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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 19:07

Depuis ma venu dans ce petit village, St-Gabriel de Brandon, je vais régulièrement déjeuner dans un restaurant tenu par sa sympathique propriétaire (Manon) avec ma compagne qui est d'origine chinoise. Je spécifie son origine pour vous faire comprendre la suite.

 

Dans ce restaurant où l'on peut déguster un petit-déjeuner traditionnel, on offre gracieusement aux clients le Journal de Montréal comme lecture, ce qui ne facilite pas toujours la digestion. Mais bon, libre à nous de le lire ou pas mais la tentation est grande de jeter un coup d'oeil, ne serait-ce que pour connaître ce qu'une partie de la population se met sous la dent pour se croire informée de ce qui se passe au Québec et ailleurs.

 

Pas besoin de vous dire que plus d'une fois ma compagne et moi avons été surpris pour ne pas dire choqués par des informations tronquées, déformées, des raccourcis qui je l'espère, ne sont pas la représentation fidèle de ce que certains journalistes ou chroniqueurs ont dans la tête! Ils ne font, dans bien des cas, que répéter ce qu'ils ont entendu ou lu dans d'autres journaux. On sait que les plus grands lecteurs de journaux, les plus assidus sont...les journalistes!

 

Régulièrement, une cliente de ce restaurant se permet d'ajouter des commentaires vraiment désobligeants sur le visage de politiciens ou artistes pris en photo pour illustrer le journal, ce qui, à mes yeux, est d'emblée d'une violence notable. Des "chou" bien sentis ou encore des croix gammées ou mieux des "retourne chez toi" sur le visage de Amir Khadir nous démontrent toute la force de son argumentaire, la largesse et l'acuité de son esprit.

 

Ce qui est intéressant ici c'est que ma compagne, immigrée donc, en voyant la chroniqueuse en herbe entrer dans le restaurant lui demande des explications sur ses graffitis odieux. S'ensuit une réaction de la dame en question tout-à-fait prévisible.

 

Évidemment pas d'arguments mais une tentative de détourner le sujet, des gestes de dénigrement, le regard qui montre le plafond, exaspération feinte, on tourne le dos, on s'éloigne pour éviter ou couper la conversation. Bref toute la "bravoure" de cette dame s'est envolée devant les mots, parfois cinglants, de ma compagne.

 

Par expérience, je sais que peu de gens aurait pris la peine ou aurait le courage de relever ces affronts directement avec la personne concernée. Ici, le silence tient souvent lieu d'argument, on n'ose pas parler en face. On préfère, la plupart du temps, fermer sa bouche et prendre sur soi. On en pense pas moins mais on garde, de peur de déranger. Et on se bourre de Prozac.

 

Déranger. Mon Dieu comme nous avons peur de déranger. Réflexe de colonisés? Peut-être. Manque de confiance? Sûrement.

 

On en vient même à approuver les manifestations dans la mesure où elles ne dérangent pas...C'est fait pour! Oui, nous ne sommes pas contents et nous le disons et s'il le faut allons le crier! 

 

La discussion calme, réfléchie a sa place mais quelquefois le ton monte, doit monter. La bêtise, le mépris, la flagornerie, la lâcheté, le racisme, quand pris sur le fait, doivent être pointés du doigt, soulevés, décriés, mis en lumière dans toute leur laideur. Ça fait mal? Ça dérange notre petite vie bien rangée? Tant mieux. 

 

Indignez-vous, parlez, dénoncez, dites ce que vous pensez. Ça évitera peut-être les cons et les connes de croire qu'ils peuvent tout se permettre.

 

C'est d'ailleurs à cela qu'on les reconnaît. 

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 13:45

"Être de gauche c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi: être de droite c'est l'inverse". -Gilles Deleuze

 

Loin de moi de vouloir vous entretenir de ce philosophe important. Je n'en ai ni les moyens intellectuels et à vrai dire ni le goût. Je veux simplement souligner qu'une pensée, même riche et complexe, peut tomber dans des pièges somme toute assez grossiers.

