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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 17:01

Peut-être connaissez-vous le livre de La Boetie qui traîte de la servitude volontaire. Il nous entretient de la servitude des peuples et que pour en sortir il suffit de dire "non", de ne pas accepter cette servilité. Les forts sont forts parce que nous le voulons bien. C'est nous qui leur donnons la possibilité de nous asservir. Ce livre, petit bijou, devrait être obligatoirement lu (et compris) dans nos écoles. 

 

Dans un autre ordre d'idée mais avec de semblables résultats il est tout aussi malsain de se croire informé alors que ce n'est pas le cas (on a souvent la "forme" via les médias dominants mais pas toujours le fond) et de se penser également en démocratie alors que ce n'est pas le cas non plus. Prendre conscience de ces deux faits demande un certain effort, un peu de recherche et de réflexion.

 

Se poser les bonnes questions, aller au-delà de ce qui paraît évident de prime abord s'exprime et prend forme, dans un premier temps, par le refus, la négation, le doute. Ces attitudes passent, la plupart du temps, pour négatives et anti-productives dans notre société où certains questionnements deviennent parfois suspect, indisposent et mettent mal à l'aise à tout le moins. Elles sont, n'en déplaise aux défenseurs du politiquement correct, les bases par lesquels des changements significatifs pourront voir le jour. Refuser les évidences (souvent présentées comme telles) est un signe de santé mentale.

 

Se méfier des évidences ou des idées qu'on nous présente. La démocratie. Je suis certain que la plupart d'entre nous sommes convaincus de vivre dans une démocratie. Mais que renferme ce concept si nous lui redonnons la substance dont il a été vidé au cours des années?

 

Revenons un peu en arrière.

Fin 18ième siècle les régimes ne se nommaient pas "démocratiques". Les gens qui détenaient le pouvoir à ce moment savaient très bien ce qu'était une vraie démocratie et ils n'en voulaient pas. Le pouvoir détenu par le peuple était impensable. À ce moment-là on avait pas en tête de bâtir une démocratie du type athénien (voir plus bas). Pour ces gens, la démocratie était synonyme d'anarchie, le peuple étant incapable, selon eux, de gérer ses affaires. On peut comprendre leur attitude car ils sortaient de régimes bien pire. Il est intéressant de noter qu'à ce moment le mot démocratie était péjoratif, une insulte, ce n'était pas un mot positif comme il est devenu aujourd'hui.

 

Début 19ième siècle un glissement s'est produit et on a désigné les régimes mû par des "gouvernements représentatifs" par le mot démocratie. Or ce n'est pas du tout la même chose! Pourquoi ce glissement? Peut-être le livre de Tocqueville "De la démocratie en Amérique" y est pour quelque chose ou, plus vraisemblable, à cause d'un point commun entre ces régimes: L'égalité. Il faut cependant souligner que le centre du régime athénien était l'égalité politique réel alors que l'égalité politique dans un gouvernement représentatif est formel et factice, elle n'est pas réelle. Elle porte sur des détails et pas sur l'essentiel. L'historien américain Samuel Williams, en 1794, écrivait que "la représentation (notre système actuel)(...) a été graduellement introduite en Europe par les monarques; non pas avec l'intention de favoriser les droits des peuples, mais comme le meilleur moyen de lever de l'argent".

 

Plus personne, ou presque, ne remet en question le fait que nous serions supposé de vivre en démocratie. Les médias, les hommes et femmes politique, la grande majorité des professeurs et tout un chacun, peu de personnes osent aller plus loin que cette apparente évidence: nos vivons dans une démocratie, le vote électoral en fait foi. Il ne nous même plus à l'idée de questionner. Depuis l'enfance on nous apprend que démocratie=élection. 

 

En principe nous devrions voter pour ceux qui sont les mieux placés pour défendre le bien commun. Nous allons voir qu'il n'en est rien.

 

Nous votons en fait pour des professionels de la politique, des "spécialistes du bien commun" et nous trouvons tout-à-fait normal d'élire des gens dont c'est le métier, la profession, de gérer une nation, un pays. Cette façon de faire s'apparente très fortement à l'aristocratie (les meilleurs au pouvoir) et n'est pas du tout le concept que l'on retrouve à l'origine de la démocratie athénienne dont nous nous sommes inspiré. Ce qui est aristocratique ou s'en approche, les procédures qui s'en inspirent dangereusement, sont voués à une dérive oligarchique, ce qu'on peut observer aujourd'hui: un gouvernement de quelques-uns qui se sont "autonomisés", ne dépendant plus et ne travaillant plus pour le plus grand nombre mais bien pour ceux qui les ont financé ou qui sont à même de leur donner des avantages de toutes sortes. 

