Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 15:16

Cette année passée en France a été l'occasion pour moi de passer par des émotions et expériences diverses, autant positives que négatives, une espèce de brisure dans la vie d'un adolescent d'une petite ville industrielle du Québec. Cassure salutaire, formatrice, difficile, riche sous plein d'aspects, décourageante parfois.

 

À 12 ans, je finissais ma 7ième année avec des résultats scolaire plutôt bons. Le système scolaire, déjà à cette époque, demandait peu d'effort, ménageait les étudiants que nous étions, était peu exigeant voire laxiste. Je le regrette encore aujourd'hui par mon anglais aproximatif, ma mémoire peu efficace...J'ai lutté et lutte encore contre des habitudes prises dans cette période où le cerveau emmagasine tellement rapidement et facilement!

 

Un exemple? J'avais 4 ans d'anglais derrière moi lorsque mes parents m'ont inscrit au Lycée. Mes camarades de classes français avaient quant à eux 2 ans d'études de cette langue. Tout le monde fut très surpris de voir que je ne pouvait suivre ce cours car trop avancé pour moi. De plus, mes camarades étaient persuadés que, venant du Canada, je savais parler courament ces deux langues vu mes origines "américaines"...Il a fallu qu'on me mette dans une classe en-dessous et pas uniquement dans cette matière! Honte sur moi! J'étais donc le plus vieux de ma classe...et encore le plus faible! On appelle cela une claque dans la figure...J'ai mis du temps et pas mal de travail pour rattraper le temps que l'on m'avait fait perdre au Québec.

 

Quand je vois l'attitude, le manque de sérieux dans le contenu des cours et le travail demandé à mes filles aujourd'hui, je dois dire que je suis estomaqué par la faiblesse et le peu d'exigence que l'école, en général, demande. Il faut dire que les professeurs sont mis dans des situations où, eux aussi, sont victimes de tout ce système qui fabrique des ignorants tout juste bon à fonctionner dans notre société. C'est peut-être, après tout ce que l'on souhaite: des citoyens assez ignorants pour se satisfaire de la société dans laquelle ils vivent, sans trop demander ni exiger!

 

La famille est première responsable de ce fait. J'ai eu l'immense chance d'avoir des parents qui lisaient, écoutaient de la musique, faisaient du théâtre, voyageaient. Ma mère peignait (et peint encore), mon père, avec l'aide de ma mère, passionnés de bateaux (à voile), rêvaient d'aventure et, soutenu par la passion et l'énergie que sa conjointe portait également en elle, se sont construit deux bateaux (11 et 12 mètres) et ont navigué avec ceux-ci.

 

L'enfant sensible que j'étais s'est imprégné de leurs passions, observant de loin toutes leurs activités. C'est le plus bel héritage qu'un enfant puisse avoir, la passion pour la vie, quels que soient les actions qui découlent de cette passion. Faire, bouger, être curieux, aller voir, ne pas se satisfaire.

 

Combien de fois j'ai vu (surtout entendu...) mon père se mettre en colère, se mettre en boule comme il disait, vociférant contre ces crétins qui nous gouvernent! Les nouvelles, mon père était un grand consommateurs de radio (surtout Radio-Canada), était l'occasion de tempêtes de la part du paternel...Comme je le comprends maintenant. Heureusement aujourd'hui nous avons internet qui diversifie et multiplie les sources de renseignements sur notre monde. Plus nécessaire de voir ou écouter ces nouvelles qui sont, finalement, une forme de propagande qui nous formate et nous montre notre société sous un jour, un angle souvent scandaleusement hypocrite. Je généralise mais ne suis pas loin de la vérité. En ce qui me concerne, j'écoute la radio pour comparer et voir à quel point certaines informations sont trafiquées, manipulées, choisies. On nous montre et raconte une parti seulement de ce que tout citoyen devrait savoir. On ne ment pas (quoique parfois...) mais on dit presque toujours des demi-vérités, ce qui revient au même...

 

 

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 02:06

Ma première année de saxophone s'est déroulé en France, à Rennes, capitale (chef-lieu dirait-on en France) de la Bretagne. Ville de province traversée par la Vilaine, rivière qui porte bien mal son nom puisque calme, elle suit son petit bonhomme de chemin dans la campagne Rennaise, s'arrêtant ça et là pour mieux goûter le paysage champêtre, abritant poissons et plantes de toutes sortes.

 

Nous habitions un appartement dans le centre de la ville, juste à côté du Palais de jusitice, batiment datant du 17ième siècle flanqué d'un petit parc où j'allais me promener parfois avec mes parents. En fait, on ne se promenait pas dans ce parc, on ne pouvait que le traverser en ce sens que si vous décidiez d'emprunter un chemin, quel qu'il soit, il vous emmenait systématiquement de l'autre côté, ne vous laissant l'unique choix que de faire demi-tour. Il n'était pas question d'aventures dans ce parc, c'était un parc pour les personnes sages, les pigeons et quelquefois les dineurs qui engouffraient à la hâte un sandwich le midi, avant de retourner travailler. C'était un parc de Palais de justice.

