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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 14:53

Rien de plus douteux que ces prosélytes qui veulent nous vendre du Dieu, de l'espoir en canne, du merveilleux à la pelle. Ces vendeurs de paix au rabais, ces théoriciens de la tolérance et du vivre ensemble ne sont souvent que des marchands astucieux qui profite de la faiblesse, du désarroi des gens devant l'immensité de la vie et sa complexité fascinante. Devant ces professionnels de la foi, nous sommes souvent béats, aveugles, d'une profonde cécité doublé de naïveté (la plupart du temps volontaire) face aux manipulations scandaleuses et sans gêne auxquels ces chefs dits-spirituels s'adonnent.

 

Que ce soit le Pape, le Dalaï Lama ou autres chefs soi-disant spirituels, toutes ces "saintetés" ne sont que des outils servant à faire fructifier leur organisation respective. Aucune réelle spiritualité ne peut être organisée. Le spirituel ou le religieux excluent d'emblée toute forme de prosélytisme, tout forme de commercialisation, que ce soit à petite échelle, comme les sectes ou grande échelle comme les religions dominantes.

 

Le Dalaï Lama, de son vrai nom Dainzin Gyaco (il existe de nombreuses façons d'orthographier son nom), vient nous rendre visite très bientôt. Au stade Uniprix du parc Jarry. On peut acheter ses billets, comme on le ferait pour un groupe rock ou une chanteuse pop au réseau Admission. Les prix? Le billet le moins cher est à 30.76, pour une place où vous allez apercevoir sa Sainteté (Qui a décidé de l'affubler de cette prétentieuse appellation? laissez-moi deviner...les membres de sa religion?...) de loin et on peut payer jusqu'à 96.84 pour le voir...j'allais dire en 3D et haute définition. Non, il n'y aura pas de pauvres à ce meeting. Pas de pauvres non plus à la discussion sur les religions qui se tiendra au Palais des Congrès. Là, les billets vont de 50$ à 150$. On sera entre gens bien, confortablement installé avec probablement un cocktail ou un buffet à la fin de la discussion. Les gens qui dirigent, pensent, réfléchissent sur la religion et les "bienfaits" qu'elles apportent aux moins bien nantis de notre société n'ont que faire de leurs opinions. D'ailleurs, ont-ils une opinion?

 

Je suis à peu près certain que ces deux meetings seront plein à craquer. C'est vous dire le profond désarroi de la population. Ceux qui ne peuvent payer auront droit aux nombreux résumés que les médias dominants et complaisants nous ferons avec toute la servilité et l'enthousiasme dont ils sont capable.

 

Le Tibet a toujours fasciné les occidentaux. Fasciné mais pas au point de faire de réelles recherches sur cette région de la Chine (le Tibet est chinois depuis le 13ième siècle) qui nous semble proche des Dieux. De magnifiques ouvrages, peu nombreux, ont été écrits, en particulier celui de Melvyn C. Goldstein, qui nous font mieux connaître cette culture. Le livre "A History of Modern Tibet (en deux volumes qui couvrent la période allant de 1913 à 1955) de Goldstein est une source de renseignements reconnue, fiable et sans complaisance ni pour les Chinois ni pour les Tibétains. Beaucoup de surprises attendent les plus curieux qui, au lieu de répéter les mêmes poncifs concernant cette région autonome, prendront le temps d'approffondir leurs connaissances. Pour être honnête, je n'ai pas encore lu au complet ces deux volumes, le seul disponible à la maison est en chinois. Ma compagne me traduit cet imposant ouvrage par bribes mais des versions en anglais et français (depuis 1995 pour la version française) sont disponibles. La commande est déjà parti...

 

Si vous allez sur le site Tibet.ca vous pouvez lire en exergue sur la première page une phrase du Dalaï Lama qui nous exhorte de ne pas travailler uniquement pour notre famille, notre nation etc. Or, ce site ne contient que des informations concernant le Tibet et la soit-disant menace que constitue la politique chinoise à leur endroit. Le discours du Dalaï Lama est toujours ambivalent, à deux faces, sujets à des interprétations différentes, politique sans vouloir l'être. Le Dalaï Lama est un merveilleux outil de propagande. 

 

Je ne suis pas spécialiste, loin de là, mais j'ai eu l'occasion de voyager dans la province du Yunnan et j'ai vu de mes propres yeux les réalisations, le soucis de préserver cette culture si riche. J'ai eu la chance, entre autre, de passer une soirée dans un restaurant tibétain, (tenu par des Tibétains) qui est en fait le bureau (le resto n'est qu'une petite parti de l'ensemble) ou sorte de consulat Tibétain à Kunming. Vous dire la richesse de cet établissement, la beauté des boiseries et les moines qui ont passé une soirée...disons digne de Gargantua me laisse un souvenir impérissable!

 

La Chine est constituée de 56 ethnies différentes depuis des siècles et n'a certes pas de leçon à recevoir en ce qui concerne le comment vivre ensemble. Surtout pas de nous. Notre politique envers les autochtones est sans commune mesure et incomparable avec ce qui se fait en Chine. Pour voir cela il faut se renseigner sérieusement et cela prend du temps.  

 

Bien sûr, rien n'est parfait, et je suis sûr que des améliorations pourraient être apportées, dans notre pays, c'est évident, mais dans tous les pays qui sont confrontés aux mêmes problèmes reliés à la diversité culturelle. Dans quelle mesure, à quel niveau, je ne puis m'avancer, mais ce dont je suis sûr c'est que diaboliser, démoniser la politique de la Chine envers le Tibet me paraît lâche, irrespectueux et d'une grande prétention. 

