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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 00:24
Les sages nous apprennent que la médisance met en danger au moins trois personnes: celle qui médit, celle qui écoute et celle dont on parle 

 

La médisance puise au fond des ragots dans le mesquin dessein de fausser les perceptions. 

 

La médisance perquisitionne dans la mauvaise foi afin de semer la méprise, de forcer les doutes et d’entacher les honneurs.

 

La médisance n’a pas le verbe direct, les débats constructeurs lui sont langue étrangère. Elle est non-initiative, elle préfère l’inertie. 

 

Sa phobie est l'échange. Des oreilles qui se recroquevillent dans la fausse indignation à la moindre alerte d’une critique argumentée ...

 

La Médisance est inquisition. Elle privilégie le dénigrement pour discréditer ceux qui osent penser.  La médisance se veut la faux à couper l’herbe sous les pieds de l’argumentation et des dialogues d’idées. La médisance est lâche, parce qu’elle ne peut accuser de front. Elle préfère le louvoiement.

 

La médisance dénigre. 

 

La médisance se nourrit de la justification de ses victimes. 

 

La Médisance est un relent stratagème de la pensée unique. 

Published by Yannick Rieu - dans Culture
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 17:27

Le jazz traîne avec lui, et depuis longtemps, une aura un peu sulfureuse. Cette image lui colle à la peau, souvent avec la complaisance des musiciens eux-mêmes mais aussi de journalistes et afficionados qui ne voient dans cette musique qu'une occasion de s'encanailler, de se frotter à de l'interdit. On connaît tous l'émoi que peut susciter chez certaines personnes les "mauvais garçons". 

 

Cette image s'estompe au fil des ans (heureusement!) mais j'observe, particulièrement au Québec, une pauvreté dans le discours que peuvent tenir les jazz(wo)men sur leur discipline. Il me semble pourtant que les exemples sont nombreux (aux États-Unies et en France particulièrement) en ce qui à trait à l'articulation d'idées, la mise en perpective historique et sociale de cette musique. On a qu'à penser à des John Lewis du Modern Jazz Quartet, Max Roach, John Coltrane, Charles Mingus ou plus près de nous Wynton Marsalis ou Dave Liebman.

 

Tous ces gens et bien d'autres ont su ou savent articuler une idée, pousser leur réflexion au-delà des clichés. Je ne parlerai pas des grosses blagues bien grasses ponctuant des entrevues sans grand intérêt qu'on nous sert trop souvent ici. Entrevues qui ne font que faire perdurer cette image du musicien un peu bête qui, en dehors de la scène, n'a pas grand chose à dire.

 

Ce misérabilisme intellectuel me fatigue, cette attitude illustrant un certain confort dans l'ignorance, voire une fierté d'être un rustre à peine dégrossi me met mal à l'aise. Cette attitude ne sert pas ou plus la cause de cette magnifique musique (l'a-t-elle déjà fait?). 

 

Le jazz mérite le respect et ce respect doit d'abord venir des musiciens eux-mêmes si nous voulons qu'ils soient pris au sérieux et respectés par les décideurs, diffuseurs, producteurs et le public en général. 

 

Aller au bout de ses passions est une grande responsabilité.

 

P.S. Je sais pertinemment que des musiciens d'ici auraient des choses intéressantes à nous dire sur leur travail, leur musique, leur vision, l'angle original qu'ils prennent pour composer etc. J'aimerais les entendre ou les lire!

Published by Yannick Rieu - dans Culture
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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 12:41

La blague n'est pas de moi, elle s'inspire de Coluche qui racontait qu'un type avait "une mine patibulaire mais presque". Patriote mais presque...

 

Des gens, un jour ou une nuit, ont pris les armes pour faire valoir des droits. Impensable aujourd'hui et franchement politiquement incorrecte. Aujourd'hui on doit défendre ses intérêts avec des mots, des pétitions ou à l'instar des patriotes des boycottes (voir texte ci-bas). J'oubliais le vote. Ah! Le vote! Si le vote pouvait changer le système, il serait illégal (pas de moi non plus). 

 

J'ai comme l'impression que notre impuissance (les moyens légaux et acceptables dans nos sociétés) a été programmé. On peut dire à peu près tout ce que l'on veut...tant que ça ne dérange pas le système en place. On peut décrier, analyser, défendre des idées, hurler. On peut faire tout ça dans la rue (quoique de moins en moins...), dans les journaux, les blogues et même dans de somptueuses revues avec papier glacé et en couleur ma chère!

 

Qu'on ne s'inquiète pas! Nos voix ne parviennent pas jusque dans les bureaux capitonnés des décideurs ou alors comme un murmure (je soupçonne même parfois ces bureaux d'être isolés-et pas uniquement du froid). Ou alors sont-ce des sourds qui en plus, ne veulent pas entendre? Ne seraient-ils sensibles qu'exclusivement aux chants des bien-nantis? Ces sirènes qui serinent de douces mélodies en forme de profit?

 

Non. Pas de violence. Pas de violence. La seule acceptable c'est celle qui n'en porte pas ou plus le nom. C'est la pauvreté, l'humiliation, l'exploitation des humains, des ressources, les attaques récurentes (sous plusieurs formes) contre la santé, l'éducation, le social. Les crises économiques pratiquement fabriquées de toute pièce (clés en main?) qui justifient ces attaques-coupures. 