 

L'appartement était, lui aussi, petit, et donnait sur une cours où l'on pouvait apercevoir nos voisins où que notre regard se portait. J'éxagère à peine en vous disant qu'il était presque aussi haut que large car les plafonds semblaient se perdre et avoir été conçus par et pour des géants. Mon frère et moi partagions l'unique chambre, mes parents se contentant de l'autre pièce qui jouxtait la cuisine. La vie se passait dans la salle à diner, finalement la pièce la plus convivial et "spacieuse". C'était un vieil appartement construit et pensé, comme le parc, pour "passer" et non pour y vivre. En effet, les activités se déroulaient à l'extérieur.

 

J'avais découvert, tout en haut de l'immeuble, un grenier, fourre-tout où les locataires, apparemment depuis des siècles, avaient laissé tout un bric-à-brac et où les vieux meubles couverts de poussière cotoyaient les lampes, lustres, malles, boîtes de toutes les formes et formats. Que de trésors, aventures et mystères ce grenier recelait! J'y avait découvert une série de vieilles bande-dessinées et, régulièrement, j'allait me régaler de ces lectures qui dataient, dans mon imagination, d'un temps lointains, laissées là par des enfants qui avaient depuis longtemps disparues. Je communiquais avec eux par le biais de ces livres. Je touchais quelque chose que des mains avant moi avaient touché, mains d'une autre époque qui avaient connu les guerres, l'occupation...Peut-être même avant!...Les chevaux, les débuts de l'aviation, les longues robes à crlnoline, les chapeaux à plumes...J'imaginais ces enfants me regardant tels des fantômes, je baignais dans une sorte de rêves et n'aurais pas été surpris de voir sortir d'une de ces malles une jeune fille aux cheveux bouclés m'invitant à jouer au cerceau ou à la poupée...

 

Le lycée Anne de Bretagne était l'école du quartier. J'avais 13 ans et j'étais dans une classe (à ce moment) expérimentale où la journée était, le matin, consacrée aux cours réguliers (mathématiques, français, histoire, anglais etc.) et l'après-midi, Ô joie!, à la musique. Ces cours se passaient au conservatoire situé à deux pas du lycée et donnés par les professeurs réguliers de cet établissement. C'est ainsi que je me suis retrouvé, moi, débutant le saxophone, avec Roland Audefroy, saxophoniste ténor dans le prestigieux Quatuor National de France! Personnage haut en couleur, pilote et passionné de musique et de saxophone, il fut pout moi le personnage central, avec quelques autres, de cette année (1973) qui confirma mon désir d'apprendre la musique. À ce moment, je ne le savais pas encore...

 

(À suivre...) 

 

 

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 05:05

Les premiers voiliers de Bernaches du Canada vus la semaine passé. L'automne...Comme le temps file! Tout autour de moi s'accélère et moi...je ralentis, ou j'ai l'impression de ralentir. Tout me dépasse sur ce chemin, un peu comme sur cette route où je serais cet automobiliste qui se fait doubler mais qui profiterais du paysage du fait de sa lenteur.

 

-Alors, ça roule?

-Non...Ça marche! Je m'enfonce, je prends racine.

-Tu ne crains pas de faire du surplace?

-Je suis la vache qui regarde les automobilistes passer, je rumine des pensées, je prépare mon lait.

-Mais la vie...faut pas rater le train en marche!

-Ce train va trop vite et on ne sait pas dans quelle direction il va.

-Moi, je m'en fout! Je ne veux pas manquer une occasion de voyager!

-Voyager...Tu veux dire t'évader...

-Non! Voir du pays, changer de décors...J'en ai assez de voir toujours les mêmes têtes! Faut que ça bouge!

-T'as peut-être raison...Est-ce si différent ailleurs? Vois-tu ton coin de pays avec les yeux d'un étranger? Le changement ne serait-il pas de regarder les choses avec un oeil neuf?

-Tu m'emmerdes avec ta philosophie, je veux vivre de nouvelles expériences, j'ai pas envie d'écouter des phrases, je veux de l'action!

-Engage-toi dans l'armée! C'est leur marotte!...L'action, bouger, de nouvelles expériences, voir du pays...

-Ne sois pas cynique, tu sais bien que je suis contre la guerre...Je fais parti des artistes pour la paix, je donne aux pauvres à chaque année lors de la Guignolé...

-Mais ta vie ressemble à une guerre! Tu te bats finalement contre toi-même et les autres.

-Je ne suis pas ici pour me faire insulter! Tu exagères! J'ai même donné des sous pour...

-...soulager ta conscience?

-...   

-Je ne veux pas t'insulter, je constate, c'est tout! Tu ne veux pas rater le train. Mais de quoi est fait ce train que, finalement, peu de gens ne veulent rater? Tu ne sais pas où il t'emmène mais tu veux quand même le prendre! Qui conduit et que veut ce conducteur? Tu ne veux pas savoir où il va, comme un aveugle... Tu cours avec les autres aveugles...Alors, forcément vous allez vous frapper les uns les autres! Tu n'as aucune emprise sur ta vie, parce que tu laisses les autres conduire, tu te laisses emporter par le mouvement sans réfléchir...Dans le fond tu as peur...