 

Revenons au spirituel, au religieux.

 

Le spirituel, le religieux, le merveilleux n'est pas à vendre mais à saisir, tout comme la liberté. On peut conseiller, discuter, en parler mais si on vous demande quoi que ce soit en échange, fuyez le plus loin possible de ces vendeurs, de ces marchands de bons sentiments.

 

Tout acte religieux ou spirituel véritable se fait dans l'intimité. Le reste n'est que de la poudre au yeux, du mensonge et de l'hypocrisie rémunérateurs qui profite à des gens qui voudraient nous voir vivre comme des chiens en laisse, dociles et obéissants.     

 

  

 

 

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 17:03

Je viens de lire un article tiré des carnets de François Brousseau. Encore une fois on tape sur la Chine à tour de bras, sans véritable analyse. On se contente de peu de recherche, pas de reflexion sur le fond et le pourquoi des choses. On a décidé, en gros, que les Occidentaux travaillaient pour un meilleur monde, plus de démocratie, plus de liberté pour les peuples. Ce n'est pas la vérité! Beaucoup plus complexe que ce sous-entend cette dénonciation à l'emporte pièce qui semble plein de bon-sens à première vue mais qui cache des intentions de diabolisation qui me chagrine et me font réagir.

 

Je ne défends pas la politique chinoise, j'essaie de la comprendre au lieu de l'assassiner. Le courroux de monsieur Brousseau devrait se manifester dans sa vision de la politique étrangère des États-Unies ou de la France ou encore de l'Angleterre. Son parti-pris est manifeste et lui retire beaucoup de crédibilité.

 

Dernière chose avant de vous faire partager la réponse que je lui ai envoyé hier suite à la lecture de son carnet.

 

Les manifestations arabes du printemps passé que l'on croyait soudaines et fortuites ne le sont pas. Depuis 2008, les États-Unies ont invité des étudiants Arabes (plusieurs milliers) pour leur montrer les techniques de renversement de gouvernement par le biais des réseaux sociaux.  Imaginez un instant que le canada fasse la même chose avec des étudiants Américains...

 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2011/04/08/132692.shtml?auteur=2096 

 

Bonjour François,
je viens de lire votre carnet du mois d'avril sur la Chine (je sais, un peu tard) et suis une fois de plus étonné du discours presque hargneux que vous tenez et l'ambiance qui règne dans ce pays. J'arrive d'une 8ième tournée chinoise et je dois dire que ce que je vois, entends, ressent de la part des habitants de ce pays ne correspond pas du tout avec le sentiment que l'on a en lisant votre texte. Il faut dire que vous ciblez des problèmes réels, qui existent, mais qui ne donnent pas un portrait juste et équilibré de ce que l'on peut sentir lorsque l'on travaille avec les gens qui font ce pays.
 
Si je devais résumer l'ambiance générale avec un seul mot j'emploierais le mot:avenir. Je sais,cela va vous étonner, vous surprendre et peut-être vous faire "hurler" que je suis inconscient ou simplement aveugle et sourd. Non point monsieur Brousseau.
 
Je dois "avouer" mon amour pour ce pays comme celui que j'ai pour les États-Unies malgré leur politique étrangère catastrophique pour une grande partie de l'humanité. L'hypocrisie incroyable et meurtrière, spécialement depuis la seconde guerre mondiale (savez-vous que tous les présidents des USA depuis ce conflit, seraient passible, selon la justice internationale, de crime de guerre?) n'est plus à démontrer. Il suffit pour cela de se renseigner auprès de gens comme Noam Chomsky (évitez les médias dominants qui sont, en général, les chiens de garde de cet impérialisme qui se veut le représentant de la démocratie, de la liberté et autres mots et idées qui ont été complètement vidés de leur sens. On ne pourra qualifier monsieur Chomsky d'excité révolutionnaire ou d'anti-américanisme primaire. Ses informations, livres ou interventions sont toujours bien documentés, soutenus par une logique et un profond soucis de vérité et d'authenticité. Beaucoup d'autres sources sont disponibles sur internet, dossiers et autres écrits comme vous le savez certainement).
 
Revenons à la Chine si vous le voulez bien. Ou plutôt juste un mot concernant le Dalaï Lama qui va bientôt nous rendre visite. Lorsqu'on se penche sur toute cette histoire du Tibet, je veux dire d'une façon non-émotive et sérieuse à la fois, bref en historien ou...journaliste, on se rend compte des nombreux mensonges que la presse et autres médias complaisants colportent encore de nos jours. Pourquoi? Quelle est ou plutôt quelles sont les raisons de cette vision si partielle des choses concernant le Dalaï Lama et la Chine? Ce charmant personnage qui se dit principalement influencé par Georges Bush (fils) ne vous donne pas envie d'en savoir plus sur lui et son entourage? Cela n'est qu'un petit exemple mais qui indique beaucoup de choses, ne croyez-vous pas? Et si le Pape se disait fortement influencer par ce président va-t-en-guerre, belliciste, ne vous poseriez-vous pas des questions? 
 
Est-ce notre profond racisme (voir notre histoire, notre façon de traiter les autochtones, les Chinois qui ont construit le chemin de fer dans l'Ouest canadien et bien d'autres sujets peu glorieux mais combien révélateurs) qui nous empêche d'aller plus loin dans l'investigation, notre conviction d'être démocrate (le sommes-nous vraiment-qu'est-ce que cela implique réellement, "le pouvoir du peuple") Est-ce la peur de se regarder en face? De quel droit se drape-t-on de cette vertu qui nous donnerait le privilège de ne voir que le côté négatif de quelques pays que ce soit?
 