 

Ces "attaques"?...C'est la guerre alors? Non...C'est la politique, c'est l'économie, la mondialisation... Le progrès quoi...

 

Heureusement nous vivons dans un pays civilisé, démocratique et libre! Heureusement nous vivons dans un pays où ces terroristes (c'est le nom qu'ils porteraient aujourd'hui) sont bannis à tout jamais. Imaginez...Ils étaient vaiment violents ces gens-là...

 

Un (très) bref résumé, pour ceux que ça intéresse, du mouvement des patriotes écrit par Sylvain Beaudoin, adapté par Micheline Champoux:

 

En 1837, une révolte éclata au pays. Cette révolte fut menée par une poignée de patriotes contre le pouvoir anglais. Les patriotes ne voulaient pas que le gouvernement d’Angleterre décide seul des lois du Québec.

Les premières disputes ont commencé au début du 19e siècle. À cette époque, le gouverneur Craig donnait toutes les nouvelles terres aux anglophones. Tous ceux qui prenaient les décisions dans le pays étaient aussi anglophones. Les francophones n’aimaient pas cette situation, mais ils n’avaient pas de vrai chef pour diriger une lutte organisée.

Si tu veux comprendre comment un groupe de francophones a tenté de défendre ses droits, viens avec moi dans le passé et retraçons les principaux événements.

Reportons nous en 1830. Un groupe de jeunes gens, qui veulent dénoncer les injustices, se font élire députés. Leur groupe se nomme « Parti patriote ». Leur chef est Louis-Joseph Papineau. Normalement, les députés sont élus par les gens pour administrer le pays et faire les lois avec le gouvernement.

Mais en 1837, le gouverneur du Québec, alors appelé Bas-Canada, veut diriger seul le pays et ne veut rien discuter avec les députés. Le gouverneur est anglais et les députés sont en majorité francophones. Les députés patriotes pensent que c’est injuste et ils organisent beaucoup de grandes réunions pour demander aux gens de ne pas accepter qu’un seul Anglais décide pour tous les francophones.

Le gouverneur prenait ses ordres du gouvernement d’Angleterre. Les patriotes décident donc de protester en ne payant plus de taxes à l’Angleterre. Ils demandent à la population de ne plus acheter ni vêtements, ni nourriture, ni aucun produit importé d’Angleterre. Ainsi, le gouvernement d’Angleterre ne recevrait pas l’argent des taxes payées à l’achat et la population ne désobéirait à aucune loi.

Voyant cela, le chef de l’armée, Lord Gosford, décide de riposter. Il « met à la porte » tout soldat anglophone ou francophone et tout employé du gouvernement soupçonné d’être du côté des patriotes.

En septembre 1837, un groupe de personnes, surtout des jeunes, forment une association secrète pour organiser une lutte contre ceux qui défendent le gouvernement anglais et contre Lord Gosford, en particulier. Cette association s’appelle « Les Fils de la liberté ».

Les Anglais forment aussi leur association afin d’empêcher les patriotes de faire des assemblées publiques. Ce groupe, le « Doric club », est protégé par l’armée de Gosford. Les rencontres entre les deux associations sont parfois très violentes. Puis, l’armée anglaise entre en scène.

En novembre 1837, l’armée anglaise se bat contre les patriotes à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le 16 novembre, Gosford veut arrêter 26 patriotes. Les patriotes se défendent avec des armes et des fourches. L’armée demande du renfort.

Le 23 novembre, l’armée anglaise attaque le village de Saint-Denis-sur-Richelieu, où se cachent beaucoup de patriotes. Les combats durent toute la journée. À la fin de l’après-midi, l’armée anglaise se retire. Mais ce sera la seule victoire des patriotes.

Le lendemain, dans le village voisin, l’armée gagne. On a dit que plus de 100 patriotes auraient été tués lors de cette bataille. Le 2 décembre, un colonel fait incendier plusieurs maisons à Saint-Denis, pour venger sa défaite de la semaine précédente.

Il y a plusieurs autres petites batailles. Mais le plus gros combat a lieu à Saint-Eustache, au nord de Montréal. Les patriotes s’étaient enfermés dans l’église pour se protéger de l’armée. En voyant cela, les soldats anglais mettent le feu à l’église. En moins de 4 heures, plus de 70 patriotes sont tués.

Le lendemain, les troupes anglaises incendient Saint-Benoît, un village voisin de Sainte-Eustache. Devant tant de défaites, les chefs des patriotes quittent le pays pour ne pas être capturés et exécutés. Ayant perdu leurs chefs, les patriotes cessent de se battre.

Quelques patriotes sont capturés et condamnés à quitter le pays. Le calme revient un peu. Mais, en juillet 1838, un nouveau groupe de patriotes s’organisent dans le plus grand secret. Ce sont les « Frères chasseurs ». Leur organisation ressemble à celle d’une armée.

Ils tentent de causer quelques ennuis aux dirigeants anglais. Beaucoup se font arrêter. Parmi eux, 12 sont pendus à Montréal et 58 sont envoyés en Australie, donc à l'autre bout du monde.

Vers 1840, des dirigeants anglais donnent quelques droits aux francophones. Ceux-ci peuvent participer à l’administration du pays et acquièrent le droit de parler français dans certaines réunions du gouvernement.

 

Trouvez pas que ça fait beaucoup de morts pour une journée de congé?

