre qui vous dira quoi faire, quand le faire et comment le faire. Ceux-là affirment avoir des solutions à vos problèmes, que tout ira mieux une fois qu'ils seront au pouvoir...et ça fait des décennies que ça dure! 

 

Maintenant que je connais les règles du jeu, je choisis d'en sortir, de ne pas participer. J'ai passé l'âge de croire au changement collectif (peut-être qu'à une autre époque cela aurait été différent). Je choisis d'être responsable à mon niveau. Je parle, j'écris et surtout je pratique mon métier de musicien.

 

La musique comme moyen d'action 

 

La musique est un choix politique, c'est ainsi que je la conçoit maintenant. Apporter ma petite pierre, donner du temps de qualité, permettre au public de concevoir une réalité autre que celle qu'on leur impose chaque jour à la télévision, à la radio, dans les journaux, dans la publicité, dans les médias sociaux. Sortir du tous contre tous, de l'opinion vide, celle qui n'est qu'une volonté de s'affirmer, de se mettre en avant, d'imposer une vision basée sur du rien, juste pour le plaisir de "s'exprimer".

 

Ce que tu penses m'intéresse beaucoup moins que ce que tu fais. 

 

Monter sur une scène non pas pour montrer ce que "je" peux faire mais ce que "nous" pouvons faire, réellement, lorsque nos forces, notre écoute, notre joie de créer, de construire, d'échafauder sont mis à contribution. La formidable énergie que donne quelques personnes acceptant de partager un but, un même élan laisse rêver s'il s'agissait de milliers ou de millions de gens. Les musiciens ne jouent pas l'un contre l'autre! Il arrive certainement que nous ayons des divergences musicales mais le présent nous rattrape et nous oblige à faire œuvre d'humilité, de passer par-dessus nos "certitudes" et de contribuer ainsi à façonner la matière sonore sur le moment. Cela exige une grande souplesse, une ouverture et un sens du commun. De la politique en action, à mille lieux de la politique politicienne.

 

En politique, telle que pratiquée aujourd'hui, une telle attitude serait suicidaire. Tous contre tous, PAR PRINCIPE! L'autre a toujours tort parce qu'il est l'autre. Le bien commun passe en second, bien après les partis. Ce n'est pas une base saine pour construire quoi que ce soit.

 

Une autre conception du temps et du travail

 

Installer nos actions à la hauteur de nos idées. Faire dans le prolongement de celles-ci. Pas de hiatus, de dichotomie, de séparation. Vendredi n'est pas le dernier jour de la semaine où, enfin, on pourra s'accorder quelques heures pour être soi. Non. Vendredi c'est dimanche, lundi c'est samedi, mardi c'est jeudi, mercredi peut-être mercredi ou un autre jour. Hier c'est trop tard, demain aussi!

 

En attendant, je ne vote pas.

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 20:10

Rapport d'assemblée

 

Lors d'une importante réunion

Nous avions décidé

D'éradiquer la pauvreté

Après réflexion

Et beaucoup de tergiversations 

Nous changeâmes d'opinion

Valait mieux "s'en occuper"

 

À son crochet

Trop d'organisations en dépendaient

Trop de fondations en vivaient

Par cette idée audacieuse

Trait de génie

Un brin vicieuse

Nous-mêmes surpris

En sommes venus à cette conclusion

Transformons-la en industrie!

CQFD

 

La vie est un mystère

Voilà pourquoi

Je ne comprends pas

L'hystérique besoin

Qu'ont certains

De se faire remarquer

De plaire ou son contraire

Jamais fortuit

Tout pour exister

Dans les yeux d'autrui

 

L'intelligence mène à la simplicité

Le supérieur vit caché 

Le poète et ses bagues

Ses guerres et son bagout

Une bonne blague!

Être contre tout

Ostensiblement

L'art à vendre?

Donner

Mais surtout prendre

Être complètement 

Ce contre quoi

On se bat

Il n'y a pas pire sourd que celui qui croit qu'il voit

Prisonniers d'une gangue

Des idées tanguent 

Je sais que je ne sais rien

Ou si peu et pas bien

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 10:10

Indigeste indigence

 

Je me ris

Des gens

Sans façon

S'autoproclamant 

Monuments

Les pédants

Qui

Sans avoir lu une ligne 

S'imagine digne

D'une opinion

Liberté de fer

 

Vivre en solitaire

Contraire de l'ingrat

Achever cette voix

Qui se terre:

"Chacun pour soi"!