 

On pourrait poser la question: qui pense le monde? Une pensée qui se voudrait universelle et impersonnelle? Cela est-il possible? Bien sûr que non. La pensée se nourrit de la mémoire et cette mémoire est toujours le résultats de nos expériences; elle part du centre, du moi. La pensée de gauche est donc très semblable à celle de droite. Elle vise l'application d'une idéologie sur ce qui "est". Elle évacue de ce fait le présent pour un futur hypothétique, basé en réalité sur le passé: la pensée. Le présent devient alors de l'éphémère qui relie le passé au futur. On peut comprendre à ce moment le qualificatif de "pauvre" donné au présent par nombres d'intellectuels.

 

Cette pensée (je reviens à Deleuze) nous présente deux morales, l'une (sous-entendu préférable) de gauche qui met en avant le collectif et l'autre (sous-entendu moins généreuse) l'individu. Laissez-moi deviner...Deleuze se considérait comme de gauche...Non?

 

Ces deux idéologies s'affrontent depuis longtemps déjà et nous pouvons voir les résultats dans l'Histoire de leur application respective. De bons coups de chaque côtés, avec des dérapages malheureux et pour finir, le monde tel qu'on peut l'observer et le voir aujourd'hui, qui n'est pas très reluisant, peut s'en faut.

 

Être de gauche ou de droite, à part quelques détails (ici les gens de droite comme de gauche vous dirons que ces détails sont d'une extrême importance...justifiant ainsi leur "différence"), ne veut pas dire grand chose. Par exemple, on a qu'à voir les politiques d'un parti socialiste en France d'un Hollande (gauche) ressembler étrangement aux politiques de droite d'un Sarkosy (droite) lors de son dernier mandat. Restrictions, négociations et "fricotages" avec les milieux financiers etc.

 

À gauche comme à droite on gère le pays avec l'accord de la finance, des banques et autres institutions pro-libérale. Les priorités restent, grosso modo, les mêmes, maquillés par petites touches pour permettre au peuple de faire une différence, leur faire croire également qu'ils font un choix lorsqu'ils votent. 

 

La petite guerre entre la gauche et la droite, ce faux débat, ressemble presque à un détournement, à une tentative de fausser un débat, nous obligeant à regarder ailleurs et prendre parti: L'individu ou le collectif?

 

Pendant que des fantoches se battent pour savoir qui est mieux placé pour gérer un pays, le même système continue son petit bonhomme de chemin, accélérant notre course vers ce mur qui, ma foi, devient de plus en plus net et précis. 

 

Droite ou gauche, c'est le statu quo.

 

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 15:39

Le monde entier parle de paix. À en croire ceux qui s'occupent de l'information dans les medias on vit sur une planète qui tend vers la paix et les États-unies, le Canada, la France, Israël, l'Angleterre, bref ces pays dits civilisés, pointes avancés de ce que l'humain est capable de réaliser, travaillent très fort pour que nous puissions vivre sur une planète pacifique. Ces pays et leur gouvernement se présentent à nous et au reste du monde comme des remparts de la démocratie et de la liberté, les tenants d'une humanité qu'il serait bon d'admirer, de copier ou suivre. Nous votons pour eux.

 

Toutes ces démocraties produisent et vendent pour des milliards de dollars d'armements chaque année. Elles dépensent des sommes fabuleuses pour la recherche et le perfectionnement de missiles, bombes de toutes sortes, drones etc.. Les résultats sont spectaculaires, les avancés dans ce domaine sont impressionnantes: laser, rayon magnétique capable de stopper des engins, surveillance par satellite, contrôle de l'information, virus informatique pouvant gangréner des systèmes de défense d'autres pays et j'en passe.

 

Pourquoi ces pays renonceraient à ce marché si lucratif? Quand, dans le medias dominants, nous parle-t-on de cette logique si évidente? Si l'économie est la pierre angulaire de ces pays-et elle l'est à les entendre-par quel miracle ces pays voudraient ou désireraient une paix durable et profonde?

 

L'Irak, la Libye, l'Afghanistan et maintenant la Syrie, pour ne nommer que ceux-là, ont fait ou feront l'objet des soins de plusieurs des pays mentionnés plus haut. On y a apporté la démocratie, la liberté, une plus grande stabilité...selon ces "pacificateurs". Qu'en est-il au juste?  