-Et toi? Avec tes grandes phrases qui ne servent à rien, tes discours , tes belles paroles...Tu n'es pas mieux que les autres!

-Moi...je rumine, je fulmine...et prépare mon lait...

 

Un voilier passe au-dessus de moi, à quelques centaines de mètres. Le soleil couchant illumine les poitrines de chaque outarde, qui scintillent presque sur fond de ciel bleu marine. Un voilier d'étoiles passe au-dessus de moi et je suis heureux.

 

Le train, au loin, s'éloigne en sifflant un air connu.

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 18:08

La discipline. Qu'est-ce qu'être discipliné? Est-ce une chose que l'on doit s'imposer? Ou est-ce un état qui vient de l'amour que l'on porte en soi pour les choses ou les autres? Les militaires sont disciplinés. Parle-t-on de la même chose que cette discipline qui découlerait de la passion? Et cette passion a-t-elle un objet ou est-ce encore une fois une façon d'être, un état qui n'a pas d'objet, de but?

 

Si, de cette passion, on attend des résultats, si, de cette discipline, on attend des résultats, il faut donner un autre nom à ces deux activités. Pratiquer une discipline ou être discipliné pour assouvir une passion "sélective" et ainsi acquérir un savoir faire, tend à nous rendre insensible à tout ce qui ne touche pas cette passion. Cette discipline, ce focus sur un nombre limité de buts, nous coupe de nous-mêmes et fait de nous des spécialistes remplis d'idéaux.

 

Nous sommes à la poursuite d'une idée, d'un idéal que l'on s'est construit et après quoi l'on coure toute notre vie. En se faisant une image de nous-mêmes dans le futur, nous échappons au présent et à sa richesse. Cette façon d'aborder les choses est source de malheur, d'anxiété, et l'insatisfaction nous guette. Insatisfait parce que nous ne sommes jamais à la hauteur de cet idéal construit par notre pensée. Jamais dans le présent parce que toujours à la traîne de cet idéal.

 

Nous ne pouvons travailler que sur ce que nous sommes dans le présent, il n'y a rien d'autre. C'est un fait. Courir derrière une image, si belle soit-elle, est un leurre. Se voir à travers nos relations, nos communications et échanges avec les autres au moment où celles-ci se produisent, voir notre état dans l'instant présent où nous sommes confrontés et observer sans jugement, sans condamnation ou idée sur cet état est la discipline. Être discipliné c'est être dans un état d'attention aigue à tout moment. C'est lorsque cesse cette poursuite d'une image idéalisée de nous-mêmes que le mot apprendre prend tout son sens. Et que l'action véritable entre en jeux.

 

Se conformer, plaquer ou se soumettre à une discipline extérieur d'après un modèle ou à la poursuite de ce modèle que nous nous sommes bâti ou que d'autres nous imposent, appliquée sur soi, dans le but d'un résultat ultérieur est usant, fatiguant et demeure une action violente et inutile. En utilisant cette façon de faire nous sommes constamment dans le futur ambitionné et jamais dans l'instant.

 

L'oiseau qui chante, chante. Point. Il ne veut pas devenir le "meilleur oiseau chanteur de sa catégorie" ou autre stupidité puérile. Il ne se compare pas aux autres oiseaux, ne reprend pas le chant des autres oiseaux. Il chante.

 

Comprendre la structure de la discipline est une discipline en soi.

Apprendre à connaître est la discipline.

 

 

Partager cet article
Repost0
17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 13:58

Les mots ne sont que le reflet de choses. Nous nous contentons tellement de mots qui ne sont, pour moi, que la surface d'une réalité beaucoup plus large et profonde. J'aime les mots pour ce qu'ils sont, sans me faire d'illusions à leur propos.

 

Une fraise. Vous avez l'image de ce fruit en tête. On pourrait vous décrire ce fruit pendant des heures, en faire une dissertation, une thèse, un poème, une description détaillée, un rapport complet. Vous ne saurez jamais ce qu'est véritablement une fraise si vous ne la goûtez pas. Les mots sont l'ombre de la réalité. On peut s'en approcher, en avoir une idée, voir sa fugitive trace. Les mots sont parfois des pièges.

 

Ils sont pièges si nous nous contentons de ceux-ci pour voir et appréhender le monde et nous-mêmes. Certes, il peuvent servir de liens, indiquer une voie. Mais le mot n'est pas la voie. Il n'est que la flèche qui indique. Il n'est qu'introduction à l'action. 

 

Il est une trappe s'il ne sert qu'à nous conforter dans les idées. Le mot doit déboucher sur l'action ou alors il n'est que le matelas sur lequel on se couche et s'endort. Il peut être le somnifère, la béquille sur lequel on s'appuie pour justifier notre manque de passion véritable, l'eau qui éteint le feu qui devrait nous brûler et faire de nous des lumières pour les autres.