 

Oui, je sais...J'ai tendance à dépasser les bor(g)nes, mais c'est uniquement parce que j'ai deux yeux pour voir...Et un coeur pour sentir?


Published by Yannick Rieu - dans Culture
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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 15:56

On m'a raconté une histoire dernièrement en lien avec un sujet qui me préoccupe un peu ces temps-ci, certaines valeurs qui ont cours dans notre société québécoise. Voyez plutôt:

 

Une famille aisée (cette petite histoire se passe en Chine), père, mère et deux enfants, vivait confortablement dans une grande ville. Revenues satisfaisants, le père travaillant comme réalisateur dans le domaine du cinéma avec quelques succès, éducation des enfants dans de bonnes écoles, niveau de vie permettant de fournir à la famille tout le confort "nécessaire". Je mets nécessaire entre guillemets car voilà le hic. Aux yeux du père (il provenait d'une région très pauvre), les enfants devenaient trop gâtés à son goût. Il proposa (j'ai l'impression qu'il ne leurs laissa pas le choix...) à ceux-ci de passer une année dans sa région natale encore très pauvre afin de les secouer un peu, de leur faire vivre une expérience différente, leur faire prendre conscience d'une autre réalité. Bref de les éduquer...Il partit donc avec sa marmaille.

 

Vous imaginez bien que les premiers jours furent difficiles! Les conditions de vie étaient dures. Pas d'électricité, l'eau qu'il fallait chercher tous les jours, cultiver le bout de terrain sur lequel ils vivaient etc.

 

Après quelques mois de ce régime il nota de grands changements dans l'attitude de ses enfants. Rapprochement avec la nature, plus grande créativité (pas d'ordinateur, pas de jeux tout faits, de cinéma, de télévision etc.) dans leurs passe-temps, découverte de l'amitié avec des gens simples, (re)découverte de plaisirs "anodins": coucher de soleil, le ciel, observation du vivant (plantes, animaux), préoccupation et capacité à prévoir le temps (parfois vital pour les cultivateurs qu'ils étaient devenus!) et j'en passe.

 

Ce que beaucoup de ses amis qualifiaient d'insensé dans cette démarche est devenu une demande et chaque année plusieurs familles se rendent à cet endroit pour faire vivre à leurs enfants "autre chose", différentes valeurs que ce que la société propose (impose?).

 

Le plus facile n'est pas toujours souhaitable. Ce que j'entends depuis que mes enfants fréquentent l'école? Rendre les choses plus facile. La dernière? L'utilisation du Ipad au premier secondaire. 

 

Prétextant que des études ont été faites au Québec (j'ai vérifié. Les études en question mettent beaucoup de conditions pour que cet outil soit vraiment utile: logiciel adaptés, applications également adaptées au travail et à l'étude, utilisation approprié par le professeur). On m'a d'abord souligné que cela allégeait le sac des élèves (ce qui a été contredit par des élèves dans un reportage réalisé dans une école préconisant le Ipad) et qu'il était plus facile pour eux de chercher des mots dans le dictionnaire du Ipad. À mon avis ces arguments ne sont pas très solides...

 

Toujours dans le reportage, le journaliste a été stupéfait lorsqu'il visita la salle commune des étudiants. Presque tout le monde avait son nez collé sur son Ipad...

 

Le reportage se termine par une rencontre avec les parents d'un élève. Un des deux parents, sans être trop convaincu, nomme quelques bienfaits du Ipad mais lorsqu'il propose (bien innocemment!) de bloquer les réseaux sociaux (twiter, facebook et autres) pendant les cours, leur fils prend alors sa tête entre ses mains en signe de désespoir.

 

Je ne suis pas du tout convaincu de la pertinence de l'utilisation du Ipad à l'école. J'ai plutôt l'impression que l'on veut jouer la carte de la modernité sans avoir bien saisi l'impact qu'un tel outil va avoir sur les étudiants. 

 

Et cette carte, tout le monde veut la jouer! 

Les choses vont tellement vite...Trop vite.

 

 

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 14:12

Nous nous sommes levés tôt ce matin. 6H00. Le soleil, lui, est toujours couché mais bientôt il daignera étirer ses rayons jusqu’à nous. En attendant, le ciel est rouge tirant vers le orange à mesure que le temps passe. Les corbeaux sont les seuls, avec quelques nuages, à occuper le ciel.

 

Je ne suis pas catholique, pas baptisé.

 

Cette nouvelle provoqua une sainte (le mot est bien choisi) frayeur chez ma maîtresse de 6ième année lorsqu’elle apprit cela. Pas baptisé ! C’était pour elle le moyen le plus sûr d’aller directement en enfer et de mener une vie loin de l’amour de son Dieu qui, d’après ce que j’en avais compris lors des cours de catéchèse obligatoire (nous sommes en 1970), nous aimait d’un amour inconditionnel. Inconditionnel ? Dans ma petite tête d’enfant quelque chose clochait. Je n’arrivais pas à comprendre qu’un Dieu pouvait en même temps réclamer le baptême pour faire partie de son Église afin de profiter de son amour...inconditionnel et dans un même souffle exclure tous ceux qui ne passaient pas par cette cérémonie.

 

Dès l’âge de 11 ans j’ai compris qu’une telle contradiction ne pouvait provenir que d’une construction humaine. Nous sommes très forts à ce jeu.

 

Cela a confirmé ma totale indifférence à toutes formes de religions ou de croyances organisées. Trop humain tout cela...La foi m’était inutile et l’est toujours.

