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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 16:23

Sur le chemin du retour je me mis à réfléchir à cette première phrase. "le temps est une invention de l'homme". Cela me semblait tiré par les cheveux. On pouvait aisément voir que le temps n'était pas une invention sortie du cerveau humain. On pouvait voir une plante pousser, nos parents vieillir etc. Pourquoi l'auteur avait écrit une pareille sottise? Plus je réfléchissais et plus je regrettais d'avoir emprunter ce livre. Encore des âneries d'illuminé.

 

Alors que je méditais sur mon choix peu approprié je tombai sur trois amis au détour d'une rue. Après les bonjour et comment ça va d'usage, je leur fit part de ma découverte et de cette première phrase qui me semblait bizarre.

 

Avant de continuer, je dois vous présenter ces trois amis. 

 

Le premier, grand blond décharné, rigolo et vif, vivait à deux pas de chez moi. Il venait d'une famille d'intellectuels (ses parents étaient tous deux professeurs à l'université-elle en philosophie et lui en mathématiques) et étaient passionnés par la littérature. Jacques adorait lire et détestait toutes formes de sports.  

 

Mon second ami joufflu, cheveux noirs corbeaux, taciturne la plupart du temps, aimait la peinture mais seulement pour la contempler. Pierre était fasciné par Dieu. Il voyait Dieu partout et lisait la bible à tous les jours. Ce qu'il aimait par-dessus tout c'était la nature (oeuvre de Dieu comme il disait) et il parcourait des kilomètres à pieds dans la forêt située à proximité de la ville. C'était la forêt des Calés.

 

Mon troisième ami, Jean, le plus costaud des trois, sportif, sûr de lui et grande gueule contrastait avec les deux autres. On se demandait ce qu'il appréciait chez Jacques et Pierre d'ailleurs. Jean avait un visage volontaire, des machoires proéminentes, un front haut et un début de calvitie qui le faisait paraître plus vieux que son âge.

 

Toujours est-il que nous étions souvent ensemble malgré nos différences notables. Nous vivions dans le même quartier et on nous surnommait les mousquetaires. Cela faisait rire Jacques car il savait bien que, justement, les trois mousquetaires étaient en réalité...quatre! 

 

Après quelques minutes de discussion autour de la phrase nous nous séparâmes en nous promettant de lire ce livre chacun notre tour pour en discuter. Jean renaclait un peu de devoir lire cette ineptie mais se plia au jeu. Jacques avait déjà une idée de ce que pouvait contenir le livre, fit quelques blagues concernant le temps soit-disant inventé par l'homme et la calvitie de Jean, trouva le projet légèrement farfelu, donc il aimait! Pierre pris la chose très sérieusement et demanda à être le second lecteur, ce que tout le monde accepta.

 

Je repris le chemin de la maison.

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 12:42

J'ai lu un livre quand j'avais autour de 20 ans qui est resté marqué dans ma mémoire. D'où je viens la bibliothèque municipale offrait un nombre réduit de bouquins mais le choix restait assez vaste pour occuper un jeune homme curieux de tout mais surtout de rien.

 

Quand tout nous intéresse c'est que dans le fond nous sommes indifférents à ce qui nous intéresse. Pas de passion véritable mais une mer d'intérêts, sans forme, sans buts précis, l'esprit constamment occupé à chercher pour chercher. Trouver pour moi n'avait aucun sens car cela aurait mis fin à mes recherches. J'explorais pour me sentir vivant et non pas pour trouver des réponses. Je crois que dans le fond, j'avais peur de trouver. Cela mettrait fin à mon rêve d'exister. Des réponses partielles me satisfaisaient. Je voguais sur cette mer de connaissance. Je vivais à l'horizontal.

 

C'est lors d'une visite à la bibliothèque que je tombai donc sur ce livre. Il était coincé tout en bas d'une étagère sur le dernier rayon presque au niveau du sol, poussiéreux et jauni. Il attira mon attention et commençai à le feuilleter. Pas de pagination, pas de nom d'auteur, édition inconnue. Le texte débutait dès la première page et finissait au verso du livre. En fait j'ai cru à ce moment que l'on avait tout simplement arraché la couverture et les pages de présentation et qu'il ne restait de ce livre que le texte. Pourtant malgré son air vieillot quelque chose me disait que ce livre n'avait jamais ou peu été lu. La reliure semblait neuve et certaine pages étaient soudées ensemble, vous savez comme ces vieux bouquins dont il faut couper certaines pages reliées entre elles.