 

Pour illuster ce qui vient d'être dit, on peut se rappeler cette video prise à Sagard (le domaine de Desmarais) où beaucoup de nos politiciens (on pouvait y voir les Charest, Bouchard, Mulroney, Chrétien entre autres) faire acte de présence. La video en a choqué plus d'un car on pouvait constater de visu ce qu'on tente de nous cacher la plupart du temps: l'accointance évidente entre nos représentants et les gens détenant le réel pouvoir, l'argent.  

 

On pourrait prendre la commission Charbonneau comme une autre illustration de la dérive de notre "démocratie". Tout un système de corruption généralisé et relié directement à notre façon de concevoir cette "démocratie". Cette corruption systémique pourrait être contrôler en partie (il y aura toujours des gens malhonnêtes, quel que soit le système) par, en premier lieu, une prise de conscience et une compréhension juste de la structure du scrutin électoral pratiqué aujourd'hui dans nos sociétés et de ses aboutissements logiques et inéluctables.

 

L'élection, parce qu'elle implique la compétition électorale qui, à grande échelle, doit être financée, porte en elle la corruption des élus par ceux qui ont financé cette campagne. Ce n'est pas nouveau mais c'est central!

 

Chaque année, à Davos, des représentants des principales multinationnales et les représentants des pays les plus riches se réunissent pour discuter économie. On ne sait que peu de choses qui sont décidées lors de cette rencontre annuelle. Est-ce bien une façon démocratique de procéder? Qui représente la voix du peuple? Les élus? Avec ce que l'on sait de l'élection on peut douter sans tomber dans le complotisme qu'il y a là un problème de gouvernance.  

 

Une pantomime de pouvoir s'exerce, les élus étant au service de ceux qui peuvent leur fournir les moyens d'être et de garder le pouvoir. L'élection devient alors le contraire de la démocratie dans la mesure où c'est un abandon du pouvoir du peuple au profit des gens qui seront ni plus ni moins que ses maîtres qui décideront à sa place.

 

L'élection empêche la démocratie de s'épanouir? Quoi? Mais c'est une évidence que de dire que nous sommes en démocratie parce que nous votons! C'est ce qu'on nous serine depuis l'enfance.

  

Il se trouve que le système athénien (qui fonctionna pendant 200 ans), loin d'être parfait mais tout de même intéressant, utilisait le hasard pour placer des gens au pouvoir. Bien entendu, tout une série de contrôles et de vérifications étaient en place pour vérifier avant, pendant et après l'exercice du pouvoir des gens ainsi désignés. Les mandats étaient de 6 mois à 1 an non renouvelable. De plus les gens choisis étaient imputables et punis si il y avait eu abus, détournement de pouvoir ou autres problèmes reliés à l'exercice de leur mandat. Je reviendrai plus en détail sur une possible démocratie (la vraie) dans un texte à venir.

 

Le premier réflexe qui nous vient à l'esprit: mais ces gens n'étaient pas compétents! Ah oui? Et nos politiciens le sont peut-être? Pas moins pas plus! Le pouvoir attire beaucoup de gens qui veulent le pouvoir pour le pouvoir, or ce sont ceux qu'il faudrait à tout prix écarter!! L'honnêteté est plus importante que la compétence à ce stade.

 

Alain:"le trait le plus visible de l'homme juste est de ne point vouloir gouverner les autres, il veut seulement se gouverner lui-même. Cela décide de tout. Autant dire que les pires gouverneront."

 

Platon:"il ne faut pas donner le pouvoir à ceux qui le veulent."

 

Le scrutin électoral, en ce sens, ne sélectionne que les pires! 

 

Nous sommes arrivés à une organisation politique qui fait de l'élection le rouage principal de la désignation politique. Si ceux qui sont désignés travaillent en fait pour ceux qui les ont financé, on peut comprendre beaucoup de choses et remettre en perspective beaucoup d'attitudes politiques de nos dirigeants. De plus un problème de sémantique apparaît clairement: nous désignons le régime qui pose problème de nom de la solution...Démocratie.

 

Il faut un réel travail sur soi-même pour sortir du catéchisme élection=démocratie.

 

Je reprends et résume à grands traits une conférence donné par Etienne Chouard visible sur Youtube. 

