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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 14:57

Le changement. Ces temps-ci beaucoup de gens prennent conscience qu'un changement sera nécessaire si, collectivement, nous voulons une société viable avec plus de justice, moins de pollution, moins de violence, plus d'équité entre nous tous. À quel niveau ce changement, pour être vraiment porteur, sera nécessaire?

 

On peut se poser la question: Est-ce que nous voulons des changements profonds, non pas seulement dans la forme (les systèmes) mais dans le contenu (nous-mêmes), ou seulement notre part du gâteau?

 

Plusieurs changements ou révolutions se sont déroulés dans le passé, apportant de légères améliorations mais fondamentalement nous sommes restés les mêmes. Un bref tour d'horizon planétaire nous montre que nous n'avons pas résolu grand chose: la même violence, le même manque de justice, la même iniquité, le même désir de dominer l'autre. 

 

Les guerres n'ont jamais cessées, l'ambition et l'envie ont toujours été les principaux moteurs ou vecteurs de changements. Nous avons fait de grands progrès techniques mais globalement nous n'avons jamais opéré de révolution psychologique. Les résultats sont catastrophiques. 

 

Malgré tout notre savoir, nos connaissances, nos moyens de communications, nos philosophies, nos expériences de toutes sortes, nous ne sommes jamais sortis de notre "inhumanité". Le choc des idées reste dans son ensemble qu'un choc et celui-ci demeure bien stérile dans une large mesure. Dans le meilleur des cas une compréhension (bien insuffisante vu la gravité de notre situation) théorique de l'urgence de changement se produit sans pour autant aboutir sur des actions que ces changements appellent. Si action il y a, ce sera dans une sphère très limitée de notre vie ou société et nettement insuffisante.

 

Au cours de l'Histoire, nous avons changé de char mais pas le conducteur et le fait d'avoir une meilleure voiture ne fait pas de nous de meilleurs conducteurs. Que le volant de la voiture soit à gauche ou à droite a bien peu d'importance, que le conducteur ait les deux mains sur le volant-dixit Charest-ou non semble ne pas être de première importance non plus.

 

Nous pensons qu'en changeant de système nous allons régler les choses. Nous oublions peut-être que ces systèmes sont construits et développés par notre pensée et que tant que cette pensée sera déficiente tous les systèmes conçus et développés par cette pensée ne seront que l'image de celle-ci:déficients. Monarchie, communisme, socialisme, capitalisme, nationalisme etc., tous ces "chars" iront là où le conducteur les emmène. Regardons l'Histoire et tirons les conclusions qui s'imposent...

 

Nous sommes remplis d'idéaux et sommes peu conscients du fait que ce sont ces mêmes idéaux qui sont une source de problèmes, aussi nobles soient-ils. Tous les systèmes sont une source de séparation et de conflits entre les Hommes. C'est leur nature même qui engendre ces conflits. Pourquoi?

 

Parce que toute tentative de s'insérer dans un moule social ou religieux (capitalisme, socialisme, chrétien, canadien, etc.) fait que nous perdons notre liberté. Nous réagissons en tant que capitaliste, socialiste, chrétien, canadien etc.. Nous devenons des imitateurs et des répétiteurs et cessons d'être des individus totalement libres. Nous réagissons mécaniquement et d'une façon (pré)déterminée aux problèmes qui surviennent.

 

Une prise de conscience de ce qui me semble être un fait et un recul par rapport à notre condition qui découle de cette culture de l'imitation, même si elle est millénaire et profonde, me paraît une voie intéressante sinon vitale.

 

Remettre en question le conducteur plutôt que de changer de char est peut-être le début d'une véritable révolution.


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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 13:59

Il apparaît clair pour de plus en plus de gens qu'une institution qui ne représente plus la justice devra être renversée. Il est (malheureusement) logique et sain de se mettre à détester ceux qui représentent l'injustice. C'est Jean Paul Sartre qui disait:"...que la haine des classes (est un) sentiment fondamental que l'exploitation suscite chez tout exploité". Ce n'est pas en mettant en cage qu'on pacifie. Cette cage, toute dorée qu'elle soit, reste une cage. Ce qui reste d'animal en nous le sait bien.

 

Non, je ne présenterai pas mon autre joue pour que vous puissiez à nouveau me frapper. Je ne vous pardonnerai pas tout de suite votre arrogance, votre mépris, vos paroles hautaines et froides, votre égoïsme et votre cynisme. Plus tard. Si vous m'en donnez l'occasion.