 

J'emporte donc ce livre avec quelques autres chez moi. Je dois dire que j'ai eu quelques problèmes lors de l'enregistrement du livre car celui-ci n'était pas officiellement dans l'inventaire de la bibliothèque. Après plusieurs vérification du bibliothécaire dans ses fiches et concluant que ce bouquin ne faisait pas partie de la bibliothèque il me laissa partir avec le livre en prenant soin de noter la première phrase (il n'y avait pas de titre, ni de numéro d'enregistrement ni de pochette où mettre la date de retour et l'éventuelle carte où l'on notait les dates d'emprunt) en me faisant promettre de le ramener lorsque j'en aurais terminé la lecture. J'étais un habitué, il me faisait confiance.

 

"Je ne suis d'ici ni d'ailleurs, je ne connais ni souffrance ni joie. Le temps est une invention de l'homme. Je n'ai pas de concepts sur les choses du monde ni sur moi-même et pourtant j'existe". 

 

Cette phrase, notée sourire en coin par le bibliothècaire, avait piqué ma curiosité mais aussi ma méfiance. Combien de livres j'avais lu portant sur la spiritualité, sur les religions, les croyances et traditions, la psychologie et j'en passe! Tous ces livres m'avaient laissé comme un mauvais goût dans la bouche, une espèce de malaise. J'avais toujours l'impression qu'on essayait de me vendre quelque chose. En même temps cela faisait un peu mon affaire, je ne voulais pas trouver mais seulement chercher. Peut-être ces livres me ressemblaient trop...  

   

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 21:17

La lumière reprend ses droits, le jour s'allonge, la nuit devient plus courte. La nature suit son cours inexorablement, sagement comme elle le fait et le fera jusqu'à la fin de toujours...

 

"La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil" René Char

 

Cette phrase magnifique, chargée de sens, devrait nous faire réfléchir. Qu'est-ce qui peut nous rendre lucide? Ici, je ne fait aucunement référence à ce mouvement des (autoproclamés) lucides et de leur manifeste pour le moins obscur, puérile en un sens, manquant de profondeur et de maturité. On reste à la surface des choses encore une fois avec cette pensée, qui m'étonnera toujours, qui est d'affirmer que des changements profonds et réels pourront venir avec des recettes économistes à courtes vues, sans vision autre que de préserver notre culture de l'enrichissement personnel comme porteuse d'avenir!

 

Cette douloureuse lucidité souvent doublée ou accompagnée de désespoir est peut-être ce déclic, cette base sur lequel un vrai changement pourra se bâtir. Encore faut-il avoir le courage de voir et de vivre, de comprendre et d'affronter cette douleur et ce désespoir sans vouloir s'en échapper. En évitant également les pièges du dolorisme véhiculé, entre autre, par la plupart des religions. Il n'est pas question ici de se complaire dans la douleur, on l'aura compris. Éviter, se détourner à tout prix du desespoir et de la douleur c'est se priver de quelque chose qui peut être magnifique et porteur. 

 

Notre société refuse de façon névrotique, veut ignorer cette douleur par toutes sortes de stratégies plus ou moins sophistiquées: la consommation, l'entertainment sous toutes ses formes, la course à la réussite, les pouvoirs. La lecture et la connaissance pour la connaissance, c'est-à-dire l'emmagasinement du savoir pour le simple fait de savoir (devenir des boîtes à fiches, dixit Leon Bloy) sans connection avec la connaissance de soi-même peuvent entrer dans ses stratégies. Tout ce qui nous éloigne de nous-mêmes est à mettre dans cette approche dénué d'avenir et suicidaire. Toute fuite "en avant" devient paradoxalement un boulet qui nous empêche d'avancer réellement. 

 

Je reviens sur cette idée de culture générale. Vouloir définir de quoi cette culture générale devrait être constituer me paraît intéressant mais sortir cette culture générale, la poser comme quelque chose d'autonome sans ou peu de lien avec la connaissance de nous-mêmes devient aussi cette fuite aveugle et dénuée de sens. 

 

Dans l'éducation (que je qualifie de petite à l'instar de René Barbier-directeur des sciences de l'éducation à l'université de Paris 8) nous avons coupé la connaissance de soi de la connaissance "pure". Le rapport à la connaissance de soi introduit un "trou noir" dans la région du savoir, l'empêchant de devenir totalitaire (je reprend ses paroles).

