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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 01:19

Quoi jouer au public chinois. Cette question je me la suis posée lors de ma première tournée. Peut-être inutilement. Je veux dire que mes propositions diverses ont toujours été bien accueillies. Que ce soit avec Simon Goubert, un batteur français avec un son énorme "à la Elvin Jones" ou mon quartet avec lequel j'entreprends une deuxième tournée (nous étions en Chine à la fin de l'été dernier à l'Exposition Universelle de Shanghaï et dans le cadre des évènements culturels soulignant le 40ième anniversaire de relation diplomatique entre la Chine et le Canada) et qui, à mon oreille, sonne plutôt "classique" avec une approche axée sur la mélodie et le lyrisme. 

 

Le public chinois dans son ensemble connaît assez peu le jazz mais il se déplace pour l'écouter. L'audience réagit, il me semble, à l'instinct (ce qui n'est pas une mauvaise chose-le public "trop connaissant" se laisse parfois trop peu d'espace en lui pour laisser la place à quelque chose de neuf). Comme tous les publics, le spectateur chinois aime sentir qu'il se passe quelque chose, quelque chose de vivant qui demande à être suivi...une histoire.

 

 Les Chinois sont friands d'histoires. Il n'est pas rare de prendre un taxi avec la radio à bon régime où l'on y entend un comédien raconter des histoires, imitant la voix des protagonistes. Histoires d'amour très souvent (peuple romantique s'il en est!) mais aussi des épopées, histoires de famille(s) sur plusieurs générations, histoires se passant au cours de tel ou tel dynastie, ces émissions sont très populaires et une seule histoire peut se dérouler sur plusieurs jours! Existent aussi les radios-théâtres également très prisés. Garder un fil, une idée et dérouler, enchaîner, construire. En musique (et ailleurs!), la clarté a toujours été une préoccupation pour moi , tenir un discours musical improvisé et malgré tout lisible demeure un défi captivant, quel que soit le public.  

 

La musique qui ressort de la langue chinoise est plutôt douce, moins "hachée" que le japonais, coulante et sinueuse, très variée au niveau de l'intonation et la plupart du temps mélodieuse, sans heurts. C'est peut-être pourquoi le public chinois est si sensible aux jolies mélodies, celles du genre qui font pleurer...Je soupçonne également leurs oreilles d'être sensibles au variations très subtiles qu'un musicien peut apporter dans son son, spécialement dans les morceaux lents. J'ai déjà assisté à une sorte de retenue de souffle collective (et fugitive) lors de passages "cruciaux", dramatiques.  La langue chinoise utilise 4 intonations de bases, chacunes de celles-ci pouvant changer la signification d'un même mot. Même en me concentrant uniquement sur ces intonations, j'arrive encore très difficilement à les localiser et les entendre dans une conversation normale.   

 

Ce qui a de nouveau depuis la dernière tournée c'est l'ajout de chansons populaires ou traditionnelles chinoises à notre répertoire. Ma connaissance encore superficielle de la musique (des musiques!) chinoise ne me permet pas d'en parler avec autorité mais le (trop peu de) temps consacré jusqu'ici à la recherche et l'écoute me laisse entrevoir des possibles vraiment intéressants. 

 

Cette tournée s'inscrit dans une série offerte au grand public qui a pour nom "découverte de l'art" où le prix des billets varie de 5 à 20 dollars. Cette initiative du gouvernement chinois vise à rendre accessible à un maximum de gens de toutes conditions l'art sous toutes ses formes. La famille chinoise utilise 37% de son budget pour l'éducation (ce qui est énorme) donne ainsi à la Chine une formidable force intellectuelle. Beaucoup de postes de haute direction sont tenus par des jeunes de 24,25,26 ans! Lors de notre dernière tournée un cocktail avait lieu au Centre National des Arts de Beijing avec le gratin habituel. Nous avons tous été surpris par la jeunesse des dirigeants mais surtout par leur érudition et la grande pertinence des questions posées à propos du concert  que l'on venait de donner. Les musiciens avec qui j'étais n'en revenaient tout simplement pas! Ce qui me touche, au-delà de leur savoir, c'est leur volonté de s'ouvrir à l'autre. Quand un animateur, victime (?) de cette propagande haineuse qui vise la Chine depuis 50 ans, me parle de la fermeture sur elle-même de cette culture je ne peux que constater que la fermeture n'est pas là où on pense! Il y a eu en effet une fermeture de la Chine lors de l'établissement de la République Populaire de Chine en 1949 (1er octobre). Cette fermeture était un acte de survie pour stopper les occidentaux qui souhaitaient et s'acharnaient depuis une centaine d'années à morceler ce pays et en faire leur terrain de jeu! Ce qu'ils ont fait avec, par exemple, l'Iran en 1953 en renversant un gouvernement démocratiquement élu et en plaçant un dictateur complaisant avec les compagnies pétrolières qui volaient carrément ce pays. Même chose avec le Chili! Et beaucoup d'autres! Mao a donc decidé de bouter hors de la Chine ces rapaces. Depuis ce temps l'occident fait la gueule...Merde alors! On ne pourra plus envahir, exploiter à outrance, saccager à notre guise?? Il faut vraiment regarder le passé si on veut réellement comprendre.