 

Par contre j’ai toujours gardé cette capacité d’émerveillement devant la vie, le fait d’être vivant, devant l’incroyable beauté de la nature. Les sons, les odeurs, les couleurs, le ciel...Le ciel ! Combien de temps ai-je passé à observer les ciels étoilés à me laisser happer par l’infini ?  Le voilà pour moi l’incroyable, le magnifique, l’incompréhensible, le miraculeux ! Il est ici et pas ailleurs.

 

Devant un ciel pur j’ai tendance à fermer ma gueule...

 

Il est 6H30 maintenant. Avec mes deux filles nous allons chercher de l’eau de Pâques. Prétexte.

 

Une source coule pas très loin de chez moi. L’eau est limpide, fraîche et légèrement sulfureuse. Petite expédition avec bouteilles, casseroles, bidons. Prétexte pour être ensemble avec une « mission ». Être reliés.

 

Pour moi c’est ça être religieux. Aller chercher de l’eau. Regarder, observer et me rendre compte de ma petitesse et de mon insignifiance merveilleuse.

 

Il est 7H00. Nous rentrons à la maison. Les filles vont se recoucher. Je me fais un café et j’ouvre la radio. Les nouvelles.

 

1ière nouvelle : Le Pape nous souhaite une joyeuse Pâques et discoure sur les problèmes dans le monde. Vas-y mon vieux...cause toujours.  2ième nouvelle : 24000 enfants ont besoin des banques alimentaires pour se nourrir à Montréal, 60000 au Québec, 340000 au Canada. 3ième nouvelle : les évasions fiscales font perdre des milliards au Québec et au Canada.

 

Je ferme la radio.

 

Le soleil est levé maintenant.

 

Une autre belle journée printanière s’annonce.

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 19:41

Quand on parle de culture, nous viennent à l'esprit presque immédiatement les Arts (la musique, la peinture, la littérature etc.) ou les sciences et nos connaissances relatives à ces réalisations humaines. Il y a certes une grande jouissance à naviguer, lire, regarder, écouter, sentir, être ému ou touché par des oeuvres qui jalonnent l'Histoire humaine. Cette jouissance est et reste suffisante pour la plupart des gens, certains allant jusqu'à affirmer qu'elle justifie à elle seule le fait d'être ou de vouloir être cultivé. 

 

Évacuer les motivations sous-jacentes à ce désir de savoir pour savoir, apprendre pour apprendre ne fait pas disparaître ces motivations comme par magie.

 

Le fait d'être cultivé (je parle ici de cette culture qui sert de poli, de "finish" qui donne un ascendant évident à ceux qui en sont pourvus sur ceux qui en sont dépourvus, justifiant une hiérarchie et un élitisme qui fait dire à cette élite depuis des centaines années que le peuple-ignorant- ne peut se diriger lui-même et qu'il lui faut des maîtres pour le mener) n'empêche en rien les abus de toutes sortes.

 

Prenons un exemple assez révélateur de ce qui vient d'être avancé.

 

Il est d'abord assez fascinant et surprenant de constater que les premiers ministères de la culture ont été établis par des états totalitaires. Mussolini, Hitler et Staline ont été les premiers a institué de tels ministères sachant pertinament que le contrôle de la culture, décider de ce qui relevait de la culture ou non, ce qui fait sens dans une société, favorisait la mainmise des esprits facilitant l'exercice du pouvoir par des voies en apparence anodines.

 

Après la seconde guerre mondiale, plusieurs gouvernements se sont rendu compte que le fascisme avait été soutenu par des gens cultivés qui ne voyaient pas de contradictions entre le fait d'être instruits et de préférer le fascisme à la démocratie. On pouvait être cultivé et nazi!

 

La culture comme somme des connaissances sur divers sujets, les Arts ou les sciences, (comme on a tendance à se la représenter) et sa délectation ne suffisent pas à empêcher les orientations, parfois meurtrières et racistes, de se développer dans des têtes en apparences bien faites. Simple constat historique. Implacable.

 

Certains pays, la France par exemple, ont décidé après le seconde guerre mondiale et devant le constat de l'innopérance de la culture face aux développement d'idées fascisantes et à ses déplorables résultats de bâtir un ministère de la culture qui incluerait l'éducation politique en plus de la promotion et le soutien de la culture "artistique". Rapidement, l'éducation politique a été abandonné au profit exclusif de l'artistique. Pas tellement surprenant et compréhensible.

 

Pourrait-on imaginer des cours, objectifs (dans la mesure du possible...), sur la compréhension véritable des enjeux du pouvoir, des politiques intérieures et étrangères, de la fonction de la finance et des grandes banques, bref sur toute la machinerie et la structure de nos sociétés? Cours donnés par des gens qui n'auraient aucun intérêt à présenter les choses sous un jour qui favoriserait tel ou tel pouvoir ou parti politique. Un peu comme comprendre comment fonctionne une voiture. Quel serait le résultat?

 

Ainsi la culture est devenue le symbole de la puissance d'un pays à travers tout ce qu'il produit d'élite et sa réduction à la question artistique et scientifique une catastrophe intellectuelle majeure.

