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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 19:44

L'improvisation est un phénomène qui m'a toujours intéressé voire intrigué. En musique comme dans d'autres formes d'art probablement, il est presque coutume de confondre l'improvisation avec une forme de "sur-préparation", un vocabulaire appris et régurgité ne présentant qu'un semblant d'improvisation alors que tout est (presque) prévu sans l'ombre de surprises ou de réelle acceptation du moment présent comme seul point de départ et d'arrivée possible.

 

L'improvisation ne supporte pas la réflexion, beaucoup trop lente, et ne s'accommode que d'une espèce de "lâcher prise" avec soi-même, de notre pensée (également trop lente) ou toute forme de dualité engendrée par notre "moi". Dans l,improvisation, il n'y a plus d'observateur et d'observé mais uniquement le fait de percevoir.

 

C'est probablement pour cette raison que l'improvisation est une forme de méditation, une coupure avec notre mode ou façon d'être "régulière". Le centre n'est plus "moi" mais uniquement le fait de percevoir, l'action de percevoir. Perception directe sans jugement, pensée, évaluation, calcul, comparaison etc. Tous ces critères font partie de notre mode de fonctionnement au jour le jour, dans notre quotidien...avec son lot d'illusions et de souffrance!

 

Faisons un parallèle avec la poésie. Imaginez un instant qu'un poète s'exercerait pendant des heures, chaque jour, à trouver des formules poétiques, un vocabulaire précieux et particulier qu'il insérerait dans ses poèmes de façon régulière, redondante. On aurait tôt fait de le qualifier de malhonnête et de mécanique. Sa prose et ses vers ne nous toucherait que dans une très petite mesure me semble-t-il. Or il s'avère que cette pratique est monnaie courante chez les musiciens dits improvisateurs. 

 

Il va sans dire que l'apprentissage d'un instrument est incontournable mais le problème survient quand cet apprentissage devient uniquement mécanique et qu'un certain vocabulaire devient automatique. Les nombreuses méthodes d'improvisation proposées sur le marché aujourd'hui ne soulèvent jamais ou très rarement ce problème: celui de la qualité de présence et/ou d'être à ce que l'on fait.

 

Le noeud du problème, selon moi, est là. Le paradoxe réside dans le fait que notre présence, notre capacité à être dans le présent exclus justement le moi, l'égo, la personnalité et toute cette construction édifiée au cours des années. Nous sommes totalement présent quand nous n'y sommes plus! 

 

La musique devient alors autre chose que ce produit à consommer. Elle devient quelque chose de vivant, éphémère sans autre raison d'exister que le simple fait qu'elle "est". Transparente. Sans jeux ou poses.

 

La beauté est toujours innocente et il y a longtemps que nous ne le sommes plus. Avoir l'audace de disparaître derrière la musique...oui, l'audace par les temps qui courent...Audacieux car dans notre société on admire plus (trop souvent à tout le moins) que les "personnalités" et autres énergumènes "remplis d'eux-mêmes". S'effacer et laisser place à ce qui nous dépasse. Voilà certainement quelque chose d'audacieux dans notre monde contemporain.

 

Fragile et forte, sans traces ni buts, riche de par sa volatilité et cependant infinie et profondément enracinée.

 

Le moment présent quoi...

 

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 01:27

Le carriériste en musique

 

Voila bien une sorte de gens qui ne me plait guère, je dois l’avouer. Pour en avoir rencontré plusieurs au cours des maintenant nombreuses années de pratique de mon métier, j’ai pu donc en côtoyer quelque uns, toujours d’assez loin quand c’était en mon pouvoir.

 

Le carriériste, comme son nom l’indique, se sert de son talent et de celui des autres pour arriver à ses fins. Quelles sont ces fins? On peut avancer sans trop se tromper que le carriériste vise essentiellement à faire prendre de l’expansion à sa petite personne, son nom, son image et à tout ce qui le concerne en général. La musique devient un moyen de vendre sa personne (ou la louer…), d’en faire la promotion comme on fera pour du savon ou du dentifrice. La musique c’est le bonus qui vient avec…

 

On doit craindre le pire en ce qui concerne cette personne constamment préoccupé par elle-même et son image. C’est pour cette raison qu’on doit l’observer de loin quand cela est possible.

