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19 novembre 2025 3 19 /11 /novembre /2025 00:38
L’orchestre des instants précieux 
L’orchestre des instants précieux 
L’orchestre des instants précieux 
L’orchestre des instants précieux 
L’orchestre des instants précieux 
L’orchestre des instants précieux 
L’orchestre des instants précieux 
L’orchestre des instants précieux 
L’orchestre des instants précieux 

Un court trajet depuis l’hôtel jusqu’à l’école où nous devons rencontrer des élèves de 8 à 12 ans et jouer un bref morceau pour eux. À l’entrée, les professeurs nous accueillent avec des sourires timides. Je reconnais maintenant cette pudeur qui retient les gestes, qui cache l’émotion sans l’étouffer. Je sais qu’ils sont heureux de nous recevoir et impatients de partager ces quelques moments avec nous et leurs élèves.

 

Nous arrivons dans la salle… silence. Un froid de canard. Pas un instrument, à part quelques timbales, un clavier numérique et un tambour traditionnel chinois. Pas de batterie, pas de basse, pas d’ampli… et surtout aucun enfant. Mon cœur se serre. Une erreur? Puis les premiers élèves entrent, encombrés de leurs partitions, de leurs instruments, de leurs pupitres. Ils sont peu nombreux au début, puis les vagues s’enchaînent et la pièce se réchauffe vite. Flûtes, clarinettes, saxophones, trombones, trompettes, percussions, batterie. Un peu de turbulence, mais une discipline instinctive, une organisation étonnamment rapide. Deux retardataires déboulent après leur cours précédent.

 

Je croise des regards curieux, des sourires furtifs. Premiers sons, l’accord général. Le directeur leur fait jouer une ou deux gammes. L’ensemble sonne bien, la cohésion est là malgré la justesse hésitante. Cela me ramène aussitôt à mes débuts, aux harmonies de l’école et de la ville.

 

Ils nous présentent trois courtes pièces qu’ils ont clairement répétées avec soin. Beaucoup connaissent leur partition par cœur. Je ne sais pas pourquoi, mais une émotion me traverse, brute, et mes yeux se mouillent. Peut-être parce que je suis de près l’état du monde, et qu’il va mal. Les tensions partout… et je me dis quel gâchis ce serait si une guerre venait un jour balayer cette beauté fraîche, vivante, innocente. C’est d’ailleurs ce qu’elle fait déjà, ici et là, sur notre planète.

 

C’est cela, la guerre. Elle détruit tout, le beau comme le laid. Ceux qui la pensent, qui la souhaitent, sont des fous. Et nous les laissons trop souvent faire.

 

Le concert se termine. Nous jouons à notre tour. Des regards désormais complices circulent entre nous et les enfants. Les fleurs qu’on nous a offertes, nous les partageons avec eux. C’est l’heure des photos, les rires éclatent, et dans ces gestes simples mais chargés de sens, quelque chose de clair s’installe : nous sommes amis.

 

Puis les enfants s’égaillent, la salle retombe dans son silence. Ces petits moments de joie, de partage, ces minutes encore vibrantes resteront gravées dans ma mémoire et dans mon cœur. Cela, les criminels qui provoquent les guerres ne me l’enlèveront jamais.

 

Qu’ils emportent avec eux leur esprit corrompu et le diable avec.

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Published by Yannick Rieu

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