 

La transmission du savoir, si elle reste au niveau de la "reproduction" (ce qui semble être promut essentiellement dans une culture générale "autonome") retire la possibilité aux étudiants de découvrir, la plupart du temps, quoi que ce soit sur eux-mêmes. Elle devient répétition de ce qui a toujours été. De plus, ce mode de transmission enferme, englue et empêche d'être ou de rendre sensible au caractère imprévisible, spontanée, "bouleversant" de la vie.

 

Lorsque l'on parle de culture générale, si nous sommes sérieux, nous ne pouvons ignorer l'urgence de mettre cette connaissance de soi-même à la base de tout "l'édifice" que nous tenterons de construire avec les étudiants, peu importe le niveau. Elle devra faire partie intégrante de cette culture générale. Sans cette connaissance, nous devenons des spécialistes froids, sans vision, "compétents" mais coupés de la vie. Morts. 

 

L'éducateur s'appuiera d'abord sur la connaissance de lui-même, ne sera plus uniquement cet érudit, ce spécialiste du savoir-faire, du savoir tout court, cette "boîte à fiches". Il pourra alors acceuillir le savoir des autres et le faire fructifier.

 

Le livre (ou la culture) n'a de sens que lorsqu'il devient lui-même provocateur à l'expérience intérieur et qu'alors, comme disait Nietzsche "tu pourras jeter mon livre".

 

La culture générale n'a de sens que si elle éveille cette possibilité chez son détenteur "actif" d'exister autrement.

 

Le spirituel n'est pas un jeux psychologique mais un enjeux existentiel radical.

 

 

 


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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 16:24

Le mot n'est pas la chose. Cette évidence est un premier pas vers une compréhension de notre façon de communiquer, du moins l'une de ses facettes.

 

Pour affirmer une telle chose il est important de saisir les obstacles créés par les mots.

 

Nous avons tous pu observer ces interminables réunions ou conférences internationales portant, par exemple, sur la paix ou le réchauffement climatique; ces réunions devant se terminer sans véritables consensus, chacun défendant son idéologie.

 

Plus près de nous, nous pouvons trop souvent constater les petites luttes mesquines qui se déroulent sur les différentes plate-formes ou médias sociaux, chacun défendant "sa" position, son point de vue, ne dérogeant que très peu ou rarement de sa pensée initiale. Nous défendons des idées comme si notre vie en dépendait, comme si notre opinion, notre "moi" prévalait sur les faits.

 

Au lieu de se pencher ensemble sur un problème et d'essayer d'y voir clair, nous partons en guerre (l'expression est à peine trop forte) pour étaler nos convictions et nos conclusions.

 

Il me semble que pour arriver à une véritable relation et non pas à ce semblant de relation que l'on constate, nous devons comprendre et donc dépasser la charge émotionelle que les mots peuvent contenir. Cet abandon de la charge psychologique reliée aux mots est une condition si ne qua non d'une saine communication.

 

Nous sommes attachés aux mots, ces mots-clichés avec leur contenu auquels notre "moi" s'identifie puisant un grand réconfort et un certain plaisir. Les mots deviennent ainsi des prisons, des conditionnants puissants dans lesquels l'esprit s'enferme.

 

Toute relation devient à ce moment impossible. Les dialogues deviennent des dialogues de sourds où toute compréhension est improbable voire impossible.

 

Les mots deviennent alors des écrans qui nous empêchent de voir la vie. Tout ce que nous voyons et entendons, c'est le bavardage superficiel de nos pensées dans un flux ininterrompu.

 

Quand cesse ce passé conditionné réagissant au présent, le mouvement de la vie prend tout son sens et peut éclore d'instant en instant. À partir de ce moment une véritable relation peut s'installer.

 

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 15:27

Nous voulons un ordre extérieur avec des lois alors que notre intérieur est en crise. Le noeud et la solution du problème se trouve en nous. La crise extérieure n'est que le reflet de ce que nous sommes. Plus de lois ne feront qu'ajouter de la confusion à la confusion. C'est offrir un verre d'eau à quelqu'un qui se noie!