 

En effet, le carriériste est prêt à faire toutes les petites (et parfois grandes…) saloperies qu’on lui demandera de faire ou qu’il pensera nécessaire à l’avancement de sa carrière. Cela peut aller de la sympathie feinte pour les gens qui sont en mesure de faire fructifier son ascension: le carriériste développe ses “amitiés” en fonction de ce qu’elles lui rapporteront. Gare à toi si un jour tu ne lui rapporte plus grand chose…Tu seras écarté de sa route aussi facilement que ces genoux que la prostitué ouvre pour se faire quelques deniers.

 

De la sympathie feinte, donc, et si nécessaire, à la perfidie, à la calomnie et autres variations du plantage de couteaux dans le dos. Il faut toujours rester fort avec le carriériste et ne jamais tourner le dos, montrer quelques faiblesses que ce soit. Il aime et respecte la notoriété, il aime qu’on parle de lui et lui-même parle souvent de ses grands projets et de ses collaborations brillantes, toujours avec des “personnalités” qui font ou qui ont fait leurs marques dans le haut milieu des “arrivés” (toujours selon lui), des gens représentant pour lui l’image qu’il aimerait projeter dans un futur pas trop lointain (le carriériste est toujours pressé…).

 

Le carriériste aime se frotter à ceux qui ont réussi selon les critères qui lui ont été imposés par notre société moderne, pardon contemporaine…

 

Parmi ces critères auxquels notre bon carriériste se plie avec complaisance se trouvent, entre autres, la présence médiatique, la bonne performance au niveau des ventes de disques (très important pour les médias et donc pour lui aussi!). Le discours qui n’engage à rien est en usage presque constant chez le carriériste. Espèce de magnanimité qui fait que la parole ne sert plus qu’à donner du “positif”. Le carriériste évitera les sujets chauds…car au fond, notre carriériste est un personnage faible qui a besoin de l’image de la force que les autres lui renvoie pour se sécuriser et véritablement exister à ses propres yeux.

 

Le carriériste peut aussi être un flatteur quand cela lui est utile. Il saura manier le verbe et encenser au moment où il le faut et à l'endroit où il faut (souvent dans les médias). Il pourra alors dire tout le bien (qu'il ne pense pas) d'une personne afin de s'accorder ses éventuelles faveurs. Ce discours est toujours apprécié par la plupart des gens qui, eux aussi, ont une carrière...

 

À défaut d'intelligence, le carriériste possède souvent du talent, ce qui lui permet d'entrevoir un futur glorieux dans une société comme la nôtre qui adore les gagnants. Cette société est prête à fermer les yeux sur beaucoup de bassesses, considérées comme des dommages collatéraux, (pour utiliser une expression bien connue!) nécessaires pour qui veut réussir. On qualifiera même de courageux des gestes qui, à une autre époque, aurait probablement passés pour ignobles et inqualifiables. 

 

Non, le carriériste se croit dans son bon droit. Il n'a pas vraiment tort dans un sens étant donné que les valeurs auxquelles il croit sont celles que l'on nous présente, dans une large, très large mesure, tous les jours à la télévision, dans les journaux, à la radio, dans nos cercles d'amis etc. Le doute ne fait pas partie de la personnalité de l'arriviste. Il ne fait que suivre l'air du temps. Il se laisse porter.

 

Être un peu perdu, transportant avec lui des valeurs qui, souvent, ne sont pas les siennes mais auxquels il croît dur comme fer, servant les pouvoirs établis, quels qu’ils soient, le carriériste est un peu cette feuille emportée par le vent.

 

On ne verra jamais une feuille remonter le vent.

 

Le carriériste est, finalement, esclave de lui-même

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 04:32

Spécialiste dans son domaine. Force ou faiblesse? Être musicien, est-ce une spécialité? La musique n'est-elle, après tout, qu'un prétexte pour s'ouvrir à une quantité d'intérêts que l'on peut toujours, étant "spécialiste", ramener à notre point d'intérêt principal. Un bon musicien est-il spécialiste de son instrument presque exclusivement ou alors se sert-il de ses (supposées) nombreuses connaissances, même extra-musicales, pour créer, inventer, imaginer de nouveaux chemins, de nouvelles possibilités, de nouveaux sons ou possibilités harmoniques, mélodiques etc.

