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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 12:23

La neige craque sous mes pas. Le froid intense l'a rendu parlante sous mon poids. Elle grince et couine comme si elle ne voulait me rappeller constamment sa présence. Elle a été lourde il y a peu, légère et poudreuse à un autre moment. Lors de la dernière tempête, elle tomba en petits flocons laissant un tapis compact et lisse sur le sol. Une autre fois c'était par gros flocons duveteux s'affolant au moindre coup de vent. Par temps plus doux j'ai pu observer, dans une même bordé, des amas de flocons tombant en ligne droite comme de grosses gouttes d'eau pendant que d'autres, plus fins, paraissaient prendre leur temps avant d'atteindre et d'épouser le sol. 

 

Écouter avec ses yeux et voir avec ses oreilles. Entendre le goût d'un bon vin et sentir sur sa peau la musique qui nous traverse. Être totalement présent requiert ce lâcher prise qui semble si difficile à atteindre. Justement. 

 

Nous sommes éduqués, poussés constament à devenir, à atteindre un but, que nous oublions parfois (trop souvent en fait) d'être. Tellement programmés à revivre le passé et imaginer un ou des futurs que le présent est perçu comme quelque chose de pauvre et d'insignifiant. Les grandes idées, les grands idéaux nobles et lointains peuplent plus souvent qu'à leur tour notre imaginaire. Nous avons vidé le moment présent pour le remplacer presque exclusivement par l'idéal et nous passons une vie à courir après cet idéal. La constante insatisfaction de ce que nous sommes, qui est toujours moins excitant que ce que nous pourrions, devrions ou voudrions être, empêche une prise directe et honnête avec nous-mêmes. Et pourtant...On ne peut changer que ce que l'on connaît bien!

 

La liberté se trouve dans la perception directe de ce que nous sommes. La liberté est un état, pas une idée. Cette perception est le vecteur même du changement.

 

Préoccupés que nous sommes à se bâtir un avenir, à vivre dans des idéaux et des futurs meilleurs, nous passons souvent à côté du substrat de la vie: le présent. Nous semblons plus proche du "ce qui devrait être" que du "ce qui est". Nous nous frottons et ployons sous des idéaux qui font que nous acceptons l'inacceptable en se réjouissant d'un futur hypothétiquement juste et valable. Or le futur est dans le présent. Pas ailleurs. 

 

Ce que nous sommes aujourd'hui détermine le futur. Si le monde est ce qu'il est aujourd'hui c'est bien à cause de ce que nous sommes maintenant. Le chaos "extérieur" reflète bien ce que nous sommes "à l'intérieur". Observer ce fait est le début de l'être raisonnable.

 

Jusqu'à présent je ne vois pas en quoi nous sommes raisonnables. Par moment, par bribes peut-être mais avouons que nous vivons dans une société pour le moins déraisonnables. Faut-il que je fasse un dessin? 

 

Globalement on peut constater sans trop se tromper ni tomber dans un pessimisme névrotique ou exacerbé que la folie est plus constante que la raison. Ce qui est particulièrement navrant c'est justement que cette folie soit devenue la normalité et que nous acceptons cette folie comme allant de soi sans trop sourciller. La folie est devenue le raisonnable.

 

Ceux qui osent se révolter, la plupart du temps ces jeunes qui dérangent cet "ordre" établi, qui ont gardé encore un peu de sensibilité et de raison (l'un ne va pas sans l'autre) seront vite écrasés par le rouleau de la bienséance, aidé en cela par notre système d'éducation (qui ressemble de plus en plus à de la "propagande éducationnelle"). Ceux qui osent élever la voix seront qualifiés (tiens donc!) de déraisonnables.

 

La raison du plus fort est toujours la meilleure? 

 

Malheureusement oui s'il faut en croire nos yeux et nos oreilles.

 


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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 06:38

J'aimerais me pencher un peu sur cette question de nationalisme. Sujet à prendre avec des pincettes car le nationalisme fait appel à des sentiments identitaires profondément enracinés et bien entretenus par les différentes cultures autour du monde. Regardons pourquoi cette idée qui a causé tant de conflits et d'atrocités est toujours une idée qui a le vent dans les voiles, si je puis dire. Pourquoi reste-t-elle si populaire et si vivante encore aujourd'hui?