 

Le jugement politique est un jugement de valeur. Si je dis que l'égalité des sexes, dans une société "x", est mieux que la suprématie masculine, j'exerce un jugement politique. Un jugement culturel me ferais dire que l'égalité de la femme et de l'homme est l'expression d'une culture et je ne vois pas en quoi cette expression culturelle serait inférieure ou supérieure à une autre qui déclare l'homme supérieur à la femme. Vous voyez la différence? Elle est de taille! 

 

Dépolitiser le "culturel" est une façon très conservatrice de présenter les choses et finalement très...politique!

 

Au cours du siècle dernier on a pu constater que la culture n'a pas suffit à stopper ou même ralentir les desseins sombres de nombreux dirigeants. On peut penser aux deux guerres mondiales mais aussi à beaucoup d'autres conflits tout aussi brutaux et meurtriers, souvent, pour ne pas dire toujours, accomplis et/ou soutenus par des gens dits cultivés.

 

Ce triste constat n'enlève évidemment rien à cette culture "tronquer", mais doit nous faire réfléchir sur la portée de cette culture et sur ce qui seraient les moteurs principaux de cette volonté de se cultiver, à savoir le désir et la jouissance de cette culture.

     

Published by Yannick Rieu - dans Culture
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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 07:31

Il était très habile. Virtuose, possédant une belle sonorité, il connaissait à fond l'harmonie, se gaussant des suites d'accords complexes et modernes. Il possédait une lecture à vue irréprochable jouant les traits les plus difficiles avec aisance. Son jeu était dynamique, son énergie débordante et communicative; il pouvait soulever des salles entières.

 

Il avait beaucoup étudié: Dans des écoles spécialisées où on se penchait sur différentes méthodes, techniques d'écriture, les nuances, l'art d'interpréter et beaucoup de choses encore. Il avait recopié un grand nombres de solos des maîtres qu'il adorait. Ses connaissances techniques et historiques sur la musique faisaient de lui une mine de savoir. Il avait étudié différents concepts musicaux et tiré des idées parfois intéressantes et savantes de ces concepts. Il composait beaucoup mariant rythmes et mélodies surprenantes, charmantes, avec une grande ingéniosité.

 

Son talent ne s'arrête pas là. Il savait ce qu'il fallait faire et dire pour arriver, à qui sourire et plaire, même montrer patte blanche quand il le fallait. Il ne fit et ne dit jamais rien qui puisse nuire à sa carrière, refusant par là toutes velléités, tout combat qui eut entaché la blancheur de la mission qu'il s'était confié: faire de la musique.

 

Justement, cet homme faisait de la musique mais n'était pas Musicien.

 

Que restait-il de ses notes une fois qu'il avait "fait danser" ou distrait le client? Une fois qu'il avait accompagné chanteurs et chanteuses, acteurs et actrices, donné des concerts à gauche et à droite? 

 

Avait-il un coeur pour sentir? Savait-il à quoi peuvent servir les sons une fois qu'il ne s'agit plus de distraire ou simplement remplir le silence qui nous entoure?

 

Il est si difficile d'être un Musicien et si facile de faire de la musique de façon médiocre, se contenter de "faire des gigs".  

 

Est-il possible prétendre aller au fond des choses sans aller au fond de soi-même?

 

Les chemins empruntés, nos actions, nos réflexions sont-ils des prétextes pour s'éloigner de nous-mêmes? 

Published by Yannick Rieu - dans Culture
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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 23:30

Ce texte fait suite à "Hasard et démocratie"

 

La constitution, les élections voilà bien des sujets qui n'intéresse que peu de gens. Et pourtant...

  

 

À quoi sert une constitution?

Toute société a besoin de représentants pour produire et appliquer un droit écrit (la constitution) qui nous protège de l'arbitraire des plus forts. Ces représentants sont donc utiles mais aussi dangereux s'ils se mettent à servir les intérêts d'une caste au lieu de l'intérêt général. La constitution, si elle est bien écrite, nous protège des gens au pouvoir et de leurs abus éventuels. La constitution est au-dessus de tous les pouvoirs et l'enfreindre est une chose grave.

 

La constitution sert à affaiblir les pouvoirs, leur donner des limites qu'ils ne pourront dépasser, ce qui est inhérent à tout pouvoir.

 

"Tous les pouvoirs ont une tendance à abuser" -Montesquieu

 

Si les représentants doivent obéir voire craindre la constitution, il ne faut pas qu'ils l'écrivent.

Cela semble évident. Si c'est le cas, ils vont programmer leur puissance et par le fait même notre impuissance, celle du peuple. Si, comme nous l'avons vu dans le texte "Hasard et démocratie", nos représentants ne représentent plus, dans l'ensemble, l'intérêt général mais des intérêts particuliers-ceux qui les ont aidé ou carrément mis au pouvoir-doit-on laisser ces gens écrire ou réécrire notre constitution?

 

Nos impuissances sont programmées dans la constitution.

Au lieu de nous protéger des abus de pouvoir de toutes sortes la constitution nous enferme dans une espèce de ghetto qui rend pratiquement caduque toute forme de contestation. Pourquoi? Probablement parce que ceux qui écrivent cette constitution ont un intérêt personnel à ne pas écrire une bonne constitution, celle qui protégera le peuple, qui le rendra "puissant". Ils sont juges et parties. Ils ne sont pas mauvais mais nous leur donnons toute la latitude, par notre passivité, pour décider ce que sera cette constitution.