Serait-ce une forme de propagande mais "culturelle", c'est-à-dire inconsciente, donc comme allant de soi et bien-pensante?
 
Tant de manque de vision, de générosité dans le regard, de regard si peu fraternel envers nos frères fait froid dans le dos.  Non, je ne suis pas baba-cool, fleur-bleue ou "visionnaires" coupés de la réalité.
 
Je suis juste indigné du manque de jugement, de la vision très partielle des choses qui vous proposez à vos lecteurs et auditeurs.
Avec la liberté que l'on a d'investiguer, vient une grande responsabilité.
 
Amicalement,
Yannick Rieu

 

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 14:11

Paris. 2 millions d'habitants. Juste le nom fait rêver. Ses cafés, musées, la Seine, son architecture, son histoire, le Louvre, Le jardin des plantes, du Luxembourg, ses poètes, sa vie nocturne, comme tout cela me manque parfois. Les longues marches que j'y ai pris, seul pour mieux goûter l'ambiance, pour me perdre délicieusement, pour être surpris au détour d'une rue par une place avec sa fontaine ou un marché, une rue probablement chargée d'histoire. Prendre un café, flâner le long de la Seine, regarder les péniches chargées à bloc remontant péniblement la rivière, les bateaux transportant les touristes qui auront "fait" Paris en 3 ou 4 jours, photographiant Paris ou plutôt eux avec pour décor Paris. "Moi" devant la tour Eiffel, "moi" devant la Joconde, "moi" devant l'Arc de Triomphe, "moi" sur les Champs Élysées.

 

Paris, j'y ai habité pendant 9 ans et beaucoup de "mystères", lieux, concernant cette ville restent à être découverts. Paris ne se découvre pas en quelques jours et ne se découvre pas devant n'importe qui. Il faut lui consacrer du temps si vous voulez qu'elle se dévoile.

 

Je me souviens de promenades mémorables le matin, je veux dire le matin très tôt, genre 4 heures et demie-5 heures, lorsque le soleil se lève tout juste, les musiciens, serveurs-serveuses, noctambules de toutes sortes, prostituées et autres "travailleurs" de la nuit sont couchés (la plupart) et ceux qui bossent le jour ne sont pas encore levés. Il existe un laps de temps, une brèche où Paris est presque calme. Pas de voiture ou très peu, le métro n'a pas encore repris son service, le gens qui travaillent sur les marchés s'affairent à monter leurs étals. Paris ne dort jamais? Si, quelques minutes, d'un sommeil léger et presque silencieux.

 

On rencontre, à cette heure, les gens qui nettoient Paris, lui refont une beauté, un lifting journalier. En particulier les balayeurs de rue. Oui, Paris s'offre un coup de balais le matin mais aussi tout le long du jour. On balaie à la main, avec des balais en plastique vert dont la forme rappelle les anciens balais faits avec des branches qu'on auraient mis ensemble et ficelés. Efficaces, peu bruyants, les balayeurs font couler de l'eau le long des trottoirs grâce à un système, genre de petite borne fontaine, qui fournit de quoi bien laver les rues en emportant les déchets vers les égoûts. Paris est prête pour une autre journée de labeur.

 

St-Gabriel. 3500 habitants. La nuit est complètement calme, on entendrait une mouche voler. De temps en temps un camion transportant des arbres passe, bouscule cette tranquilité et réveille probablement les dragons en plastique qui ornent le toit d'une ancienne boutique d'artisans. St-Gabriel, paradis de la moto-neige. St-Gabriel royaume du moteur.

 

Dans mon village on nettoie les rues également. Pour ce faire on utilise un énorme camion qui réveillerait un mort quant au bruit qu'il émet, crache une fumée noire et laisse quantité de déchet trop petits ou lors de manoeuvres que ce mastodonte doit effectuer pour éviter les voitures garées sur le bord des rues. Sur le camion une phrase stipule: "gardons notre ville propre"...

 

Deux villes, deux concepts.

 

Paris. Juste le nom fait rêver.

 

 

 

 

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 14:14

Depuis l'âge de 9 ou 10 ans, âge où on commence à voir et comprendre que les adultes nous ont menti sur plein de choses, je me demande ce qu'il peut y avoir de beau et de grand dans le fait de croire. Déjà un peu plus jeune, lorsqu'il était presque obligatoire (Je dis presque car mes parents ont eu la gentillesse de m'épargner les cours insipides et hypocrites de "sciences religieuses"-déjà le nom aurait dû affoler tout être pensant) de suivre les cours de religion, je voyais la totale indifférence de mes camarades de classe pout les dits cours. Nous subissions les âneries qui y étaient dites sans poser de questions, à cet âge on peut nous faire croire n'importe quoi de toute façon. Je voyais et sentais bien que vraiment peu des élèves prenaient au sérieux ou étaient touchés par le discours  pompeux et lénifiant des prêtres ou curés qui passaient partager la "bonne parole" avec nous.

 

Pour tout dire, l'impression que me laissaient ces croyants professionnels, qui a encore des échos dans mon être aujourd'hui, mon impression générale était une sorte de visquosité, de quelque chose de collant et de malsain qui se dégageait de leurs paroles. Trop douce pour être vrai. Leur discours, leur voix me mettait mal à l'aise, sentiment partagé par beaucoup de mes amis sans savoir pourquoi. Le résultat de ce malaise se traduisait par des moqueries que je ne répèterai pas ici. On est si directe étant enfant, si vrai et, vu de la "hauteur" du jugement d'adulte, si dur. Ce n'est que plus tard que l'on apprend à tergiverser, ne pas dire ou avec tant de nuances que notre discours devient fade et sans goût. Ce n'est que plus tard que l'on apprend la diplomatie. Souvent "diplomate" parce qu'incapable de voir la vérité en face. Handicapé par un égo qui ne supporte pas de se voir dans une glace ou voir la vie telle qu'elle se présente. Alors on se met à croire.