 

Ne pas connaître et avoir quand même des opinions sur ce qu'on ignore porte un nom. La liberté commence dans notre tête! Si le temps me le permet, je ferai une analyse en détail de cette entrevue faite avec Robert Frosi. Les mots utilisés ne sont jamais innocents a fortiori quand on a affaire à des professionels de la communication.  

 

Notre répertoire se compose donc de "classiques" comme What a wonderful wolrd, Les feuilles mortes (les Chinois ont une assez bonne connaissance de la chanson française), Tadd's delight, Over the rainbow, 2 compositions originales et  3 morceaux tirés du répertoire chinois. Peut-être 4 car je travaille sur une magnifique chanson. A capella.

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 13:49

Voici le premier texte d'un journal sur ma tournée en Chine, sa préparation et les réflexions que cette belle aventure suscitera chez moi. 

 

9 concerts et 4 classes de maitre dans des lieux magnifiques (opéras) sur une période de deux semaines.  Je me réjouis à l'avance mais redoute un peu la chaleur (30 et +) et beaucoup l'air climatisée...Après ces deux semaines de tournée je me rends avec ma compagne dans le sud-ouest, dans la province de Yunnan pour y finaliser un projet de résidence pour artiste. En fait tout est signé entre les Productions Yari et la compagnie qui monte le projet. Plus de 10 milliards de Yuans (environ 1.5 milliards de dollars) investis dans un projet culturel afin de revitaliser une partie de cette province. Les résidences en sont une partie.

 

Xizhou est situé sur le bord d'un immense lac (Er Hai) entouré de montagnes. Beaucoup de pêche se pratique encore, la nature est omni-présente. Une Chine dont on entend jamais parler ou presque. Le Yunnan à lui seul est composé de 26 ethnies différentes, chacune avec ses musiques, ses danses, ses costumes et coutumes. Quand je vois toutes ces cultures s'épanouir, vivre les unes à côté des autres je ne peux m'empêcher de penser à la façon de faire au Québec et notre ignorance et souvent mépris pour les peuples autochtones tout le long de notre histoire et notre appauvrissement comme société qui en découle. Et l'on voudrait donner des leçons sur l'intégration et le convivial? Commençons par apprendre à nous connaître, à nous regarder dans le miroir! Mais aussi et surtout ne nous contentons pas des quelques articles écrits dans les principaux journaux anglophones et francophones d'ici. On y écrit souvent n'importe quoi lorsqu'il s'agit de la Chine et j'y décèle un fond de xénophobie entretenu par une propagande négative sur ce pays depuis plus de 50 ans!  Décidement l'occident ne prise pas le fait que ce pays ne soit pas le terrain de jeux des multinationales comme dans beaucoup de pays dits émergents. En 2008, seulement 3% des investissements en Chine étaient réalisés par des compagnies étrangères, on est loin des braderies que l'on peut observer ici... 

 

Je voudrais dès ce premier article mettre les choses à leur juste place. Je ne suis ni pro-Chine ni (évidemment) anti-Chine. Je ne demande qu'à connaître ce pays, à le voir tel qu'il se présente, tel qu'il est avec ses défauts et qualités, ses réussites et ses échecs. Il y a quelque chose de malsain dans le fait de juger un pays (et on se gêne pas!) tout en  ignorant son histoire, ses aspirations, ses rêves, sa culture quoi! Notre prétention (nous, occidentaux) séculaire à vouloir dicter aux autres quoi faire, comment vivre (on a qu'à penser au colonies!) tout en pillant littéralement ces mêmes pays...pas de quoi pavoiser! Se pencher sur l'histoire, la nôtre en premier lieu, devrait nous donner un peu d'humilité, de modestie mais surtout nous donner des outils pour ne pas sombrer dans cette  pensée unique si réductrice et destructrice. Il y a pire que de ne pas être informé, c'est de penser que nous le sommes! Et nous n'avons plus aucune raisons de ne pas l'être correctement!