 

Bonne recherche! 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 12:23

La neige craque sous mes pas. Le froid intense l'a rendu parlante sous mon poids. Elle grince et couine comme si elle ne voulait me rappeller constamment sa présence. Elle a été lourde il y a peu, légère et poudreuse à un autre moment. Lors de la dernière tempête, elle tomba en petits flocons laissant un tapis compact et lisse sur le sol. Une autre fois c'était par gros flocons duveteux s'affolant au moindre coup de vent. Par temps plus doux j'ai pu observer, dans une même bordé, des amas de flocons tombant en ligne droite comme de grosses gouttes d'eau pendant que d'autres, plus fins, paraissaient prendre leur temps avant d'atteindre et d'épouser le sol. 

 

Écouter avec ses yeux et voir avec ses oreilles. Entendre le goût d'un bon vin et sentir sur sa peau la musique qui nous traverse. Être totalement présent requiert ce lâcher prise qui semble si difficile à atteindre. Justement. 

 

Nous sommes éduqués, poussés constament à devenir, à atteindre un but, que nous oublions parfois (trop souvent en fait) d'être. Tellement programmés à revivre le passé et imaginer un ou des futurs que le présent est perçu comme quelque chose de pauvre et d'insignifiant. Les grandes idées, les grands idéaux nobles et lointains peuplent plus souvent qu'à leur tour notre imaginaire. Nous avons vidé le moment présent pour le remplacer presque exclusivement par l'idéal et nous passons une vie à courir après cet idéal. La constante insatisfaction de ce que nous sommes, qui est toujours moins excitant que ce que nous pourrions, devrions ou voudrions être, empêche une prise directe et honnête avec nous-mêmes. Et pourtant...On ne peut changer que ce que l'on connaît bien!

 

La liberté se trouve dans la perception directe de ce que nous sommes. La liberté est un état, pas une idée. Cette perception est le vecteur même du changement.

 

Préoccupés que nous sommes à se bâtir un avenir, à vivre dans des idéaux et des futurs meilleurs, nous passons souvent à côté du substrat de la vie: le présent. Nous semblons plus proche du "ce qui devrait être" que du "ce qui est". Nous nous frottons et ployons sous des idéaux qui font que nous acceptons l'inacceptable en se réjouissant d'un futur hypothétiquement juste et valable. Or le futur est dans le présent. Pas ailleurs. 

 

Ce que nous sommes aujourd'hui détermine le futur. Si le monde est ce qu'il est aujourd'hui c'est bien à cause de ce que nous sommes maintenant. Le chaos "extérieur" reflète bien ce que nous sommes "à l'intérieur". Observer ce fait est le début de l'être raisonnable.

 

Jusqu'à présent je ne vois pas en quoi nous sommes raisonnables. Par moment, par bribes peut-être mais avouons que nous vivons dans une société pour le moins déraisonnables. Faut-il que je fasse un dessin? 

 

Globalement on peut constater sans trop se tromper ni tomber dans un pessimisme névrotique ou exacerbé que la folie est plus constante que la raison. Ce qui est particulièrement navrant c'est justement que cette folie soit devenue la normalité et que nous acceptons cette folie comme allant de soi sans trop sourciller. La folie est devenue le raisonnable.

 

Ceux qui osent se révolter, la plupart du temps ces jeunes qui dérangent cet "ordre" établi, qui ont gardé encore un peu de sensibilité et de raison (l'un ne va pas sans l'autre) seront vite écrasés par le rouleau de la bienséance, aidé en cela par notre système d'éducation (qui ressemble de plus en plus à de la "propagande éducationnelle"). Ceux qui osent élever la voix seront qualifiés (tiens donc!) de déraisonnables.

 

La raison du plus fort est toujours la meilleure? 

 

Malheureusement oui s'il faut en croire nos yeux et nos oreilles.

 


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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 06:38

J'aimerais me pencher un peu sur cette question de nationalisme. Sujet à prendre avec des pincettes car le nationalisme fait appel à des sentiments identitaires profondément enracinés et bien entretenus par les différentes cultures autour du monde. Regardons pourquoi cette idée qui a causé tant de conflits et d'atrocités est toujours une idée qui a le vent dans les voiles, si je puis dire. Pourquoi reste-t-elle si populaire et si vivante encore aujourd'hui?

 

Il m'apparaît évident de prime abord que cette idée de nationalisme est bien ancrée dans notre mentalité, dans notre culture, au point de rarement la remettre en question voire de trouver farfelu de le faire. Depuis l'enfance on nous présente cette vue comme une évidence: le fait que les pays ont toujours été et seront toujours. Cette idée a été, au cours des siècles et des millénaires, chanté, mis en poèmes, glorifié etc.. Je me rends bien compte que remettre cette idée en cause, la considérer comme suspecte ne sera pas ou peu écouté ou alors pris comme une absurdité et qualifié rapidement d'inutile et/ou non réaliste. Sauf exception.

