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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 19:11

Polémique ces jours-ci autour du fait qu'un goupe (Karkwa pour ne pas le nommer) dit "alternatif" (faudra que je me fasse expliquer ce terme) a signé une entente avec Coca-Cola pour que cette compagnie puisse utiliser une musique pour leur publicité.

 

Loin de moi de vouloir leur jeter quelque pierre que ce soit, je connais trop bien la difficulté de vivre de sa musique. Un léger (on ne parle pas de millions ici...) surplus pour arrondir les fins de mois souvent difficiles est toujours le bienvenue. 

 

On se rappellera de Pierre Falardeau qui participa à Star Académie, entreprise critiquable sous certains aspects, suscita également une polémique.

 

je crois qu'il est impossible de ne pas être "corrompu" dans le système tel que nous le concevons et le vivons. Mon saxophone (1926) a été fabriqué avec du métal qui provient de mines en Afrique du Sud, probablement extrait par des travailleurs exploités honteusement. Les bananes que l'on mange et qui proviennent de pays où l'utilisation de pesticides rend les ceuilleurs stériles, les chaussures que l'on porte, les ordinateurs que l'on utilise, le journal lu...La liste est sans fin!!!

 

Il faut savoir que notre société si riche existe parce que des gens, des personnes en chair et en os, quelque part, paient pour que nous vivions dans cette société d'abondance et de gaspillage. Cette misère dont nous sommes collectivement et directement responsables existe bel et bien.

 

Ce qui me dérange le plus dans toutes ces affaires c'est notre discours hypocrite à propos de paix, de partage, de charité, de justice etc. Notre façon de vivre et de penser engendrent guerres, séparations, conflits, corruptions en tout genre et j'en passe. L'amour de notre pays, des nôtres (familles-quelles qu'elles soient), des gens proches, de notre métier, de notre pensée, notre façon de vivre etc. amènent tôt ou tard une séparation et qui dit séparation dit conflit. Il y a moi et les autres, moi et le monde.

 

L'amour englobe tout, point à la ligne. Ou alors faut lui donner un autre nom.

 

Prendre véritablement (pas juste au niveau intellectuel) conscience de tout ceci est peut-être le début de quelque chose...L'action juste suivra.

 

En attendant, laissons les artistes avec leur conscience. Le prix à payer est là.

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 06:20

Avoir un but et s'y conformer. Cette façon de faire, admise par la plupart d'entre nous et conforme à notre culture, recèle une logique qui nous éloigne de nous-mêmes, qui nous empêche d'être en contact direct avec la réalité, qui n'est autre que le présent. Vivre dans un "futur imaginé" constant, dans l'idée de soi-même au futur, avec cette image que nous nous faisons de nous-mêmes et que nous transportons constamment avec nous, image idéalisée et à jamais innaccessible, est ce mur que l'on entretient avec soin. Toute notre éducation nous y pousse. En tout cas, une grande partie. Penser au futur c'est encore être dans le passé!

 

Notre éducation nous indique, nous pousse à accepter, jour après jour, que la pensée, les idées sont la base et l'unique façon d'être dans ce monde, d'interagir avec lui. Il est extrêmement difficile de faire prendre conscience de ce fait car toute explication concernant cette qualité de présence, d'être, est approchée avec justement ce qui nous empêche de voir ce présent. Une fois le pli bien ancré (voir uniquement avec la pensée), notre premier réflexe est d'aborder la chose avec la tentative de la comprendre. Or, il n'y a que l'expérimentation qui puisse nous faire voir cette façon de faire. Toute explication ne fait que nous éloigner du fait.

 

La seule chose que l'on puisse faire est de dire que cela existe. Comme pour apprendre à nager, il faut se jeter à l'eau si on veut savoir de quoi il en retourne réellement...Pour cela, il faut un certain courage et une passion profonde pour la vie et les mécanismes qui la stucture. Il faut aussi être prêt à lâcher prise à toutes nos certitudes et conclusions, nos a priori si sécurisants mais aussi, et surtout, tout l'échaffaudage de notre "moi" qui fait de nous des îles séparés des autres et du monde en général. Le désespoir est probablement l'étincelle qui pourra enflâmmer cette prise de conscience.

 

Ce désespoir (pas ce désespoir qui n'est qu'apitoiment sur soi-même) doublé de passion est peut-être une clé qui ouvre sur du neuf. 

 

Toute notre culture fait l'apologie de ces îles (si riches soient-elles), idéalise finalement la construction d'êtres séparés les uns des autres. Une observation fine peut en voir toute la monstruosité et le non-sens dans certains cas. 

 

Il ne s'agit pas, encore une fois, de renier la pensée, mais de la mettre à sa juste place et de voir les ravages qu'elle cause lorsque utilisée pour des domaines qui requièrent, finalement, son silence.

 

Briser, faire éclater l'espoir imbécile. 