 

Ce manque de passion évident de notre part fait que nous sommes dans une société médiocre qui se contente de la charité au lieu de la justice, qui fait de nos écoles des lieux où l'on prépare nos enfants à se conformer, à obéir, à se plier et accepter l'innaceptable, à déléguer notre pouvoir à des politiciens qui profitent de notre défection pour construire une société selon leurs valeurs personnelles. Société morose, sans vitalité et allergique aux idées qui sortent de la norme. Bien penser c'est penser comme des moutons, ne pas regarder les choses en face, clairement, lucidement. La clarté fait mal au yeux. Les fermer n'est pas la solution. Le prix à payer pour cette cécité volontaire est un engourdissement inéluctable, une mort annoncée dans toutes les sphères de notre société. Arts, politique, sciences etc.

 

Les quelques "feux" qui résistent à cette pauvreté généralisée sont vite mis de côté, oubliés, ou alors catalogués d'excités, vu comme des trouble-fêtes, pris souvent de haut, des êtres bizarres qu'on accepte, parce qu'après tout nous sommes si "tolérants" et "magnanimes". Nous portons des lunettes qui permettent de voir ces lumières avec des filtres, sans qu'elles nous dérangent. Ces lunettes s'apellent justement tolérance, compréhension de surface, faux débats, "chacun son point de vue", "tout le monde à droit à ses opinions", "chacun sa définition de la beauté" etc. Tous ces subterfuges pour masquer notre indolence et notre vide intérieur. Ces filtres qui nous font confondre passion avec colère, gentillesse et mollesse, charité et justice, création et élucubrations.

 

La question n'est pas de savoir s'il y a une vie après la mort mais qu'est-ce que la vie. En s'occupant de la vie, la réponse sur ce qu'est que la mort viendra d'elle-même. Mourir à nous-mêmes chaque jour en étant complètement dans le présent fera de la mort une question sans pertinence. Le soucis de la mort vient de ce que l'on est pas véritablement vivant!

 

Encore des mots. Oui, des mots qui ne remplaceront jamais l'action. Des flèches qui devraient aller droit au coeur pour abattre ces murs qui nous entourent et que l'on nous a appris à construire dès le plus jeune âge. Cette prison, toute confortable qu'elle soit, reste une prison. Ces murs qui empêchent la lumière d'entrer, cette lumière qui nettoie, lave, brûle, fait mal, dérange, rend authentique les choses et les êtres. Lumière crue qui ne laisse rien dans l'ombre, qui balaie nos convictions et nos opinions, nos certitudes basées sur le marasme idéologique.

 

(À suivre)

 

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 18:17

Lire. Un passe-temps? Une autre disctraction? Une fuite? Accumulation d'expériences, de pensées, de conclusions, de réflexions vécus par autrui? Lire pour voyager, s'informer, confirmer ou infirmer nos valeurs? Pour se confronter à d'autres façons de vivre; de voir le phénomène "humain" par d'autres yeux que les nôtres? Se perdre dans la pensée des autres, penser selon "x" ou "y". Quelle est la valeur, la profondeur et la qualité de cette pensée qui passe par les autres pour se connaître? Nous appartient-elle réellement? Ou ne faisons-nous que répéter ce que d'autres pensent? Où est notre véritable développement, cheminement, si nous pensons selon tel ou tel auteur? Sommes-nous des drapeaux qui changent d'avis au moindre coup de vent ou qui se laissent emporter par la moindre brise?

 

J'ai lu et je lis. Je n'accepte rien d'emblé. Je doute de mes lectures tant que je n'ai pas expérimenté par moi-même ce que l'auteur avance, tant que je n'ai pas soupesé et "vu" par moi-même. Je parle évidemment du voyage intérieur.

 

Je refuse de vivre et penser par procuration.

 

Je ne ferai jamais partie d'école de pensée, n'accepterai jamais de me faire embrigader dans quelques écoles de pensée que ce soit. Le seul voyage intérieur valable est celui que je mène. Tous les penseurs, philosophes, gourous, ne pourront m'aider dans cette tâche qui consiste à me connaître. Je suis le seul qualifié et responsable de cette mission.

 

Nous sommes libres dans la mesure où nous ne déléguons pas cette liberté à d'autres. La force de l'autre vient de notre propre faiblesse.

 

J'ai toujours, depuis que j'ai l'âge de raison comme on dit, trouvé étrange le silence concernant notre cerveau et son fonctionnement. À l'école. On nous apprend à lire, à compter, mais jamais on nous parle de cet outil qui nous sert à faire tout cela (et bien d'autres choses). Comme si c'était une évidence, un sujet superflu qui ne vaut pas la peine de s'y arrêter.

 

Pourtant, les possibilités de cet outil qu'est notre cerveau sont inimaginables! Et combien fragile! Il est si facile de prendre de mauvaises habitudes, de la nourir mal, de le blesser par des façons de faire non appropriées, de le corrompre.