 

Il m'apparaît évident de prime abord que cette idée de nationalisme est bien ancrée dans notre mentalité, dans notre culture, au point de rarement la remettre en question voire de trouver farfelu de le faire. Depuis l'enfance on nous présente cette vue comme une évidence: le fait que les pays ont toujours été et seront toujours. Cette idée a été, au cours des siècles et des millénaires, chanté, mis en poèmes, glorifié etc.. Je me rends bien compte que remettre cette idée en cause, la considérer comme suspecte ne sera pas ou peu écouté ou alors pris comme une absurdité et qualifié rapidement d'inutile et/ou non réaliste. Sauf exception.

 

L'idéal nationaliste est perçu comme quelque chose de noble, d'admirable. Forme de tribalisme qui n'en porte plus le nom: on se veut évolué par rapport à l'esprit tribal de nos ancêtres et pour nous convaincre que cette idée de nationalisme est quelque chose de plus évolué et civilisé que l'amour de la tribu, nous lui avons donné un autre nom. C'est la même idée.

 

Aimer son pays, la fierté d'appartenir à une communauté, quelle qu'elle soit, grande ou petite, donne le sentiment de faire partie d'un ensemble et on y trouve une grande sécurité psychologique et physique. Toute humaine que soit cette recherche de sécurité, je ne suis pas certain que le réflexe de se regrouper autour de sa langue, sa culture, ses origines, son ethnie, sa religion, sa situation géographique ou quelque particularité servant de point commun, donne les résultats escomptés: une plus grande sécurité.

 

Cette sécurité temporaire ouvre en fait sur des problèmes et conflits qui eux, seront pratiquement permanents. Notre recherche de sécurité débouche en fait sur une plus grande insécurité.

 

Il me semble l'évidence même que la séparation (à tous les niveaux) amène les conflits. Il est bien entendu aussi que des différences existent, bien réelles. Le (les?) problème commence lorsqu'il y a identification à ces différences. Tôt ou tard, nous devrons défendre ce qui fait de nous des êtres à part, différents et particuliers. Nous serons appelés à défendre nos différences contre d'autres différences, devenues des murs pratiquement infranchissables, la diversités n'étant plus considérée comme une richesse mais comme une agression contre nos valeurs. On veut bien de l'autre et sa différence mais à petite dose! Ainsi un mot comme "tolérance" peut faire son apparition et être considéré comme une mot et une attitude illustrant notre civilité et notre grande souplesse face à ce qui est différent de nous.

 

Il est intéressant de noter que cette identification à nos particularités, ces notions de différences ne sont pas innés mais acquises par l'éducation. L'enfant en bas âge n'a pas cette notion de fierté de sa différence. On pourrait se poser la question à savoir pourquoi cette conception de l'identification nous est transmise (parents, écoles, entourage) et, constatant les ravages qu'elle cause, pourquoi elle perdure.

 

Faut-il seulement rappeler que l'histoire de l'Homme, celle apprise à l'école à tout le moins, est celle de ses guerres, de ses conflits petits et grands, de ses rois, reines et autres chefs envahisseurs ou envahis? L'Histoire de l'être humain c'est l'histoire de ses conquêtes, de ses tueries, de sa violence millénaire. Pas beaucoup d'évolution de ce côté, il faut se l'avouer. 

 

En nous identifiant à quelque chose de plus grand que nous, à un projet qui nous dépasse nous mobilisons des énergies, notre enthousiasme. En regardant le passé, on peut se rendre compte que le nationalisme a permis de réaliser de grandes choses. Nous nous donnons des buts à atteindre, imaginons un idéal et tentons de nous "coller" à cet idéal. Soit!

 

Mais je pose la question: le prix à payer n'est-il pas trop lourd?

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 19:17

"Être de gauche c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi: être de droite c'est l'inverse". -Gilles Deleuze

 

Loin de moi de vouloir vous entretenir de ce philosophe important. Je n'en ai ni les moyens intellectuels et à vrai dire ni le goût. Je veux simplement souligner qu'une pensée, même riche et complexe, peut tomber dans des pièges somme toute assez grossiers.