 

Hérodote et la cause des causes

Le point commun de nos impuissances se trouve dans la constitution. La grande majorité des résistants, ceux qui luttent contre les nombreuses injustices sociales ou problèmes sociétaux (écologie, féminisme, pauvreté etc.) s'en prennent aux conséquences au lieu de rechercher la cause de tous ces problèmes. La cause des causes.

 

Hérodote nous propose de chercher la cause des causes quand il y a un mal à soigner. Ne vous en prenez pas aux conséquences mais à l'origine de ce mal. Cherchez la cause qui détermine les autres causes.

 

Les élus

Cette impuissance politique qui nous rend si faible provient de la constitution, du texte qui fait que les élus ne sont pas révocables, ils n'ont pas de comptes à rendre, nous sommes dans l'impossibilité de choisir nos candidats (combien de fois ai-je annulé mon vote faute de candidat sérieux), il n'y a pas de référendums populaires prévus pour des enjeux importants (de notre initiative nous ne pouvons décider de pratiquement rien) et un dernier point très important, la monnaie est privatisée; rien dans la constitution n'oblige qu'elle soit publique. Or beaucoup de nos problèmes viennent de cette arnaque qui fait que nos gouvernements doivent emprunter de l'argent à des banques privées et, de ce fait, soumettre leurs politiques à ces créanciers. Toute l'histoire de la dette, du déficit zéro, des coupures de toutes sortes dans le social provient direrectement de cette situation incongrue. L'histoire des banques, à ce chapître, est extrêmement révélateur et en dit long sur le peu de représentativité de nos gouvernements...représentatifs! 

 

Nous ne sommes pas des citoyens

Un citoyen vote ses lois. Nous sommes des électeurs qui subissons les lois écrites par quelqu'un d'autre. Lois écrites et appliquées par des gens qui ne nous représentent plus ou que dans une très petite mesure.

 

Droits des électeurs?

Désigner des maîtres politique qui vont décider à notre place pendant 4 ans, voter pour des candidats les plus avides de pouvoir ou les plus riches pour nous représenter. Voilà le principal droit autour duquel se défini notre "démocratie". Nous avons, bien sûr la liberté de parole tant que celle-ci n'a pas de poids.

 

Souvenez-vous des manifestations étudiantes (pacifiques dans la majorité des cas) qui se sont élargies au cours des semaines à la population (des centaines de milliers de personnes!) Quelle a été la réponse du gouvernement? La répression et des gestes qui nous ont bien montré les limites de notre droit à la parole. Les tactiques gouvernementales concernant les manifestations sont de diaboliser ces mouvements en faisant croire que ceux-ci sont hautement dangereux et violents. Museler la parole peut prendre diverses formes. La loi 78 promulguée au printemps dernier en est un exemple.

 

Même devant la trahison de nos représentants, notamment (il y en a d'autres!) dans l'affaire Petrolia (Anticosti), où un gouvernement a littéralement donner de riches gisements (plusieurs milliards de dollars!) au privé, nous sommes sans voix et impuissants.

 

Tirage au sort

Si le tirage au sort donne le pouvoir aux gens ordinaires comme vous et moi et que l'élection donne le pouvoir aux riches, combien de temps allons-nous défendre l'élection comme moyen de se faire gouverner?

 

Pourquoi tenons-nous à l'élection? Alors que nous voyons que l'élection est anti-démocratique et ne sert qu'à mettre au pouvoir une caste des oligarchiques? Pourquoi sommes-nous si attachés au scrutin électoral?

 

Je crois que nous sommes devant un mythe. Depuis l'enfance on nous apprend que élection=démocratie. On nous le répète sur tous les tons, sur toutes les tribunes. À force de répétition ce mensonge est devenu vérité. On finit non seulement par le croire mais c'est devenu une évidence qu'il n'est plus permis de remettre en question.

 

Cette intoxication sera évidemment difficile à faire comprendre et admettre. Remettre les mots à l'endroit est périlleux et demande un minimum d'ouverture et de passion.

 

On ne peut pas se permettre le luxe de mettre des gens qui veulent le pouvoir au pouvoir. Les gens justes ne veulent pas le pouvoir. Or l'élection les écarte systématiquement.

 

Le tirage au sort à Athène donnait un peu de pouvoir, pas longtemps, jamais deux fois de suite. Une série de contrôles s'appliquaient aux personnes désignées. Affaiblis par le tirage au sort, les représentants se trouvaient dans la quasi impossibilité d'abuser du pouvoir et s'ils le faisaient, ils en payaient le prix. La souveraineté du peuple était ainsi garantie.

 

Les représentants restent les serviteurs et non les maîtres d'un pays, d'une nation. 

 


Published by Yannick Rieu - dans Culture
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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 08:31

Affirmer que la France est présente au Mali pour le libérer  me paraît un peu fort voire honteux et relève quelque peu du cynisme. Elle a été derrière la chute du Président Modibo Keïta (au pouvoir de 1960 1966, socialiste et anti-colonialiste) et pendant 23 ans a soutenu le dictateur Moussa Traoré, personnage sanglant au service des intérêts français comme beaucoup d'autres dictateurs installés par les puissances occidentales en Afrique (ou ailleurs) et qui sont des marionnettes complaisantes avec ceux qui les ont aidé à prendre le pouvoir.

 

 

On pourrait, encore une fois, qualifier de cynique le fait de mettre un embargo sur la fourniture d'armes au Mali décrété par la France et ensuite "voler" à son secours pour lutter contre les islamistes parce que celui-ci est trop faible. D'ailleurs pour faire "fleurir" le printemps arabe, n'a-t-on pas armé certaines branches islamistes que l'on combat aujourd'hui?  On se fout de qui ici ?