 

Ce sont de grossiers mensonges servis par une propagande abjecte, sournoise et meurtrière relayés, dans une très large mesure, par nos medias réputés objectifs et pourvoyeurs d'informations pertinentes.

 

Les propagandistes du 3ième Reich en seraient bouche bée! Les résultats sont d'une efficacité redoutables. Nous sommes vraiment convaincus de vivre dans des sociétés qui aspirent à la paix! Une grande majorité de nos intellectuels, journalistes, chroniqueurs, hommes et femmes politique, dans des raisonnements emberlificotés, nous rassurent et expliquent, victimes eux aussi de cette monstrueuse illusion. Ils nous présentent les choses comme si tout cela était complexe, mettent des bémols, contournent, détournent, mettent de l'eau dans leur vin, emploient mille stratagèmes pour démontrer que les choses ne sont pas simples. Elles le sont pourtant. Une idée toute simple résume la situation:

 

La guerre est une grande source de richesses pour les pays dominants.

 

Nous n'entendrons que très rarement cette assertion d'une simplicité et d'une véracité implacable. C'est ce genre de prémisse qui devrait peut-être servir de point de départ, d'angle de base pour voir les actualités et les comprendre un peu mieux.

 

Si le savoir ou les connaissances nous mettaient à l'abri de cette honteuse propagande, si une culture riche participait à cet éveil si nécessaire, tous les intellectuels et les gens cultivés parleraient d'une seule voix pour dénoncer cette propagande.

 

Ce n'est pas le cas, loin de là.

 

Force est de constater que la sagesse ne vient pas avec le savoir ou les connaissances, si riches soient-ils.

 

Je me demande très sérieusement si nous ne sommes pas en carence de sagesse.

 


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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 00:41

Je regarde notre histoire, celle du monde et me demande parfois (souvent en fait...) pourquoi nous répétons les mêmes erreurs.

 

Pourquoi sommes-nous si naïfs et espérons des changements dans nos sociétés avec des procédés, des idées, des façons de faire qui ont déjà donné de mauvais résultats ou pire, ajouté de la confusion à la confusion? À moins que nous soyons convaincus que l'état du monde est meilleur qu'avant-ce que je mets en doute très sérieusement-et que nous sommes face à une amélioration constante de nos rapports entre nous (en tant que sociétés ou individuellement) ou encore entre nous et la nature-ce que je remets en cause aussi. Toute personne sérieuse dotée d'un sens minimum d'observation pourra arriver à cette conclusion. Tout est là, devant nos yeux.

 

Sommes-nous en train de nous leurrer, individuellement et collectivement, à espérer des changements qui satisferont pour un temps nos idéaux mais qui sont loin de résoudre en profondeur l'état lamentable de nos sociétés?

 

Depuis le temps que des humains (théologiens, philosophes, historiens, sociologues etc.) se sont penchés sur les raisons des guerres-grandes et petites- qui jalonnent l'histoire humaine, celles-ci ne se sont pas arrêtées pour autant. Alors? Nous nous satisfaisons de mots trop facilement? Pour combien de temps encore? Est-ce que toutes ces analyses, si brillantes qu'elles aient été, ont apporté un peu de paix? Vraiment?

 

Des élections approchent au Québec. Un gouvernement remplacera un autre probablement. Comme par le passé, cela s'est produit des dizaines de fois. Quel résultat? Satisfaisant? À gauche ou à droite? Toujours à gauche revient à tourner en rond. De même pour la droite. L'alternance nous fait zigzaguer tels des sociétés saoules, titubantes sous le poids de plus en plus lourd de nos errances.

 

Désolé. Je ne crois pas qu'un changement si superficiel et à l'oeuvre depuis des dizaines ou centaines d'années donnera cette révolution tant espéré. C'est du rêve, de l'illusion.

 

J'irai voter, bien sûr, mais avec la conviction que le geste crucial est ailleurs, que le changement important sera d'un tout autre ordre et bien plus porteur et révolutionnaire.