 

On pourrait poser la question: qui pense le monde? Une pensée qui se voudrait universelle et impersonnelle? Cela est-il possible? Bien sûr que non. La pensée se nourrit de la mémoire et cette mémoire est toujours le résultats de nos expériences; elle est ce centre, le moi. C'est elle qui engendre l'illusion de la continuité. Le penseur et la pensée sont une unique et même chose. Il n'existe pas de séparation.

 

La pensée de gauche est donc très semblable à celle de droite. Elle vise l'application d'une idéologie sur ce qui "est". Elle évacue de ce fait le présent pour un futur hypothétique, basé en réalité sur le passé: la pensée. Le présent devient alors de l'éphémère qui relie le passé au futur. On peut comprendre à ce moment le qualificatif de "pauvre" donné au présent par nombres d'intellectuels.

 

Cette pensée (je reviens à Deleuze) nous présente deux morales, l'une (sous-entendu préférable) de gauche qui met en avant le collectif et l'autre (sous-entendu moins généreuse) l'individu. Laissez-moi deviner...Deleuze se considérait comme de gauche...Non?

 

Ces deux idéologies s'affrontent depuis longtemps déjà et nous pouvons voir les résultats dans l'Histoire de leur application respective. De bons coups de chaque côtés, avec des dérapages malheureux et pour finir, le monde tel qu'on peut l'observer et le voir aujourd'hui, qui n'est pas très reluisant, peut s'en faut.

 

Être de gauche ou de droite, à part quelques détails (ici les gens de droite comme de gauche vous dirons que ces détails sont d'une extrême importance...justifiant ainsi leur "différence"), ne veut pas dire grand chose. Par exemple, on a qu'à voir les politiques d'un parti socialiste en France d'un Hollande (gauche) ressembler étrangement aux politiques de droite d'un Sarkosy (droite) lors de son dernier mandat. Restrictions, négociations et "fricotages" avec les milieux financiers etc.

 

À gauche comme à droite on gère le pays avec l'accord de la finance, des banques et autres institutions pro-libérale. Les priorités restent, grosso modo, les mêmes, maquillés par petites touches pour permettre au peuple de faire une différence, leur faire croire également qu'ils font un choix lorsqu'ils votent. 

 

La petite guerre entre la gauche et la droite, ce faux débat, ressemble presque à un détournement, à une tentative de fausser un débat, nous obligeant à regarder ailleurs et prendre parti: L'individu ou le collectif?

 

Pendant que des gens, souvent bien intentionnés, se battent pour savoir qui est mieux placé pour gérer un pays, le même système continue son petit bonhomme de chemin, accélérant notre course vers ce mur qui, ma foi, devient de plus en plus net et précis. 

 

Droite ou gauche, c'est le statu quo.

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 08:18

Dans nos sociétés être constamment occupé à quelque chose, n'avoir pas une minute à soi, donne une impression d'être actif et de réaliser beaucoup de choses. Cette expression-n'avoir pas une minute à soi-est bien souvent trompeuse car toute cette activité tourne principalement autour de soi, elle est son point de départ et d'arrivé.

 

Nous trouvons toutes sortes de prétextes pour cacher le fait que tout tourne autour de ce centre et que le but de toute cette activité fébrile est le désir d'expansion du moi. De l'homme (ou femme) politique au simple travailleur, de l'artiste au prêtre, du réformateur célèbre au travailleur social s'épuisant à la tâche, tous se servent qui du pays, des pauvres, de son art, de Dieu pour accomplir leurs idées, leurs idéaux, utopies, espoirs etc., le plus important dans tout cela étant toujours ce centre ramassant au passage gloire, pouvoir (petit ou grand) au nom de justes ou moins justes causes.

 

Toutes ces formes d'actions ne font qu'ajouter du chaos au chaos. L'exercice d'un pouvoir procure un grand plaisir et donne même un sens à nos vies qui en sont souvent dépourvues.  Nous cherchons donc le succès, une reconnaissance venant de la part des autres afin de nous sécuriser et apporter un peu de confort psychologique mais aussi une confirmation d'être sur un bon chemin, conforme aux attentes et aux valeurs de nos sociétés.