 

L'idéal nationaliste est perçu comme quelque chose de noble, d'admirable. Forme de tribalisme qui n'en porte plus le nom: on se veut évolué par rapport à l'esprit tribal de nos ancêtres et pour nous convaincre que cette idée de nationalisme est quelque chose de plus évolué et civilisé que l'amour de la tribu, nous lui avons donné un autre nom. C'est la même idée.

 

Aimer son pays, la fierté d'appartenir à une communauté, quelle qu'elle soit, grande ou petite, donne le sentiment de faire partie d'un ensemble et on y trouve une grande sécurité psychologique et physique. Toute humaine que soit cette recherche de sécurité, je ne suis pas certain que le réflexe de se regrouper autour de sa langue, sa culture, ses origines, son ethnie, sa religion, sa situation géographique ou quelque particularité servant de point commun, donne les résultats escomptés: une plus grande sécurité.

 

Cette sécurité temporaire ouvre en fait sur des problèmes et conflits qui eux, seront pratiquement permanents. Notre recherche de sécurité débouche en fait sur une plus grande insécurité.

 

Il me semble l'évidence même que la séparation (à tous les niveaux) amène les conflits. Il est bien entendu aussi que des différences existent, bien réelles. Le (les?) problème commence lorsqu'il y a identification à ces différences. Tôt ou tard, nous devrons défendre ce qui fait de nous des êtres à part, différents et particuliers. Nous serons appelés à défendre nos différences contre d'autres différences, devenues des murs pratiquement infranchissables, la diversités n'étant plus considérée comme une richesse mais comme une agression contre nos valeurs. On veut bien de l'autre et sa différence mais à petite dose! Ainsi un mot comme "tolérance" peut faire son apparition et être considéré comme une mot et une attitude illustrant notre civilité et notre grande souplesse face à ce qui est différent de nous.

 

Il est intéressant de noter que cette identification à nos particularités, ces notions de différences ne sont pas innés mais acquises par l'éducation. L'enfant en bas âge n'a pas cette notion de fierté de sa différence. On pourrait se poser la question à savoir pourquoi cette conception de l'identification nous est transmise (parents, écoles, entourage) et, constatant les ravages qu'elle cause, pourquoi elle perdure.

 

Faut-il seulement rappeler que l'histoire de l'Homme, celle apprise à l'école à tout le moins, est celle de ses guerres, de ses conflits petits et grands, de ses rois, reines et autres chefs envahisseurs ou envahis? L'Histoire de l'être humain c'est l'histoire de ses conquêtes, de ses tueries, de sa violence millénaire. Pas beaucoup d'évolution de ce côté, il faut se l'avouer. 

 

En nous identifiant à quelque chose de plus grand que nous, à un projet qui nous dépasse nous mobilisons des énergies, notre enthousiasme. En regardant le passé, on peut se rendre compte que le nationalisme a permis de réaliser de grandes choses. Nous nous donnons des buts à atteindre, imaginons un idéal et tentons de nous "coller" à cet idéal. Soit!

 

Mais je pose la question: le prix à payer n'est-il pas trop lourd?

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 19:17

"Être de gauche c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi: être de droite c'est l'inverse". -Gilles Deleuze

 

Loin de moi de vouloir vous entretenir de ce philosophe important. Je n'en ai ni les moyens intellectuels et à vrai dire ni le goût. Je veux simplement souligner qu'une pensée, même riche et complexe, peut tomber dans des pièges somme toute assez grossiers.

 

On pourrait poser la question: qui pense le monde? Une pensée qui se voudrait universelle et impersonnelle? Cela est-il possible? Bien sûr que non. La pensée se nourrit de la mémoire et cette mémoire est toujours le résultats de nos expériences; elle est ce centre, le moi. C'est elle qui engendre l'illusion de la continuité. Le penseur et la pensée sont une unique et même chose. Il n'existe pas de séparation.

 

La pensée de gauche est donc très semblable à celle de droite. Elle vise l'application d'une idéologie sur ce qui "est". Elle évacue de ce fait le présent pour un futur hypothétique, basé en réalité sur le passé: la pensée. Le présent devient alors de l'éphémère qui relie le passé au futur. On peut comprendre à ce moment le qualificatif de "pauvre" donné au présent par nombres d'intellectuels.

 

Cette pensée (je reviens à Deleuze) nous présente deux morales, l'une (sous-entendu préférable) de gauche qui met en avant le collectif et l'autre (sous-entendu moins généreuse) l'individu. Laissez-moi deviner...Deleuze se considérait comme de gauche...Non?

