Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
25 août 2025 1 25 /08 /août /2025 20:34

 

Qualifier la Chine d’expansionniste, c’est céder à un réflexe de miroir. On lui prête nos propres démons, ceux des conquêtes coloniales, des drapeaux plantés au bout du monde et des empires bâtis sur la dépossession. Or, l’histoire chinoise obéit à d’autres logiques.

 

Son modèle ancien n’était pas colonial mais tributaire : les royaumes voisins reconnaissaient l’empereur comme fils du Ciel, en échange de commerce et de protection. Les grandes expéditions maritimes de Zheng He, au XVe siècle, n’ont pas laissé derrière elles des colonies, mais des ports visités, des cadeaux échangés, un souvenir de puissance.

 

Puis survint le long traumatisme des XIXe et XXe siècles : guerres de l’opium, occupations étrangères, humiliation nationale. Cette période de vulnérabilité a laissé une cicatrice durable. Depuis, la priorité de la Chine n’est pas de partir à la conquête de terres lointaines — ce n’a jamais été son horizon — mais de préserver son intégrité et d’empêcher qu’on la fragmente à nouveau.

 

La caricature d’un impérialisme à l’occidentale empêche de saisir la singularité chinoise. Comprendre Pékin suppose d’accepter qu’elle suit ses propres logiques : la continuité plutôt que la rupture, la centralité plutôt que l’éparpillement, la souveraineté avant tout. Elle ne cherche pas à imposer un modèle universel de civilisation, mais à tisser des liens où ses intérêts sont assurés sans exclure ceux de l’autre. Une relation réussie, à ses yeux, est celle où les deux partenaires peuvent se dire « gagnants ».

 

C’est là le malentendu : nous voyons nos vieilles ombres, elle suit une logique de cercle concentrique. L’erreur n’est pas seulement analytique, elle est politique : à force de projeter nos passés sur elle, nous oublions de lire sa singularité. Et les conséquences sont immédiates : nous interprétons ses routes commerciales comme des menaces militaires, ses projets d’influence comme des plans de conquête, et nous répondons par la suspicion et l’affrontement. Ainsi, au lieu de comprendre comment la Chine redessine l’ordre mondial, nous nous enfermons dans des réflexes défensifs qui brouillent le dialogue et précipitent la confrontation.

Partager cet article
Repost0
24 août 2025 7 24 /08 /août /2025 20:59

On nous parle de démocratie à longueur de discours. Comme si le simple mot suffisait à calmer le doute, à légitimer tout le reste. Mais derrière le vernis, les fissures s’ouvrent. Des mandats sans peuple, des élections qui n’accrochent plus personne, des référendums balayés quand ils dérangent. Le pouvoir se perpétue, mais la légitimité se vide.

 

Regardons l’Union européenne. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, n’a jamais été élue par les citoyens. Pas de campagne, pas d’urne, pas de lien direct avec le peuple. Son mandat est né d’un marchandage entre dirigeants, puis validé par un Parlement européen que presque personne ne suit. C’est une nomination maquillée en représentation. Un mandat d’en haut, parachuté.

 

En France, Macron est bel et bien élu. Mais avec quelle force ? Une abstention record, un second tour par défaut, des millions de bulletins déposés par rejet, pas par adhésion. La légalité est là, la légitimité vacille. Un président par bricolage, soutenu par une minorité réelle du pays.

 

Le Canada n’échappe pas au même travers. Un Premier ministre qui gouverne avec moins d’un tiers des voix, porté par un système électoral qui transforme une minorité en majorité absolue. La démocratie existe sur le papier, mais le contrat moral avec le peuple reste fragile, presque fictif.

 

Et quand les peuples d’Europe osent dire non trop fort, leur voix est effacée. Le référendum français et néerlandais de 2005, enterré puis recyclé en traité de Lisbonne. Le référendum grec de 2015, où la population rejette l’austérité, aussitôt piétiné par ceux qui gouvernent. À quoi bon voter, si le résultat n’est valide que quand il conforte le pouvoir ?