 

Ce geste proviendra de l'intérieur. Cette révolution est moins spectaculaire, plus difficile aussi.

 

Ce geste remet en question notre culture, se débarrasse des idéaux et de tous les devenirs qu'on nous apprend à cultiver. Cette révolution intérieure remet en question le besoin d'expansion et ses corollaires: le nationalisme et la réussite, elle remet à sa place les drapeaux, les corporations de toutes sortes et acabits. Elle met en lumière les fonctions du savoir et des connaissances et en trace les limites.

 

Mais voilà, de cette révolution nous n'en voulons pas. Nous ne sommes pas assez sérieux, pas assez passionnés, trop occupés par notre personne et son devenir. Chacun dans sa spécialité ou alors en tant que nation, tribu, famille. Cette révolution nous sort de notre confort intellectuel, moral, psychique, sprirituel. Voilà pourquoi nous n'en voulons pas.

 

Pour dire les choses brutalement, nous ne voulons pas de vrais changements. 

 

Notre pensée, incapable de voir l'entièreté du problème de par sa structure, s'évertue à trouver des remèdes qui ne font que multiplier les problèmes. 

 

Et nous continuons nos révolutions, notre soi-disant évolution vers un monde meilleur.

 

  

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 21:07

J'aimerais me pencher un peu sur cette question de nationalisme. Sujet à prendre avec des pincettes car le nationalisme fait appel à des sentiments identitaires profondément enracinés et bien entretenus par les différentes cultures autour du monde. Regardons pourquoi cette idée qui a causé tant de conflits et d'atrocités est toujours une idée qui a le vent dans les voiles aujourd'hui, si je puis dire. Pourquoi reste-t-elle si populaire et si vivante encore aujourd'hui?

 

Il m'apparaît évident de prime abord que cette idée de nationalisme est bien ancrée dans notre mentalité, dans notre culture, au point de rarement la remettre en question voire de trouver farfelu de le faire. Depuis l'enfance on nous présente cette vue comme une évidence: le fait que les pays ont toujours été et seront toujours. Cette idée a été, au cours des siècles et des millénaires, chanté, mis en poèmes, glorifié etc.. Je me rends bien compte que remettre cette idée en cause, la considérer comme suspecte ne sera pas ou peu écouté ou alors pris comme une absurdité et qualifié rapidement d'inutile et/ou non réaliste. Sauf exception.

 

L'idéal nationaliste est perçu comme quelque chose de noble, d'admirable. Aimer son pays, la fierté d'appartenir à une communauté, quelle qu'elle soit, grande ou petite, donne le sentiment de faire partie d'un ensemble et on y trouve une grande sécurité psychologique et physique. Toute humaine que soit cette recherche de sécurité, je ne suis pas certain que le réflexe de se regrouper autour de sa langue, sa culture, ses origines, son ethnie, sa religion, sa situation géographique ou quelque particularité servant de point commun, donne les résultats escomptés: une plus grande sécurité.

 

Cette sécurité temporaire ouvre en fait sur des problèmes et conflits qui eux, seront pratiquement permanents. Notre recherche de sécurité débouche en fait sur une plus grande insécurité.

 

Il me semble l'évidence même que la séparation (à tous les niveaux) amène les conflits. Il est bien entendu aussi que des différences existent, bien réelles. Le (les?) problème commence lorsqu'il y a identification à ces différences. Tôt ou tard, nous devrons défendre ce qui fait de nous des êtres à part et particuliers. Il est intéressant de noter que cette identification à nos particularités, ces notions de différences ne sont pas innés mais acquises par l'éducation. L'enfant en bas âge n'a pas cette notion de fierté de sa différence. On pourrait se poser la question à savoir pourquoi cette conception de l'identification nous est transmise (parents, écoles, entourage) et, constatant les ravages qu'elle cause, pourquoi elle perdure.

 

Faut-il seulement rappeler que l'histoire de l'Homme, celle apprise à l'école à tout le moins, est celle de ses guerres, de ses conflits petits et grands? Pas beaucoup d'évolution de ce côté, il faut se l'avouer. 