 

Penser la musique uniquement en musicien me semble extrêmement étroit voire dangereusement réducteur. John Coltrane, pour prendre un exemple que je connais assez bien, était un grand lecteur, s'intéressait à beaucoup de choses en dehors de la musique, réfléchissait (pour celui qui a entendu des entrevues qu'il a donné, cela est évident), se penchait et était attiré par une foule de sujets comme la physique, la philosophie, la gastronomie, l'astronomie et j'en passe.

 

Beaucoup de musiciens ne voient en Coltrane que cet acharné du travail instrumental (c'est vrai!) mais sa musique, d'une haute et grande intelligence (donc sensibilité) s'est nourrit d'une multitude de choses autre que la stricte connaissance musicale et instrumentale.

 

Il est un peu triste de voir nombre de musiciens réduire la musique...à la musique! Celle-ci, comme toutes les activités menées avec sérieux, doit normalement déboucher sur du plus large, du plus grand, du plus profond.

 

Le spécialiste est un infirme. Le spécialiste qui s'enferme et réduit sa compétence à son domaine, agit comme une machine et non comme une personne sensible (donc intelligente). Nous ne sommes intelligent qu'au-dessus du coeur disait le philosophe krishnamurti. Autrement ce n'est qu'habileté et cette habileté peut être au service de la guerre, par exemple. L'Homme véritablement intelligent ne peut mettre son savoir au service d'une telle monstruosité, c'est tout simplement impensable. Dans notre grande confusion nous mélangeons encore le savoir, qui n'est que mémoire (un ordinateur est "intelligent"?), et intelligence qui est beaucoup plus que cela.

 

Je l'ai dit et je le redis, la musique n'est qu'un prétexte, un outil pour approfondir le réel. Le réel: les autres, ma relation avec l'autre, ce qui m'entoure, ce qui est en bas comme ce qui est en haut et moi-même.

 

La musique n'est certes pas un moyen de faire mon auto-promotion et n'est pas non plus un moyen pour me donner du crédit aux yeux des autres. Elle n'est pas non plus un moyen pour me répandre et prendre de l'expansion. 

 

Je l'aime trop pour cela. 

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 05:57

Nous sommes dans un hôtel modeste mais correct à tous points de vue. Je n'aime pas le luxe et les hôtels 5 étoiles. Les gens qu'on y rencontre ne sont pas ceux que j'aime rencontrer. Sauf exception. Hommes d'affaires cravatés et pressés, touristes voyageants sans vouloir être dépaysés, sans vouloir quitter ses saintes habitudes, le même que celui qui voyage avec sa maison...Winibago et compagnie...

 

Non, notre hôtel fait parti d'une série nommé Hanting où se sont des étudiants, des gens "ordinaires" qui loue une chambre pour dormir et non pas pour afficher un standing quelconque. Il y a tout ce qu'il faut...même internet (gratuit). C'est confortable, simple, souvent situé dans des endroits "stratégiques", près ou dans des quartiers agréables. C'est par centaines qu'on retrouve ces "Hanting" et ils recouvrent pratiquement toute la Chine. 

 

Premier concert ce soir au East Shore Jazz Café, un club de jazz dont j'ai déjà parlé dans un autre texte. Beaucoup d'étudiants, parfois un peu bruyant. Je me demande la réaction du public avec ce que le groupe propose: Chansons française, guitare-contrebasse,saxophone. Ce n'est pas le groupe le plus à même de s'imposer "par la force" (lire par les décibels). Le répertoire tourne autour d'auteurs comme Barbara, Brel, Trenet, Ferrat, Vian. Nous rejouons dimanche soir au même endroit...Peut-être une soirée plus tranquille et propice à ce projet.