 

Se connaître passe par la connaissance de l'outil qui sert...à nous connaître! Savoir la place de la pensée, son fonctionnement, sa valeur et ses limites. L'importance du silence et la propension du cerveau à vouloir remplir ces silences avec des pensées. Comment calmer cet outil lorsqu'il le faut et comment le faire travailler aux moments opportuns. La différence entre la pensée et l'esprit. De quoi est faite notre personnalité, sa structure, son "vouloir", notre "moi" si détestable parfois.

 

Silence total. À nous de nous démerder! 

 

Je ne suis pas un lecteur de roman. Je sais pourtant la grande richesse que peut contenir ces livres. On ne peut tout lire et ce n'est pas souhaitable pour les raisons que j'évoque plus haut. Une heure de réflexion personnelle vaut des milliers de pages écrites par d'autres. Même si elles sont géniales. Ce génie n'est pas le nôtre, même s'il est agréable de se frotter à ces idées, elles ne nous appartiennent pas. Ce ne sont pas nos propres conclusions ou découvertes. Les partager et y croire ne font que nous laisser à la surface des choses. 

 

Les livres qui parlent ou évoquent la spiritualité, la philosophie, la religion, le religieux, qui nous invitent à vivre ou penser de tel ou tel manière, qui suggèrent, parfois fortement, de mener notre chemin dans une direction définie sont des autoroutes que trop de gens prennent ou ont pris. 

 

Je préfère mon petit sentier. Surtout, ne me croyez pas...

 

(À suivre)

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 08:12

On parle beaucoup de révolte ces temps-ci. Pour ma part, je ne crois pas que ces révoltes changeront l'essentiel de ce qu'il y aurait à changer, c'est-à-dire nous-mêmes. On se braque contre les institutions sociales comme le mariage, certaines traditions, l'autorité des aînés, les usages, coutumes ou habitudes. Tout cela n'est que le reflet de notre pensée, mais cette pensée en tant que telle n'est jamais remise en question. On s'occupe des branches alors que c'est la racine qui pose problème. Nous sommes prisonnier de nous-mêmes. Nous sommes notre propre cage. La vrai liberté, qui n'est pas de vivre sans loi, en suivant nos penchants et nos faiblesses qui peuvent être nocifs voire criminels, existera seulement si l'on remet en question et comprenons nos constructions mentales, la structure de notre "moi".

L'erreur principale est d'accepter au lieu de comprendre. Suivre est beaucoup plus facile que de remettre en question, adorer et croire empêche la véritable liberté. La révolte qui changera vraiment les choses n'est pas celle qui veut détruire mais celle qui cherchera à élucider de quoi nous sommes faits.

À la maison, on écoutait pas mal de chanteurs Français.

Brel est sans aucun doute celui qui a le plus influencé mon cheminement, en musique et dans presque tous les domaines. Peu de chanteurs ont parlé de l'amour comme lui. Peu de chanteurs se sont donné comme il s'est donné. Brel pour moi, c'était la passion, la fraternité. C'était le grand frère qui me regarde dans les yeux et me dit de suivre mon chemin, de tracer ma route quelles que soient les embûches, les jaloux, les étroits d'esprit, tous ces bigots qui rient de nous voir tomber et verdissent devant nos réussites. Brel m'a donné du souffle, une envie de dépasser ce qu'on me proposait comme sentier tout fait, une envie de dépasser mes peurs et mes doutes. Mille fois je suis tombé et mille fois me relevai. Mille fois je tomberai et mille fois je me relèverai, jusqu'à l'ultime chute. Brel c'est aussi l'aventurier, le pilote, le navigateur, le cinéaste, celui qui se cassait la gueule avec bonne foi! C'est aussi le solitaire, à la fin de sa vie, sur son île, loin du monde.

Brassens, l'anarchiste goguenard, bienveillant, effacé, d'un autre temps mais toujours actuel. Son vocabulaire moyenâgeux, truculent, précis et poétique me faisait basculer dans un âge qui sentait le crottin, l'herbe, la campagne, dans un monde où l'on détroussait les filles pour leur plus grande joie, avec santé et bonheur partagé! En écoutant Brassens je pouvais sentir l'odeur de bon tabac, la chaleur d'un coin de feu. Brassens me rassurait. C'est un grand-père jeune de coeur, l'anarchiste qui suivait la loi pour ne pas se faire emmerder...Un révolté qui ne voulait pas déranger.

Tout le contraire avec Ferré. L'angoisse qui suintait à travers ses chansons, le sexe violent et rédempteur, l'assouvissement de la bête, le crachat dans la gueule. Ferré m'aura fait pleurer. Brel aussi, mais pour d'autres raisons. Quelle voix et quelle intensité! Son chant était un appel à l'insurrection, à la révolte. On casse tout. Ferré casse tout. Il change de trottoir s'il aperçoit un couple. Ferré c'est le cuir, le bouffeur de curé. Ferré c'est aussi le désespoir, une carapace qui cache mal son immense tendresse, un verbo-moteur qui trafique dans les ordinateurs, qui farfouille et revient bredouille. Léo c'est aussi le musicien. Ces arrangements simples mais toujours efficaces, ses cordes larmoyantes, probablement celui qui aura le mieux compris le rapport entre la musique et les mots. C'est l'homme qui aura compris et magnifiquement mis en musique Verlaine, Rimbaud, Aragon et beaucoup d'autres. Poète maudit. Maudit poète!