 

On nous dit et explique qu'il faut respecter nos institutions et la justice (loi C-78). Or respecter ce qui ne l'est pas fait de nous des abrutis, des chiens savants démunis de réflexion et de capacité à mettre les choses en perspective. Le respect peut parfois nous rendre complice de ce qui est inacceptable, l'Histoire nous l'aura appris. Le manque de respect, dans des moments particuliers, nous rend plus démocrate, plus citoyen, plus humain. 

 

Obéir est une bonne chose mais désobéir devient par moment la seule issue pour faire avancer une société. C'est cette intelligence si souvent admirée qui nous fait dire:"NON!" La négation devient du positif, élaguer pour favoriser les repousses, refuser pour permettre.

 

La réplique à l'oppression sera d'autant plus forte que l'oppression aura été lourde. Elle est un signe de santé, un signe de vitalité. 

 

Nous sommes désolés si parfois cette réplique a un visage peu avenant, si son discours paraît partir dans tous les sens, s'il n'est pas toujours articulé (mea culpa), s'il n'est pas toujours politiquement correct. Cette réplique possède à tout le moins la qualité d'être vivante et d'exister. 

 

Nous sommes désolés qu'une certaine élite politique et médiatique ne comprennent pas ou plutôt ne semblent pas vouloir comprendre les signes pourtant évident que ce qu'on nous propose dans le projet néo-libéral ne nous intéresse pas vraiment. Nous sommes civilisés. Ce qu'on nous propose s'éloigne de ce qui fait de nous des êtres humains.

 

Non, nous ne sommes pas des consommateurs. Nous sommes des citoyens. Nous refusons d'être un simple engrenage d'une machine qui semble nous ignorer alors que sans nous elle s'effondrerait dans la minute. Le système dépend de notre bon vouloir.

 

Or, nous sommes de plus en plus à ne plus vouloir.

 

Nous sommes les grains de sable qui formeront les plages du changement.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 19:45

Le choix, la possibilité du choix de l'être est-il lié à la liberté? Choisit-on son essence? Ce que nous sommes? De quoi dépend notre sensibilité ou insensibilité à ce qui nous entoure? Les qualités et défauts qui nous définissent proviennent-ils d'un choix que l'on aura fait? Un espèce d'idéal que l'on se fait de soi-même ou de ce que devrait être un humain? Et cet idéal, d'où le tenons-nous? Est-ce vraiment le nôtre?

 

Nous transportons tous cette douleur sourde, diffuse mais tenace tout au long de notre vie. Il arrive que nous l'oubliions, occupés que nous sommes à gagner cette vie ou lors de petits bonheurs éphémères mais cette angoisse reste en fond de scène et revient inlassablement nous hanter dans nos moments de lucidité.

 

Elle reste probablement le moteur principal de nos actions et de nos passions, ceux-ci étant souvent que des prétextes ou des paravents pour éloigner ce bruit de fond qui colore notre existence.

 

Peut-on parler de liberté si nous passons une vie à "réagir" à ce bruit de fond? À parcourir notre sentier à l'aulne de cette angoisse perpétuelle? À détourner constamment notre regard, ne pas vouloir entendre ne fait-il pas de nous les pires sourds? Ce sentiment d'impuissance constant face à nous-mêmes, ce constat de notre grande fragilité, de notre peur de ce que nous sommes est peut-être ce qui nous pousse à croire que nous sommes devant des choix.

 

Le choix d'être non-violent, ce n'est qu'un exemple, est peut-être une réponse à notre incapacité à voir la violence en nous-mêmes. Ne pas vouloir affronter ce fait par toutes sortes de stratagèmes me semble une réponse bien insatisfaisante et un peu hypocrite. Nous nous déclarons non-violent et poursuivons notre chemin brutal, (compétition, désir de réussite, insensibilité aux autres, satisfactions puérils de nos désirs etc.) satisfait de l'image que nous nous projetons et projetons sur les autres.

 

Notre insensibilité mis au rang de vertu dans notre société nous fait croire que nous sommes devant des choix. En fait selon moi, c'est cette même insensibilité qui nous isole, nous rend malheureux, tièdes, appeurés. Et la peur n'est jamais bonne conseillère.

 

Si nous aimions vraiment, soi, les autres, la nature, aucun choix ne s'offrirait à nous. Le feu qui brûlerait en nous nous mettrait devant des évidences et stopperait toute séparation entre notre pensée et notre action, les deux se confondraient en un seul et même mouvement.