 

Mener des guerres

Comme des feuilles

Éphémères

Qu'importe le vent

Les forces qui rudoient

Faire son deuil

Constamment 

En sachant pourquoi

 

Sous toutes les latitudes

Marcher au large 

En longitude

En marge

Fuir tous les dogmes

Apprendre les hommes

Tenter de les aimer

En restant distant

Se forcer à comprendre

Les plus torturés:

Les cons intelligents

 

Mains en terre

Par les cornes

Prendre les racines

Tracer sans bornes

Des chemins de faire

Au-dessus des abîmes

Doutes 

 

Je me questionne

Avec raisons

Sur ces diplômés

Cherchant pitance

Et positions

Du côté frais

Du progrès 

Belle croyance!

Faudra y regarder

De plus près!

 

Chercher le pouvoir

Vouloir sortir de l'histoire

Par d'antiques pratiques?

Cette vieille politique

Des partis qui séparent?

L'agonie 

 

La mort

Laisse-les pleurer

Ils tentent de conjurer

Leur sort

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 15:15

Ciel de fer

Bleu de métal

Prend son temps

Verdoie

Et s’étale

 

Azur d’enfer

Tombé des nues

Rougeoie

Impatient

 

L’orange soleil

Ingénu

Ouvre un oeil

Et s’éveille

 

C’est l’heure

Il se prépare

Dans sa tête

Tout part en vrille

C'est la fête

Direction Manchester

Le soleil brille

Sans rire

Demain sera martyr

 

Combien de morts

Encore

De tares

Et de sang

À l'Est

Comme à l’Ouest

Crépuscule dément

Comme la peste

Se répand

 

L’étoile se couche

En couleur

L’univers accouche

Sans douleur

Hors du temps

Ni rire

Ni pleurs

Indifférent

Du pire

Ou d'une fleur

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 07:55

Cinglant, ce poème que je qualifierais de civil ou si vous préférez, de citoyen, fait état de mon expérience dans le milieu artistique: déjà près de 35 ans! Un environnent où, le plus souvent, nous rencontrons des êtres charmants, captivants, surprenants, bourrés de talent. C'est aussi un milieu où il est difficile, très difficile de ne pas jouer le jeu des médias, des critiques, des politiques, des chroniqueurs, des intervieweurs de tout crin. En fait l'artiste carriériste n'existe pas. Pour moi un artiste qui ne jouit pas de liberté, - et le carriériste est peut-être beaucoup de chose mais n'est certainement pas libre - qui ne se donne pas la possibilité d'être libre ne mérite pas le titre d'artiste. C’est peut-être la chose la plus difficile à préserver.

 

Or presque tout dans notre société tend à nous enlever cette liberté; même et peut-être surtout la liberté de pensée, ce qui me paraît fondamental. Les valeurs que transmet cette société sont intrinsèquement liberticides à commencer par la marchandisation de la culture. On évalue pratiquement toute production en fonction de critères de marché (combien cela va-t-il rapporter), de jauge (combien de public), de crédit (l'aura de l'artiste, son succès, peu importe la pertinence de sa démarche). L'uniformisation (l'originalité et la spécificité sont devenues des barrières au lieu de tremplins) et son corolaire, la médiocrité, étendent leur ascendant, aidés en cela par les médias dominants - surtout la télévision -, favorisant la paresse intellectuelle et une certaine frilosité pour tout ce qui est "en-dehors des clous", différent, au-delà des normes édictées (la façon dont ces normes sont imposées le sont d’autant plus pernicieusement qu'il faut qu'elles laissent croire que nous vivons dans un pays « libre »).

 

C'est ici qu'apparaissent les carriéristes. Pétris de valeurs marchandes, ils sont devenus eux-mêmes marchandises...et se vendent, péripatéticiens dans l'âme, hétaïres de la culture. Le plus étrange c'est de voir ces braves types (beaucoup de femmes aussi, cela va sans dire) avoir à ce point assimilé, intériorisé ces concepts marchands qu'ils seraient probablement les premiers surpris par eux-mêmes s'ils se mettaient à réfléchir sur le sujet. Pas facile de découvrir qu'on a fait de toi...un courtisan! 