Ferrat. Le révolté à la voix faite pour chanter l'amour. Chaude, enveloppante, douce, suave, grave. C'est le violoncelle qui se veut trompette. Le politicien musicien. C'est papa qui semonce doucement et qu'on écoute d'une oreille distraite. À mon goût, le moins convaincant des quatres. Pourtant je l'aimais bien car il me berçait, me calmait, me réconfortait. Ferrat, c'est la douillette, la bouillotte qui fait du bien. Avec des arrangements souvent trop chargés, trop sophistiqués comme un plat trop cuisiné, c'est le seul que je n'écoute plus aujourd'hui. Peut-être à tort.

Stravinsky, les Platters, Black Sabbath, Pierre Henry (musique concrète), Led Zeppelin, Iron Butterfly, Felix Leclerc, Yvon Deschamps (l'argent ou le bonheur), Myriam Makeba et j'en oublie! Toutes ces musiques ont fait partie de mon enfance et de mon adolescence. J'en suis gré à mes parents de m'avoir donné un échantillon si large de ce qui pouvait se faire dans le domaine musical. 

(À suivre)

 

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 09:38

Se comprendre pour mieux connaître le monde. Ce monde, cette société sont le reflet de nous-mêmes, de notre pensée, nos aspirations, notre détresse, tout ce qui forme notre être. Nos amours et nos haines, notre manque de tendresse, tout ceci et bien plus se manifeste, colore et fait notre monde. Le comprendre pour mieux l'aimer, pour mieux l'aider, pour mieux y participer. Le voir dans toute son horreur et toute sa beauté. Le voir en face, se voir en face. Sans peurs, sans filtres. Vision pure et vrai. Comme de l'eau, comme un lac, le matin, avant qu'il ne s'éveille. Miroir.

 

Pourquoi sommes-nous si fuyants devant nous-mêmes? La réalité n'est-elle pas supérieur au mensonge, aux faux semblants, au politiquement correct, plus enrichissante et, finalement, plus profitable?

 

J'essaie d'imaginer si en musique, j'utilisais la méthode de "fuir devant les problèmes", où ne pas reconnaître mes faiblesses serait la base de mon étude. Impensable. Apprendre demande, exige la modestie. Reconnaître que l'on ne sait pas est certainement  le début, sinon de la sagesse à tout le moins celui de l'apprentissage! 

 

J'arrivais tôt aux répétitions de fanfare (la fanfare d'Arvida) avec quelques amis, précédé le plus souvent par le directeur, monsieur Perron, qui installait les partitions sur les pupitres, rangeait les chaises selon les sections. Je jouais du saxophone à ce moment-là. J'étais le jeune, je lisais la musique pas trop mal car j'étudiais au conservatoire, endroit prestigieux et honorable, garant d'une éducation musicale sérieuse, classique. Auréolé par le statut que me donnait cette institution, je sentais le respect de mes confrères de pupitre, plus âgés et moins bien entraînés. J'en écoutais pas moins leurs conseils et goûtais la chaude camaraderie qui unissait ces musiciens. Cela me changeait de l'atmosphère quelque peu rigide du conservatoire. J'ai appris beaucoup de ces personnes. Avoir 14 ans et sentir une certaine forme d'admiration venant d'un homme de 60 ans fait réfléchir. J'étais entouré de bonté et d'affection dans cette fanfare.

 

Si je n'avais connu que le conservatoire, j'aurais pu sombrer dans cette élitisme nauséabond et cette prétention insidieuse, souterraine qui marquent parfois la personnalité de ceux qui y ont étudié.   

 

J'avais finalement opté pour cet instrument, le saxophone, trouvant sa forme attrayante et son timbre chatoyant, onctueux et versatile. Je voyais et entendais en fait plusieurs instruments dans le saxophone. J'écoutais surtout des big bands à cette époque: James Last, Jimmy et Tommy Dorsey, Duke Ellington (mon premier achat de partition était un recueil de ses compositions les plus connues). Ce qui me surprenait le plus était le fait que chaque saxophoniste possédait son propre son, son identité, sa marque. Il me semblait incroyable que tant de sonorités différentes pouvaient provenir d'un seul instrument! Le spectacle télévisé de Lawrence Welk, le Lawrence Welk Show me fascinait, non pour la musique, mais de voir tous ces musiciens qui respiraient et vivaient la musique à l'unisson (c'est l'impression que j'avais à ce moment...) me donnait envie de faire de même.

 

 Les débuts ne sont pas forcément glorieux...Mis à part Duke Ellington, mes goûts musicaux étaient éclectiques et parfois douteux! À la maison on écoutait pas mal de musique classique, les grands classiques du classique si je puis dire, les incontournables: Beethoven, Bach, Mozart. J'étais fou des concertos Brandebourgeois (ceux de Karl Richter) et j'ai cette même version sur CD que j'écoute régulièrement encore aujourd'hui. Pour moi inégalable.