 

Voilà le fil qui relie tout ça : des mandats venus d’en haut, des élections bancales d’en bas, des référendums ignorés. Dans tous les cas, le peuple est tenu à distance. On continue de lui vendre la fable de la “représentation démocratique”, mais ce n’est plus qu’un décor pratiquement vide.

 

On peut étouffer une voix un temps, pas indéfiniment. Quand le peuple surgira, ce ne sera pas une surprise mais une conséquence. Et ceux qui se croyaient à l’abri comprendront trop tard que gouverner sans le peuple, c’est gouverner contre un volcan.

Partager cet article
Repost0
2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 02:55

Notre époque ne tolère guère la vérité

Parce que la vérité fait mal

Elle est lumineuse et sombre

Propre et sale 

Tout à la fois

Ainsi veut-on ignorer

En toute bonne foi

Sa part d’ombre

La changer

Selon nos vœux

Ou pire

L’ignorer

La proscrire

On se voudrait lumineux

Tolérants et sans armes

Là est le drame

Insignifiants et heureux

Plus fiers qu’amoureux

 

Le Bien totalitaire

Est affreux 

Délétère 

Partager cet article
Repost0
Published by Yannick Rieu - dans Culture
29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 06:11

Ce mouvement

Suicidaire élan

Pourquoi toujours 

Fait la cour 

À l’Histoire?

Ou c’est notre époque 

Toute à l’envers

Du chemin droit

Qui se croit

Sans que cela ne choque

Son aboutissement?

Il appert

Je le confesse

J’avoue

À l’éloignement

Le tenir

Ce mouvement

Bien avant

Loin

Il requiert 

En substance 

C’est certain

De la distance

Partager cet article
Repost0
Published by Yannick Rieu
12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 23:59

Un regard qui ne sait 

Où se poser

En retrait

N’oser respirer

Ne plus bouger

Esquisser le moindre geste

Porter bonne veste

Et la retourner 

 

Se méfier 

De son rire

Être en reste

Quoi dire

Choquer

Faire plaisir

Justifier

Regretter

Dépérir

Avoir tort

Ou raison

Brillant ou moron

Cela 

D’abord

N’importe quoi

Importe peu

Pour finalement

À petit feu 

Tranquillement 

Finir 

Par s’aimer 

Mort

Partager cet article
Repost0
Published by Yannick Rieu
10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 16:00

Tomber dans l’hystérie

Et ne plus savoir goûter

Ne plus pouvoir aimer

Le court instant qu’est la vie

 

Les grands déploiements

Les gurus 

Les grands dérangements

La panique, l’affolement 

Atttirent les fous

Ceux qui sentent les bons coups

 

Modestement

Faire fi du contexte

Poser des gestes 

Quotidiennement 

Que personne ne pourra récupérer

C’est aussi cela la liberté

Partager cet article
Repost0
8 septembre 2019 7 08 /09 /septembre /2019 16:08

Un vent de changement?

 

L’Homme vit dans une maison

Il n’en est pas content

Il a ses raisons

Et souhaite de nouveaux appartements

 

Il rebâtit donc sa demeure

Avec les mêmes travers

Les mêmes heurts

Que de celle d’hier

 

Hé bien! Hé bien!

Que me fallait-il changer?

J’en suis au même point!

Rien n’a bougé!

 

L’Homme se veut sage?

Doué de raison?

Intelligent?

N’a pas encore compris

Soyons indulgents

Que l’architecte c’est lui

Et que sa maison

À son image

La construit 

 

L’Homme fait la révolution

Pense changer la société?

Que nenni que non

Il ne fait que se répéter

La paix

 

Cela vous dérangerait-il

Athées ou croyants prosélytes

De nous laisser tranquille

Avec cette certitude qui vous habite?