 

En nous identifiant à quelque chose de plus grand que nous, à un projet qui nous dépasse nous mobilisons des énergies, notre enthousiasme. En regardant le passé, on peut se rendre compte que le nationalisme a permis de réaliser de grandes choses. Nous nous donnons des buts à atteindre, imaginons un idéal et tentons de nous "coller" à cet idéal. Soit!

 

Mais je pose la question: le prix à payer n'est-il pas trop lourd?

 


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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 16:16

Je suis toujours étonné de voir comment notre mémoire se rappelle ou oublie selon son bon vouloir et ce qui nous arrange. 

 

Nous vivons dans un monde où les idées sont plus importantes que les faits. 

 

Il est pour le moins étrange, encore aujourd'hui, de parler de la grandeur et de la nécessité de s'identifier à une nation avec toutes les atrocités, conflits, guerres, invasions, destructions que cette idée a enfanté. Pourquoi cette cécité, cet aveuglement? 

 

Parce que les idées sont plus importantes que les faits. Nous nous accrochons à des idées parce qu'elles nous rassurent, même si ces idées, facilement observables, à l'oeuvre dans l'Histoire avec les résultats mentionnés ci-haut nous démontrent qu'elles sont des cul-de-sacs, pour utiliser un euphémisme.

 

Et on nous serine encore les oreilles avec une soit disant "grandeur politique des nations" en omettant bien sûr de dire que cette idée était aussi ce qui a servi de base pour le projet hideux de l'Allemagne nazi pour ne nommer que le plus évident, le plus cinglant.

 

Une société se construit à partir des relations que nous avons, avec nos proches, nos voisins, ami(e)s, connaissances. La société commence là et pas ailleurs. Le changement commence là et pas ailleurs. Dans les petites choses, anodines en apparence.

 

Les grandes idées concernant une société ne sont pas le substrat de ce qui la structure. Ce sont les gestes journaliers, notre façon de communiquer d'aller vers l'autre, notre ouverture (ou fermeture), notre capacité à échanger et j'insiste, dans le quotidien.

 

L'addition, la somme de tous ces modestes échanges forment une société et lui donne forme.

 

Faire l'apologie d'une nation, s'identifier à une nation ou à une idée est le chemin le plus sûr pour créer des conflits. Encore une fois, il suffit d'observer notre passé, ce passé parsemé de guerres abominables, de tueries sans nom, toujours au nom de la nation.

 

L'être humain est raisonnable? Où voit-on de la raison dans notre passé? Par bribes, par moments fugaces. Ne dit-on pas qu'une chaîne à la force de son maillon le plus faible?

 

Globalement, a-t-on des raisons d'être fiers de l'humain et de ce qu'il réalise? Que vaut une démocratie si cette démocratie est responsable (nous donc) de tant de violence autour de la planète? Que vaut une institution qui ferme les yeux sur la souffrances de nos frères et soeurs autour du monde? Et qui en est parfois directement responsable?

 

Sur quoi cette supposée grandeur des nations s'est-elle construite? Sur le meurtre? L'exploitation? Les invasions? La supposé supériorité de nos institutions démocratiques? À qui profite cette idée de grandeur?

 

La France pays des droits de l'Homme? Vous voulez rire sans doute. L'Angletterre grande nation? Pour qui? Pour l'Inde? Pour les pays africains dévastés par cette "grande nation"? Les États-Unies? Pays démocratique par excellence? Parlez-en aux pays d'Amériques du Sud, aux Vietnamiens, aux Laotiens, à tous ces pays qui ont goûté à la grandeur de ces nations et à leur politique prétentieuses et meurtrières, génocidaires, impérialistes et colonialistes.

 

Dans un texte de Mathieu Bock-Côté on nous montre la photo d'un grand homme politique: Winston Churchill. Oui, il a combattu le nazisme et a défendu la démocratie mais c'est le même homme qui a ordonné la destruction de villages entiers en Inde, brûlant champs et comblant les points d'eau. C'est le même homme qui préconisa l'établissement de camps de concentration (tiens donc...) en Afrique du Sud à la suite de la guerre des boers en 1899. C'est le même homme qui donna son accord à l'utilisation de gaz toxiques contre les Kurdes en Irak et qui donna son aval pour l'utilisation de la torture au Kenya. Ne dit-on pas qu'une chaîne à la force de son maillon le plus faible?