 

On écoutais aussi de la chanson française, les grands: Brel, Brassens, Férré, Ferrat.

  

Bach me ravissait, il semblait me parler, s'adressant directement à mon coeur. Bach conversait avec le ciel, sa musique fluide et transparente comme de l'eau, aérienne, semblait provenir du souffle d'un Dieu aimable, courtois et plein d'humour. Aucune tristesse dans cette musique. De la nostalgie, du bucolique mais jamais de réelle et profonde tristesse. Bach sentait l'optimisme à plein nez.

 

Beethoven, lui, se débattait avec les forces terrestres. Sa musique tellurique, souvent sombre, torturée par des forces qui semblaient le tirer vers les profondeurs de la terre m'impressionnait et me faisait presque peur. Je sentais la tragédie de la vie par sa musique. Vaincu et vainqueur, Beethoven est l'achétype de l'humain passionné mais embourbé dans ses sentiments tumultueux. C'est l'homme en cage qui rage de na pas connaître la clé pour en sortir.

 

Mozart me laissait plutôt froid. Ses mélodies apparemment "trop simples" m'ont caché la grande détresse que je sens maintenant, dans sa musique. Le drame des gens hyper-talentueux. La lourde responsabilité que cela entraîne, sans choix possible. C'est Dieu qui vous met une main sur l'épaule et vous demande un coup de main. La grande tension que cet état amène chez lui provoque une musique en apparence vaporeuse, sans conséquence, un peu comme Chaplin qui nous fait rire pour ne pas sombrer dans le désespoir.

 

(À suivre)  

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 16:36

Je me souviens et on m'a dit que depuis tout petit, la musique a été une source de fascination pour moi. Pour quelles raisons? je ne saurais le dire. J'entrais dans ce monde (celui de la musique), ou sortais de celui-ci (le monde "extérieur"), avec beaucoup de facilité. Était-ce une fuite? Je ne pense pas. À cet âge fuir n'a pas encore de sens, il n'y a pas "d'ailleurs" où aller (pas consciemment du moins). Je parle de 4 ou 5 ans.

 

On m'a rapporté (mes parents) que, s'apercevant de mon "absence" pendant l'écoute de musique, ils ont réussi à installer projecteurs, appareil photo avec trépieds et de prendre quelques clichés sans que cela ne vienne perturber mon écoute. Anecdote, mais révélatrice lorsque j'y repense aujourd'hui. Je revois ces photos aujourd'hui et me demande ce que ces yeux pouvaient voir à ce moment, ce que cet esprit percevait dans la musique.

 

Je repense aussi à cette période, vers 10-11 ans, où j'avais constamment avec moi une flûte à bec. J'en jouais dès que j'en avais l'opportunité et je possédais un petit cahier dans lequel j'écrivais mes premières compositions. Le style de celles-ci oscillait entre le classique et le "folklorique", genre petites ritournelles tonales. C'était avant de prendre des cours au conservatoire, avant le saxophone, avant le jazz.

 

Mon premier instrument, mis à part la flûte, fût le cor français (quelques semaines seulement), puis le trombone à coulisse. Je jouais dans la fanfare avec quelques amis et mon père avait un ami qui jouait et enseignait le trombone. Je pris quelques cours et dois dire que je n'aimais pas cet instrument, lourd, métalique et dont le son me semblait trop "gras". Par contre j'en prenais grand soin en lui faisant prendre un bain (oui, le trombone...) avec du bicarbonate de soude. Je le frottais avec soin et était fier de l'éclat que j'étais parvenu à lui redonner. C'était un vieux trombone, un peu bosselé, j'allais dire voûté.

 

Je me souviens de cette époque comme si j'étais autre. Mon sentiment, ma pensée, ma volonté à ce moment étaient complètement dépourvus de buts à atteindre. Je ne souhaitais pas un résultat ni n'avais d'espérance de devenir quoi que ce soit avec ou sans rapport avec la musique. Je faisais les choses pour elles-mêmes, pour le plaisir d'apprendre. Le processus était plus intéressant que le résultat. Bien sûr je voyais les progrès que je faisais et était content de partager mes timides avancées dans ce monde musical, mais les moments privilégiés, où je goûtais chaque instant étaient ceux où je me retrouvais seul, dans ma chambre, à explorer mon vieux trombone et ses sons si peu gracieux. J'avais l'impression d'être d'un autre temps, d'une autre époque. Mes amis et mes jeux semblaient si loin et sans "consistance", sans véritable dimension dans ces moments-là. Pourtant j'adorais les jeux et mes amis! Mais il me semble que la vie prenait toute son sens et une certaine gravité dans ces moments de solitude. 