 

Ces deux idéologies s'affrontent depuis longtemps déjà et nous pouvons voir les résultats dans l'Histoire de leur application respective. De bons coups de chaque côtés, avec des dérapages malheureux et pour finir, le monde tel qu'on peut l'observer et le voir aujourd'hui, qui n'est pas très reluisant, peut s'en faut.

 

Être de gauche ou de droite, à part quelques détails (ici les gens de droite comme de gauche vous dirons que ces détails sont d'une extrême importance...justifiant ainsi leur "différence"), ne veut pas dire grand chose. Par exemple, on a qu'à voir les politiques d'un parti socialiste en France d'un Hollande (gauche) ressembler étrangement aux politiques de droite d'un Sarkosy (droite) lors de son dernier mandat. Restrictions, négociations et "fricotages" avec les milieux financiers etc.

 

À gauche comme à droite on gère le pays avec l'accord de la finance, des banques et autres institutions pro-libérale. Les priorités restent, grosso modo, les mêmes, maquillés par petites touches pour permettre au peuple de faire une différence, leur faire croire également qu'ils font un choix lorsqu'ils votent. 

 

La petite guerre entre la gauche et la droite, ce faux débat, ressemble presque à un détournement, à une tentative de fausser un débat, nous obligeant à regarder ailleurs et prendre parti: L'individu ou le collectif?

 

Pendant que des gens, souvent bien intentionnés, se battent pour savoir qui est mieux placé pour gérer un pays, le même système continue son petit bonhomme de chemin, accélérant notre course vers ce mur qui, ma foi, devient de plus en plus net et précis. 

 

Droite ou gauche, c'est le statu quo.

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 08:18

Dans nos sociétés être constamment occupé à quelque chose, n'avoir pas une minute à soi, donne une impression d'être actif et de réaliser beaucoup de choses. Cette expression-n'avoir pas une minute à soi-est bien souvent trompeuse car toute cette activité tourne principalement autour de soi, elle est son point de départ et d'arrivé.

 

Nous trouvons toutes sortes de prétextes pour cacher le fait que tout tourne autour de ce centre et que le but de toute cette activité fébrile est le désir d'expansion du moi. De l'homme (ou femme) politique au simple travailleur, de l'artiste au prêtre, du réformateur célèbre au travailleur social s'épuisant à la tâche, tous se servent qui du pays, des pauvres, de son art, de Dieu pour accomplir leurs idées, leurs idéaux, utopies, espoirs etc., le plus important dans tout cela étant toujours ce centre ramassant au passage gloire, pouvoir (petit ou grand) au nom de justes ou moins justes causes.

 

Toutes ces formes d'actions ne font qu'ajouter du chaos au chaos. L'exercice d'un pouvoir procure un grand plaisir et donne même un sens à nos vies qui en sont souvent dépourvues.  Nous cherchons donc le succès, une reconnaissance venant de la part des autres afin de nous sécuriser et apporter un peu de confort psychologique mais aussi une confirmation d'être sur un bon chemin, conforme aux attentes et aux valeurs de nos sociétés.

 

Or si les valeurs d'une société sont immorales, dénuées de bases solides et valables, que vaudra cette reconnaissance ou ce succès? Pas grand chose...À mes yeux il sera même suspect.

 

Cette recherche constante de succès par le biais du faire empêche souvent en fait une véritable coopération de s'établir entre les différents intervenants au sein des organisations, qu'elles soient politiques, religieuse, artistiques ou sociales. 

 

La possibilité qu'offre la musique, au moment où elle se déroule, d'être en totale symbiose avec l'autre est probablement une des principales raisons qui explique mon amour pour celle-ci.

 

Une fois que chaque membre s'est oublié, a mis de côté son centre sans effort de volonté (ce qui relèverait encore du moi) et devient l'instrument de quelque chose qui le dépasse, ce moment particulier où l'amour pour ce que l'on fait dépasse celui que nous nous portons, une grande union s'opère à cet instant pour donner des résultats toujours étonnants et enthousiasmants. 

 

Malheureusement ces moments sont bien éphémères et les habitudes reprennent le dessus dès les sorties de scène.

 

Ces moments permettent néanmoins de percevoir ce que toute une société dans cet état d'esprit pourrait donner et qui n'a rien à voir avec ce que l'on connaît maintenant.

 

Serait-ce une des bonnes raisons à l'Art d'exister? 

 


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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 08:14

L'amour. Combien de misère cache ce mot. Combien de mensonges et de malentendus. Quelle charge émotionelle ne contient-il pas! Un mot utilisé à tort et à travers et sur lequel nous nous sommes tellement couchés sans prendre le temps de savoir de quoi il est question au juste.