 

Tout le monde connaît la roublardise des vendeurs. La même chose s'applique donc à ces "artistes" carriéristes. Ils n'existent pas et pourtant je les ai rencontré...

Il a souvent du talent

Mais il est bête et complaisant

Pas toujours méchant

Ça dépend 

 

Il s'imagine debout

Et vit assis

Voire couché

Cela dépend de vous

 

Satisfait de lui

Il se met en scène

Comme la viande

Sur l'étal du boucher

Un chouïa obscène

Souriant 

Il en veut

Très sérieux

Toujours en piste

Ne l'oublions pas

C'est un artiste!

 

À terre les genoux!

Grenouiller

Par en arrière

Canailler 

Par en-dessous

Coucher avec les médias

Leur faire la cours

Certains qu'un jour

Ça servira

 

Émettre des idées bouffies

Cernées pour avoir trop servies

Recycler sans risques 

Des restes indigestes

 

L'art triste:

De l'ennuie 

Des gestes

Sur un lit défait

Un art replet

 

L'artiste carriériste

Sait bien ce qui plaît

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 16:54

« (...) ce qui ne cesse de se produire et de se manifester le plus ouvertement devant nous –mais si continûment et de façon globale –pour autant ne se discerne pas. Discret par sa lenteur en même temps que trop étale pour qu’on le distingue. Il n’y a pas là éblouissement soudain qui aveuglerait le regard par son surgissement ; mais, au contraire, le plus banal : ce partout et tout le temps offert à la vue, de ce fait même, n’est jamais perçu –on n’en constate que le résultat. »

 

François Jullien 

Les transformations silencieuses, Éditions Grasset

Imperception

Un changement s'est opéré

Imperceptible et continu

On ne peut le repérer

Glissement inconnu

Invisible à l'œil nu

 

Limite bordée d'insaisissables contours

Un chavirement se produit

Où finit le jour?

Où commence la nuit?

Soldes

Donner sa langue aux chats

Vendre son os aux chiens

Faits comme des rats

Mine de rien

Société du Silence

Tu préfèrerais que je ne dise rien

Que je souffle dans mon saxo

Tous ces couteaux

Plantés dans des reins

Que j’ignore

Coeur d'airain

Malheureux

Ces ponts d’or

Ou ces faux joyaux

Rivés à nos yeux

Tu voudrais que je me taise

Que je ne souffle sur des braises

 

Comment veux-tu que je reste coi?

Mes mots en écharpe?

Frire sous cape?

Que je mette un bémol?

Je t'aime !

Souviens-toi

Carpe diem !

Tu me demandes: pourquoi?

J'te réponds: tu es folle!

Savoir

Idées stériles

Mauvais goût pérenne

Babil futile

Ignorance sereine

 

Ultime tour de piste

Terminer sa vie

En clown triste

Qui n'a rien appris?

La mouche

C'était en janvier de l'hiver dernier

Une marée blanche avait ouvert les portes de l'ennuie

Les couleurs, les odeurs, la chaleur et les bruits

Tout cela s'en était allé

 

Sur une carreau gelé

Des étoiles givrées

Turbulences stratifiées

Baroques esquisses d'un artiste oublié

 

Sur le dos, couchée

Les pattes croisées

Immobile, pétrifiée

Elle attend

Le printemps

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 11:05

​​​​​​Contact

Je vivais en France

J'étais dans le train

J'allais à Coutances

Huit heures du matin

Doux visage opale

Attendant sur le quai

Amoureuse désespérée

À peine vingt ans

Catholique 

Elle portait le voile

Les yeux au-dedans

Hermétique 

 

Soudain

D'une grande beauté

Son regard...