 

À croire dans un monde meilleur au lieu de le faire et bâtir maintenant. À espérer ce paradis qui m'a toujours semblé d'un ennui sans fond. Croire pour éviter de se mettre au travail. Tout de suite. Maintenant. Avec le véritable sentiment de participer à quelque chose qui nous dépasse. La fraternité.

 

Je ne vois pas la beauté de la foi. Je m'excuse. Je n'ai pas été touché et ceux qui me disaient ou me disent l'être ou à tout le moins en parle, ne présentent aucune différence dans leurs actions que ceux qui n'ont pas cette "chance". Par contre j'ai croisé des gens touché par la grâce, cette espèce de façon de voir,faire dire les choses avec intelligence et beauté.

 

Bach, Cocteau, Matisse, Nelligan, Velasquez, Proust, Mozart. Des noms qui résonnent en vous, simplement pour vous donner une idée de ce que j'entends par grâce. Rien à voir avec le fait de croire ou non. Des artistes pouvaient être plein de grâce dans leur spécialité mais "ordinaires" dans leur vie de tous les jours. Sans prétentions religieuses ou sans liens avec le fait de croire, d'avoir la foi.

 

Non, vraiment, je ne vois pas la beauté de croire, d'avoir la foi. Pour moi, et je ne veux manquer de respect à personne, c'est une maladie qu'on nous transmet (souvent jeune...plus facile) ou que l'on attrape par désespoir, quand justement on espère plus, on ne rêve plus. Par rêve j'entends la capacité du cerveau de penser ou concevoir quelque chose afin de le réaliser.

 

Les rêves diurnes doivent donc être "raisonnables", en lien avec la réalité.

 

La soit-disant beauté de la foi est culturelle et certainement pas innée chez l'être humain. 

 

Dom Helder Camara, archevêque Brésilien a déclaré:«Quand je nourrissais les pauvres, on me tratait de saint. Quand j'ai demandé pourquoi ils étaient pauvres, on m'a traité de communiste.»

 

 

 

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 09:47

À l'heure où j'écris ces quelques lignes, Orion se lève, majestueuse, annonciatrice de l'hiver qui s'en vient. L'été elle reste à l'horizon et on ne peut l'apercevoir que si l'on est ou en mer ou dans un endroit plat genre Prairies de l'ouest canadien. Le ciel est limpide, le temps calme, pas de vent, l'air est doux, nuit de fin d'été, début de ma saison préférée, l'automne.

 

Tout scintille là-haut, tout est d'une clarté et d'une transparence à couper le souffle. Si on regarde attentivement, si on prolonge notre observation on peut ressentir une espèce de vertige devant l'immensité, l'infinie beauté de ce ciel. On  imagine et sent notre planète si petite, si fragile et éphémère dans cette mer d'étoiles sans fin. Il faut lever le regard, regarder et voir.

 

Il faut lever les yeux pour voir mais aussi élever notre esprit pour sentir l'union de tout ceci, la grande force tranquille qui se dégage de toute cette folle beauté. Les mots ne peuvent que corrompre cet état, la pensée aussi. Le silence est le seul moyen de goûter l'infini. Toutes les musiques, poésies, réflexions, analyses, philosophies ne sont que des images,des ombres de cette réalité qui nous entoure constamment et que l'on oublie d"écouter, parce que trop occupé à vouloir la saisir. Or, on ne peut saisir cette réalité que si on se tait. Je parle ici du silence total, extérieur et intérieur. Il existe des silences tout-à-fait bruyants comme celui qui ne dit rien mais n'en pense pas moins...Le silence des gens qui souffrent est une cacophonie qui fait mal à nos oreilles "intérieurs".

 

C'est dans des moments comme cette nuit que j'aurais envie d'embrasser le monde entier et lui dire qu'il existe quelque part un monde de paix véritable, de silence silencieux, de beauté innéfable.

 

J'ai envie de pleurer et de rire, de prendre la souffrance du monde dans mes mains et la souffler comme on souffle et fait voler les graines de pissenlits, ses petits parapluies blancs. Je suis la force et la faiblesse de la terre. "Je" n'existe plus. N'existe que l'exquise force de la faiblesse et du néant. L'autre monde est là, tout proche, il colle à mon être et le dissout à coup de silences et de riens, de vides remplis de sens. Tout devient insignifiant et important, tout devient Un.

 

La mort n'est pas triste pour celui qui la vit mais pour celui qui reste, parfois. Et cette tristesse n'est-elle pas une forme d'égoïsme? De quoi sommes-nous triste?  Du malheur d'avoir perdu un ou une amie? De notre sort? La perte d'un être cher est dramatique. La vie est dramatique. Pas la mort. 

 

On doit apprivoiser la mort, en faire notre amie et vivre chaque jour avec elle. Elle n'est pas la fin de tout mais la continuité de la vie. Elle n'en est pas séparé. Bien sûr, on ne doit pas la souhaiter mais la regarder et l'observer dans toute sa beauté et sa grande justice.

 

Orion est presque à son zénith maintenant, le soleil va se lever dans quelques minutes. Il fera disparaître les étoiles et brillera de milles feux.

 

Les étoiles seront toujours là, derrière le soleil aveuglant, comme la mort est là derrière la brillance de la vie. Celui-ci ne doit jamais nous faire oublier celle-là au risque de devenir insignifiant et prétentieux.