 

Ce sujet ne nous concerne pas

Trop occupés à nous perdre dans le ciel

À sentir, voir et écouter

À humer, à goûter

Le miel

De la vie d'ici-bas

Dialogue

 

L'un affirmait que l'univers est infini

L'autre de rétorquer le contraire

Qu'il était grand mais circonscrit

Les deux amis de multiplier commentaires

D'argumenter, de raisonner; diserts

 

L'univers les interrompt  :

 

Je déborde les cadres de votre raison

Vous n'êtes pas mon aboutissement

Mais une possibilité, une vision

Un spasme, un éternuement 

Un orgasme dans le firmament

 

Dans dix milliards d'années 

Personne ni rien

Ne saura qui vous étiez 

Ou triste ou bien

Le soleil s'en sera allé 

Et encore je serai 

 

Dans cent milliards d'années

Vous n’aurez jamais existé 

La Voie ne sera plus Lactée 

De se souvenir de vous

Même l’oublie l’aura oublié 

Tout sera transformé

Planètes, satellites 

Continents, terres, cailloux

Succès et faillites

Mers et flots

Cités, cathédrales

Le laid, le beau

Peuples, civilisations

Le mesquin, le magistral

Tribus et religions

Tout cela au panier

 

En continuel extase

J'existe en dehors 

Et en dedans

Je suis l'espace

Je suis le temps

Je suis l'être

Et le néant 

 

D’abord surpris

Les deux amis

Se turent

Puis 

Groggys

Comprirent

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 23:05

La musique en questions

 

Que se passe-t-il

Lorsque musique il y a?

De ces moments fragiles?

Présent délicat 

Qui l’eut crût!

Question tragique

Je ne m’en souviens plus

Cela s’explique

Quand la magie n’y est plus

 

Tentons

Comme beaucoup le font

Un peu comme eux

Une explication :

 

Vagabonder

Ici et là 

Écouter

Sur le tas

Sans comment ni pourquoi 

 

Ou alors sur un fil

Enfin...je crois

Entre deux mondes 

En exil 

Ou tout contre

Ou dans la ronde

Où tout compte

Loin de moi

 

Rien ne se passe

Le temps, le mal, le bien

Cela ne la concerne plus

Tout cela en disgrâce

Comme des résidus

Tirés du quotidien

 

Franchement

Encore une fois

Je crois

Que là où « ça » va

« Je » n’y est pas

Trop lent

Pathétique 

Impertinent

Dans la musique

 

Dieu seul le saura

Lorsqu’il existera

Moi

Je n’y peux rien jamais

Je ne suis pourtant là 

Quand la musique y est

 

Cela semble compliqué?

Juste trop simple

Pour être expliqué 

 

Ici et là 

 

Tous les mots de la terre

Dans leur meilleur agencement

Ne pourront satisfaire

Le moment présent

 

Un philosophe

Tant s’en faut

Il le dit

Comme il faut

À voix off

Comme se doit

Est celui 

Ici

Jamais là

 

Diplomatie

 

Serrer des mains

Sourire

Gros-Jean comme devant

Comme des poêles à frire

Tant d’hiers sans lendemain

D’espoirs, de néants

Et sans rire

De victoires de géants 

 

Sourire des mains

Serrer

De loin

Son prochain

Et :

Observer

 

Seuls ensemble

 

Hors clan

Hors champs

S’exclure du banc

Sardines, maquereaux

Vassaux, troupeau

Harde, harpail

Essaim, bétail

Heureux celui qui ne suit personne

Son chant comme nul autre ne résonne

Lucidité 

 

Merveilleuse aventure

Délicieuse rupture

À la dure

Quelque chose de gracile

D’arriver à la conclusion

Jamais facile

Que parfois

En toute bonne foi

Tu as agi comme un con

Partager cet article
Repost0
Published by Yannick Rieu
26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 04:47

Note: ce sont des poèmes écrits pendant la tournée, pas sur ce qui se passe ou s’est passé dans notre voyage.

 

donc...

 

Contradiction

 

 

Lorsque j’écris je ne me mets pas en scène, je me sers de moi, de ce corps, de cette pensée et de cet esprit qu’on a appelé Yannick Rieu. Immense contradiction! J’essaie de faire parler cette éternité que je pressens en moi, ce silence qui m’entoure continuellement. Une présence qui n’est pas individuelle, au-delà de l’identité et de la finitude. Évidemment que le silence parle plus que tous les mots de la terre mais parfois, exceptionnellement, ils peuvent être un sentier qui mène à ce silence si on a le courage et l’intelligence de les laisser tomber. Au bout du chemin il n’y a rien, c’est bien en cela que réside sa grande beauté et son immense vitalité.