 

L'amour n'est certes pas le désir. Il en est presque l'opposé si j'ose dire, le désir étant en relation directe avec l'égo, le moi. L'amour véritable pulvérise le concept du moi. C'est pour cette raison qu'on ne peut découvrir ce qu'est l'amour que par la négation. On ne peut approcher l'amour avec une définition positive: on n'aborde pas le neuf avec du passé, l'amour n'existe que dans le présent, se renouvellant constamment. L'amour n'est pas une idée. De même que la compassion sa soeur jumelle. 

 

Où il y a l'égo, l'amour n'est pas. Où il y a possession l'amour n'est pas. Où il y a jalousie l'amour n'est pas. Là où il y a compétition, contrôle, ambition, peurs de toutes sortes, l'amour n'est pas. L'amour existe au-delà de la pensée et du savoir.

 

L'amour ne demande rien en retour. Il est. Comme la passion, il n'a pas d'objet. C'est un état. On ne peut aimer sélectivement, cela s'appelle du désir et le désir n'est pas l'amour.

 

Comment en sommes-nous arrivés à confondre l'amour et la tyrannie?  L'amour et l'arrangement sordide, le contrat? L'amour et la tolérance? L'amour et la pitié? 

 

Comment nos coeurs se sont-ils asséchés à ce point?

 

Mais surtout, comment nous refusons de voir la vérité en face? Combien de détournements de regard, de "biaisages", de palabres pour justifier notre manque de courage?

 

Une révolution est nécessaire mais pas celle dont nous sommes "accoutumés". 

 

Révolution intérieur.

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 19:40

On trouve toutes sortes d'occasions et d'opportunités pour se définir, se distinguer, sortir du lot, se caractériser. On se veut unique et indépendant, particulier dans notre démarche, original et, finalement, isolé.

 

C'est un réflexe culturel que de mettre beaucoup de temps et d'énergie à construire des murs, des remparts (qui ne sont pas considérés comme tels) autour de notre personne et en même temps ce même réflexe culturel nous fait palabrer sur l'importance de s'unir, d'être ensemble, de collaborer, d'édifier une société soudée. 

 

C'est donc tout "naturellement" que nous mettons un fort accent sur notre moi, le développement de celui-ci, la misère et les conflits incessants pouvant être observés comme résultats reliés directement à cette culture du moi. 

 

Nous trouvons toutes sortes de raisons pour justifier une telle approche (qualifiée de raisonnable et inéluctable par beaucoup) malgré la faillite de plus en plus perceptible et évidente de nos sociétés.

 

Nous parlons de l'importance d'avoir une culture générale, c'est-à-dire un ensemble d'informations touchant un large éventail de nos savoirs concernant tel ou tel domaine malgré le fait évident et observable que cette culture générale est axé sur la mémoire. Sur le passé. 

 

Il me semble que la connaissance de soi-même, l'ensemble de nos relations avec l'autre ne peut passer par un savoir qui provient du passé. Ou alors nous ne ferons qu'appliquer des recettes élaborées par d'autres, des idées et des concepts qui ne tiennent jamais compte du présent. Autrement dit "ce qui devrait être" (projection d'un idéal dans le futur) ou "ce qui a été" (tout ce qui concerne la mémoire) est plus important que ce qui "est". L'idéal comme but à atteindre devient un masque et une espèce de refuge bien confortable. Nous évacuons ainsi toute la richesse du moment présent pour se réfugier dans des idéaux plus ou moins nobles.

 

Rarement nous nous penchons sur le "comment penser". Nous préférons, par confort, peur ou peut-être paresse, parler du "quoi penser". Cette culture générale si importante aux yeux de beaucoup de gens, le "quoi penser", n'apporte pas de solutions sur le "comment penser". Je dirais même qu'elle évacue cette question la plupart du temps. Le savoir ne saurait être un refuge et il l'est quand presque toute l'éducation s'appuie sur la mémoire.

 

Nous formons des individus "programmés", habiles voire rusés, capables de se sortir du lot, trouvant éventuellement du travail, sortant leur épingle du jeu, s'adaptant à une société immorale et injuste, brutale, violente où la paix n'est qu'un idéal, quelque chose de lointain et, selon certains, inatteignable, utopique.

 

Nous (dé)formons nos enfants afin qu'ils s'adaptent à quelque chose de bien laid dans son ensemble. Nous leur apprenons que l'isolement et l'égoïsme sont dans l'ordre des choses et que la compétition peut-être saine.

 

Nous trouvons cela tout naturel...

 

Nous faire prendre conscience de nos conditionnements me paraît être la première tâche de l'éducation. Pour le moment elle forme, dans son ensemble, des gens voulant se conformer, conditionnés à vouloir réussir et survivre dans un monde chaotique.