 

Demain (samedi), nous donnons un master class dans une école de musique privée (l'école pas la musique...). Comme à l'acoutumé, je ne prépare rien d'avance, j'irai avec les besoins des musiciens présents, leurs problèmes spécifiques face à l'improvisation et/ou à leur instrument. C'est toujours un joie pour moi de rencontrer des collègues et de discuter musique. Si, en plus, je peux leur apporter quelque chose!

 

Quelques heures avant notre "soundcheck" je révise le répertoire. Musique adaptée pour le mots, elle a ceci de particulier qu'elle contient des séquences harmoniques assez irrégulières, pas toujours "naturelles" pour un instrumentiste. La richesse des mélodies compense largement ce petit inconvénient qui est aussi une sorte de défi plutôt agréable à affronter.

 

C'est tout un pan de ma jeunesse que je revis à travers ces chansons.

 

Nostalgique? Un peu mais pas trop! 

 


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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 01:29

Il fait un temps radieux ce matin à Beijing. Certainement la saison la plus propice pour se rendre à cette destination. 24-27 degrés le jour, 13-17 la nuit, température idéale pour quelqu'un qui ne supporte pas tellement la chaleur comme moi. Hier soir, en rentrant d'une petite marche, on pouvait entendre des grenouilles troubler le silence.

 

Nous logeons dans un petit hôtel en plein coeur du hutong tout près du lac Huhaï, pratiquement dans le centre de Beijing. Silencieux, Beijing? Eh bien oui! certaines parties de cette ville sont "isolées" par des rue piétonnes où le bruit de voitures se perd rapidement. Ce n'est pas la campagne mais étonnant pour une ville de cette grosseur.

 

Ce matin, autre marche, assez tôt. Même les moins sportifs ressentent le besoin de se délier les muscles après un voyage de près de 14 heures en avion, assis à "attendre" (lisant, regardant un film, méditant ou réfléchissant, écoutant de la musique) que les 11,000 km nous séparant de Beijing soient derrière nous.

 

Les petites ruelles qui traversent le hutong sont bordées de marchands de fruits et légumes, de vendeurs de toutes sortes de bricoles (porte-monnaies faits à la main, foulards en soie, poupées, briquets, gadgets électroniques variés etc.) installés sur des couvertures à même le sol ou alors dans des charrettes. Tout le long de ces ruelles ont peut déguster pour quelques yuans (6 yuans pour 1$) un plantureux petit-déjeuner (soya chaud, pains fourrés, raviolis chinois) typique du coin. Pas beaucoup d'occidentaux par ici... Par contre les gens du voisinage font la queue devant certains petits restaurants du quartier et avec raisons! Une boutique se spécialise dans la fabrication d'un pain typique de Beijing: pain blanc assez neutre (il sert à accompagner le tofu fumée ou différents légumes marinés) fondant dans la bouche et fait de plusieurs épaisseurs ou "couches de pain" enroulées sur elles-mêmes. À essayer!...Si vous avez la patience de faire la queue!

 

Nous louons des vélos pour faire le tour du lac. Nous pouvons observer la vie matinale...Des enfants, une vingtaine, prennent un cours de Kung Fu dans un parc adjacent le lac, des adultes font de l'exercice sur des appareils de musculation construits le long du lac (rudimentaires mais apparemment fort goûtés), on joue aux cartes, au ping pong (des tables sont disponibles dans certains endroits), on joue également au aki (on se lance une sorte de moineau, comme au badminton mais plus gros, uniquement avec les pieds), ça courre, ça chante, ça rigole, ça marche main dans la main, jeunes et moins jeunes! Mon dieu que ça me change de mon village où il est difficile de rencontrer ne serait-ce qu'un seul regard épanoui. Les gens se croise et s'ignore...J'ai plus de sourires et d'échanges (un regard, un sourire, un mot gentil, une blague...) en une matinée en Chine que pendant tout un mois dans mon village de St-Gabriel de Brandon!

 

À suivre.  

 


 

 

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 18:48

Je suis en transit à Toronto en direction de Beijing. Deuxième tournée en à peine un mois, cette fois-ci avec un projet en trio (guitare-contrebasse-saxophone) qui tourne autour de la chanson française. J'ai l'intention de proposer ce projet aux Francofolies de l'an prochain.