 

Nous en sommes loin.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 08:05

Combien de précision dans la pensée et combien de sécheresse dans le geste. Nous sommes constamment submergés par un flot de paroles et d'écrits. Joindre le geste à la parole demande du courage. On peut rester barricadé derrière des théories, les fignoler, expliquer pourquoi telle idée vaut mieux que telle autre, quel mouvement portera en lui des fruits ou non, disséquer, soupeser, se porter vers qui de gauche qui de droite, être d'accord ou non, on peut citer, se proclamer de telle(s) école(s) de pensée, rapporter les bons mots, s'aligner...Tout cela est bon mais... 

 

Si une image vaut mille mots, un geste en vaut encore plus me semble-t-il. L'art prend tout son sens dans le geste ou dans la parole lorsqu'il s'agit de poésie; la parole, alors, devenant le geste. Sentir les choses, même si on ne sait pas forcément mettre des mots sur ce que l'on sent, passe, pour moi, avant le discours sur les choses. Savoir n'est pas connaître. Et l'on ne connait bien que ce que l'on sent, ce que l'on a fait "sien". 

 

On est intelligent qu'au-dessus du coeur disait Jacques Brel rejoint en cela par krishnamurti, philosophe hors norme si je puis dire, en ce sens qu'il a toujours fait un lien entre la parole et le geste. Il n'a jamais séparé sa pensée de son vécu, de sa vie. Son action étant la démonstration constante de sa parole et vice versa. Point de rupture ici, un tout, mot et action, inséparable.

 

La mécanisation de la réflexion fait de nous des machines à penser et n'exige pas d'action. Nous devenons ainsi au fil du temps secs, remplis de théories, de concepts que l'on répète si, par bonheur, quelqu'un appuie sur la bonne touche. Nous régurgitons nos fiches bien classées dans notre cerveau pensant ainsi nous approcher d'une certaine forme d'intelligence qui n'est en fait que du ressassement. 

 

Cette connaissance mémorielle est un poison, un subterfuge et une menace à notre autonomie. Nous qui parlons de liberté sans trop savoir de quoi elle est faite et ce qu'elle suppose, devrions peut-être réfléchir un peu plus sur ce qui favorise sa naissance et ce qu'elle exige.

 

La liberté, il me semble, c'est maintenant. Elle n'est pas un aboutissement, un résultat. Elle ne devrait être dépendante ni des autres, ni de notre savoir ou des contextes politiques. 

 

Une fois la liberté en nous, il reste une vie à faire.

 

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 01:39

Peuples défigurés

Mis à genoux avec élégance

Aujourd'hui asservis

 

Négociant leur propre servitude

Ils exigent de confortables barreaux

Et sont assez sots pour les appeler liberté 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:51

Ce sentier ne mène nulle part

C'est un sentier qui avance et se perd dans le temps

Bordé de savoir et de lianes d'ignorance

Parsemé de doutes et de luttes

De misère et de joies

Il se déroule, se déploie

 

S'arrêter et regarder sous nos pieds qui le foulent

Croyant le maîtriser alors que c'est lui qui nous sculpte

Avoir l'intelligence de baisser les yeux

 

Sous le regard des étoiles

Il poursuit son chemin

C'est une rivière sans lendemain

Un océan sans fond

Il nous traverse et nous porte

Nous rend plus humain

 

Fils du silence dont nous sommes l'écho

Ce sentier ne connaît pas sa descendance

 

Il porte sur nous un regard indifférent

Comme l'arbre sur ses fruits

 

Ni paradis ni enfer

Simplement une vie à faire

 

Ce sentier, je l'aimerai jusqu'à la fin de toujours

 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 13:50

On ne peut que constater ces jours-ci qu'un certain langage est utilisé pour faire entendre des points de vue, pour exiger des changements, pour faire valoir des droits.

 

Le langage de la rue.

 

Entendons-nous bien. On sort dans la rue, on tape sur des casseroles, on défie la loi 78, on marche, on manifeste par milliers, on ridiculise souvent avec beaucoup d'humour. Bref on utilise toutes sortes de moyens qui ne sont pas disons...réguliers ou normaux, certains diraient civilisés...

 

On peut lire des articles de chroniqueurs qui s'offusquent, qui disent que dans un régime démocratique les choses se règlent au parlement, tranquilement assis. Que la raison doit faire son chemin, que les discussions seraient le moyen le plus correct de régler les conflits (c'est ce qu'on nous apprend à l'école), que la parole dans le monde moderne serait le seul moyen de communication, en tous cas le plus respectable. Soit.