 

Au nom de quoi on devrait oublier des pans entier de l'Histoire? Se souvenir de ce qui fait notre affaire? Arranger le monde selon l'idée qu'on s'en fait ou qu'on voudrait qu'il soit? Ou juste voir et tirer les conclusions qui s'imposent.   

 

Ne me parlez pas de la grandeur des nations, cette grandeur a quelque chose de petit au fond. On m'a déjà fait le coup. J'ai des yeux, je sais lire et je me souviens.

 

J'aime mon coin de pays. Mais jamais je ne n'aurai la folie de m'identifier à celui-ci.  

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 14:57

Le changement. Ces temps-ci beaucoup de gens prennent conscience qu'un changement sera nécessaire si, collectivement, nous voulons une société viable avec plus de justice, moins de pollution, moins de violence, plus d'équité entre nous tous. À quel niveau ce changement, pour être vraiment porteur, sera nécessaire?

 

On peut se poser la question: Est-ce que nous voulons des changements profonds, non pas seulement dans la forme (les systèmes) mais dans le contenu (nous-mêmes), ou seulement notre part du gâteau?

 

Plusieurs changements ou révolutions se sont déroulés dans le passé, apportant de légères améliorations mais fondamentalement nous sommes restés les mêmes. Un bref tour d'horizon planétaire nous montre que nous n'avons pas résolu grand chose: la même violence, le même manque de justice, la même iniquité, le même désir de dominer l'autre. 

 

Les guerres n'ont jamais cessées, l'ambition et l'envie ont toujours été les principaux moteurs ou vecteurs de changements. Nous avons fait de grands progrès techniques mais globalement nous n'avons jamais opéré de révolution psychologique. Les résultats sont catastrophiques. 

 

Malgré tout notre savoir, nos connaissances, nos moyens de communications, nos philosophies, nos expériences de toutes sortes, nous ne sommes jamais sortis de notre "inhumanité". Le choc des idées reste dans son ensemble qu'un choc et celui-ci demeure bien stérile dans une large mesure. Dans le meilleur des cas une compréhension (bien insuffisante vu la gravité de notre situation) théorique de l'urgence de changement se produit sans pour autant aboutir sur des actions que ces changements appellent. Si action il y a, ce sera dans une sphère très limitée de notre vie ou société et nettement insuffisante.

 

Au cours de l'Histoire, nous avons changé de char mais pas le conducteur et le fait d'avoir une meilleure voiture ne fait pas de nous de meilleurs conducteurs. Que le volant de la voiture soit à gauche ou à droite a bien peu d'importance, que le conducteur ait les deux mains sur le volant-dixit Charest-ou non semble ne pas être de première importance non plus.

 

Nous pensons qu'en changeant de système nous allons régler les choses. Nous oublions peut-être que ces systèmes sont construits et développés par notre pensée et que tant que cette pensée sera déficiente tous les systèmes conçus et développés par cette pensée ne seront que l'image de celle-ci:déficients. Monarchie, communisme, socialisme, capitalisme, nationalisme etc., tous ces "chars" iront là où le conducteur les emmène. Regardons l'Histoire et tirons les conclusions qui s'imposent...

 

Nous sommes remplis d'idéaux et sommes peu conscients du fait que ce sont ces mêmes idéaux qui sont une source de problèmes, aussi nobles soient-ils. Tous les systèmes sont une source de séparation et de conflits entre les Hommes. C'est leur nature même qui engendre ces conflits. Pourquoi?

 

Parce que toute tentative de s'insérer dans un moule social ou religieux (capitalisme, socialisme, chrétien, canadien, etc.) fait que nous perdons notre liberté. Nous réagissons en tant que capitaliste, socialiste, chrétien, canadien etc.. Nous devenons des imitateurs et des répétiteurs et cessons d'être des individus totalement libres. Nous réagissons mécaniquement et d'une façon (pré)déterminée aux problèmes qui surviennent.