 


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Published by Yannick Rieu - dans Culture
5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 20:41

Prendre le temps pour réfléchir, rêver. Cette phrase semble être une évidence au premier abord. Ce dont on ne parle pas (ce que je m'empresse de faire...) c'est de la qualité de la réflexion et ce que réfléchir implique. Pareil pour les rêves.

 

Réfléchir et rêver c'est mettre en branle le processus de la pensée. C'est donc rester dans le passé, utiliser le passé pour voir...le présent? Si je parle de l'importance du présent c'est que je crois que nous sommes constamment dans le passé et que cela pose problème. Je vois venir cette conclusion qui vous fera dire que ce "concept" est bouddhiste ou venant de quelque religion orientale! Voilà un bel exemple de raccourci que la pensée utilise pour évacuer un sujet brûlant (en ce qui me concerne). Oui oui...On connaît...On connaît intellectuellement mais cela est loin de suffire! On reste ainsi à la surface, bien sécuriser dans notre savoir théorique et somme toute inutile! On peut connaître sans savoir!

 

Je continue.

 

La perception, le fait de voir en utilisant la pensée et les connaissances, de manier des concepts qui, pour être intéressants, ne sont que du passé (la connaissance n'étant que du passé), nous empêche de voir le présent dans toute sa fraîcheur et sa pleine signification, son essence. Les concepts sont des raccourcis, des idées toutes faites (vraies ou fausses, là n'est pas la question) sur les sujets qui nous intéressent. Si nous voulons creuser le sens de la réalité, du réel, de ce qui nous entoure seconde après seconde, nous devons nous débarrasser des ces concepts, théories, valeurs, opinions, conclusions pour voir plus loin. Voir avec l'aide des connaissances est très différent que de simplement voir. 

 

Je ne dis pas qu'il faille tout rejeter tout le temps mais être conscient que ces deux façons d'aborder les faits, les choses et les gens sont différents et peuvent donner une perspective nouvelle à notre façon de vivre. Ce n'est pas dans notre culture de voir sans passer par nos connaissances. Je dirais même que cette vision met, en général, les intellectuels sur la défensive parce qu'elle remet en cause (ou plutôt à sa place) toute la tradition de la glorification de la pensée, qui est ce avec quoi ils travaillent jour après jour. Être d'accord ou non intellectuellement avec ce fait n'est pas suffisant et finalement inutile, il faut l'expérimenter.  Et si j'en parle, ce n'est pas parce que j'y parvient, c'est que j'en suis conscient. C'est un premier pas.

 

Les connaissances ont évidemment leur place et utilité, il faudrait être fou pour penser le contraire. Tout ce que je dis c'est qu'il est possible et souhaitable dans certaines occasions de taire ce savoir (ici utilisé comme la somme des connaissances) et regarder avec un esprit libre, libre de ce savoir qui voudrait prendre toute la place et nous enchaîner à notre passé. 

 

Voir de cette façon pourrait se nommer méditation. Je ne parle pas de cette méditation que l'on croit ne pouvoir se faire qu'assis, les jambes croisées avec un peu d'encens pour purifier l'atmosphère. Cette méditation je la laisse au bourgeois qui pense pouvoir "attraper" ou acquerir de la spiritualité en suivant des recettes miracles. Non, je parle de cette méditation qui est un état d'esprit qui peut survenir à tout moment qui fait que nous ne sommes plus le centre de nos préoccupations. S'assoir pour méditer est encore une façon de s'évader.

 

Être en état de méditation c'est être la perception. C'est être hors du temps, hors du champ de la pensée.

 

J'ai la chance de pratiquer un art (la musique) qui exige cette qualité de non-présence à soi-même lorsque prise au sérieux. C'est un défi magnifique et une joie indescriptible d'être dans cet état. Et ce n'est pas une question de volonté mais de laisser aller assez difficile à expliquer. Difficile car tout en utilisant des connaissances nous devons être totalement dans l'instant présent. Il y a donc une contradiction que je ne m'explique toujours pas. Il existe pourtant un lien quelque part...

 

J'ai encore beaucoup de chemin à parcourir!!

 

 

 


 


 


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Published by Yannick Rieu - dans Culture
3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 13:45

Dans un autre petit texte, j'ai rapidement esquissé quelques réflexions au sujet de la culture, sur l'importance que peut avoir le fait de connaître tel auteur et sa pensée, musicien, philosophe, mathématicien etc. et l'impact réel que ces connaissances peuvent avoir sur nous. Ces quelques observations qui sont non pas des idées reprisent d'auteurs (quoique j'ai été mis sur la voie par différents penseurs et philosophes), des répétitions de ce que d'autres personnes pensent, (qui ferait de moi un perroquet savant, certes, mais tout de même un perroquet) sont le fruit donc d'observations et de réflexions personnelles. Préambule maladroit pour dire qu'une idée qui n'est pas mis en pratique, expérimentée, vécue, reste de la théorie et du bavardage quelque peu stérile. 