 

Cet a priori négatif sur la Chine qui semble inoffensif et presque de bon aloi, se traduit par de petites phrases, des perceptions et des évidences qui n'en sont pas. On ne voit les choses qu'à travers notre horizon, c'est pour cette raison que cet horizon se doit d'être aussi large et profond que possible. C'est notre devoir d'hommes et femmes libres. La démocratie est une culture et s'exprime par la capacité d'un peuple de dominer son destin. Elle ne se résume pas à un droit de vote! On dit que la politique est trop importante pour la laisser uniquement aux politiciens, en sommes nous arrivé à ne pas laisser l'information uniquement dans la main de quelques journaux, radios et télévisions? Avec l'avènement d'internet il est possible maintenant d'aller chercher les informations dans un plus large spectre que ce qu'on nous propose ici. Le rôle des médias est de rendre compréhensibles les enjeux et les points de vue opposés, contradictoires. C'est uniquement sur cette base que nous pouvons nous faire une opinion sur un sujet. Or, on nous présente, la plupart du temps, qu'une "version" des faits. 

 

La concision exigée lors d'entrevues toujours trop courtes débouche sur l'unique possibilité de dire des choses communes, entendues, car il n'y a pas de place pour développer une pensée originale. Les débats (vraiment trop peu nombreux ici au Québec) présentés ne sont que trop souvent des simulacres de démocratie, parce que basés sur l'idée de répondre dans l'immédiat, des réparties exigées courtes sans possibilité de développement dans le temps. Débattre comme un combat de boxe ne mène jamais loin.  

 

www.yannickrieu.com  pour voir les endroits où nous nous produirons.

 

http://www.radio-canada.ca/emissions/cest_bien_meilleur_le_matin/2010-2011/chronique.asp?idChronique=164455 

Entrevue avec Robert Frosi 20 juillet 2011 sur la tournée (C'est bien meilleur le matin) 

 

Lien avec le New York Times: un article intéressant sur les 5 principales idées fausses (concernant la Chine) et répandues dans les medias occidentaux 

http://www.nytimes.com/2011/07/19/opinion/19iht-edli19.html?_r=2&ref=china

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 14:44

Notre société est sclérosée. Handicapée par notre manque de passion, par nos organisations lourdes, parce que créées par des cerveaux lourds et peu agiles ou alertes, manquant cruellement d'imagination, de (réelle) créativité ( j'entends ce mot si souvent qu'il commence à devenir plat, vide!). Nos esprits sont devenus compliqués (et non complexes), s'arrêtant et s'acharnant sur de petits détails, incapables de saisir l'ensemble d'un problème et d'y faire face avec diligence et efficacité. Cette lenteur, cette espèce d'opacité, de marasme comme culture ou façon de faire qui colore presque toutes nos actions, notre incapacité à vraiment saisir les réels enjeux, qu'ils soient politiques, économiques, sociétaux sera probablement notre tombeau en tant que société. La capacité d'adaptation à son environnement reste la principale qualité que l'on doit posséder pour survivre. Cette société "dinosaure" risque de disparaître tout comme ces sauriens de jadis et ce pour les mêmes raisons...Il faut toutefois se poser la question: À qui profite cette lenteur? À ceux-la même qui sont censés être en poste pour faire des...changements, pour diriger! J`y vois là une analogie avec ce qui se passe dans certains pays arabes. Si l'on voudra de réels changements va falloir sortir dans la rue et faire notre révolution. Croire que nos dirigeants prendrons des mesures énergiques pour rétablir ne serait-ce qu'un début de justice c'est croire au Père Noël ! Leurs actions resteront cosmétiques, de surfaces pour calmer le peuple...Leurs intérêts diffèrent des nôtres. 

 

Un exemple? J'entends depuis au moins 25 ans que les gouvernements veulent s'attaquer à la pauvreté. Quels sont les résultats? Minimes voire inexistants! Combien de temps aura-t-il fallu à ces mêmes gouvernements (ici au fédéral) pour voter des milliards pour les avions de chasse...quelques heures. Si cette situation vous parait normal et acceptable, c'est que le travail d'information (lire de propagande) est très bien fait! Parce qu'il faut savoir que cette pauvreté est systémique, c'est à dire que notre système produit de la pauvreté, en a même besoin pour fonctionner et est inhérent à cette forme d'organisation. Il suffit de quelques clics sur internet pour savoir cela. C'est le genre de chose que nous n'entendrons jamais dans la bouche des dirigeants...C'est pas très sexy...