 

Une prise de conscience de ce qui me semble être un fait et un recul par rapport à notre condition qui découle de cette culture de l'imitation, même si elle est millénaire et profonde, me paraît une voie intéressante sinon vitale.

 

Remettre en question le conducteur plutôt que de changer de char est peut-être le début d'une véritable révolution.


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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 13:59

Il apparaît clair pour de plus en plus de gens qu'une institution qui ne représente plus la justice devra être renversée. Il est (malheureusement) logique et sain de se mettre à détester ceux qui représentent l'injustice. C'est Jean Paul Sartre qui disait:"...que la haine des classes (est un) sentiment fondamental que l'exploitation suscite chez tout exploité". Ce n'est pas en mettant en cage qu'on pacifie. Cette cage, toute dorée qu'elle soit, reste une cage. Ce qui reste d'animal en nous le sait bien.

 

Non, je ne présenterai pas mon autre joue pour que vous puissiez à nouveau me frapper. Je ne vous pardonnerai pas tout de suite votre arrogance, votre mépris, vos paroles hautaines et froides, votre égoïsme et votre cynisme. Plus tard. Si vous m'en donnez l'occasion.

 

On nous dit et explique qu'il faut respecter nos institutions et la justice (loi C-78). Or respecter ce qui ne l'est pas fait de nous des abrutis, des chiens savants démunis de réflexion et de capacité à mettre les choses en perspective. Le respect peut parfois nous rendre complice de ce qui est inacceptable, l'Histoire nous l'aura appris. Le manque de respect, dans des moments particuliers, nous rend plus démocrate, plus citoyen, plus humain. 

 

Obéir est une bonne chose mais désobéir devient par moment la seule issue pour faire avancer une société. C'est cette intelligence si souvent admirée qui nous fait dire:"NON!" La négation devient du positif, élaguer pour favoriser les repousses, refuser pour permettre.

 

La réplique à l'oppression sera d'autant plus forte que l'oppression aura été lourde. Elle est un signe de santé, un signe de vitalité. 

 

Nous sommes désolés si parfois cette réplique a un visage peu avenant, si son discours paraît partir dans tous les sens, s'il n'est pas toujours articulé (mea culpa), s'il n'est pas toujours politiquement correct. Cette réplique possède à tout le moins la qualité d'être vivante et d'exister. 

 

Nous sommes désolés qu'une certaine élite politique et médiatique ne comprennent pas ou plutôt ne semblent pas vouloir comprendre les signes pourtant évident que ce qu'on nous propose dans le projet néo-libéral ne nous intéresse pas vraiment. Nous sommes civilisés. Ce qu'on nous propose s'éloigne de ce qui fait de nous des êtres humains.

 

Non, nous ne sommes pas des consommateurs. Nous sommes des citoyens. Nous refusons d'être un simple engrenage d'une machine qui semble nous ignorer alors que sans nous elle s'effondrerait dans la minute. Le système dépend de notre bon vouloir.

 

Or, nous sommes de plus en plus à ne plus vouloir.

 

Nous sommes les grains de sable qui formeront les plages du changement.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 19:45

Le choix, la possibilité du choix de l'être est-il lié à la liberté? Choisit-on son essence? Ce que nous sommes? De quoi dépend notre sensibilité ou insensibilité à ce qui nous entoure? Les qualités et défauts qui nous définissent proviennent-ils d'un choix que l'on aura fait? Un espèce d'idéal que l'on se fait de soi-même ou de ce que devrait être un humain? Et cet idéal, d'où le tenons-nous? Est-ce vraiment le nôtre?

 

Nous transportons tous cette douleur sourde, diffuse mais tenace tout au long de notre vie. Il arrive que nous l'oubliions, occupés que nous sommes à gagner cette vie ou lors de petits bonheurs éphémères mais cette angoisse reste en fond de scène et revient inlassablement nous hanter dans nos moments de lucidité.

 

Elle reste probablement le moteur principal de nos actions et de nos passions, ceux-ci étant souvent que des prétextes ou des paravents pour éloigner ce bruit de fond qui colore notre existence.