 

La réussite, à ce moment, est une défaite. 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 15:26

Je me demande pourquoi nous avons cette habitude et cette propension à classifier les genres de musiques. Mettre en boîte, définir, compartimenter, comparer. Ce faisant il me semble que le pas suivant, et il est souvent franchi, est d'exclure ce que les autres tentent de faire et/ou de proposer. L'homme, vivant toujours en mode tribal (famille, nation, communauté), tend à exclure ceux qui ne font pas parti de sa "famille", quelle qu'elle soit.

 

La musique digne de ce nom, justement, ne va-t-elle pas au-delà de ces tentatives, souvent malhabiles, de vouloir tout définir et séparer? Ne propose-t-elle pas autre chose? N'ouvre-t-elle pas sur un autre possible, sur d'autres possibles? 

 

Vous pardonnerez, j'espère, le fait que je parle un peu de moi ici.

 

J'évite de m'auto-cataloguer ou me définir dans un genre ou style particulier. Les autres le font à ma place. Je suis ainsi étiqueté "jazzman". 

 

Pour certains je suis trop moderne, pour d'autres je fait une musique qui ne m'appartient pas (le jazz étant une musique essentiellement "américaine", selon les gens dotées d'un jugement sectaire). Pour ma part je ne sais pas.

 

Si le jazz se résume au fameux concept du "swing", d'un balancement rythmique typique à cette musique, je ne suis pas un jazzman. Mes propositions ne visent pas et ne vont pas toujours dans ce sens. Je ne cherche pas non plus l'abstraction harmonique où la tierce majeure ou la quinte sont proscrites d'emblée-la consonance- et où la neuvième bémol et la quinte augmentée-la dissonance- sont pour ainsi dire "morales" dans un monde où l'étrange et le bizarre tiennent lieu de créations originales.

 

Pour moi, décider de m'investir dans un genre de musique ou l'autre proviendrait d'une sorte de snobisme sectaire où l'aventure est finalement absente voire proscrite. D'un autre côté, le nouveau pour le nouveau n'est certainement pas gage de pertinence et reste somme toute quelque chose de puérile. L'honnêteté et la transparence me semble être le fil devant relier les différentes approches possible en musique.   

 

Rien de plus fâcheux que de voir des jazzmen, musiciens pratiquant une musique dite actuelle ou encore ceux qui se qualifient de spécialistes de la musique contemporaine ou classique (que des dinosaures appellent encore "sérieuse") bref, tous ces qualificatifs que l'on donne aux sons et rythmes selon des critères préétablis, voir donc tous ces gens s'enfermer et s'auto-étiqueter, le tout ne servant qu'à se distinguer les uns par rapport aux autres. On qualifie de raciste l'étiquetage et le jugement d'êtres humains par leur couleur de peau, pourquoi fait-on une différence lorsqu'il s'agit de musique? N'est-ce pas tout aussi dénué de sens?

 

Comprendre la musique, tout comme un Homme, c'est rendre sensible à ce qui fait sa valeur. Dépasser la surface pour quérir la richesse. Dépasser les clivages. Déceler dans des oeuvres aussi différentes que par exemple, Haëndel, Hendrix, Webern, Debussy, Coltrane, Dutilleux, Bach, Zappa, toute la richesse que ces musiques renferment, au-delà du style, c'est faire preuve d'une capacité d'analyse ne se limitant pas à ces barrières futiles qui nous sont proposées et dans certains cas imposées.  

 

La musique rassemble. Malheureusement, même dans ce domaine, les Hommes veulent à tout prix séparer, quantifier, jauger, nommer, hiérarchiser, cataloguer.  

 

On ne fait pas de musique par réaction à ce qui existe déjà ou à ce qui s'est fait. On ne pratique pas un genre de musique en réaction à ce qui nous entoure, on élabore pas un style avec des concepts préétablis. Pour moi cela n'a aucun sens et paraît même suspect à maints égards.

 

Le style n'est pas une pose. Le style c'est moi, ce que je suis, et comme je suis vivant et donc mouvant mon style sera de même. À la rigueur on pourra dégager un style (des styles?) à la fin de mon parcours...

 

En attendant je refuse les catégories et les boîtes dans lequel quiconque voudra m'insérer. 

 

À l'instar de mon passeport, je peux à la limite accepter des définitions temporaires, figées et réductrices de moi-même et de ce que je fais, mais seulement pour des raisons pratiques.