 

Or si les valeurs d'une société sont immorales, dénuées de bases solides et valables, que vaudra cette reconnaissance ou ce succès? Pas grand chose...À mes yeux il sera même suspect.

 

Cette recherche constante de succès par le biais du faire empêche souvent en fait une véritable coopération de s'établir entre les différents intervenants au sein des organisations, qu'elles soient politiques, religieuse, artistiques ou sociales. 

 

La possibilité qu'offre la musique, au moment où elle se déroule, d'être en totale symbiose avec l'autre est probablement une des principales raisons qui explique mon amour pour celle-ci.

 

Une fois que chaque membre s'est oublié, a mis de côté son centre sans effort de volonté (ce qui relèverait encore du moi) et devient l'instrument de quelque chose qui le dépasse, ce moment particulier où l'amour pour ce que l'on fait dépasse celui que nous nous portons, une grande union s'opère à cet instant pour donner des résultats toujours étonnants et enthousiasmants. 

 

Malheureusement ces moments sont bien éphémères et les habitudes reprennent le dessus dès les sorties de scène.

 

Ces moments permettent néanmoins de percevoir ce que toute une société dans cet état d'esprit pourrait donner et qui n'a rien à voir avec ce que l'on connaît maintenant.

 

Serait-ce une des bonnes raisons à l'Art d'exister? 

 


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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 08:14

L'amour. Combien de misère cache ce mot. Combien de mensonges et de malentendus. Quelle charge émotionelle ne contient-il pas! Un mot utilisé à tort et à travers et sur lequel nous nous sommes tellement couchés sans prendre le temps de savoir de quoi il est question au juste.

 

L'amour n'est certes pas le désir. Il en est presque l'opposé si j'ose dire, le désir étant en relation directe avec l'égo, le moi. L'amour véritable pulvérise le concept du moi. C'est pour cette raison qu'on ne peut découvrir ce qu'est l'amour que par la négation. On ne peut approcher l'amour avec une définition positive: on n'aborde pas le neuf avec du passé, l'amour n'existe que dans le présent, se renouvellant constamment. L'amour n'est pas une idée. De même que la compassion sa soeur jumelle. 

 

Où il y a l'égo, l'amour n'est pas. Où il y a possession l'amour n'est pas. Où il y a jalousie l'amour n'est pas. Là où il y a compétition, contrôle, ambition, peurs de toutes sortes, l'amour n'est pas. L'amour existe au-delà de la pensée et du savoir.

 

L'amour ne demande rien en retour. Il est. Comme la passion, il n'a pas d'objet. C'est un état. On ne peut aimer sélectivement, cela s'appelle du désir et le désir n'est pas l'amour.

 

Comment en sommes-nous arrivés à confondre l'amour et la tyrannie?  L'amour et l'arrangement sordide, le contrat? L'amour et la tolérance? L'amour et la pitié? 

 

Comment nos coeurs se sont-ils asséchés à ce point?

 

Mais surtout, comment nous refusons de voir la vérité en face? Combien de détournements de regard, de "biaisages", de palabres pour justifier notre manque de courage?

 

Une révolution est nécessaire mais pas celle dont nous sommes "accoutumés". 

 

Révolution intérieur.

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 19:40

On trouve toutes sortes d'occasions et d'opportunités pour se définir, se distinguer, sortir du lot, se caractériser. On se veut unique et indépendant, particulier dans notre démarche, original et, finalement, isolé.

 

C'est un réflexe culturel que de mettre beaucoup de temps et d'énergie à construire des murs, des remparts (qui ne sont pas considérés comme tels) autour de notre personne et en même temps ce même réflexe culturel nous fait palabrer sur l'importance de s'unir, d'être ensemble, de collaborer, d'édifier une société soudée. 

 

C'est donc tout "naturellement" que nous mettons un fort accent sur notre moi, le développement de celui-ci, la misère et les conflits incessants pouvant être observés comme résultats reliés directement à cette culture du moi. 

 

Nous trouvons toutes sortes de raisons pour justifier une telle approche (qualifiée de raisonnable et inéluctable par beaucoup) malgré la faillite de plus en plus perceptible et évidente de nos sociétés.