La flamme

 

La musique comme une femme

Une femme comme une note

Une note comme une dame

Si tu veux en jouer 

Laisse toi guider

Suis sa route

Permets lui de divaguer

Sois son doute

Son oxygène

Ne la bouscule pas

La musique comme une femme

Ne la brutalise

Laisses-la

Que tu fasses ou dises

Dans tes gènes 

Devenir flamme

Brutalité vs vigueur

 

En musique et dans la vie quotidienne

Il est une faute qu’à cela ne tienne

Une méprise 

Deux choses confondues

Pour quelques-uns

Zone grise

À mes yeux grave c’est entendu

À savoir ne pas être à même

De faire la différence 

De saisir la polarité 

Entre vigueur et brutalité

Réserves 

 

Tu habitais une grande maison

Des gens sont venus

Sans y être invités

Se sont imposés

Plus forts plus nombreux

Remplis de vertus

Et t’ont confiné au salon

Et à cette pièce tu seras tenu

De mourir à petit feu

Futur antérieur

 

C’est quand je ne suis rien

Que je suis le plus moi

C’est quand je suis bien

Que je suis le plus ça 

 

Pourquoi pas toi?

 

Étrange ce vouloir être

Féconder une personnalité

C’est un peu bête

Lorsque cerné par l’éternité

 

As-t-on vraiment le choix?

 

Te souviens-tu?

Avant, après?

Que seras-tu

Quand tu ne seras plus?

De loin si près

Souviens-toi

Quand tu n’y étais pas

 

Pourquoi la vie m’échoit?

Partager cet article
Repost0
Published by Yannick Rieu
23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 02:20

Touriste 

 

Cortes, Pizarro

Glorieux héros

Génocidaires solaires

Conquérants lapidaires

Enjambèrent les mers

Bénis des Dieux

Pillèrent

Massacrèrent

Moyennant bénéfices 

Au nom du Père

Du fils

Et des cieux

 

Mais bien sûr suis-je bête!

l'histoire est faite de conquêtes!

 

Sans cadavres en tas

Massacres brutaux 

Nous n’en serions pas là 

Fins et beaux

Comme des Trudeau

 

Le progrès ne progresse pas

Sans dommages collatéraux...

Jolie fourberie

 

Fourbe: Personne qui trompe en dissimulant ses sentiments véritables, en jouant l’honnêteté avec ruse, personne qui manifeste de la perfidie, de l’hypocrisie.

 

Fuyez 

L’hypocrite heureux

Jeune ou vieux

Même s’il est joli

Et talentueux

 

Fuyez

L’opportuniste

Le perfide

L’avide

Ce serpent

Aux passions tristes

Cet animal rampant

Cette canaille vous plantera

Dès qu’il déchantera

Des couteaux dans le dos

Se servira du silence

Comme d’une lance

Pour vous atteindre

Vous faire porter un chapeau

 

Trop lâche

Trop fourbe

Pour faire face

Trop courbe

Miroir de son nombril

Voilà de quoi se nourrit

Cette engeance

Ce petit

 

Fuyez ou mieux

Soyez franc

À tout hasard

Tout le temps

Comme le vampire

Et le cafard

Allergique à la clarté

Ce connard

N’aime pas

La vérité

 

 

 

Urgence 

 

On se demandait là-haut, quelque partout et nulle part, comment rendre responsables tous ces gens qui ne faisaient que voter tous les quatre ans et qui n’avaient rien demandé. 

Il fallait qu’ils soient prêts à payer pour les méfaits du système qu’on leur avait, après tout, imposé. 

 

Accablons-les!

 

La voix qui les accablera devra être jeune, ingénue, irréprochable, et si cette jeune personne était un peu malade elle deviendrait pratiquement intouchable! 

 

Il faut transformer nos infamies en vertu raisonnable.

Partager cet article
Repost0
Published by Yannick Rieu

Présentation

  • : Le blog de Yannick Rieu
  • : Histoires, poèmes, fragments. Ce qui me traverse, ce qui m’interpelle ou me bouleverse. Des mots pour réfléchir, comprendre, sourire parfois, résister aussi. J’écris.
  • Contact

Recherche

Pages