 

Tiens, en passant...Saviez-vous que Hilary Clinton a demandé aux gouvernements (arabes) qui coupaient facebook, twitter et autres moyens de communications sur internet de rétablir ces reseaux pour préserver la liberté d'expression des manifestants...Ces mêmes moyens ont été interdits aux États-Unies lors de manifestations pour protester contre le G-20. En 2009, deux Américains ont été...arrêtés et jugés!!!

 

Voilà un concept qui devrait intéresser...

 

Rien de pire que l'injustice, les armes à la main. Aristote

 

Pour une lecture éclairante sur les révolutions dans les pays arabes lire le petit livre de Amhed Bensaada, Arabesque Américaine (le rôle des États-Unies dans les révoltes de la rue arabe) aux éditions Michel Brûlé. 

 

 

  

 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:51

A propos d'un billet entendu à la radio de Radio-Canada le 8 juillet 2011 (C'est bien meilleur le matin).

 

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBF/CestBienMeilleurLeMatin201107080815_1.asx

 

Il est toujours très difficile de comprendre l'autre sans le juger surtout si cette personne est d'une autre culture que la nôtre. Le pire que l'on puisse faire, selon moi, est de voir l'autre uniquement selon nos préoccupations, notre politique de vie, notre vision personnelle des choses et des êtres bref, selon nos valeurs que l'on voudrait, bien sûr, universelles. Une illustration de ce danger nous est donné par le discours que tenaient, il n'y a pas si longtemps (et qui n'est pas tout à fait mort...) l'Afrique du Sud et les États-Unis sur les noirs. Il fut un temps où, incapable de comprendre ce qui était différent d'elles, ces deux sociétés considéraient les gens de couleurs comme inférieurs, sans intelligence, brutaux, sans âme etc. Il faut avoir lu quelques livres datant du 18-19ième siècle pour se rendre compte avec quels sûreté et aplomb ces gens dissertaient sur ces "hommes inférieurs", en toute bonne foi. Fondamentalement, je ne crois pas que cet esprit soit disparu, il prend simplement d'autres formes à d'autres niveaux. Le billet de madame Geneviève St-Germain en est un exemple...soft et insidieux

 

Madame St-Germain décrit Anne Sinclair comme une femme intelligente, ayant famille, compte en banque bien garni, métier d'écrivaine solide, animatrice allumée et curieuse, bref, une vie riche et globalement heureuse menée par une femme avec une tête sur les épaules. Il se trouve que Geneviève St-Germain ne peut concevoir ou imaginer un instant que madame Sinclair puisse faire des choix qui ne concordent pas avec ses valeurs à elle. Comme on a pu voir, Anne Sinclair a tous les outils nécessaires pour faire des choix éclairés concernant sa vie privée et professionnelle. Il me semble plus raisonnable de penser qu'Anne Sinclair ne tient pas les infidélités de son mari comme un si grand déshonneur, "péché mortel" pour reprendre une expression qui a terrorisé le peuple québécois pendant trop longtemps.  Ou alors elle souffre mais y trouve finalement son compte. Je ne sais.

 

Pierre Eliot Trudeau a dit avec raison (pour une fois que je suis d'accord avec lui...) que l'état n'avait pas d'affaires dans la chambre à coucher d'un couple. Vous non plus madame St-Germain. Et tous les autres. Que connaissez-vous de leur intimité (on ne veut pas le savoir...)? De leur contrat personnel, de leur entente, de leur "politique interne"? Qui vous dit que madame Sinclair n'a pas d'amant(s)? Vous vous rappelez sans doute du couple Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. Leur "contrat" était de cette nature me semble-t-il. Monsieur Sartre était un sacré baiseur et il arrivait même que madame de Beauvoir choisisse pour monsieur...Ça n'a pas empêché Simone de Beauvoir de jeter les bases du féminisme... Vous pourriez d'ailleurs lire (ou relire) avec intérêt le livre de cette grande écrivaine qui a pour titre "Lettres à Nelson Algren" chez Gallimard. On appréciera l'honnêteté de cette femme mais aussi ses contradictions, notamment sur sa conception de la liberté (pour elle) et celle pour...son amant. On ne peut pas sérieusement traiter Simone de Beauvoir de victime, pas plus que madame Sinclair!