 

Nous parlons de l'importance d'avoir une culture générale, c'est-à-dire un ensemble d'informations touchant un large éventail de nos savoirs concernant tel ou tel domaine malgré le fait évident et observable que cette culture générale est axé sur la mémoire. Sur le passé. 

 

Il me semble que la connaissance de soi-même, l'ensemble de nos relations avec l'autre ne peut passer par un savoir qui provient du passé. Ou alors nous ne ferons qu'appliquer des recettes élaborées par d'autres, des idées et des concepts qui ne tiennent jamais compte du présent. Autrement dit "ce qui devrait être" (projection d'un idéal dans le futur) ou "ce qui a été" (tout ce qui concerne la mémoire) est plus important que ce qui "est". L'idéal comme but à atteindre devient un masque et une espèce de refuge bien confortable. Nous évacuons ainsi toute la richesse du moment présent pour se réfugier dans des idéaux plus ou moins nobles.

 

Rarement nous nous penchons sur le "comment penser". Nous préférons, par confort, peur ou peut-être paresse, parler du "quoi penser". Cette culture générale si importante aux yeux de beaucoup de gens, le "quoi penser", n'apporte pas de solutions sur le "comment penser". Je dirais même qu'elle évacue cette question la plupart du temps. Le savoir ne saurait être un refuge et il l'est quand presque toute l'éducation s'appuie sur la mémoire.

 

Nous formons des individus "programmés", habiles voire rusés, capables de se sortir du lot, trouvant éventuellement du travail, sortant leur épingle du jeu, s'adaptant à une société immorale et injuste, brutale, violente où la paix n'est qu'un idéal, quelque chose de lointain et, selon certains, inatteignable, utopique.

 

Nous (dé)formons nos enfants afin qu'ils s'adaptent à quelque chose de bien laid dans son ensemble. Nous leur apprenons que l'isolement et l'égoïsme sont dans l'ordre des choses et que la compétition peut-être saine.

 

Nous trouvons cela tout naturel...

 

Nous faire prendre conscience de nos conditionnements me paraît être la première tâche de l'éducation. Pour le moment elle forme, dans son ensemble, des gens voulant se conformer, conditionnés à vouloir réussir et survivre dans un monde chaotique.

 

La réussite, à ce moment, est une défaite. 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 15:26

Je me demande pourquoi nous avons cette habitude et cette propension à classifier les genres de musiques. Mettre en boîte, définir, compartimenter, comparer. Ce faisant il me semble que le pas suivant, et il est souvent franchi, est d'exclure ce que les autres tentent de faire et/ou de proposer. L'homme, vivant toujours en mode tribal (famille, nation, communauté), tend à exclure ceux qui ne font pas parti de sa "famille", quelle qu'elle soit.

 

La musique digne de ce nom, justement, ne va-t-elle pas au-delà de ces tentatives, souvent malhabiles, de vouloir tout définir et séparer? Ne propose-t-elle pas autre chose? N'ouvre-t-elle pas sur un autre possible, sur d'autres possibles? 

 

Vous pardonnerez, j'espère, le fait que je parle un peu de moi ici.

 

J'évite de m'auto-cataloguer ou me définir dans un genre ou style particulier. Les autres le font à ma place. Je suis ainsi étiqueté "jazzman". 

 

Pour certains je suis trop moderne, pour d'autres je fait une musique qui ne m'appartient pas (le jazz étant une musique essentiellement "américaine", selon les gens dotées d'un jugement sectaire). Pour ma part je ne sais pas.

 

Si le jazz se résume au fameux concept du "swing", d'un balancement rythmique typique à cette musique, je ne suis pas un jazzman. Mes propositions ne visent pas et ne vont pas toujours dans ce sens. Je ne cherche pas non plus l'abstraction harmonique où la tierce majeure ou la quinte sont proscrites d'emblée-la consonance- et où la neuvième bémol et la quinte augmentée-la dissonance- sont pour ainsi dire "morales" dans un monde où l'étrange et le bizarre tiennent lieu de créations originales.

 

Pour moi, décider de m'investir dans un genre de musique ou l'autre proviendrait d'une sorte de snobisme sectaire où l'aventure est finalement absente voire proscrite. D'un autre côté, le nouveau pour le nouveau n'est certainement pas gage de pertinence et reste somme toute quelque chose de puérile. L'honnêteté et la transparence me semble être le fil devant relier les différentes approches possible en musique.   