 

Le transit permet (j'ai quelques heures devant moi) de lire des journaux que je ne lis jamais autrement. Je parle ici de la Presse qui n'est pas toujours disponible (en fait presque jamais) dans les restaurants de mon village. Comme je ne l'achète jamais, je préfère investir dans des bouquins ou des disques, c'est avec une certaine curiosité que je parcours ce journal.

 

C'est celui du samedi, épais, comportant plusieurs sections (culture, voyage, affaires, sports etc.) dont la traditionnelle place des lecteurs...Ceux qui prennent la peine d'écrire au journal.

 

Une lettre d'un cinéaste s'étonnant et s'offusquant du niveau de politesse ainsi que de la vulgarité de beaucoup d'internautes utilisant les réseaux sociaux pour s'exprimer, exprimer leur rancoeur ou leur ras-le-bol, leurs soucis ou leur désespoir. 

 

Je crois que, grosso modo, les gens pensent comme avant, avec la même vulgarité ou finesse. Sauf qu'avant il n'y avait pas de Facebook ou Twitter pour canaliser et rendre publique la pensée de nos frères et soeurs. Les réseaux sociaux n'ont rien changé! Tout au plus ils permettent de voir et de faire ressortir, de rendre visible ce que chacun pense tout bas. Probablement que l'anonymat y est pour quelque chose. Devant les autres nous sommes beaucoup moins téméraires et avons tendance à ne pas dire le fond de notre pensée. À tort ou à raison. Probablement à tort et à raison. 

 

Pour moi les réseaux sociaux n'ont fait que confirmer ce que j'avais observer depuis longtemps me semble-t-il, à savoir qu'une majorité de gens n'ont pas grand chose à dire mais ils le disent très fort. Et très maladroitement.

 

Pour un cinéaste il est malheureux que son sens de l'observation ait eu besoin des réseaux sociaux pour se rendre compte de la réalité l'entourant. Rien de nouveau sous le ciel! Il y a des gens comme ça qui ont besoin d'avoir le caca sous le nez pour dire que ça sent mauvais...

 

Il y a un moment que les sourires de surface, la soit-disante bonhomie et la sympathie de surface ne m'émeuvent plus. Je préfère affronter une vraie sale gueule et/ou "démon" qu'un faux ange!

 

Au moins je suis préparé.

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 15:48

Impressions. C'est le titre d'une composition de John Coltrane qu'on peut retrouver sur une grande quantité de ses disques. Plusieurs versions donc de cette composition maintes fois reprise par le quartet (Mcoy Tyner-piano, Elvin Jones-batterie, Jimmy Garrison-contrebasse) entre 1960 et 1965. Il est intéressant de noter l'évolution du regard posé par Coltrane sur ce morceau et prendre ainsi toute la mesure de ce musicien hors norme.

 

Impressions est basé sur une forme que l'on rencontre beaucoup en jazz soit AABA, chaque section comportant 8 mesures. So What, composition de Miles Davis, est écrite sur la même forme et la progression harmonique est semblable: les deux premiers A en ré mineur, le B un demi ton plus haut soit mi bémol mineur et retour au A en ré mineur. Là s'arrêtent les points communs.

 

L'origine de la mélodie d'Impressions est vraiment intéressante et surprenante. En jazz les emprunts sont monnaie courante. Coltrane ne s'est pas gêné pour cette composition et ce n'est pas la première fois!

 

Une autre composition de Coltrane "Spiritual" (1961) est un copié-collé du début d'un spiritual appelé "Nobody Knows De Trouble I See" tiré du livre "The Book of American Negro Spirituals" publié en 1925. Mais revenons à "Impressions".

 

Le premier segment est tiré de la pavane de Morton Gould, mouvement de sa "American Symphonette" (1937). Composition populaire à cette époque et déjà interprété par Jimmy Luceford en 1940 et Ahmad Jamal (pianiste souvent cité par Miles Davis) avec son trio en 1955. La section B d'Impressions est tiré d'une autre pavane (comme quoi Coltrane avait de la suite dans les idées!) de Maurice Ravel cette fois, "Pavane pour une Infante Défunte" écrite en 1899 (première version pour piano).