 

 

 

 

 

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 15:33

Je viens de prendre connaissance d'un article qui me laisse pour le moins perplexe. Monsieur Robert Beauchemin, critique culinaire, titre son article: «Qui a peur du jazz?» alors que celui-ci traite de son expérience (plutôt négative) d'un repas pris dans le club de jazz le Dièse Onze.

 

Son texte incendiaire repose sur un seul repas pris dans cet endroit, j'imagine dans la semaine précédent son article et sur quelques items choisis dans la carte. Lorsqu'on décide de pondre un texte si négatif à propos d'un endroit qualifié de "survivant" par l'auteur même, donc vulnérable, il me semble qu'on doit y aller avec plus de sérieux, prendre toutes les mesures pour être certain de la validité de notre propos. Ce n'est pas le cas ici. 

 

Monsieur Beauchemin est très mal renseigné sur l'existence et le nombre de club de jazz à Montréal ce qui indique le peu de temps qu'il a pris pour nous donner l'heure juste en ce qui concerne ce sujet. Il existe, monsieur Beauchemin, d'autres endroits spécialisés dans le jazz (un de ces endroits vient de fêter ses 25 ans d'existence...) qui servent également de la nourriture, comme le Dièse Onze, sans prétention gastronomique.

 

Ceci dit, après avoir discuter avec le patron du Dièse Onze, il est tout à fait juste que la qualité de la nourriture ce soir-là était mauvaise. Les faits sont reconnus et des ajustements (qui ne sont pas les premiers) ont tout de suite été faits. Facile. Le cuisinier, lors du passage de ce critique culinaire, n'était pas celui qui officie habituellement. Ce n'est pas une raison pour servir une nourriture mauvaise mais on peut peut-être essayer de comprendre le pourquoi des choses avant de tout rejeter en bloc, l'eau et le bébé avec. Je crois savoir que monsieur Beauchemin a une formation en anthropologie ou en histoire ce qui devrait lui donner une certaine compréhension de la complexité des choses humaines et une vision un peu plus scientifique du processus de la critique.

 

À savoir: Bien se renseigner sur l'historique des boites de jazz, étudier avec plus d'attention la globalité de la carte au risque de faire des généralités sans aucune base sérieuse (surtout si l'on a décidé "d'achever" ce survivant),  passer rapidement sur les desserts («les desserts sont tout aussi désolants» Tous les desserts?, et les vins («hmmmm. rien à dire» Ça veut dire quoi "rien à dire"?) me parait bien léger comparé au texte lourdement négatif de Robert Beauchemin.

 

De plus, dans un souci de toujours améliorer son endroit et de communiquer avec ce critique, le patron du Dièse Onze s'est donné la peine de téléphoner à plusieurs reprises à monsieur Beauchemin qui n'a pas daigné, à ce jour, répondre aux tentatives du "survivant".  

 

Petite anecdote pour finir: je viens de consulter le "Protégez-vous" du mois d'août qui fait un topo sur les meilleures frites vendues dans divers restos...Dans les plus grasses (98%!) on retrouve celles de "Frites Alors" recommandé par...Robert Beauchemin en 2008.

 

Personne n'est parfait et personne ne va jeter Robert Beauchemin avec l'eau du bain. 

 

Pour lire l'article en question: http://www.cyberpresse.ca/vivre/cuisine/restaurants/201108/19/01-4427171-au-club-diese-onze-qui-a-peur-du-jazz.php

 

 

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 12:53

La musique de jazz est devenu une musique fourre-tout où chacun se fait une idée de ce qu'elle peut contenir. Musique dont les origines sont elles-mêmes diverses mais qui, au cours des époques, à toujours été une musique de liberté et de rythme. Les organisateurs de festival dit de jazz l'ont bien compris et ne se gêne pas pour présenter, au nom de cette liberté, n'importe quoi.

 

Je ne suis pas puriste, loin de là, et je dois avouer que beaucoup de musique portant le "label" jazz  me laisse complètement froid, indifférent et, à la limite, me tombe sur les nerfs.

 

Il y a tout d'abord l'attitude "jazz" (qui m'ennuie) où la personne qui en est atteinte est supposé être "cool", au-dessus de ses affaires, dragueur impénitent, noceur de première, sans véritable culture et cachant ce fait sous des airs de fausse modestie. Il faut dire que l'idée, tenace, du jazzman buvant, fumant, se couchant tard vient probablement du fait que cette musique a été joué pendant une longue période presqu'uniquement dans les bars et autres bouges malfamés.

 

On peut parler, dans certain milieu, de racisme à l'égard de cette musique. Je me souviens, il n'y a pas longtemps, d'un chef d'orchestre avec qui je travaillais pour présenter un concert, me dire au moment d'une répétition, lorsque mon solo devait commencer: "Là, tu fais ton show". Mon show, comme il l'appelait, était pour moi tout l'inverse! Peut-on imaginer qualifier de "show" le soliste jouant les suites de Bach ou le concerto pour violoncelle de Dvorak, de faire son "show"? Évidemment non! Mais ce chef, dans sa petite bulle suffisante, avait cette idée, pas trés généreuse et plutôt obtuse, que mon solo se résumait à faire un "show"! 

 

Il arrive malheureusement trop souvent, de la part de mes confrères pratiquant la musique classique, que de telles inepties soient encore admisent. La culture ne se résume pas à connaître uniquement sa spécialité. Des musiciens comme Leonard Bernstein, Mitropoulos, Ravel, Milhaud, entre autres, l'auront bien compris et fait comprendre.