 

Rien de plus fâcheux que de voir des jazzmen, musiciens pratiquant une musique dite actuelle ou encore ceux qui se qualifient de spécialistes de la musique contemporaine ou classique (que des dinosaures appellent encore "sérieuse") bref, tous ces qualificatifs que l'on donne aux sons et rythmes selon des critères préétablis, voir donc tous ces gens s'enfermer et s'auto-étiqueter, le tout ne servant qu'à se distinguer les uns par rapport aux autres. On qualifie de raciste l'étiquetage et le jugement d'êtres humains par leur couleur de peau, pourquoi fait-on une différence lorsqu'il s'agit de musique? N'est-ce pas tout aussi dénué de sens?

 

Comprendre la musique, tout comme un Homme, c'est rendre sensible à ce qui fait sa valeur. Dépasser la surface pour quérir la richesse. Dépasser les clivages. Déceler dans des oeuvres aussi différentes que par exemple, Haëndel, Hendrix, Webern, Debussy, Coltrane, Dutilleux, Bach, Zappa, toute la richesse que ces musiques renferment, au-delà du style, c'est faire preuve d'une capacité d'analyse ne se limitant pas à ces barrières futiles qui nous sont proposées et dans certains cas imposées.  

 

La musique rassemble. Malheureusement, même dans ce domaine, les Hommes veulent à tout prix séparer, quantifier, jauger, nommer, hiérarchiser, cataloguer.  

 

On ne fait pas de musique par réaction à ce qui existe déjà ou à ce qui s'est fait. On ne pratique pas un genre de musique en réaction à ce qui nous entoure, on élabore pas un style avec des concepts préétablis. Pour moi cela n'a aucun sens et paraît même suspect à maints égards.

 

Le style n'est pas une pose. Le style c'est moi, ce que je suis, et comme je suis vivant et donc mouvant mon style sera de même. À la rigueur on pourra dégager un style (des styles?) à la fin de mon parcours...

 

En attendant je refuse les catégories et les boîtes dans lequel quiconque voudra m'insérer. 

 

À l'instar de mon passeport, je peux à la limite accepter des définitions temporaires, figées et réductrices de moi-même et de ce que je fais, mais seulement pour des raisons pratiques.

 

En fait, tout cela ne me concerne pas.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:52

Voilà. C'est fait. Obama réélu pour un deuxième mandat à la tête des États-Unies. 6 milliards de dollars, au bas mot, pour une campagne électorale, une démocratie en mouvement, à l'oeuvre. J'espère que ceux qui pensaient que de grands changements se profileraient avec l'aide de ce candidat qu'on dit cultivé, excellent orateur et débatteur voient un peu plus clairement le rôle d'un président américain, les limites de son pouvoir et de son vouloir. 

 

Plusieurs milliards pour faire une campagne...ça fait beaucoup de retours d'ascenseur à honorer. Depuis 2010 on a décidé de retirer les plafonds pour les donations aux partis politique. C'est la valse des dollars pour la plus grande joie des médias, en particulier la télévision, qui profitent un maximum de ces "retombés démocratiques".

 

Ici, on présente cette campagne électorale réservée aux riches et/ou aux personnes les plus influentes, capable d'aller chercher du pognon à la pelle, comme normale, dans la nature des choses, correcte. Pas ou très peu de questionnement sur le rapport entre une démocratie et l'argent. Entre le sur-financement et une démocratie saine et authentique.

 

Cette déroute de tout un système pris en otage par les oligarques devrait éveiller chez toute personne un temps soit peu sensible des doutes profonds et sincères. C'est un retour en quelque sorte, en ce qui me concerne, à la barbarie mais avec des gants de velours, avec un masque avenant et souriant, une espèce de courtoisie, à un droit de parole tant que celle-ci reste insignifiante et sans poids.

 

Collectivement, je nous trouve bien aveugles. Mais veut-on vraiment voir? Ne sommes-nous pas, finalement, satisfaits avec nos cellulaires, nos écrans plats, nos belles voitures, notre train de vie au-dessus de nos moyens? Voulons-nous seulement une vraie démocratie? J'en doute. 