 

Ces chroniqueurs et tous ces gens qui s'offusquent de voir les manifestations se dérouler soir après soir, même si ces manifestations sont, la plupart du temps, pacifiques et bon-enfants, ces chroniqueurs et autres gens dis-je, me paraissent soit d'une grande hypocrisie ou d'un aveuglement suspect.

 

Est-ce que ces gens qui semblent être porteurs à eux seul de la civilisation du bon-sens, pourront nous expliquer pourquoi alors le pays démocratique par excellence, présenté comme tel, les États-Unies, ont un budget militaire de plus de 708 milliards de dollars (2010)? Est-ce pour "discuter" qu'on dépense tant d'argent? Les Américains, apparemment (!), ont compris depuis longtemps que la force était la façon la plus sûr d'obtenir des résultats. Leur richesse provient en grande partie de leur capacité à rudoyer (le mot est faible) tout pays qui ne pencherait pas dans leur sens, qui ne souscrirait pas à leurs voeux.

 

Ce constat ne veut pas dire que je suis pour cette façon de faire, bien évidemment.

 

On voudrait faire croire que notre civilisation est pacifique? Alors là, permettez-moi de sourire. En apparence, nous vivons dans des pays dits civilisés mais si on gratte un peu, il est assez aisé de voir l'immense violence qui dirige et teinte nos actes.

 

Regardons un peu l'histoire: que ce soit pour (justement) la démocratie, pour une plus grande indépendance, pour plus de justice, plus d'équité etc., toutes ces idées ont été conquises, ont dû être défendues dans la rue, parfois les armes à la main pour être entendues. Dans une très grande majorité, c'est dans la rue que les choses les plus importantes ont été accomplies. Ça c'est de l'histoire. Rien ou presque n'a été donné. Il a fallut le conquérir.

 

Que ce soit la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, la révolution française, la fin de l'esclavage aux États-unies, la réunification de la Chine par Mao dépecée par les pays occidentaux au 19ième siècle, la réappropriation des pays d'Amérique du sud par leurs peuples, l'indépendance de nombreux pays etc. Combien de luttes pour que nous parlions le français aujourd'hui au Québec? 

 

L'Histoire nous apprend que la violence a toujours été nécessaire, dans une très large mesure, pour que des changements majeurs soient accomplis. Bien malheureusement.

 

Que des chroniqueurs, journalistes (pas tous hein...) et autres bien pensants, confortablement installés devant leur ordinateurs fassent les outragés devant les manifestations répétées et somme toute pacifiques des contestataires me fait bien rigoler.

 

Il est fort à parier que leurs enfants profiteront (comme eux et nous tous profitons, aujourd'hui, du courage qu'il a fallu à des gens qui ont dit "non" dans le passé) des améliorations, d'une plus grande justice et une plus juste répartition des richesses exigées par les manifestants.

 

 

Les discussions viendront après qu'un rapport de force soit établi. Pas avant.

 

Triste constat mais pourtant bien réel.

 

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 17:02

J'ai des voisins un peu particuliers. Chaque matin depuis le printemps madame sort avec un petit sac, gantée, et enlève chaque pissenlit qui pousse sur son terrain. Soigneusement, méticuleusement, chaque fleur est décapitée, laissant un gazon uniforme, sans rien d'autre qu'une petite mer de verdure bien propre, sans "mauvaises herbes".

 

À chaque matin, des pissenlits repoussent qui égayent pour quelques instants son terrain. 

 

Cette bataille du pissenlit et de ma voisine me fait penser un peu à ce qui se passe dans notre société. On nous voudrait uniforme à l'instar du terrain de ma voisine. Heureusement les pissenlits de la liberté repoussent à chaque fois qu'on nous coupe la parole, cette parole qui empêche cette pensée unique de prendre racine. 

 

Un jour, comme nous tous, ma voisine quittera ce monde.

 

Et les pissenlits continueront de pousser.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 20:02

Plusieurs mots, lorsqu'ils sont avancés, provoquent des réactions pavloviennes chez certaines personnes qui sont incapables d'évacuer la charge psychologique que ces mots contiennent. Les mots "communiste", "totalitaire" ou encore "anarchiste" en sont de bons exemples. On utilise ces mots comme des épouvantails qui sont supposés faire peur et on ne se gêne pas...

 

Je voudrais me concentrer sur un mot: "totalitaire"

 

Notre société qualifiée de démocratique (elle l'est encore sous plusieurs aspects) à pris depuis quelques décennies des allures qui font craindre le pire si la tendance se maintient.  