 

On peut être d'accord ou non avec le genre de vie qu'Anne Sinclair s'est choisi. La poser en victime me parait nettement exagéré voire malhonnête comme cela arrive trop souvent lorsque l'on veut instrumentaliser des évènements pour sa cause, toute nécessaire qu'elle soit. 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 16:39

Depuis l'arrivée du couple royal au Canada, j'entends à la radio, dans les journaux et sur le web la grande indifférence des Québécois envers cette institution. Malgré cela, ces médias nous présentent plusieurs émissions spéciales sur la venue de ce couple, les nouvelles commençant toutes, ou presque, par un résumé de leurs activités, ce qu'ils portent (surtout elle), ce qu'ils pensent et disent (ce qu'on leur a dit de penser et dire...) etc. Je vois ici une nette coupure entre le peuple québécois et les médias (québécois aussi...). 

 

À l'inverse, plus de 1 million de personnes passent au Festival International de Jazz de Montréal, écoutent cette musique et en sont passionnés ou à tout le moins ne les laissent pas indifférents. Comment cet engouement se traduit-il dans les médias? Presque rien aux nouvelles, peu ou pas d'émissions spéciales dans la programmation régulière comparativement à ce couple qui, je le répète, nous laisse globalement indifférent.

 

Voyez-vous ou sentez-vous qu'on nous manipule, qu'on veut bien montrer ce qu'on veut et donner le poids que l'on veut à des évènements politiques ou culturels? La différence de traitement entre ces deux évènements porte à réfléchir sur le rôle des médias et le pourquoi d'une telle dichotomie entre les faits, leurs impacts sur notre société et la présentation de ceux-ci.

 

Il est clair pour moi qu'il est impossible d'avoir une vision juste des choses si on se contente uniquement d'être informé par les réseaux traditionnels. Quand  un journaliste se contente de lire les 7 ou 8 principaux journaux pour faire sa revue de presse, je me dis qu'il est soit paresseux ou alors qu'il est une autre victime de cette cécité volontaire, confortable et sans danger pour sa job.

 

Quelques liens sur mon site offrent des alternatives...Pour les passionnés...Les autres peuvent continuer de dormir...

  

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 16:36

L'image projetée, chez certains artistes, est la chose la plus importante pour leur carrière. Le fond, pour eux, est quelque chose de secondaire vu qu'ils peuvent très bien vivre, gagner leur vie sans trop se préoccuper de sens, sachant bien que peu de personnes sont, après tout, sensibles au fond des choses. Je dirais même que l'image devient le fond, que si vous leur parlez de sens ils vous regardent avec des yeux paniqués ou alors ne comprennent pas le...sens de vos paroles. Pas trop de réflexions donc chez ces spécialistes de la surface et de l'esbroufe, chez ces champions de la propagande.

 

Ou alors ils vont tenter de donner du sens à ce qu'il font avec des textes nébuleux en sur-utilisant et vidant de leur substance des mots comme créativité, nouveauté, amour, spiritualité etc. Le flou artistique entretenu par le flou intellectuel de ces gens n'est que rarement discuté ou mis en doute. Si d'emblée vous tentez d'avoir une explication claire de leur concept, de ce qu'ils veulent dire, vous n'aurez pas de réponse ou alors on sera extrêmement surpris, gêné voire irrité de votre curiosité. Vous serez à priori suspect de ne pas aller dans leur sens, ou alors on vous traitera de prétentieux en s'arrangeant pour éviter toute discussion avec vous...

 

Il y a aussi de ces artistes qui donnent pour thème à leur création des évènements qui leur sont arrivés dans leur vie privée. Ils développent alors tout un discours remplie de préjugés, d'idées reçues, de faibles ou mauvaises réflexions qui ont pour effet de défoncer des portes...ouvertes!  Ces mêmes gens sont souvent incapable de discuter directement et franchement des ces problèmes avec les personnes concernées. La névrose ne peut être un point de départ valable pour une création à condition de dépasser cette névrose. Si c'est pour en faire l'apologie et en être fier...

 

Pour construire une bonne image, il faut des causes. Certains optent pour l'enfance (c'est toujours très vendeur de se pencher sur ces pauvres enfants sans défenses), cause "touchante" s'il en est!  L'image de l'adulte qui dit que l'important, pour l'enfant, c'est l'amour est un de ces clichés qui ne veulent pas dire grand chose...Personne n'est contre la vertu! Mais parlons de l'amour! Demandez à ces mêmes gens de vous parler de quoi est fait cet amour et vous aurez du...vent! Ou des stupidités sortant tout droit des films d'Hollywood, vous savez, cet amour gnangnan, fleur bleue...à vomir!

 

Avec l'amour vient la vérité, la franchise, la droiture, la tendresse, l'observation.