 

Ce qui est peut-être anecdotique mais tout de même intéressant c'est que Coltrane utilise les deuxième thème de chaque composition originale. Le tout forme un morceau simple qui sert encore maintenant dans les jam sessions partout sur la planète!

 

Je ne m'aventurerai pas dans une description de ses improvisations sur ce morceau. Les mots étant ce qu'ils sont, c'est-à-dire nettement insuffisants pour cerner l'essentiel de ce qui rend cette musique incontournable et si profonde, je laisserai ce soin à d'autres. En leur souhaitant bonne chance...

 

Pour les plus curieux je ne peux que suggérer d'écouter les différentes versions que Coltrane en a fait pour saisir le vertigineux parcours de ce musicien sur les quelques années que dura sa carrière. 

 

À mon sens, le meilleur livre écrit sur Coltrane et d'où j'ai tiré mes informations: "John Coltrane-His Life and Music" de Lewis Porter aux éditions "The University of Michigan Press"

 

Une image vaut mille mots? Combien de mots pour une seule version d'Impressions"?

 

Bonne écoute!

 

 


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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 15:40

On résume trop souvent la Chine à ses problèmes (qui sont immenses!) et à ses défauts. Le fait-on pour se sécuriser? Pour pouvoir pointer du doigt trop promptement et condamner ainsi un pays aux milles facettes? La Chine n'est pas un bloc uniforme où tous les gens pensent de la même façon. Au sein même du PCC (Parti Communiste Chinois) existe plusieurs courants et façons de voir la suite des choses pour ce pays. Les plans quinquennaux sont âprement discutés et leur formulation font suite à des pourparlers entre ces différentes positions.

 

On ne pourrait résumer le Canada, par exemple, à ses sables bitumineux, sa déforestation systématique et sa participation aux efforts de guerre (J'allais écrire de paix...) en Afghanistan. Ce serait malhonnête et bien loin de la réalité. C'est pourtant ce que l'on a tendance à faire avec la Chine. Dans 99% des cas, ce que je lis dans les médias se rapporte aux supposées mauvais coups de celle-ci. Sans être totalement fausse cette vision tronquée et (souvent) malveillante nous donne une impression que ce pays est "mauvais" et que ses dirigeants sont mal intentionnés. Pas plus qu'ici, au canada et en fait peut-être moins...

 

La Chine ne possède pas de bases militaires hors Chine et n'a jamais eu au cours de son histoire de volonté d'expansion territoriale. Sa politique de non-intervention irrite plusieurs pays occidentaux qui ont pris l'habitude d'interférer dans les politiques d'autres pays. J'y vois là une forme de prétention issue peut-être de cette même idée qui prévalait par le passé lors de la colonisation de nombreux pays dits "non-civilisés". Sous le couvert humanitaire ces interventions cachent également et trop souvent des visés stratégiques et économiques. 

 

J'ai eu une discussion avec un professeur de philosophie il y a quelques temps concernant la place de la Chine dans le monde et sa peur de celle-ci (peur entretenue par les médias). Je lui faisais remarquer l'inexistence de bases militaires chinoises dans le monde et le presque milliers de bases américaines tout autour de la planète. Pour maintenir la paix? Ou pour contrôler leurs intérêts? Un esprit un tout petit peu libre, débarrassé de la propagande anti-chinoise, arrive à des conclusions ou à tout le moins se pose des questions. Et les réponses, en général, ne se font pas attendre.

 

J'en ai déjà parlé, la circulation en Chine est un sujet intéressant à observer. Le conducteur chinois, dans son ensemble, ne s'identifie pas à sa voiture comme on le fait souvent ici. Le klaxon est utilisé fréquemment non pas pour remplacer un flot d'injures mais pour signaler sa présence. Il en résulte une cacophonie (notamment à Beijing où la circulation est particulièrement dense par moment) mais exempte de violence. Le conducteur chinois passe là où il y a de la place même si ce n'est pas tout-à-fait légal...Étant donné que tout le monde à une perception très souple de ce qui est légal ou non, il ne se fera pas engueuler parce qu'il aura dépassé une ligne ou empiété sur la place de l'autre...Anarchisme fluide pourrait s'appliquer à la circulation chinoise...

