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11 avril 2026 6 11 /04 /avril /2026 09:43
Pendant ce temps-là (2)
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Pendant ce temps-là (2)
Pendant ce temps-là (2)

Puis le départ, à l’autre bout de la Chine : Dali, dans le Yunnan. Une ville ouverte, posée au bord de l’immense lac Erhai. Les terrasses, les bars, la lumière — tout semble inviter à rester.

 

J’y reviens. Dali n’est pas un lieu neuf pour moi. J’y ai passé du temps, autrefois — assez pour lui emprunter son nom, pour un album où certaines musiques chinoises viennent frôler le jazz, sans jamais vraiment s’y dissoudre.

 

La ville sent le printemps. Au loin, les sommets gardent encore des traces de neige. Une impression de vastitude s’impose — on voit loin, on voit haut. Nous logeons dans des appartements simples et confortables, dans un quartier où les magnolias en fleurs bordent les rues. Les restaurants sont partout, et toujours justes.

 

Pendant ce temps-là,

 

une promenade nous arrête. Un jardin. Un restaurant caché, magnifique, mais fermé pour quelques travaux. Peu importe. On nous laisse entrer, visiter, puis on nous dit simplement : ils ouvriront pour nous. Deux jours plus tard, la table est dressée. Repas somptueux, gestes précis, accueil sans raideur. Le vin circule librement. Ici, les choses s’ajustent — sans bruit.

 

Non loin de là, un temple bouddhiste. Des bénévoles y servent, chaque jour, des milliers de repas végétariens pour quelques yuans. Une générosité simple, sans mise en scène. On mange, on se tait un peu. Pas trop…ça grouille de monde. Ça vit mais, aussi, quelque chose s’apaise.

 

Pendant ce temps-là,

 

un ami nous rejoint. Joaillier. Goût sûr, main fine. Ses pièces tiennent sans forcer — des objets qui n’insistent pas, mais qui restent. Nous partons avec lui vers Xizhou. Les ruelles, les façades, les échoppes. Tout appelle. Sur le bord des rues, les fruits s’empilent — couleurs franches, formes parfaites. Un régal pour les yeux, autant que pour le palais. On s’arrête dans une boutique, on nous sert des liqueurs — fruits, céréales, fermentations diverses. Les degrés varient, les saveurs aussi. Il faut goûter, comparer, revenir. Le choix se dilue dans le plaisir même de ne pas choisir.

 

Plus tard, une maison de thé. Une cour intérieure, calme, presque cachée. Nous marchons longtemps avant d’y entrer, brochettes à la main, encore tièdes, encore parfumées. On s’assoit. Le temps se relâche.

 

Pendant ce temps-là,

 

Kunming. Capitale du Yunnan. Une ville posée dans une saison stable — ni trop chaud, ni trop froid. Un printemps qui dure. J’y parle. Une heure et demie autour de l’écoute, de l’improvisation. Dire la musique sans la jouer tout à fait. Dire aussi ce qui la précède — le silence. Le public écoute. J’illustre, je fais entendre. Le soprano, quelques fragments de Coltrane, une voix d’Aretha. Montrer comment ça surgit, comment ça tient, comment ça disparaît.

 

Pendant ce temps-là,

 

ailleurs, on ne parle plus. Ou plus de la même façon.

 

Prochaine direction : Beijing.

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