 

Personne ne peut nous communiquer l'intensité et le sens de la beauté. À peine peut-on esquisser de fugaces directions vers où on pourrait se tourner et regarder mais ce n'est pas certain. J'en doute. De toute façon, la plupart d'entre nous ne regarderons pas la direction indiquée mais le doigt qui pointe...Voulons-nous vraiment goûter à cette liberté?

 

Nous sommes conditionnés à penser que l'autre peut nous apprendre sur nous-mêmes (religions, sectes, politique, philosophie, psychologie etc). Cette tradition doit être balayée, disqualifiée, anéantie lorsque vient le moment de se regarder. Elle est une béquille, une illusion de sécurité et un réel danger pour notre liberté. Nous attendons toujours de l'aide de l'extérieur. Dans ce domaine, aucune aide n'est possible et souhaitable.

 

Nous trouvons une grande sécurité dans le fait de perpétuer les traditions, les patterns, les façons de faire de nos parents, grand-parents, amis etc. Nous nous sentons bien lorsque nous suivons la masse, l'ensemble des gens, la société dans laquelle nous vivons. Nous nous sentons à l'aise, en sécurité également quand nous suivons ou faisons partie d'une organisation ou d'une pensée organisée, une doctrine, quelle qu'elle soit. Tous les "ismes" et les "istes", de "a" pour anarchisme(iste) à "z" pour zoroastrisme(iste) ainsi que les religions, partis politique, sectes ne font que diviser les Hommes.

 

Toutes ces organisations sont génératrices de conflits de par leur nature même, qui est de séparer par groupes ou familles de pensée, qui plus est si notre identification à ces organisations est forte. Elles tendent également à rigidifier, à codifier et "mettre en boîtes" des comportements et favoriser ainsi une dépendance et une perte de liberté.

 

Une perte d'humanité donc. 

 


 


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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 14:37

Qui est ce "je"? Ou qu'est-ce que ce "je"? 

 

Il y a mon corps avec ses frontières dans le temps et l'espace. Il y a mes pensées génératrices de temps ou constamment inscrites dans le temps, impulsions électriques générées par le cerveau et nourries par la mémoire. Fabuleuse mémoire et logique de la pensée qui ont données, donnent et donneront le savoir fantastique, cette accumulation de connaissance extraordinairement riche et appelé à le devenir encore plus dans le futur.

 

Quand "je" parle ou écrit, qui parle et écrit?

 

Ce "je" est l'accumulation de souvenirs, d'expériences, d'émotions (bonnes et mauvaises) mémorisées, de connaissances. Tout ces choses constituent ce "je", mon égo, ma personnalité. Ce background construit l'image que nous avons de nous-mêmes, aidé en cela par la pensée qui travaille, "tourne" sans arrêt pour maintenir cette espèce d'unité fabriqué, notre désir de durer dans le temps. L'observateur.

 

Suspension de la pensée, de l'observateur. Possible?

 

Cette "voix" qui nous accompagne tout le long de notre vie, ce centre, cette forme de conscience peut-elle prendre fin? Autrement dit, la méditation est-elle possible dans la vie de tous les jours? Est-il possible de ne pas s'identifier à notre savoir, nos connaissances, à ce "je"? À cet égo qui ne veut pas mourir et pour cela utilise mille startagèmes pour rester celui qui conduit toute notre existence?

 

Nous avons tous expérimenté cette suspension, parfois sans le savoir. Devant un danger soudain, ou la beauté à couper le souffle d'un panorama (expression tout à fait juste si ce souffle est vu aussi comme cette pensée qui se coupe, se suspend!) qui stoppe nette la réflexion. Bien sûr, cette pensée dans la seconde qui suit l'expérience, reprend ses "droits" et juge, qualifie, compare, jauge, fait des parallèles, se souvient etc, nous éloignant ainsi du fait.

 

L'idée ou le mot n'est pas la chose. Le mot, l'idée de jalousie par exemple, renferme en lui nombre de choses, fait référence à un état. Ce n'est pas l'état de jalousie vécu au moment où l'on éprouve ce sentiment. Il n'y a pas de "méthodes" pour éviter ce sentiment mais seulement l'observation, faire corps au moment du fait sans rejet, concept, conclusions. Tous ces stratagèmes nous éloigneront du fait et nous empêcherons de comprendre cette jalousie. On pourra passer une vie à lire sur la jalousie, on ne saura jamais ce dont est fait ce sentiment si nous ne lui faisons pas face.