 

 

Je crois que pour comprendre et faire comprendre il faut en premier lieu regarder du côté des intérêts (pétrole, gaz, or, bientôt uranium-le Niger qui jouxte le Mali en regorge et se trouve être le 3ième plus important exportateur au monde) et bien sûr la place géo-stratégique que représente le Mali en Afrique).

 

 

Comment expliquer la grande pauvreté d'un pays regorgeant de richesse comme le Mali si ce n'est par le fait qu'il est littéralement pillé depuis des dizaines d'années? Le partage des richesses, comme le voulait le premier président malien Modibo Keïta, est très mal vu des multinationales et par ceux qui protègent leurs intérêts.

 

 

Et le Qatar dans tout ça? Lui qui est un "allié" de la France et qui arme les islamistes? Étrange n'est-ce pas? Faudrait fouiller un peu plus...

 

 

Je crois que le combat contre les islamistes extrémistes (qu'on pourrait justifier à un certain niveau) n'est souvent qu'un prétexte pour continuer une politique néo-colonialiste qui enrichit des nébuleuses, des réseaux ou lobbies spécifiques qui n'ont que faire des batailles dites religieuses, de la démocratie et de la liberté. Leurs intérêts restent la pierre angulaire de leur combat, au mépris des peuples, de leur liberté, leur droit au développement et à leur indépendance.

 

Rappel des 5 principes de la propagande de guerre

 

1-Cacher les intérêts

2-Cacher l'histoire

3-Se faire passer pour la victime ou le défenseur de la victime

4-Diaboliser, déshumaniser l'adversaire

5-Monopoliser ou empêcher le débat

Published by Yannick Rieu - dans Culture
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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 17:01

Peut-être connaissez-vous le livre de La Boetie qui traîte de la servitude volontaire. Il nous entretient de la servitude des peuples et que pour en sortir il suffit de dire "non", de ne pas accepter cette servilité. Les forts sont forts parce que nous le voulons bien. C'est nous qui leur donnons la possibilité de nous asservir. Ce livre, petit bijou, devrait être obligatoirement lu (et compris) dans nos écoles. 

 

Dans un autre ordre d'idée mais avec de semblables résultats il est tout aussi malsain de se croire informé alors que ce n'est pas le cas (on a souvent la "forme" via les médias dominants mais pas toujours le fond) et de se penser également en démocratie alors que ce n'est pas le cas non plus. Prendre conscience de ces deux faits demande un certain effort, un peu de recherche et de réflexion.

 

Se poser les bonnes questions, aller au-delà de ce qui paraît évident de prime abord s'exprime et prend forme, dans un premier temps, par le refus, la négation, le doute. Ces attitudes passent, la plupart du temps, pour négatives et anti-productives dans notre société où certains questionnements deviennent parfois suspect, indisposent et mettent mal à l'aise à tout le moins. Elles sont, n'en déplaise aux défenseurs du politiquement correct, les bases par lesquels des changements significatifs pourront voir le jour. Refuser les évidences (souvent présentées comme telles) est un signe de santé mentale.

 

Se méfier des évidences ou des idées qu'on nous présente. La démocratie. Je suis certain que la plupart d'entre nous sommes convaincus de vivre dans une démocratie. Mais que renferme ce concept si nous lui redonnons la substance dont il a été vidé au cours des années?

 

Revenons un peu en arrière.

Fin 18ième siècle les régimes ne se nommaient pas "démocratiques". Les gens qui détenaient le pouvoir à ce moment savaient très bien ce qu'était une vraie démocratie et ils n'en voulaient pas. Le pouvoir détenu par le peuple était impensable. À ce moment-là on avait pas en tête de bâtir une démocratie du type athénien (voir plus bas). Pour ces gens, la démocratie était synonyme d'anarchie, le peuple étant incapable, selon eux, de gérer ses affaires. On peut comprendre leur attitude car ils sortaient de régimes bien pire. Il est intéressant de noter qu'à ce moment le mot démocratie était péjoratif, une insulte, ce n'était pas un mot positif comme il est devenu aujourd'hui.

 

Début 19ième siècle un glissement s'est produit et on a désigné les régimes mû par des "gouvernements représentatifs" par le mot démocratie. Or ce n'est pas du tout la même chose! Pourquoi ce glissement? Peut-être le livre de Tocqueville "De la démocratie en Amérique" y est pour quelque chose ou, plus vraisemblable, à cause d'un point commun entre ces régimes: L'égalité. Il faut cependant souligner que le centre du régime athénien était l'égalité politique réel alors que l'égalité politique dans un gouvernement représentatif est formel et factice, elle n'est pas réelle. Elle porte sur des détails et pas sur l'essentiel. L'historien américain Samuel Williams, en 1794, écrivait que "la représentation (notre système actuel)(...) a été graduellement introduite en Europe par les monarques; non pas avec l'intention de favoriser les droits des peuples, mais comme le meilleur moyen de lever de l'argent".

 

Plus personne, ou presque, ne remet en question le fait que nous serions supposé de vivre en démocratie. Les médias, les hommes et femmes politique, la grande majorité des professeurs et tout un chacun, peu de personnes osent aller plus loin que cette apparente évidence: nos vivons dans une démocratie, le vote électoral en fait foi. Il ne nous même plus à l'idée de questionner. Depuis l'enfance on nous apprend que démocratie=élection. 

