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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 18:33

La marche vers le progrès, la modernité ; cette lumière au bout du tunnel représenté par le passé...Qui peut être contre?

"L'Angleterre se referme comme une huître", comme si vouloir garder son indépendance voulait dire se couper du monde, comme si vouloir garder son identité voulait dire se refuser aux autres. L'Histoire nous démontre tout le contraire!

Si nous nous penchons un peu sur cette question, si nous restons simple dans nos analyses (et dieu sait si beaucoup de gens préfèrent nous présenter la chose comme complexe - voire compliquée - donc insaisissable dans son ensemble par les gens "ordinaires") nous pourrons, peut-être, y voir un peu plus claire. Partons de ce que nous connaissons le mieux, c'est-à-dire nous-mêmes.

Est-ce parce que je suis qui je suis, avec mes particularismes, mon tempérament, mes goûts, ma langue, ma façon de me vêtir, bref est-ce que parce que je suis unique, bien défini, avec mes "frontières" je suis "refermé comme une huître"? Comment s'intéresser à l'autre s'il nous ressemble en tout point? Quel est l'intérêt de rechercher constamment soi-même dans son voisin? Ne serait-ce pas là la définition du tourisme? Voyager sans risques, consommer du différent sans que cela nous change en quoi que ce soit? L'exotisme à peu de frais personnels, sans engagement? Je bouge mais rien ne bouge, je change le panorama et reste spectateur de l'autre. D'ailleurs il est assez symptomatique que le touriste type s'intéresse plus au passé des pays visités qu'à leur présent. Le tourisme dans ce sens est le refus de l'autre, de ce qu'il est aujourd'hui. Mais revenons à nos moutons...

Pourquoi notre identité serait un frein à l'ouverture? Pourquoi l'identité, plus complexe, cela va de soi, d'un pays serait-elle devenue cette frontière infranchissable et "nauséabonde"?

Et si les gens pour le Brexit étaient ceux qui refusent de devenir des "touristes", des consommateurs uniformisés, ceux qui refusent de devenir de petits "Attali" pour qui le monde est un hôtel où il fait bon passer? ceux qui refusent de devenir les touristes de leur propre vie où toute action ou idée originale serait proscrite, suspecte, non désirable et non désiré, touristes de leur propre vie parce que dépossédés d'eux-mêmes, spectateurs ad infinitum! Et si les gens qui ont voté pour une indépendance accru refusent tout simplement de devenir des marchandises échangeables, monnayables, uniformes, difformes.

Déracinés?

Je me pose la question: et si le Brexit était l'acte collectif le plus créatif à être posé depuis un moment en Occident malgré une pression extraordinaire, cette marche qu'on dit inexorable vers le "progrès".

Et si le Brexit était ce sursaut de la vie, de la réalité (ah! comme dans certains milieux cette réalité est synonyme d'obscur, de laid, de racisme, de passéisme, de xénophobisme...) dont beaucoup de nos chers politiciens ont une peur bleue, une sainte horreur?

Démocrates mais seulement quand nous pensons comme eux...

Diaboliser l'adversaire...Ce ne serait ni plis ni moins que des rebuts de société qui auraient voté pour le sortie de l'UE. Les incultes, les pauvres, les racistes, les vieux, les accrocs de la télé etc. L'enfer quoi!

L'enfer? Peut-être plus intéressant que le paradis incolore, uniforme et inodore proposé par les technocrates européistes?

Et si le Brexit était un acte rebelle?

Je me pose la question.

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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