 

Tout ceci n'est pas dans notre culture! Cela paraît étrange aux yeux de beaucoup voire sacrilège, tellement, qu'elles refuseront même d'en discuter (Je l'ai mainte fois expérimenté) ou de juste soulever l'hypothèse. (Je trouve intéressant de constater que ce refus vient souvent de gens qui font justement oeuvre ou milite dans un champs donné du savoir. Il me semble pourtant que le doute fut et est le début de toute connaissance! La remise en question de la place qu'occupent dans notre civilisation le savoir et la pensée doit être totale et bienveillante. Ou alors nous ne faisons que défendre notre "bout de gras" avec toutes les limites que cela suppose.)

 

La connaissance et la pensée sont un riche et incroyable héritage. Elles sont incontournables et ont permis et permettent des avancés extraordinaires qui se voient dans notre vie quotidienne.

 

Elles deviennent un mur lorsqu'il s'agit de se comprendre, de s'observer et voir. Mur d'autant plus épais que notre identification sera profonde et réductible à cette pensée et ce savoir.

 

Tout ceci étant dit, je suis bien conscient de mes propres limites intellectuelles et de ma réflexion manquant de profondeur. D'autres personnes plus articulés ont déjà parler et écrit sur ce sujet, beaucoup mieux que moi.

 

J'ose quand même écrire et parler.

 

Veuillez me pardonner!

 


 


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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 16:50

Dès qu'on s'intéresse à la littérature philosophique on ne peut éprouver qu'une sorte de vertige. 

 

Une telle masse de réflexions, pensées, concepts, théories, conclusions, affirmations, propositions élaborés depuis quelques millénaires et disponibles aujourd'hui à de quoi donner ce vertige qui peut même aller jusqu'à la nausée.

 

Nausée, quand on prend conscience de cette somme fabuleuse de savoir et que nous regardons, observons notre monde finalement si étriqué, proccupé par des stupidités, mesquin dans son organisation, on se demande avec quoi toute cette connaissance peut bien rimer.

 

Ou alors c'est regarder par le petit bout de la lorgnette?

 

Philosophie: domaine constitué par un ensemble d'interrogations sur le rapport de l'Homme au monde et à son propre savoir. Projet qui consiste à vouloir dégager la structure rationnelle du monde.

 

Je m'interroge. 

 

Vouloir étudier le monde (ici je parle du monde psychologique) par le biais de la pensée m'étonnera toujours. Vouloir examiner le vivant, cette chose constamment en mouvement, avec quelque chose de mécanique (la pensée) est voué, non pas forcément à l'échec (quoique...), mais à l'élaboration d'une infinie séries de théories plus ou moins pertinentes. Je ne dis pas que c'est sans intérêt (bien voyons)!

 

Il y a un fait cependant. Nous avons (Si l'étude de l'Homme nous intéresse) la matière première sous la main: Nous-mêmes! Soi et sa relation au monde.

 

Étudier le phénomène de la vie comme quelque chose "d'extérieur" donne des concepts intéressants mais souvent compliqués (par forcément complexes) et, fatalement, inutiles, nous aidant en rien, si ce n'est qu'à nous rendre un peu plus confus. Ainsi des théories du vivant, austères parfois, naissent, coupées de...la vie, concepts devenus autonomes, déracinés de l'objet même qui était à l'origine de la recherche.

 

Je crois qu'il est triste voire dangereux de tomber dans l'étude pour l'étude, de perdre de vue la raison toute simple du questionnement philosophique qui est, pour moi, de vivre mieux, en accord avec moi-même, les autres et la nature (dans son sens le plus large). Le monde.

 

Ou alors nous risquons de devenir ce spécialiste, coupé et fragmenté comme ce physicien qui met au point la bombe atomique sans mauvaise conscience, embrassant ses enfants au retour du boulot, ou, plus près de mon sujet, ce philosophe perdu et reclus dans une pensée qui l'a finalement coupé du monde, de la vie, de lui-même. Théoricien menant parfois une vie en complète opposition avec ses recherches.

 

Que vaut la réflexion si elle ne débouche pas sur l'action?

 

Toute réflexion philosophique, me semble-t-il, devrait avoir pour point de départ et d'arrivé si je puis dire, notre propre existence. Voilà la matière première.

 

Comprendre soi pour comprendre le monde, car ce monde, après tout, n'est que le reflet de nous-même.