Quelque chose nous lie

Surpris tous deux

Nos destins

Se croisent 

Se toisent

Le temps

D'un instant

Par hasard

Je lis

Son désespoir 

 

Dans ses yeux

J'ai rencontré 

J'ai lu

L'immensité

J'ai vu

Trop tard 

Dieu

---

Vivre

Jamais dans le monde il n'y eut plus belle histoire

Celle de l'amour d'un papillon pour un quasar

Jamais il n'y eut plus beau récit

Celui du hasard

De la vie 

Et de l'espoir

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 21:05

Le ventre et l'océan

Ni croyant ni mécréant

Au-delà du ventre

Et des yeux

Plus loin que les dieux

Que les mains de la science

Pressentant l'océan

Au-delà du centre

L'intelligence

De la nature

Cette conscience

En dehors de l'armure

Du temps qui dure

Nous embraserons

Goutte à goutte

Montagnes et dunes

Coûte que coûte

Nous embrasserons

Les uns les unes

L'autre temps

Quand viendra le temps

De l'océan

---

Ici et là, maintenant et jamais

On ne discute pas

Ça ne se fait pas

Pas vraiment...

Attends!

Défaits

On partage

Des faits

On fait semblant

On est sage...

Sois patient...

On rampe au pas

On marche à genoux

On prend son trou

On fait comme si

On fait de rien

Ça va?

Ça va bien!

On est assis

On transpire peu

On parle mou

On espère mieux

On prend son temps

S'excuse beaucoup

Mais attends!

Au galop

On évite

Trop peureux

On se terre

Tout heureux

On agite

Un drapeau

À l'ordre

Comme nos pères

Nos aïeux

On sifflera

My lord!

Oh! Canada!

Révolution aimable

Agitation pudique

Soulèvement affable

Rassemblement ludique

Quelle mouche te pique?

Pourquoi es-tu si tragique?

Marteaux et faucilles

Parfums et faux cils

Tous ces choix si difficiles!

Bonbon ou pastille?

Oratoire?

Suppositoire?

Tout est bon

Rien à jeter!

Girondin? Jacobin?

Robespierre? Danton?

Casals? Joe Dassin?

Liberté ou Bastille?

Voiture ou camion?

Sur les épaules la garder

Ou se la faire couper?

Attends!

Pourquoi es-tu si pressé?

À en perdre la tête

À ne plus savoir à qui la donner

La révolution est une fête?

Allons donc!

Rien n'a changé

Rien ne changerons

Mais attends donc!

Reste un peu bavarder...

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 18:23

"Sous couvert de démocratie, de pluralité, de tolérance et de bien-être, les autorités politiques, inféodées aux pouvoirs marchands, ont édifié un système totalitaire sans nul autre pareil".  P. P. Pasolini

Il a les moyens

Mais pas l'ambition

Il voudrait bien!

Il perd ses repères

Anesthésié, pressé

Impatient funambule

Il poursuit un chemin

Dangereux somnambule

Sans aucune direction

Il gueule son destin

Aux allures de fossé

Clame sa chanson

Sa musique faussée

Je vous le dis

C'est vrai

Sans remords

Dans le bruit

La peur et la fureur

L'Ouest s'endort

Tout-à-fait

L'Ouest se plaint

Soir et matin

Mugit

Comme ce lion

Comme ces gens

Des millions!

En flagrant délit

D'agonie

Rugir encore parfois

Faiblement

Encore une fois

Montrer qu'on est

Encore vivant

C'est vrai

Pour tromper sa mort

L'Ouest s'endort

Tout-à-fait

L'Ouest se vide

À grands traits

Il cache ses rides

Derrière ses enfants

De deux mille ans

Il rêve à grands frais

Des rêves arides

Des contes de fées

Que plus personne

Ne connait

C'est vrai

L'Ouest se vide

Par en-dedans

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 08:39

Tous ces morts pour rien...

Du soir au matin

Vivre sans yeux

S'écartant du chemin

Vivre sans eux

Morts pour rien

 

Morts pour nous!

Pauvres fous

Noyant nos chagrins

Nous coupant le cou

Sur les lames du destin

En nous disant : "c'est tout?"

 

Morts pour nous!

Morts pour des clous?

Comment osons-nous

Gâcher cette liberté

Si durement acquise?

Sous nos yeux percés

Nos âmes dépecées

Nos idées sans prises

On nous tient en joue!

Notre temps est compté 

 

Sur la table quelques verres

Une nappe tachée

D'un peu de vin 

Des fruits dans un panier

Fourchettes, couteaux, cuillères 

Des miettes de pain

Le jus figé des assiettes sales

Les fleurs fanées

Comme des Jocondes

Défigurées 

Soirée banale

Soirée féconde

À refaire le monde

En vain

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