 

En principe nous devrions voter pour ceux qui sont les mieux placés pour défendre le bien commun. Nous allons voir qu'il n'en est rien.

 

Nous votons en fait pour des professionels de la politique, des "spécialistes du bien commun" et nous trouvons tout-à-fait normal d'élire des gens dont c'est le métier, la profession, de gérer une nation, un pays. Cette façon de faire s'apparente très fortement à l'aristocratie (les meilleurs au pouvoir) et n'est pas du tout le concept que l'on retrouve à l'origine de la démocratie athénienne dont nous nous sommes inspiré. Ce qui est aristocratique ou s'en approche, les procédures qui s'en inspirent dangereusement, sont voués à une dérive oligarchique, ce qu'on peut observer aujourd'hui: un gouvernement de quelques-uns qui se sont "autonomisés", ne dépendant plus et ne travaillant plus pour le plus grand nombre mais bien pour ceux qui les ont financé ou qui sont à même de leur donner des avantages de toutes sortes. 

 

Pour illuster ce qui vient d'être dit, on peut se rappeler cette video prise à Sagard (le domaine de Desmarais) où beaucoup de nos politiciens (on pouvait y voir les Charest, Bouchard, Mulroney, Chrétien entre autres) faire acte de présence. La video en a choqué plus d'un car on pouvait constater de visu ce qu'on tente de nous cacher la plupart du temps: l'accointance évidente entre nos représentants et les gens détenant le réel pouvoir, l'argent.  

 

On pourrait prendre la commission Charbonneau comme une autre illustration de la dérive de notre "démocratie". Tout un système de corruption généralisé et relié directement à notre façon de concevoir cette "démocratie". Cette corruption systémique pourrait être contrôler en partie (il y aura toujours des gens malhonnêtes, quel que soit le système) par, en premier lieu, une prise de conscience et une compréhension juste de la structure du scrutin électoral pratiqué aujourd'hui dans nos sociétés et de ses aboutissements logiques et inéluctables.

 

L'élection, parce qu'elle implique la compétition électorale qui, à grande échelle, doit être financée, porte en elle la corruption des élus par ceux qui ont financé cette campagne. Ce n'est pas nouveau mais c'est central!

 

Chaque année, à Davos, des représentants des principales multinationnales et les représentants des pays les plus riches se réunissent pour discuter économie. On ne sait que peu de choses qui sont décidées lors de cette rencontre annuelle. Est-ce bien une façon démocratique de procéder? Qui représente la voix du peuple? Les élus? Avec ce que l'on sait de l'élection on peut douter sans tomber dans le complotisme qu'il y a là un problème de gouvernance.  

 

Une pantomime de pouvoir s'exerce, les élus étant au service de ceux qui peuvent leur fournir les moyens d'être et de garder le pouvoir. L'élection devient alors le contraire de la démocratie dans la mesure où c'est un abandon du pouvoir du peuple au profit des gens qui seront ni plus ni moins que ses maîtres qui décideront à sa place.

 

L'élection empêche la démocratie de s'épanouir? Quoi? Mais c'est une évidence que de dire que nous sommes en démocratie parce que nous votons! C'est ce qu'on nous serine depuis l'enfance.

  

Il se trouve que le système athénien (qui fonctionna pendant 200 ans), loin d'être parfait mais tout de même intéressant, utilisait le hasard pour placer des gens au pouvoir. Bien entendu, tout une série de contrôles et de vérifications étaient en place pour vérifier avant, pendant et après l'exercice du pouvoir des gens ainsi désignés. Les mandats étaient de 6 mois à 1 an non renouvelable. De plus les gens choisis étaient imputables et punis si il y avait eu abus, détournement de pouvoir ou autres problèmes reliés à l'exercice de leur mandat. Je reviendrai plus en détail sur une possible démocratie (la vraie) dans un texte à venir.

 

Le premier réflexe qui nous vient à l'esprit: mais ces gens n'étaient pas compétents! Ah oui? Et nos politiciens le sont peut-être? Pas moins pas plus! Le pouvoir attire beaucoup de gens qui veulent le pouvoir pour le pouvoir, or ce sont ceux qu'il faudrait à tout prix écarter!! L'honnêteté est plus importante que la compétence à ce stade.

 

Alain:"le trait le plus visible de l'homme juste est de ne point vouloir gouverner les autres, il veut seulement se gouverner lui-même. Cela décide de tout. Autant dire que les pires gouverneront."

 

Platon:"il ne faut pas donner le pouvoir à ceux qui le veulent."

 

Le scrutin électoral, en ce sens, ne sélectionne que les pires! 

 

Nous sommes arrivés à une organisation politique qui fait de l'élection le rouage principal de la désignation politique. Si ceux qui sont désignés travaillent en fait pour ceux qui les ont financé, on peut comprendre beaucoup de choses et remettre en perspective beaucoup d'attitudes politiques de nos dirigeants. De plus un problème de sémantique apparaît clairement: nous désignons le régime qui pose problème de nom de la solution...Démocratie.

 

Il faut un réel travail sur soi-même pour sortir du catéchisme élection=démocratie.

 

Je reprends et résume à grands traits une conférence donné par Etienne Chouard visible sur Youtube. 

 

Bonne recherche! 

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