 

Les agents de la circulation sont des volontaires (pas des policiers) qui font ce qu'ils peuvent pour réguler tout ce beau monde qui se partage la route. Avec plus ou moins de succès...Nous sommes vraiment loin du policier autoritaire et pas souvent sympathique que l'on connaît ici et avec qui il est préférable de filer doux.

 

Une petite anecdote pour finir. Avec toute cette circulation automobile il arrive bien entendu des accrochages. Lors d'un transport vers l"aéroport nous avons frappé légèrement une autre automobile. Descente des véhicules, peu de dommages. Notre chauffeur discute et propose un dédommagement en argent afin d'économiser du temps. L'autre refuse et fait venir un agent. Celui-ci voyant les dommages somme toute superficiels lui explique qu'on ne dérange pas les gens pour si peu et qu'il aurait bien dû accepter l'offre (qualifiée de généreuse) de notre chauffeur. Il fait le constat en houspillant et repart. 

 

L'image de la Chine autoritaire et rigide en a pris un coup...

 

À suivre. 

 

  

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 15:21

Une seconde tournée en Chine en l'espace d'un mois avec un projet axé sur la chanson française. Que du bonheur! J'en suis maintenant à ma onzième tournée dans ce pays. J'ai déjà écrit plusieurs petits textes concernant la Chine et tenu 2 journaux relatant des observations "à chaud" pendant mes tournées. Comme je l'ai déjà fait observé, j'ai un accès privilégié à cette culture par le biais de ma compagne qui non seulement me traduit les conversations mais, par sa culture étendue sur l'histoire, la politique, les arts, coutumes et traditions de son pays, me permet (en plus de mes lectures) d'avoir une vision rapprochée de ce pays.

 

Ces rapports que je qualifierais d'intimes qui se sont noués au fil des ans mais surtout la grande injustice avec laquelle ce pays est traité ici, dans nos médias, par des chroniqueurs finalement peu informés, des gens de plumes et des artistes victimes de cette espèce de lavage de cerveau savamment entretenu m'obligent presque à donner un son de cloche qui semblera détonner et probablement en surprendre plus d'un.

 

Avec ses presque 1 milliards 400 millions d'habitants, la Chine est composé de 56 ethnies, chacune avec ses coutumes, sa langue, ses traditions etc. Simplement en avançant ces quelques chiffres on peut soupçonner que maintenir une certaine unité dans ce pays n'est pas une sinécure! Si on y ajoute les tentatives répétées depuis 2 siècles de l'occident de vouloir l'éclatement de ce pays, pour des raisons surtout économiques mais aussi politiques, on peut, encore une fois, imaginer la grande complexité voire le cauchemar auxquels les dirigeants de ce pays sont confrontés.

 

Je crois qu'à maints égards, si l'on compare notre histoire et les "solutions" appliquées aux problèmes du "vivre ensemble" face aux ethnies (amérindiens) qui vivent au Québec, la Chine, avec ses problèmes mille fois plus complexes, s'en sort pas si mal. Sans tomber dans l'apologisme béat et en faisant abstraction (si possible!) de notre négativisme de "bon aloi" et presque atavique face aux pays dits communistes (la Chine n'est pas et n'a jamais été communiste, tout au plus socialiste. Beaucoup de chinois d'ailleurs regrettent de ne pas avoir eu le temps de parvenir à ce communisme, c'est-à-dire le partage à peu près égal des richesses pour tous, ce qui me semble assez chrétien comme idée...) on est en droit d'affirmer que le Chine tire son épingle du jeu dans ce casse-tête sociologique.

 

Communisme. Un mot diabolisé de façon irrémédiable! Un mot qui fait peur et semble bloquer toute tentative de discussion et de compréhension mutuelle. Le travail de propagande à cet égard a été bien fait et ce de façon durable. Encore aujourd'hui il suffit de prononcer ce mot pour faire réagir, un peu comme le chien de Pavlov, toute personne se laissant dominer par la pensé...dominante. Même des gens supposés réfléchir en sont victimes!