 


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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 06:12

Plus que jamais notre monde a besoin de gens animés par la passion, attentif. 

 

Mais qu'est-ce que la passion? Le propos a déjà été soulevé mais j'aimerais y revenir car cela semble important.

 

Nous avons une idée romantique de la passion aidé en cela par notre culture qui fait l'apologie des passions sélectives. Or cette passion qui fait de nous des spécialistes dans un domaine donné et insensibles pour d'autres "causes", je veux dire indifférents, sans cette qualité que l'on réserve presque exclusivement à l'objet de notre passion n'est qu'une forme d'opportunisme et fait de nous des handicapés, des êtres fragmentés, sans unité. Avoir des opinions (souvent arrêtées), même si on proclame haut et fort "que chacun à droit à ses opinions", reste, il me semble, une façon détournée d'éviter de se confronter à des idées qui ne font pas toujours notre affaire, qui ne rentre pas dans le schème de notre construction mentale, notre monde organisé sur des valeurs que nous croyons fondamentales. Le problème n'est pas d'avoir des opinions, mais de s'identifier à celles-ci.

 

Nous développons ainsi cette forme de repli sur soi que l'on nomme tolérance. 

 

Cette approche fragmenté de la vie nous sépare les uns des autres et finit toujours par des conflits plus ou moins importants.   

 

Il existe un lien entre la passion et l'attention.

 

Une attention soutenue tend à faire taire notre "moi". Le "je", notre personnalité s'efface devant l'objet de notre attention. Nous devenons perception. L'espace entre nous et la chose observée disparaît. Il n'existe plus l'observateur et la chose observée mais seulement le fait de percevoir. Ceci est passionant et en même temps vérifiable par tout un chacun. L'attention soutenue requiert et produit en même temps un calme et une suspension de la pensée qui se rapproche de la méditation. 

 

Prenons un exemple.

 

Je regarde une maison. Au moment où mon regard se pose sur l'objet ma pensée se déclenche et nomme l'objet (ou réagit en faisant des considérations sur ce que je vois): maison. Une image s'est formée et me rend inattentif. L'image, le fait de mettre un nom sur la chose m'en éloigne immédiatement. Je suis dans le domaine des idées et des conclusions. Je ne vois plus la maison mais seulement l'idée que je me fais d'une maison. 

 

Que se passe-t-il si je reste simplement avec la perception de cette maison? 

 

Ainsi nous vivons la plupart du temps dans le monde des idées, des images préfabriquées. Nous vivons dans le passé, dans un monde peuplé de conclusions (l'image) qui tend à nous faire agir en robot, en machine, réagissant constamment avec de vieilles idées. Le présent est évacué pour faire place à de l'inattention. Nous évacuons le fait par de la pensée.

 

Anodine en apparence, cette approche ouvre des perspectives vraiment intéressantes. Elle permet de voir et se voir avec une accuité renouvellée. Elle met aussi en lumière nos conditionnements, ce que l'on appelle la culture.

 

Ainsi me voir comme québécois est une forme d'inatention. Me définir comme musicien idem. Et ainsi de suite! Quand on parle de "se construire" (mot à la mode!) on parle essentiellement de construire une image de nous-mêmes! Que peut-on "construire" sur quelque chose de vivant, de constamment en mouvement? Je suis ceci ou cela, non-violent, charitable, catholique, musulman, capitaliste, nitzschéen, anarchiste, freudien, canadien, chilien etc. Autant d'images et de constructions mentales qui nous éloignent du fait. Encore une fois, je ne nie pas l'utilité de la mémoire mais veut lui donner sa juste place.

 

L'école est un lieu de transmission de la connaissance. C'est ainsi que l'on conçoit l'éducation dans une large mesure. Ceci reste qu'une partie de ce que devrait être cette éducation à mon sens. 

 

L'école, si nous voulons qu'elle forme des gens vraiment libre, devrait être cet endroit où on présente notre culture et celle des autres comme, dans une certaine mesure, des formes de conditionnements. Malheureusement, le manque d'attention (qui n'est pas forcément passager) fait que nous acceptons ces conditionnements comme étant l'unique façon d'appréhender le réel. Cette approche partielle devient un sérieux problème quand nous nous identifions à nos conditionnements. 

 

Nous vivons dans la culture de l'inattention.  