Avec l'amour s'en va la compétition, la jalousie, l'envie, l'égocentrisme.

De toute façon, l'éducation de nos enfants ne peut être un projet personnel.

 

D'autres causes gagnantes comme la liberté (chez les autres, ici on l'a...), la pollution, l'eau servent aussi à donner une image plus douce de ces artistes qui, pour arriver, sont prêts à beaucoup de manipulations et de mensonges!

 

Ces images servent trop souvent à cacher une pauvreté de pensée, de réflexion. Ce dont le Québec a besoin, me semble-t-il, est un dialogue franc, une réelle ouverture à l'autre. J'ai trop eu l'occasion de discuter avec des gens qui se disaient d'accord avec certaines idées mais qui n'en faisait qu'a leur tête une fois la communication terminée.

 

Où est leur véritable visage?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 17:27

Je viens de lire un petit (dans tous les sens du terme) article écrit par Gilles Proulx portant sur le Tibet (Journal de Montréal 24 juin 2011/opinion). Ramassis de faussetés, truffé d'erreurs d'ordre historique et grossièrement tendancieux, monsieur Proulx étale sans vergogne son ignorance et nous montre sans aucune gêne son manque de jugement dans ce dossier. Il n'en a pas le monopole, malheureusement.

 

Une opinion, pour avoir une certaine valeur, doit être construite sur une étude des faits dans leur contexte. Une étude minimum de l'histoire et de la politique de ce pays (la Chine) est aussi nécessaire pour nourrir et asseoir cette opinion que l'on voudra solide. Bref, faire un réel travail journalistique est incontournable avant de pondre quoi que ce soit, si on veut être pris au sérieux. C'est ce qui fait la différence entre un article digne de ce nom...et une conversation de bar...

 

D'abord le Tibet fait partie de la Chine depuis le 13ième siècle! La Chine n'a donc pas "envahie" le Tibet pas plus que l'armée canadienne a "envahie" le Québec durant les évènements d'octobre 1970. On ne peut s'envahir soi-même. Le Tibet a été "indépendant" pendant l'occupation Anglaise (eux ont vraiment envahie!) et cette indépendance n'a jamais été reconnue même par les États-Unies. Un envahisseur ne peut promulguer l'indépendance au nom du pays envahie...Tout le monde l'aura compris. 

 

Maintenant pour quelle raison Mao a-t-il décidé d'intervenir au Tibet malgré de nombreux échanges écrits et parlementations avec le Dalai-Lama? Jamais ou presque les journalistes en parlent... Il se trouve que le régime politique sous le Dalai-Lama s'apparentait au servage, système moyenâgeux où une caste de moines exploitait à outrances les paysans tibétains. Le peuple était laissé dans une pauvreté répugnante pour que ces moines puissent prier en paix... Ne parlons pas d'éducation...C'est sciemment que les dirigeant tibétains maintenaient le peuple sans éducation...Plus facile de faire croire n'importe quoi à des ignorants... Est-ce de cela que vous êtes nostalgique? Voyez-vous quelques parallèles avec le Québec...?

 

Parce que quand vous faites l'apologie du Dalai-Lama c'est l'apologie de ce système que vous faites. Vous êtes-vous bien informé de l'entourage de ce soit-disant maître spirituel? Ses liens avec la CIA? Qui soutient ce personnage? Allez voir (c'est publique maintenant) la politique de la CIA dans les années 50 concernant cette région. Elle n'a pas changé. Alors? Je sais il faut du courage, de l'énergie pour aller au fond des choses... Je sais, ce n'est pas à la mode! Avez-vous lu la constitution proposée par le Dalai-Lama et ses sbires? Pas de démocratie! Le Dalai-Lama se réserve le droit de changer les décisions qui seraient prises par voix démocratiques. C'est dans la constitution (que tout bon journaliste se doit d'avoir lu avant que d'éructer des fadaises sur le Tibet)! C'est une théocratie que propose le Dalai-Lama...Vous en avez pas eu assez avec l'Iran?

 

Il est faux également de prétendre le Tibet uni derrière le Dalai-Lama. D'autres factions monastiques existent mais n'ont pas d'espace de parole, celui-ci étant monopolisé par le Dalai-Lama grâce à l'attitude complaisante de la plupart des journalistes.

 

Je dois dire que j'en ai assez d'entendre ces idioties concernant la Chine. Ce pays a certes ses problèmes mais il faut arrêter de le démoniser comme on le fait maintenant.