 

Beaucoup de malentendus concernant le jazz continuent de mal faire connaître cette musique. Je me rappelle les yeux noirs, répobrateurs de la responsable de la phonothèque du conservatoire lorsque j'étais étudiant et osais écouter Éric Dolphy ou John Coltrane (faut dire que je montais le son uniquement pour me délecter de son courroux)! On parle des années 77-78-79!

 

J'ai souvenir également d'avoir passé mes examens (en saxophone classique) avec un "bec" ou embouchure destiné pour le jazz. Hérésie totale! Panique dans le jury! De quoi! Du haut de mon arrogance d'adolescent, j'osais, encore une fois, défier le bon goût "classique". Ce bon goût était pour moi sclérose, manque d'imagination et pure snobisme. J'ai rencontré la même attitude lorsque j'ai tenté de continuer mon apprentissage à L'université McGill. J'étais "trop moderne" pour le directeur du big band... Moi, tout ce que je voulais c'était apprendre tous les jazzs! Sidney Bechet et Wayne Shorter, Louis Armstrong et Miles Davis, Earl Hines et Herbie Hancock! Et là, je ne parle que du jazz! Toutes les musiques m'intéressaient et m'intéressent. Ce n'est pas le style mais la pertinence du discours derrière celui-ci qui m'interpelle. Le contenu plus que le contenant. Bach et Hendrix sont des musiciens pertinents.

 

Vous aurez deviné, je n'ai pas terminé mon cursus musical dans ces établissements et j'ai commencé l'étude du jazz et des autres musiques en auto-didacte, qui se poursuit au moment d'écrire ces lignes. (Pour l'anecdote, j'ai quand même passé les fameux examens au conservatoire, avec mon bec-jazz.... et était reçu pour l'année suivante!)  

 

Le jazz est une musique des possibles. En fait, pour être tout à fait honnête, je n'ai aucun intérêt dans la vaste majorité du jazz qui se fait ou pratique aujourd'hui. Tous ces imbéciles qui se tuent au travail pour atteindre une technique de virtuose et qui ne sauront pas quoi faire avec...Mettre la charrue avant les boeufs me parait la plus juste façon de présenter leur travail.  

 

La vrai question est de savoir si l'on a quelque chose à dire et si oui, comment le dire. C'est un peu comme si un écrivain en herbe s'échinait à apprendre le dictionnaire par coeur sans réfléchir à ce qu'il veut écrire et transmettre.

 

Nadia Boulanger affirmait que la première chose que l'on doit connaître lorsque l'on est face à des étudiants, c'est de savoir s'ils portent en eux un véritable amour pour ce qu'ils font. 

 

 

 

          

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 01:06

Faire de la musique. Quelle magnifique façon de communiquer avec les gens. Jamais je ne serai assez reconnaissant au destin, aux circonstances, d'avoir mis sur mon chemin la possibilité de choisir cet art. En fait je n'ai jamais vraiment choisi mais laissé les choses arriver: la technique du bouchon comme disait Renoir père. Se laisser aller dans le courant de la vie, sans trop chercher à contrôler ou influer sur le cours des évènements. C'est ainsi que peu à peu je me suis laissé happer par les sons, les rythmes. Jamais je me suis douter que faire de la musique m'ouvrirais toutes ces portes, me donnerait des joies si pleines et profondes.

 

Des rencontres, parfois lumineuses, ont marqué mon esprit suffisament pour pousser plus loin, de façon plus profonde mon envie de connaître cet art. Ces influences n'ont pas forcément été directes. Elles l'ont été par le truchement de disques, de livres, de films et les personnages marquants rencontrés n'étaient pas tous musiciens, loin s'en faut.

 

Je me rapelle ce professeur de français en secondaire 4, pianiste à ses heures, fou de littérature, haut comme trois pommes portant le costume (cravate...je ne me souviens plus) et plein d'énergie, affable mais sans aucune complaisance. Certainement une des premières rencontres marquantes, ouverture des premières portes, des possibles, d'avenirs autres que l'usine du coin ou le métier abrutissant et frustrant mais rémunérateur. Le travail pour gagner sa vie et non pas pour grandir, s'épanouir, connaître et apprendre.

 

Apprendre est probablement le mot-clé d'une vie, la raison première de toute existence digne de ce nom. Toutes ces heures passées en solitaire mais jamais seul, comme le dit si bien Leonard Bernstein, à étudier, écouter, réfléchir, ne donnent pas le sentiment d'être isolé mais participent ou donnent le sentiment d'être et d'appartenir à une communauté. Le musicien se sent seul surtout lorsqu'il est dans le monde. Ce monde. Celui de l'apparence, du superficiel, du jetable, du médiocre et du consommable.

 

On ne consomme pas la culture, on y participe. On consomme la culture industrielle: ces produits destinés à être vendu comme de la lessive, pensés pour plaire au plus grand nombre. Je pense ici à tous ces chanteurs et chanteuses formatés et, comme la bouffe, sans véritable goût, bien empaquetés, ficelés comme du saucisson, destinés à faire des "tubes" (hits) pour des gamin(e)s décérébrés. Par définition, un "tube", c'est creux! «Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es» comme disait le philosophe. «Dis-moi ce que tu écoutes et je te dirai qui tu es» pourrais-je dire. 

 

À l'opposé de cette culture de masse, industrielle, on retrouve les gens qui sont, non pas affamé d'art, mais du prestige que l'art peut leur procurer. Côtoyer des artistes de renom donne du panache, paraît bien et n'engage pas à grand chose finalement. Je pense à tous ces snobs qui vont aux concerts pour se montrer, ou montrer qu'il font parti de cette élite qui est suffisamment "sensible" pour apprécier le "véritable" art, qui comprenne tellement bien la valeur ($?...) de ce que représente un artiste réputé. Je passe rapidement sur les organisateurs prétentieux, traitant les musiciens comme de la marchandise, les critiques qui vont aux concerts avec partition (Hey! on écoute un concert, on ne le lis pas!..) et les artistes vendus, prêts à lécher le derrière de n'importe qui pour faire avancer leur carrière.