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 17:36

J'ai lu et relu le livre de Normand Baillargeon "Liliane est au Lycée". Comme toujours, Normand est passionnant, articulé, logique (jusqu'à un certain point) et clair dans ses propositions. J'aime son intelligence, la conviction qui anime sa parole. Enfin quelqu'un de vivant!

 

Soyons clair dès le début. Je crois que la culture générale, sur un plan, est importante, vivifiante, source de grandes joies et vecteur d'ouverture sur d'autres mondes, de progrès et de compréhension mutuelle.  

 

Ceci dit, je me pose des questions sur les limites de cette culture générale, cette accumulation de connaissances qui ne peut avoir de fin et qui est somme toute inscrite dans une époque. La culture générale d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier et ne sera pas celle de demain. Ne pas avoir lu Rousseau, par exemple, est considéré comme problématique pour un étudiant sortant de l'université. Peut-être. Je pourrais affirmer que ne pas connaître tel ou tel philosophe Indien ou Chinois est injustifiable! Cette vision est et reste trop sélective pour moi. Ou alors, il faut tout connaître, mais cela n'a aucun sens. Qui décidera de ce qui est important?

 

Connaître les plus importants acteurs? Michel Onfray, avec sa (passionnante!) contre-histoire de la philosophie, nous montre bien que ce qui est considéré comme "important" a peut-être été décidé il y a mille ou deux milles ans de cela, et pour des raisons politiques!!! Même le professeur le plus ouvert et honnête ne pouvait proposer, hier encore, l'étude de certains philosophes car ceux-ci étaient complètement oubliés voire censurés par la vision imposée des gens au pouvoir (religieux et/ou politiques)! Aujourd'hui, on peut remettre les choses dans une autre perspective impensable il y a peu de temps! Merci monsieur Onfray! (on peut comprendre, par exemple, pourquoi Platon tient une si grande place dans l'étude de la philosophie..mais c'est une autre histoire...) 

 

Notre liberté, cette liberté inscrite dans le temps (qui n'est pas une réelle liberté donc...), d'aujourd'hui, "résultat" d'une culture générale, sera-t-elle considérée comme une prison dans mille ans???

 

Oui on peut avoir une solide culture générale et être un parfait idiot. J'en connais. Beaucoup de choses peuvent se cacher derrière l'érudition. La première étant l'ignorance de soi-même.

 

Je sais, par expérience, qu'en général nous voyons les choses par le biais de notre spécialité. Ainsi un professeur de musique trouvera inimaginable qu'un étudiant dans cette spécialité n'ait pas écouté tel ou tel maître de musique (Bach? Beethoven? Mozart?). Encore une fois, je ne suis pas convaincu de cette position. Combien de gens connaissent ces artistes sans les connaître? Que veut dire connaître? On parle rarement de qualité mais souvent de quantité concernant cette culture générale. De l'étendu de notre connaissance. On est gêné de ne pas connaître tel théorie ou tel auteur, musicien etc. Il faut dire, voire avouer, que la connaissance, l'érudition donne du pouvoir sur ceux qui en on moins. Elle crée aussi des espèces de "sectes" ou clans fermés qui donnent à ceux qui en font partie le rôle de "prêtre" qu'il ne faut pas contredire sous peine "d'excommunication". On vous répond par un silence qui est supposé être une réponse! On ne discute pas avec un inculte ou considéré comme tel. On ne joue pas impunément dans les plates-bandes des autres...Mais bon, je m'éloigne du sujet...  

 

Il y a donc (toujours selon moi, bien sûr) la culture d'un côté et de l'autre cette capacité de sonder, comprendre notre monde avec acuité. Cette acuité n'a que peu de liens avec nos connaissances et ne découle pas d'une culture générale. Le philosophe Jidhu Krishnamurti, par exemple, a été un piètre étudiant, il n'a jamais pu entrer à l'université (constamment recalé), lisait peu (Agatha Christie était son auteur préféré!..). Peu de philosophe ont été aussi loin dans l'exploration de ce qu'est le fait de vivre. Il ne connaissait ni Platon, ni Rousseau etc. Sa réflexion donne parfois le vertige. Je vous encourage à le lire. Ceci n'est qu'un exemple pour appuyer et faire comprendre ma position. 