Il y a une limite à exposer notre inculture, notre vision étroite concernant ce pays. Nous sommes dans un  pays libre? Profitons-en pour nous rapprocher le plus possible d'une juste vision des choses. Si non, à quoi sert cette liberté????

 

À suivre...

J'effectuerai ma 10ième tournée chinoise de fin juillet à mi-août. Nous allons parcourir 9 provinces. Je tiendrai un journal de tournée par le biais de mon blogue.

 

Bonne fête quand même...

 

Je vous renvoie à une entrevue (il y en a beaucoup d'autres!) fort intéressante sur le Tibet.

 

http://www.michelcollon.info/Tibet-Reponses-sur-l-039-Histoire.html

 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 16:02

J'écoutais ce matin une émission de radio (Radio-Canada) portant sur les USA et son président Barak Obama. Toujours surprenant le discours sur ce pays. La cécité volontaire, qui est peut-être pire que la servitude volontaire (voir La Boetie) continue de faire des ravages dans le milieu journalistique et, malheureusement, il n'en a pas le monopole! 

 

Les invasions, occupations, la torture admise sous le règne Bush, la politique du pire (ce pays n'adhère généralement pas aux signatures ou protocoles concernant par exemple les mines anti-personnelles, le réchauffement climatique etc.) Ce pays, considéré comme terroriste par la cour de Lahaye en 1986 continue à être l'objet d'admiration de ces cerveaux propres. Cette complaisance, cette faiblesse d'analyse, cette acceptation de l'inacceptable soulèvent des doutes sur la capacité de ces journalistes à voir la réalité, ou à tout le moins la dire sur les ondes, autrement dit à faire leur travail. Regardez l'histoire de ce pays depuis les 50 dernières années, dites-moi que votre principal souci est encore de savoir si Barak Obama fait de beaux discours ou s'il est élégant et je vous mets mon poing sur la gueule...virtuellement bien sûr... 

 

Je ne comprend pas le ton de ces journalistes, qui tranche beaucoup avec le ton avec lequel la Chine, par exemple, est traitée. Ces journalistes savent pourtant tout le passé violent, brutal, sans égards pour la liberté, hormis dans leur propre pays, de la politique américaine. Pourquoi trouvent-t-il ce pays voyou encore si sympathique. En tout cas le ton qu'ils emploient le laisse supposer. On parle de la distinction d'Obama, de sa superbe, de sa grande prestance, de sa grande éloquence etc. J'ai l'impression de ne pas vivre sur la même planète que ces journalistes, de ne pas voir les mêmes choses qu'eux, de ne pas tirer les mêmes conclusions que ces spécialistes de la rectitude et de l'aveuglement.

 

Je me souviens d'un article, il y a quelques années de cela, de Pierre Foglia qui se désolait presque de voir les citoyens croire encore à la politique telle que pratiquée dans notre pays. Manque de jugement, analyse déficiente voire hypocrisie je ne sais. Une chose est sûr c'est que le fait que tant de belle têtes, d'analystes, de spécialistes se penchent sur la politique américaine (et canadienne) avec les a priori que je constate ce matin, participe à ce lavage de cerveau tout en douceur et culturel.

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 20:59

J'entends à la radio ou lis dans les journaux que tel ou tel artiste vit sa passion, est passionné par ce qu'il fait ou alors que ce politicien est passionné par le désir de servir sa communauté, ou son parti, ses électeurs. Qu'en est-il au juste de ce sentiment, cet état.

 

La véritable passion ne serait-elle pas celle qui ne porte sur rien de particulier? Je veux dire que la passion honnête est celle qui n'aurait pas de sujet précis, que cette passion engloberait tout notre être, notre pensée, notre corps. Que tout le reste découlerait de cette façon d'aborder les choses. Autrement dit la passion vrai n'est pas sélective. C'est une façon d'être, d'approcher les choses et les gens, d'appréhender la vie, un désir de connaître pour se situer dans ce monde. La passion véritable débouche sur la connaissance de soi-même.

 

Je ne crois pas à cette passion qui isole, enferme, rend insensible, seul dans sa tour. Spécialistes, beaucoup d'artistes en sont là, habiles et intelligents uniquement dans leur domaine, stupides et ignorants pour le reste, ne voyant pas l'utilité d'ouvrir leur horizon pour nourrir ce qui ferait d'eux...des artistes dans le plein sens de terme!

 

Ces passions qui appauvrissent n'en sont pas. Elles portent un autre nom: ambition, égoïsme, opportunisme, prétention. Sûrement un peu de tout cela à la fois...