 

Le travail de musicien, comme celui de peintre, compositeur ou écrivain, se fait en grande partie seul. D'ailleur je crois que toute réflexion, qui accompagne tout être humain mais particulièrement tout artiste, doit et ne peux se faire que dans la solitude. Ce travail, de se connaître soi-même, est l'opposé du narcissisme et inhérent à toute vie humaine un temps soit peu sérieuse. Aucune austérité dans cette façon d'aborder les choses. Au contraire. Se connaître est le sentier le plus directe pour accéder au véritable bonheur. Nous sommes souvent étranger à nous-mêmes et c'est un pur délice mais également un travail ardu que de sonder les profondeurs de son esprit. Délice et continuelle découverte qui exigent cependant beaucoup d'énergie, un calme, un silence intérieur et une volonté de dépasser notre condition d'aveugle croyant voir.

 

Le doute, la remise en question, l'insatisfaction doivent être les compagnons de route d'une vie. La recherche prend sa source dans ces états qui refusent les évidences.

 

On apprend pas pour accumuler des connaissances mais pour comprendre soi, le monde. Donc les autres.

 

(À suivre)

Partager cet article
Repost0
12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 17:48

Il est très difficile de vraiment écouter. La plupart des gens entendent ce que vous dites mais sont incapables de réellement écouter comme on peut regarder sans voir. Écouter implique un abandon de nos préjugés, de nos défenses, opinions de toutes sortes et autres résistances.

 

Nous sommes tellement persuadés que nos opinions sont importantes, qu'elles structurent en fait notre personalité, que nous nous y accrochons désespérément, pensant ainsi être fort, avec une tête bien faite, sur les épaules. Ces opinions (souvent "arrêtées") servent en fait à cacher notre misère intellectuelle, notre manque d'ouverture et notre incapacité à nous renouveller.

 

La véritable et profonde écoute est en lien directe avec l'affection qui peut unir les protagonistes d'une discussion. Le lien d'amour (je n'aime pas trop utiliser ce mot devenu plat à force de se coucher dessus...) qui existe entre des interlocuteurs, fait parti de la qualité d'écoute nécessaire pour une compréhension mutuelle.

 

La rencontre, la communion n'est possible qu'à cette condition.

 

Écouter peut être un art. Pour parvenir à cela il est impératif de mettre de côté nos idées sur les événements, choses et activités journalières qui occupent notre esprit à longueur de jour et de nuit parfois. Entouré de nos préjugés, qu'ils soient d'ordres sociaux, religieux, culturels, psychologiques etc., nous n'écoutons plus qu'à travers ces horizons bruyants et distrayants. Le discours, les mots de l'autre ne sont plus qu'un vague flot de sons dont on pense saisir le sens, mais qui nous échappe en fait. En tout ou en partie.

 

Nous saisissons qu'une partie des idées exprimées, ou alors nous les déformons pour les rendre conformes à nos valeurs et sacro-saintes opinions.

 

Écoutez, pour voir. Ce slogan radio-canadien est plein de sagesse au fond et si nous écoutons réellement, nous allons probablement éteindre la plupart des radios et télévisions qui nous distraient, nous détournent de préoccupations légitimes par le biais de propagandes (les nouvelles ou informations formatées!) ou d'émissions plus stupides et vides de sens les unes que les autres.

 

Écouter réellement permet de saisir le sens derrière les mots. La volonté de manipuler qui peut se cacher derrière un discours en apparence anodin et politiquement correcte, le désespoir qui peut se cacher derrière la violence des mots, la tristesse qui peut se cacher derrière la beauté d'un poème, ou la beauté qui se cache derrière la fine observation d'un évènement ou de la nature. 

 

Nos esprits sont tellement attachés à nos croyances et à notre connaissance! Nous nous fuyons souvent à travers ces aspects de la vie. Se voir tel que nous sommes ne requiert aucune connaissance théorique, encore moins de croyance religieuse ou autres puériles fatras. Se voir en face demande une grande humilité et le moteur de cette humilité est la passion que l'on a pour la vie. La vie dans son sens le plus large. C'est cette passion qui va nous donner l'affection nécessaire pour communiquer réellement. Affection pour l'autre parce que faisant parti du vivant! 

 

Brel, dans une entrevue, parlait de la timidité (modestie) que l'on devait avoir devant le vivant.  

 

La plupart d'entre nous sommes passionés par nous mêmes, il faut bien l'admettre. Par ce que l'on fait, pense, par l'impact que cette action ou cette pensée peut avoir sur notre entourage. Notre société privilégie la réussite personnelle, l'ambition, l'individualisme et ainsi nous forme et déforme dès notre plus tendre enfance. Nous trouvons normal cet état, cette préoccupation presque maladive de notre personne, de notre moi. C'est notre culture et il est extrêmement difficile de s'en détacher et de voir toute la misère qu'elle apporte dans nos rapports les uns avec les autres.

 

Nous sommes devenus les spectateurs de nous mêmes.

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Yannick Rieu
  • : Histoires, poèmes, fragments. Ce qui me traverse, ce qui m’interpelle ou me bouleverse. Des mots pour réfléchir, comprendre, sourire parfois, résister aussi. J’écris.
  • Contact

Recherche

Pages