 

Il me semble que le problème se situe à un autre niveau qui est celui de former des gens qui seront passionnés par "la vie". Large vous me direz! Non pas large mais profond donc basique. Fondamental. Cette passion qui n'a pas, finalement, d'objet en tant que tel reste la flamme par quoi tout peut advenir. 

 

Que veut dire être passionné par la vie? Selon moi, c'est comprendre que ce que l'on fait (que ce soit la rédaction d'un livre, la composition d'une symphonie ou...faire la vaisselle) est secondaire. Jusqu'à un cetain point bien sûr...J'espère que je n'ai pas besoin de m'expliquer là-dessus...Tout devient important si nous avons l'attitude juste. Et cette attitude ne dépend pas du travail effectué mais du processus qui anime ce travail. La qualité d'être, de présence au moment où l'on fait les choses. Si cette qualité est là, l'oeuvre (symphonie ou vaisselle...) prendra un sens insoupçonnées.

 

Lire Rousseau ou écouter Bach sont le résultat d'une vision, d'une façon d'entreprendre, de vivre une vie. La curiosité, le désir d'apprendre est ce qui découle de cette passion "générale" (comme on dit culture générale). Ce ne peut être par décision prise par autrui ou par une sorte de dictat sociétal.

 

Nos propositions ne seront après tout que des propositions qui reste dans le champs de ce que l'on connaît! Je ne peut proposer que ce que j'ai lu ou écouter...Et le reste? Ce que je ne connais pas est plus vaste que ce que je connais!!! De quel droit puis-je "suggérer" mon ignorance?

 

Peut-être que la culture générale rend meilleur, mais je me demande si c'est ce meilleur dont on a besoin pour changer véritablement les choses.

 

Encore une fois...L'ignorance fondamentale est de ne pas se connaître. 

 

Et se connaître ne passe pas par les autres! Le germe de la liberté commence là.

 


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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 14:43

Il existe de nombreux éceuils dans lesquels un artiste peut tomber s'il n'est pas constamment vigilant. Celui du développement en est un puissant et beaucoup sont tentés par cette expansion économique, cette industrialisation de leur métier. 

 

C'est probablement pour cela que le mot artiste est pour moi problématique. Je préfère, et de loin, celui d'artisan. Ce que je suis et resterai.

 

Au début d'une vie dévouée à un art, il y a, la plupart du temps, la contrainte qui est un puissant moteur de créativité. Comment parvenir à certains résultats avec peu de moyens. L'imagination est alors à l'oeuvre, trouve des solutions originales, particulières pour chaque problèmes rencontrés. Une énergie se mobilise pour parvenir à créer une idée, un style, les mettre en forme, les dégager, les préciser.

 

Si (par malheur?) cette idée a du succès on tentera, dans la plupart des cas, de la reproduire, parce qu'au fond, notre désir de création a peut-être été confondu avec un désir de vendre, de prendre de l'expansion, de grossir "l'entreprise", la rendre plus riche (ce qu'on croit plus riche).

 

C'est ce que j'appelle la période de stagnation, qui peut durer un certain moment et être confortable. Des restes de créativité peuvent subsister mais ce n'en sont que des échos lointains, la répétition mécanique d'une créativité passée qui n'en porte plus que le nom. Une recette donc qui peut marcher sur une période de temps donné. C'est la période où l'artiste se "copie lui-même", continue cette recette qui a "bien marché" et qui est devenu sa marque de commerce. 

 

Si pour diverse raisons il restera créatif, donc en constante évolution, changement, on prendra ces changements (en général) pour un manque de constance dans son travail. La critique et le public n'aime pas trop de diversité chez un même artiste-artisan. Comme la plupart, on aime être rassuré...par la répétition sous diverse formes de la même idée.

 

On surfe donc sur cette vague qui va bientôt mourir sur la grève...Notre capacité à inventer, à créer s'émousse. 

 

Quelles étaient nos véritables motivations au tout début? Et là, il faut être suffisament honnête pour se dire que notre désir de vendre, de prendre une expansion (quelque forme que cette expansion peut prendre) était la base de nos actions. L'ambition, ce désir de se "répandre", caché derrière de grands discours sur cette supposée créativité (souvent réelle au début) a pris finalement toute la place.

 

Ce désir d'expansion pour l'expansion, cette philosophie qui pollue aujourd'hui presque toutes nos actions, notre vision économiste et réductrice des choses, reste la motivation première et sournoise, dans bien des cas, de nos projets.

 

 

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