 

Ces artistes hyper spécialisés sont finalement de bons citoyens. Assez ignorants pour croire qu'ils vivent dans un pays réellement démocratique, assez ignorants également pour être convaincus que les choses doivent rester comme elles sont et même, qu'on peut se permettre de faire des leçons d'ouverture, de savoir-vivre, bref d'exporter notre vision du monde si supérieure...

 

Lors d'une entrevue radiophonique, un journaliste me demandait si les artistes seraient un vecteur de changement, porteraient en eux une vision différente des choses. Ma réponse fut instantanée. Je lui répondis que la plupart des artistes étaient devenus de petits entrepreneurs (quelques-uns plutôt gros...) et qu'en tant que tel, leur première mission étaient d'être rentable ou d'entretenir une image "exportable" et/ou politiquement "correct". Subventions obliges.

 

La culture comme industrie est un suicide...culturel.

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 00:37

Je viens de prendre connaissance d'un sondage concernant le degré de satisfaction des Québécois sur différents sujets.

 

Ce qui rendrait les gens heureux de vivre au Québec serait les enfants (on en fait ailleurs aussi...), la nature, la liberté et les valeurs de partage. Quand je vois que dans le couple, à ce niveau si intime, il est tout-à-fait naturel et dans les moeurs de payer chacun sa part, je me demande ce que l'on entend par partage et à quel niveau il se situe. On veut parler de charité peut-être...Mais ça, ça ne peut être que temporaire, il faut que la justice prenne le relais à un moment donné.

 

95% des gens se disent heureux. Ça fait beaucoup d'irresponsables et/ou d'inconscients. Ou alors les gens disent n'importe quoi ou ne savent pas ce que pourrait être un bonheur véritable. Ou ils le disent pour s'en convaincre. Peut-être un mélange de tout ça.

 

Si ce bonheur prend sa source dans l'aveuglement (volontaire ou non), l'ignorance (volontaire ou non) ou la prétention (volontaire ou non) ce n'est pas un bonheur de grande qualité... Dire que le Québec est "le plus meilleur pays du monde" c'est un peu comme cet automobiliste qui crève, sort de sa voiture, s'assoit sur le bas-côté et fait l'apologie des trois pneus valides! C'est pas cela qui le fera avancer...Là où on en est, on a plus besoin de coups de pied au cul que d'introspection complaisante. On aura le futur à la hauteur de notre courage à changer les choses. Pas moins pas plus.

 

Toujours selon ce sondage, 95% des gens se disent heureux mais seulement 64% se disent optimistes. Ça fait 31% de gens heureux mais...pessimistes? Réalistes? Et heureux? Autrement dit, 31% des gens savent que l'on va droit dans le mur mais sont contents malgré tout. Heureux les innocents... Et dans les optimistes combien le sont par ignorance?

 

Parce qu'il faut être conscient que ce bonheur, relié à notre façon de vivre, n'existe que dans la mesure où d'autres hommes "acceptent" d'en payer le prix.  Un milliard d'êtres humains, 20% de la population mondiale consomment 80% de l'ensemble des richesses disponibles. Nous faisons partie de ces 20%. Je ne dis pas que nous sommes totalement responsables du fait que 80% de la population mondiale doit se partager les 20% des richesses restantes mais nous y participons certainement et ce, de façon conséquente.

 

Nos gaspillages systémiques et systématiques promulgués, catapultés au rang de droits par l'économie de marché ne feront plus long feu. Obama (le bien-aimé!) a dit lors de son discours d'investiture que l'Amérique n'avait pas à rougir de son niveau de vie ni de sa façon de vivre. Parlez-en à tous ces peuples massacrés, trucidés, exploités, à ces régimes renversés (régimes démocratiques ou non...la liberté, c'est pas pour les autres...).

 

Pendant ce temps on nous annonce avec fierté des projets grandioses et payants pour le nord du Québec. Comme au bon vieux temps... Exploiter plus, vendre plus pour consommer plus. Fallait y penser. Je me demande si tous ces dirigeants (le mot gérants conviendrait mieux) qui ne dirigent rien du tout seront imputables un jour... Ça va faire beaucoup de monde!

 

Il faut être conscient aussi que notre liberté, en tout cas celle qu'on nous vend, s'est faite au détriment d'autres peuples qui vivaient et (sur)vivent encore sur ce territoire avec et malgré nous.

 

Je sais, on ne peut pas refaire l'histoire mais on peut au moins s'y intéresser.

Ça donne des perspectives à notre bonheur aveugle.

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Published by Yannick Rieu - dans Culture