 

En fait, tout cela ne me concerne pas.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:52

Voilà. C'est fait. Obama réélu pour un deuxième mandat à la tête des États-Unies. 6 milliards de dollars, au bas mot, pour une campagne électorale, une démocratie en mouvement, à l'oeuvre. J'espère que ceux qui pensaient que de grands changements se profileraient avec l'aide de ce candidat qu'on dit cultivé, excellent orateur et débatteur voient un peu plus clairement le rôle d'un président américain, les limites de son pouvoir et de son vouloir. 

 

Plusieurs milliards pour faire une campagne...ça fait beaucoup de retours d'ascenseur à honorer. Depuis 2010 on a décidé de retirer les plafonds pour les donations aux partis politique. C'est la valse des dollars pour la plus grande joie des médias, en particulier la télévision, qui profitent un maximum de ces "retombés démocratiques".

 

Ici, on présente cette campagne électorale réservée aux riches et/ou aux personnes les plus influentes, capable d'aller chercher du pognon à la pelle, comme normale, dans la nature des choses, correcte. Pas ou très peu de questionnement sur le rapport entre une démocratie et l'argent. Entre le sur-financement et une démocratie saine et authentique.

 

Cette déroute de tout un système pris en otage par les oligarques devrait éveiller chez toute personne un temps soit peu sensible des doutes profonds et sincères. C'est un retour en quelque sorte, en ce qui me concerne, à la barbarie mais avec des gants de velours, avec un masque avenant et souriant, une espèce de courtoisie, à un droit de parole tant que celle-ci reste insignifiante et sans poids.

 

Collectivement, je nous trouve bien aveugles. Mais veut-on vraiment voir? Ne sommes-nous pas, finalement, satisfaits avec nos cellulaires, nos écrans plats, nos belles voitures, notre train de vie au-dessus de nos moyens? Voulons-nous seulement une vraie démocratie? J'en doute. 

 

Tout comme la liberté. En voulons-nous vraiment? Avec toutes les responsabilités que cela implique? J'en doute. Il est beaucoup plus facile de suivre le troupeau, sans trop se poser de questions. De faire comme si...

 

Tout ce que nous voulons, dans une grande majorité, c'est notre derrière (J'allais écrire "cul" mais je suis un garçon bien élevé...) bien au chaud et notre tête bien profond dans le sable. 

                                                                                 ----  

Entendu à la radio cette semaine une publicité concernant une vente de voitures: "nous vous ferons crédit même si vous n'en avez pas les moyens". 

 

Pas mal...hein? 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 13:26

L'art d'écouter. Certainement l'art le plus important avec celui de vivre. Les autres viennent loin derrière. La musique, la peinture, l'écriture (etc.) dépendent en fait de notre capacité à transformer en quelque chose de sublime le simple fait d'écouter, d'observer, d'être attentif.

 

Écouter, ouvrir les portes, être présent à ce qui nous entoure, à l'autre. L'art d'écouter est certainement relié à la capacité de s'oublier pour laisser place à autre chose que soi-même. L'analyse, le jugement, l'opinion, autrement dit notre centre et tout le processus de la pensée doivent s'effacer pour que l'écoute devienne Art.

 

Les grands artistes-on peut être artiste sans pratiquer un art!- sont ceux qui ont cette qualité de présence, cette espèce de transparence requise pour être véritablement à l'écoute.

 

En musique, il est évidemment nécessaire d'écouter, de rentrer totalement dans la musique, de faire un avec elle. Pas de séparation entre les sons et le musicien. La musique, particulièrement dans l'improvisation, dirige la musique. C'est elle qui montre le chemin, chaque note étant la flèche, le tremplin pour la note suivante et ainsi de suite. Alors seulement la musique devient une aventure, une route qui se déploie au fur et à mesure devant nous.

 

L'écoute dans la vie de tous les jours devrait atteindre ce sublime qui permet alors d'apprendre, de rendre à chaque instant la richesse qu'il renferme. Autrement, le présent devient terne et vide, une sorte de prison d'où nous nous échappons par le réflexe de la mémoire, de la connaissance et de l'image que nous nous sommes forgé des gens et des choses. Nous vivons alors constamment dans le passé. Nous refusons le déploiement du présent et trouvons une grande sécurité dans la fixité de nos opinions, de nos jugements, de nos idées.

 

L'art d'écouter permet à la vie de prendre tout son sens. La mémoire avec les connaissances qu'elle contient prend alors sa juste place et n'est plus ce réflexe d'évasion devant l'inconnu, cette fuite devant le vivant.

 

Ce qui est vivant est toujours imprévisible, toujours en mouvement.

 

Le présent est mouvement. Vouloir appréhender le présent avec le passé c'est le conflit garantie.

 

N'est-ce pas ce que l'on peut observer quotidiennement autour de nous?

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