 

Tout comme la liberté. En voulons-nous vraiment? Avec toutes les responsabilités que cela implique? J'en doute. Il est beaucoup plus facile de suivre le troupeau, sans trop se poser de questions. De faire comme si...

 

Tout ce que nous voulons, dans une grande majorité, c'est notre derrière (J'allais écrire "cul" mais je suis un garçon bien élevé...) bien au chaud et notre tête bien profond dans le sable. 

                                                                                 ----  

Entendu à la radio cette semaine une publicité concernant une vente de voitures: "nous vous ferons crédit même si vous n'en avez pas les moyens". 

 

Pas mal...hein? 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 11:40

Je suis de plus en plus convaincu que de nombreux problèmes auxquels la société québécoise est confrontée proviennent en fait dans le genre ou la direction que prend l'éducation de nos enfants et ce, dès leur plus jeune âge.

 

Ce problème m'intéresse au plus au point étant père de deux enfants, je vis la situation de garde partagée, ne voyant mes filles qu'une fin de semaine sur deux, dans le meilleur des cas. Mon horaire de musicien étant plutôt anarchique et les concerts souvent donnés les week-end, tout cela ne faisant que compliquer la venue de mes enfants sur une base régulière.

 

Je caresse un projet depuis un moment déjà, celui de partager ma situation qui, j'en suis certain, est vécu par un grand nombre de pères dans notre société.  Les séparations sont monnaie courante mais peu de parents partagent (surtout les pères!) les nombreuses difficultés qui se dressent devant leur état. Peu de littérature, pas grand chose à se mettre sous la dent ormis les spécialistes avec leur jargon pédagogique finalement assez loin de la réalité. De la mienne en tout cas et de plusieurs d'entre vous, j'en suis convaincu. Ce projet d'écriture et de partage porte un titre. Il m'est venu presque au début de ma réflexion et m'apparaît comme la source de mon désir de faire part de mon expérience: Le Silence

 

Silence. Pour moi, cela résume bien ce qu'on voudrait de la part de beaucoup de pères au Québec...Silencieux. On les voudrait silencieux, comme si l'éducation des enfants était une chose réservée aux femmes, une chasse gardée. Je me demande jusqu'à quel point ce n'est pas un prétexte pour justifier une certaine tyranie, un pouvoir exercé sur le "mâle" pour l'exclure des décisions qui pourraient changer le destin de leur progéniture. On nous a souvent rabâché les oreilles avec l'importance de découvrir notre côté féminin, de le cultiver. Encore faut-il nous donner l'occasion de le mettre en valeur...Mais la société est-elle prête pour cela? Le mouvement féministe a, dieu soit loué, permis certaines avancés pour les femmes (il reste encore beaucoup de choses à réaliser) avec des réactions de défenses de la part de beaucoup d'hommes mais on entend peu parler de l'inverse il faut dire!   

 

Le sentiment d'insécurité des d'hommes (pas tous!) face au mouvement féministe, ce sentiment de perte d'identité serait-il également à l'oeuvre dans le cas contraire? La volonté de plusieurs hommes de vouloir prendre en main (en partie) l'éducation de leurs enfants, de s'investir, si ce n'est en temps du moins en qualité, serait-elle encore et après tout pas vraiment accepté et même suspecte à plusieurs égards?

 

C'est donc avec ce projet de longue haleine, Le Silence, que je tenterai de mettre au jour différentes facettes, problèmes, blessures, joies, rapports de force, auxquels plusieurs d'entre nous font face quotidiennement dans cette aventure qu'est l'éducation dans un contexte de garde partagée (qui devrait être vu comme un projet commun, ce qui n'est pas souvent le cas).

 

Je me donne plusieurs années pour compléter mes observations. Celles-ci ont commencé il y a maintenant 4 ans (+ ou -) suite à un "clash" (j'y reviendrai) qui m'a ouvert les yeux sur une situation vécue qui mérite mieux que ce silence dans lequel on voudrait nous tenir et qui fait l'affaire de beaucoup trop de gens. Dans le meilleur des cas, un livre sera édité lorsque mes enfants auront 18 ans. Elles en ont 11 maintenant. Projet de longue haleine vous dis-je.