 

La musique rend plus humain. La musique affine, aiguise la pensée. Elle nous transporte dans un autre monde, non pas pour s'évader de celui-ci, mais pour mieux le comprendre, s'en éloigner pour le voir dans sa globalité. Musique-refuge pour se protéger de la froideur de nos rapports dits humains. Musique pour oublier ou se rappeler.

 

Les mots traversent l'esprit. La musique traverse l'âme.      

 

 

 

       

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 12:37

Ce matin tout est gris. Une brume épaisse enveloppe l'ensemble des choses et ne laisse voir que les contours, flous, sans consistances, fades parce que mal définis. Plus ou peu de contrastes violents. Même les sons sont, comme en hiver, feutrés, doux, sans cette espèce de violence qui accompagne la clarté et la vision limpide des choses.

 

Entendre clairement et voir clairement fait mal. Les choses crues, perçues trop directement doivent s'accompagner d'une sagesse au risque de se perdre dans un désespoir inutile et démobilisateur. Cette brume semble bienfaisante parce qu'elle cache beaucoup de choses mais derrière, la réalité attend son heure pour se révéler.

 

Le soleil peine à se lever, se lève mais n'arrive pas à ouvrir les yeux pleinement. Sa lucidité est mise à rude épreuve et c'est un spectacle saisissant de voir la lutte qu'il mène avec l'opacité du monde matinal. En même temps qu'il gagne du terrain sur l'aveuglement "brumesque"  il me montre des détails et m'ouvre ainsi des perspectives nouvelles.

 

Ça y est! Il parvient maintenant à mettre à jour l'église et son clocher. Dans sa sagesse, le soleil s'attaque d'abord à ce qui représente un faux espoir, une vision datant d'un autre temps, du temps où les gens avait besoin de croire parce que pas assez éduqués, naïfs et suivants n'importe quelle idéologie qui leur ferait oublier leur peur de la mort, leur peur et leur culpabilité d'être vivant autrement dit. Le voilà maintenant dardant ses rayons sur la mairie, deuxième plus haut édifice de mon village. Là aussi j'y vois une magnifique métaphore. Percer, mettre à jour les intentions profondes de nos institutions (et donc notre propre façon de s'organiser-de penser) serait instructif et évocateur.

 

Nous regarder en face et honnêtement, comme si nous étions étrangers à nous-mêmes, d'un autre temps et d'un autre lieu. Chercher, fouiller, découvrir comme les archéologues le font pour d'autres civilisations. Avoir cette distance qui permet la vision large et complète des phénomènes auxquels nous sommes soumis. Notre société est le reflet de notre pensée et notre pensée est le reflet de notre société, c'est vous dire tout le boulot qu'il nous reste à faire...Penser qu'on peut changer vraiment, réellement nos institutions sans changer d'abord soi-même, nous-mêmes, est une illusion que l'Histoire nous démontre à longueur de siècles! 

 

La plupart des spécialistes qui se penchent sur les détails de nos organisations, institutions (politiques, culturelles, religieuses) ne regardent pas dans la bonne direction. Ce regard doit d'abord se diriger sur nous-même,  nous faire comprendre de quoi nous sommes fait, nos aspirations et la raison de ces aspirations, nos rêves et ambitions, notre personnalité, notre caractère etc. Il nous faut dissiper cette brume intérieure qui rend la vision de toute chose floue. 

 

Sans cette connaissance de nous-mêmes tout le reste n'a aucune valeur et est perte de temps. 

 

Le soleil, après s'être attaqué aux principales institutions (état, religion-je n'inclus pas les médias, sûrement à tort) jette un éclairage sans complaisance sur tous les petits commerces qui gravitent autour. La banque, le bureau qui abrite la télévision et la radio tout à la fois, sorte de convergence qui semble anodine mais qui empêche d'avoir une prise réelle sur notre monde par la compréhension des évènements la structurant-car possédés par une seule personne, une seule vision donc, probablement commerçante. 

 

Ce monde, on nous le vend en petits paquets bien enveloppés, séparés, insignifiants comme des gâteaux Vachon, ne se touchant jamais afin que nous ayons une vision partielle des évènements. Nous sommes alors incapables de comprendre réellement ce qui nous arrive, de porter un jugement clair et avisé sur le présent et ainsi d'agir de façon intelligente sur notre environnement. Nous devenons alors des "consommateurs", pratiquant la charité au lieu de la justice, votant tous les quatres ans pensant que nous avons prise sur la politique,  écoutant les informations croyant connaître le monde-être avisés, victimes de propagande, rêvant de paix mais simplement le jouet des faiseurs de guerre et des vendeurs de tout acabit. 

 

La brume s'est complètement levée, dissoutes par les rayons révélateurs du soleil. Toute la journée il mettra en relief, montrera ce qu'il y a à voir, nous fera peut-être ouvrir les yeux sur des évidences que la nuit, la brume et ses vendeurs tentent de nous cacher. 

 

 Nous sommes notre propre soleil.

 

À nous de savoir où et quand frapper. 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 10:56

Un journaliste radio-canadien, il n'y a pas longtemps, parlait de la politique en Chine et résumait son système comme suit: les personnes au pouvoir changent mais pas le système. Quand est-il ici? Est-ce que le système politique change à chaque élection? Bien sûr que non! Les changements sont (très!) superficiels mais la base du fonctionnement de la politique canadienne reste la même, c'est une évidence qui a échappé à notre journaliste.