 

Peut-on parler de liberté si nous passons une vie à "réagir" à ce bruit de fond? À parcourir notre sentier à l'aulne de cette angoisse perpétuelle? À détourner constamment notre regard, ne pas vouloir entendre ne fait-il pas de nous les pires sourds? Ce sentiment d'impuissance constant face à nous-mêmes, ce constat de notre grande fragilité, de notre peur de ce que nous sommes est peut-être ce qui nous pousse à croire que nous sommes devant des choix.

 

Le choix d'être non-violent, ce n'est qu'un exemple, est peut-être une réponse à notre incapacité à voir la violence en nous-mêmes. Ne pas vouloir affronter ce fait par toutes sortes de stratagèmes me semble une réponse bien insatisfaisante et un peu hypocrite. Nous nous déclarons non-violent et poursuivons notre chemin brutal, (compétition, désir de réussite, insensibilité aux autres, satisfactions puérils de nos désirs etc.) satisfait de l'image que nous nous projetons et projetons sur les autres.

 

Notre insensibilité mis au rang de vertu dans notre société nous fait croire que nous sommes devant des choix. En fait selon moi, c'est cette même insensibilité qui nous isole, nous rend malheureux, tièdes, appeurés. Et la peur n'est jamais bonne conseillère.

 

Si nous aimions vraiment, soi, les autres, la nature, aucun choix ne s'offrirait à nous. Le feu qui brûlerait en nous nous mettrait devant des évidences et stopperait toute séparation entre notre pensée et notre action, les deux se confondraient en un seul et même mouvement.

 

Nous en sommes loin.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 08:05

Combien de précision dans la pensée et combien de sécheresse dans le geste. Nous sommes constamment submergés par un flot de paroles et d'écrits. Joindre le geste à la parole demande du courage. On peut rester barricadé derrière des théories, les fignoler, expliquer pourquoi telle idée vaut mieux que telle autre, quel mouvement portera en lui des fruits ou non, disséquer, soupeser, se porter vers qui de gauche qui de droite, être d'accord ou non, on peut citer, se proclamer de telle(s) école(s) de pensée, rapporter les bons mots, s'aligner...Tout cela est bon mais... 

 

Si une image vaut mille mots, un geste en vaut encore plus me semble-t-il. L'art prend tout son sens dans le geste ou dans la parole lorsqu'il s'agit de poésie; la parole, alors, devenant le geste. Sentir les choses, même si on ne sait pas forcément mettre des mots sur ce que l'on sent, passe, pour moi, avant le discours sur les choses. Savoir n'est pas connaître. Et l'on ne connait bien que ce que l'on sent, ce que l'on a fait "sien". 

 

On est intelligent qu'au-dessus du coeur disait Jacques Brel rejoint en cela par krishnamurti, philosophe hors norme si je puis dire, en ce sens qu'il a toujours fait un lien entre la parole et le geste. Il n'a jamais séparé sa pensée de son vécu, de sa vie. Son action étant la démonstration constante de sa parole et vice versa. Point de rupture ici, un tout, mot et action, inséparable.

 

La mécanisation de la réflexion fait de nous des machines à penser et n'exige pas d'action. Nous devenons ainsi au fil du temps secs, remplis de théories, de concepts que l'on répète si, par bonheur, quelqu'un appuie sur la bonne touche. Nous régurgitons nos fiches bien classées dans notre cerveau pensant ainsi nous approcher d'une certaine forme d'intelligence qui n'est en fait que du ressassement. 

 

Cette connaissance mémorielle est un poison, un subterfuge et une menace à notre autonomie. Nous qui parlons de liberté sans trop savoir de quoi elle est faite et ce qu'elle suppose, devrions peut-être réfléchir un peu plus sur ce qui favorise sa naissance et ce qu'elle exige.

 

La liberté, il me semble, c'est maintenant. Elle n'est pas un aboutissement, un résultat. Elle ne devrait être dépendante ni des autres, ni de notre savoir ou des contextes politiques. 

 

Une fois la liberté en nous, il reste une vie à faire.

 

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