 

Raymond Aron (philosophe, sociologue, politologue et journaliste français), pourtant en faveur du libéralisme en économie, était quand même (je cite) "soucieux de ne pas sombrer dans une apologie dogmatique du marché et de la main invisible". Il se méfiait de tout système doctrinaire, qu'il soit marxiste ou libéral. Mort en 1983, il n'a pu qu'assister au début des dérives sérieuses du marché qui se sont accentuées et accélérées depuis une vingtaine d'années.  

 

Nous sommes aujourd'hui sous la coupe de cette doctrine, de cette "main invisible" qui me fait dire que les tenants de cette idéologie-le libéralisme économique-présentent des attributs, si le politique n'interfère pas, qui penchent dangereusement vers un nouveau genre totalitarisme.

 

Raymond Aron:"La compétition pour l'exercice du pouvoir, c'est-à-dire la démocratie politique, paraît, à la longue, incompatible avec le libéralisme économique. La plus grande erreur des libéraux est, me semble-t-il, est d'avoir crû que le libéralisme politique et le libéralisme économique allaient de pair. Je pense que le libéralisme politique, si on définit ainsi le système électoral, parlementaire, de compétition pour l'exercice du pouvoir, conduit de manière presque fatale à un système d'économie partiellement dirigée et partiellement socialiste. Personnellement, je crois que si l'on voulait, à l'époque moderne, avoir un système économique libéral tel que le souhaite M. Von Hayek ou M. Jacques Rueff (partisans du libéralisme économique "pure" et "dure" comme on le vit de plus en plus), il faudrait une dictature politique". (c'est moi qui souligne)

  

                                                                                                                                 Que se passe-t-il depuis quelques années? Le politique se désengage massivement pour laisser place au libre marché, au privée. On laisse de plus en plus cette "main invisible" décider et diriger notre société. Nos gouvernements se retirent et laissent le soin à ce système économique, la spéculation financière en particulier, de réguler nos vies avec toutes les inégalités et les graves problèmes que cela engendre. La hausse des frais, la marchandisation du savoir est un de ces problèmes, le Plan Nord en est un autre.  

 

La doctrine du libéralisme économique "à tout crin", l'abandon de la régulation du système financier, présentée comme seule et unique possibilité de développement s'est installée et le politique se transforme inexorablement en une sorte de dictature politique, pas trop féroce pour l'instant (quoique...) mais qui ne peut que se durcir au fil du temps. Cette autorité se retrouve au service des financiers cupides et "invisibles", tout comme cette fameuse "main".

 

Les désordres créés par les inégalités dû au libéralisme économique laisser dans une large mesure à lui-même et soutenu par notre gouvernement doivent être contenus. C'est ce qui explique ce durcissement et cette volonté farouche de ne pas céder devant les demandes répétées du peuple pour plus de justice et une meilleure répartitions des richesses. 

 

Sans tomber dans l'excès ou la paranoïa, on peut voir que le chemin que nous prenons ou qu'on voudrait nous faire prendre n'augure rien de bon.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 14:23

Quand j'ai assisté, impuissant comme vous tous, à la mise en place et au vote de la loi 78 le premier réflexe que j'ai eu a été de me dire que la violence s'accentuerait. C'était d'une évidence et d'une logique incontournable. Je ne peux croire que ceux qui ont voté cette loi n'étaient pas conscients de cette probabilité.

 

On voit les résultats après quelques jours...Ma question: Est-ce voulu? Cette loi n'est-elle pas un autre piège qui facilitera le contrôle et la mise au ban d'idées et de points de vue par l'amalgame facile de la violence et de la contestation légitime et pacifique? On ne s'est pas gêné pour le faire dans les semaines précédentes et ça marche. 

 

La violence profite à l'élite politique et à leurs sbires, pas aux étudiants, pas à ceux qui voudraient débattre, manifester et se battre pour une plus grande justice. Dans les manifestations, c'est le nombre et la durée qui doit parler.

 

Les débordements auxquels nous assistons, cette escalade désolante de toutes les parties (civiles et policières), chacun justifiant sa violence, nous mèneront nulle part. Notre force pour des changements doit provenir de cette assurance que donne la conviction de travailler, d'appuyer dans le sens d'une plus grande justice.

 

Demain, le 22 mai, je vais marcher. 

 

Je marcherai en silence comme je marcherais pour un deuil, celui d'une certaine idée de la démocratie.

 

Vous pourrez me gazer, tirer sur moi avec vos balles, me battre, m'invectiver. 

 

Je reviendrai, nous reviendrons plus forts et plus nombreux.

 

L'eau sculpte la roche.

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