 

Pourtant des changements en profondeur seraient souhaitables voire indispensables. Personellement, je crois qu'une véritable démocratie ne peut fonctionner qu'à des niveaux humains donc régionnaux (peut-être), locaux (sûrement). Les aspirations, problèmes, besoins et préoccupations ne peuvent être qu'appréhendés et réglés dans la sphère de nos vies. Vancouver, par exemple, ne fait pas partie de mes préoccupations journalières, de mon day-to-day. C'est une abstraction, une idée bien lointaine dans mon esprit et c'est probablement la même chose pour eux vis-à-vis le Québec (sauf quand on les paye pour nous dire tout l'amour qu'ils ont pour nous...). L'humain vit au niveau...humain, c'est-à-dire plutôt localement. Cela ne nous empêche pas de "penser global" mais l'action sera toujours "local". Sortir de ce schéma amène plus de problèmes que de solutions, on ne peut que constater ce fait lorsque l'on s'intéresse un peu à la politique.

 

C'est pourquoi je crois plus au consensus qu'à une démocratie qui laisse toujours trop d'insatisfaits sur le bord de la route. Seulement un consensus n'est possible qu'avec un nombre assez restreint d'intervenants, de participants. Pour utiliser cette forme de fonctionnement il faut aussi une éducation solide, des idées claires sur notre place dans la société, une compréhension des rapports de pouvoir qui peuvent exister au sein de la communauté et surtout un désir profond et vrai de bâtir, de collaborer, de travailler ensemble pour une vie meilleure et une société plus juste. Ce n'est évidemment pas la cas de notre société où la tolérance, par exemple, est vu comme quelque chose de souhaitable.

 

Quelle affreuse chose que de "tolérer" son voisin. Cela veut dire qu'il n'y a pas de communication mais simplement une fausse acceptation de l'autre et de ses valeurs au lieu d'une véritable mise en commun. Chacun reste sur ses positions, pas de mise en commun, pas de réelle communication donc.

 

Nous vivons dans société schizophrénique qui fait l'apologie de l'individualisme, de la compétition du chacun pour soi et tous les quatre ans, on nous demande de voter pour des politiciens qui vont être soi-disant "rassembleur"! Avec des "projets de société"! Nous vivons à la surface des choses et des mots. C'est plus commode et moins fatiguant. Nous sommes le produit de notre éducation. Et cette éducation est corrompu.

 

Dès le plus jeune âge, nous sommes en compétition par le truchement des examens, des notes, de la moyenne de groupe qui sert à nous comparer les uns aux autres et voir si nous sommes "au-dessus de la moyenne" ou non. Nous assimilons, intégrons cette façon de voir les choses en nous-mêmes, et nous allons même jusqu'à railler, prendre pour idéaliste et utopique toute idée qui irait dans un sens plus juste et humain. L'autre devient un compétiteur, qu'il faut dépasser, ses réussites deviennent dangereuses parce qu'elles signifient que je suis inférieur, moins bon. L'amour, le partage, l'intérêt ou la préoccupation de l'autre sont devenu suspects (pour la plupart)! Quand je parle d'amour, je parle du véritable amour qui passe par un réel intérêt au bien-être de l'autre, à la joie de le voir grandir (dans tous les sens du terme), à une compassion véritable, au bonheur que peuvent nous donner ses succès mais aussi à cette générosité qui nous donne les moyens de mettre les choses en commun. Nous en sommes tellement loin!

 

Mais que vient faire Layton dans tout ça? Tout d'abord j'aimerais offrir toutes mes condoléances à ses proches. La mort d'un humain est toujours triste, qu'il soit proche ou loin de nous, Canadiens, Irakiens, Chinois, Québécois ou que sais-je. La perte d'une vie est toujours triste, humaine ou non. Un départ, surtout s'il est définitif, est toujours difficile. Mais c'est la vie! La mort fait partie de la vie, c'est pourquoi il faut l'apprivoiser et ne pas se morfondre, nous apitoyer sur notre sort et notre douleur...C'est encore de l'égoïsme que de ne pas comprendre ce phénomène qui nous touchera un jour ou l'autre, de loin (la mort de l'autre) et fatalement de près (la nôtre).  

 

Jack Layton était un politicien professionnel. Il a cru dans ce système, parlé de démocratie (alors qu'il savait très bien que l'on vit déjà dans une oligarchie, on s'en rapproche dangereusement à tout le moins), agit selon ses convictions, fait des compromis, négocié, menti par omission, joué le jeux des médias, travaillé et policé son image. Son parti (avec son assentiment) à proposer des candidatures bidons aux dernières élections, des gens peu aptes à faire le travail nécessaire pour améliorer notre société. Jack Layton voulait le pouvoir et était prêt à aller loin pour l'avoir, comme la majorité des politiciens. Sa mort ne change rien à tout cela. 

 

Faire de la politique comme il l'a fait n'a fait que renforcer l'idée que notre système, tel que conçu aujourd'hui, est le moins pire de tous les systèmes comme a dit Churchill, un peu hypocritement. Le problème, c'est qu'il nous est impossible d'en sortir (et pourtant il le faudrait!) et essayer autre chose parce que les gens au pouvoir et  ceux qui gravitent autour en retirent beaucoup de bénéfices!

 

"Je fais de la politique lorsque j'écris et prends le risque du jugement immédiat. Il faut parler, dire quand on sent le devoir moral de le faire, pas juste lorsqu'on pense "bien dire" ou bien écrire"

Umberto Eco

 

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