 

Si on amalgame le mot "Chine" et le mot "communiste" alors là on a droit aux pires préjugés, à une pensée toute faite, toute prête, à des inepties formidables et des clichés qui baffouent l'intelligence dont nous sommes supposé être pourvus.

 

Démocratie. Voilà un mot magique! Un mot qui cache cependant mille méfaits, tortures, violences, guerres, invasions, détournements, exploitations sous toutes ses formes et j'en passe. Démocratie. Et nous voilà auréolés et intouchables, pourfendeurs de liberté pour les peuples, humanistes et pacifiques, chefs de file d'une véritable humanisation des "barbares" qui n'ont pas la joie de connaître cette bénédiction. 

 

Démocratie. Ce mot est sur le point de rejoindre ces autres mots sur lesquels nous nous sommes trop couchés et qui sont devenus plats: amour, fraternité, paix, respect, égalité. Il ne reste de ces mots qu'un vague sentiment de bonne conscience lorsque prononcés. Leur squelette nous indique que jadis ces mots avaient une vie et un sens profond.

 

À suivre. 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 14:02

Et voilà! Une autre élection, un autre vote. Nous avons fait nos choix, avons utilisé nos 10 secondes de démocratie en cochant sur un bout de papier le candidat qui est, selon chacun, la personne qui nous représentera pour les quatre prochaines années.

 

En fait si je regarde les résultats, nous avons sérieusement hésité avec qui nous voudrions ne pas changer. La lutte a été chaude entre le statu quo et le statu quo, même un troisième statu quo est venu brouillé les cartes...Imaginez comme nous sommes téméraires!

 

C'est donc non pas un gérant mais une gérante qui a été élue.  À l'instar d'Obama pour les États-Unies, beaucoup de gens sont fières d'avoir élu une femme comme première ministre. Changement historique! Le Québec se modernise comme il peut et il ne peut pas beaucoup apparemment. Dites-moi ce que le sexe vient faire là-dedans? Ou la couleur de peau. On jauge une personne ni à ses idées, ni à ce qu'il ou elle dit mais à son action. Si le passé est garant du présent nous n'avons pas à nous inquiéter. La vision qui nous est proposée oblique très légèrement à gauche mais le corps continue sa route comme avant. Le regard se porte à gauche mais le voyage vers le mur poursuit sa route malgré la tempête et les vagues qui viennent nous lécher les pieds. J'allais écrire les bottes.

 

Ceux qui prônaient une action susceptible de changement réels ont récolté que peu de suffrage. Normal. On ne veut pas changer. On veut juste l'apparence du changement, une autre garde-robe plus sexy, quelques frou-frous ici et là pour satisfaire notre regard dans le miroir. On s'aime comme on est. Nous vivons dans un pays avec le meilleur système au monde dixit les livres scolaires de mes enfants de l'an passée (5ième année). Ça commence tôt l'auto-satisfaction. La persuasion et la propagande de la médiocrité est, tout le monde le sait, plus efficace chez les jeunes. Et on ne se gêne pas.

 

Un autre vent de liberté possible mais que nous nous refusons obstinément. Parce que la liberté est difficile, parce que la liberté implique des responsabilités, parce que la liberté personne n'en veut...ou presque. On préfère continuer de chatouiller nos claviers, se répandre devant nos écrans, s'éteindre tout doucement et complaisamment.

 

Nous devrions, me semble-t-il, être en mouvement, rivière ou fleuve. Nous ne sommes que marécage (dans marécage il y a le mot "cage"...) où ça grenouille (dans grenouille il y a le mot "nouille") à travers quelques filets d'eau bien insuffisants pour y voir clair. Ça stagne et commence à sentir mauvais.

 

Bercés d'illusions entretenues par nos proches, les médias, les politiciens et autres spécialistes du quoi penser, nous nous refusons la beauté de marcher la tête haute. Nos genoux commencent à faire mal mais voilà, le plie est pris, l'habitude nous étrangle, l'air se raréfie.

 

La tête sous l'eau et dans le sable tout à la fois. 

 

On meurt à petit feu en attendant la mort. 

 

La peur fait de nous de merveilleux consommateurs. Et de piètres démocrates.


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