 

Pourquoi en parler maintenant?

 

Suite à un appel d'un ami me brossant sa situation similaire à la mienne et devinant sa souffrance au travers de son silence, de non-dits, j'ai décidé de mettre mon projet, mon intention, publique. Voilà, c'est fait.

 

Non, tu n'es pas seul mon ami.

 

Ce silence qui s'accompagne de souffrance, je l'ai trop vu dans ma jeunesse où des hommes en apparence aphones, pris pour des banques ou uniquement pour des pourvoyeurs n'avaient pas droit ou étaient mal venus (et souvent cela faisait leur affaire peut-être...mais pas sûr!) d'interférer dans la merveilleuse tâche de rendre leurs enfants libres. Bien éduqués quoi.

 

On ne construit pas une société sur du silence, surtout si celui-ci renferme une part de souffrance. 


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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 13:39

Est-ce que les expériences que nous faisons au cours de notre vie sont aptes à nous apprendre quelque chose sur le comment vivre? 

 

Lorsque je parle d'expériences on classe presque immédiatement celles-ci en deux catégories: les positives et les négatives. Qu'en est-il? Ce réflexe est-il le bon? Pourquoi qualifier de telle sorte ce qui nous arrive?  

 

Les expériences ne nous amènent-elles pas à développer des réflexes de défenses, des murs qui ne sont pas toujours adéquats face à la vie? Vivre avec le passé pour appréhender le présent? Voir avec les yeux du passé pour comprendre le maintenant? Est-ce vraiment raisonnable?

 

Il n'est pas évident de se débarrasser du passé, d'être neuf à chaque instant. Cela demande une grande quantité d'énergie et cette sorte de courage qui est d'abandonner ce qui nous structure et ce qui fait de nous ce que nous sommes, ce "moi" qui expérimente et se veut le centre et le lien discontinue entre hier, aujourd'hui et demain.

 

La mémoire gardant les nombreuses images que nous avons de nous-mêmes, des autres et de ce qui nous entoure, est l'élément principal qui nous donne l'illusion d'un noyau au travers duquel tout passe. Cette fonction, utile pour l'apprentissage d'un métier, d'une langue, de tout un savoir technique indispensable pour vivre devient un piège dans certains cas.

 

La mémoire devient un piège lorsqu'il s'agit d'appréhender le présent. Seuls des yeux complètement neufs peuvent voir ce qui se passe dans l'instant, ce qui est vivant, ce qui survient maintenant en nous-mêmes et à l'extérieur de nous-mêmes. Voir avec les yeux du passé nous éloigne des choses et des êtres qui nous entourent, devenues (avec la mémoire) des images, des représentations fabriquées de toute pièce par l'expérience, les traces que laissent en nous ces expériences. 

 

N'y a-t-il pas une grande beauté dans le fait d'être vulnérable? Ces murs que nous nous sommes construits ne sont-ils pas une source de souffrance et de douleur? Cette image construite, parfois avec une grande habileté (elle sera d'autant plus monstrueuse par le nombre de calculs, de fausses représentations répétées) n'est-elle finalement qu'un mur derrière lequel nous cherchons la sécurité? 

 

Nous croyons être à l'abri derrière ce mur alors qu'il est la source même de notre malheur, de notre insensibilité, de notre indifférence. Il est la source de cette opacité que nous prenons, que nous voulons prendre pour de la transparence. Ce mur devenant enceinte au fil des ans et des expériences ainsi accumulées doit être défendue par toutes les "attaques" de la vie, par ce qui est nouveau et (forcément) déstabilisateur. 

 

Derrière ce mur, nous percevrons tout ce qui est vivant comme une menace à notre intégrité. Nous pataugerons ainsi dans une mare sans oxygène considérant la moindre source rafraîchissante comme une tentative de percer ce mur si réconfortant. Le beau, le bien, le raisonnable, bref les questionnements qui ne vont pas dans le sens de notre image, devenant ennemis éventuels.

 

Nous devenons ainsi des tyrans "fonctionnels", ouverts en apparence...

 

Gare à celui qui ne pense pas et ne vit pas comme nous! 

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