 

 

La pensée n'est que mémoire. Il se trouve que peu de gens voient cette affirmation comme un fait qu'il est pourtant assez facile d'observer pour qui se donne la peine. Observation pure (sans jugement, conclusion, opinion etc.) de notre pensée sans se servir de notre savoir livresque qui, à ce moment, nous empêche de nous voir dans l'instant. Observer sans passer par autrui, sans utiliser de savoir de seconde main. Cette affirmation anodine en apparence renferme en elle toute une révolution. Notre société moderne place cette mémoire comme la chose la plus importante, en fait presque une idole, ce par quoi tout vient et survient, le nec-plus-ultra de toute personne sensée ou supposée l'être. Je conteste cette approche. Permettez...

 

Il est assez surprenant de voir les résultats d'une philosophie où la pensée reste la reine des possibles pour observer nous et notre monde. Voir uniquement à partir du passé? La plupart des gens qui n'ont pas vraiment saisis le rôle de la pensée, sa structure, voient le moment présent comme vide, limite insaisissable entre le passé et le futur, un mur ou une frontière, un passage entre ce passé et ce futur qui n'a pas d'épaisseur ni de saveur, sans contenu propre, l'important se trouvant ou dans le passé ou dans le futur. Dans les idées.

 

Il me semble également plausible de voir ce présent non seulement comme l'ensemble, le résultat du passé, l'aboutissement de celui-ci mais aussi de voir le présent comme un futur possible par la qualité même de ce présent, un présent profond porteur de futur. Le présent porte en lui le futur, il en a le goût et le parfum.

 

La culture, comme on nous la présente aujourd'hui, ne serait qu'accumulation de savoirs sur ce que d'autres pensent et sentent, leur vision du monde rendu lisible, visible par leur sensibilité propre. Oui, par certains côtés, il peut être intéressant et utile de voir et de connaître ce que les autres pensent, font, voient, leurs conclusions, aboutissements, processus etc. Je ne parle pas ici des connaissances de bases qui sont le savoir écrire, parler, compter! Évidemment!

 

La culture rend sensible? Je me pose la question. Comment rendre sensible? Par une accumulation de savoirs livresques? Par une accumulation de savoirs scientifiques, biologiques, philosophiques, mathématiques, musicaux etc? Je ne vois pas cela. J'observe autour de moi, je regarde plus loin, dans d'autres régions, pays, continents et je ne vois pas où on peut observer un tel résultat! Il ne s'agit pas de faire des voeux pieux, il s'agit d'observer et voir et peut-être arriver à certaines conclusions (là, il faut faire attention parce que le vivant bouge sans cesse) ou à tout le moins tirer des enseignements de cette observation.

 

Dans le passé également, je regarde l'Histoire de l'Homme et je vois une technologie qui a fait de grand pas, des réalisations dans les arts (au sens large) mais je ne vois pas de grands changements au niveau de notre psychologie. J'en suis désolé. Et il me semble que les problèmes auxquels nous somme confrontés, qui sont cruciaux et urgents, seront résolus par un changement de ce psychisme et non pas par une culture générale qui, après tout, ne nous change pas en profondeur.

 

La culture, pour donner un exemple proche de nous, sert à quoi quand un ancien premier ministre (qui a fait "ses Humanités", qui a de la culture, qui possède des connaissances) peut certes participer au conseil d'administration de l'orchestre symphonique de Montréal et aider à construire une salle pour cet orchestre mais dans un même souffle être le porte-parole des compagnies qui veulent extraire du gaz de schiste de façon "sauvage"? À quoi peut bien servir cette culture si elle ne rend pas, c'est un fait observable et vérifiable, meilleure? 

 

Une culture générale qui ne nous sort pas de cette psychologie brutale, égoïste, individualiste à outrance, calculatrice et sectaire, qui ne voit pas les enjeux ou qui n'aide pas à voir ces enjeux cruciaux auxquels nous faisons face est caduque et bien insignifiante par rapport à nos besoins. La véritable ignorance est celle qui provient de la méconnaissance de nous-mêmes. La culture générale n'aide en rien ou trop peu (vraiment trop peu) cette ignorance et aurait tendance dans certains cas, comme on vient de le voir, de donner cette espèce d'assurance à ceux qui en sont pourvu, qui n'est que le résultat d'un savoir tronqué, partiel.

 

Avoir des connaissances sur la physique quantique et les mathématiques n'a jamais empêché ces scientifiques de fabriquer la bombe atomique! La culture générale d'un Obama ne l'a pas empêché de donner son aval à la construction de près de 200 nouvelles bases militaires dans le monde depuis son élection!  De le faire réfléchir sur cet impérialisme brutal et criminel qui donne les résultats que tout le monde peut voir! On est en droit de (et on doit) se poser des questions sur cette fameuse culture générale et son impact réel sur notre psychisme! Non? Ou alors on se cache la face et la réalité derrière ce mur et continuons à aller au concert, écrire des livres sur les bienfaits de cette culture... qui n'en est pas complètement exempte, j'insiste.   

 

Quelque chose en amont de cette culture générale doit être à l'oeuvre pour rendre cette culture efficiente, véritablement utile et porteuse autrement que simplement nous rendre encore une fois spectateur béat, isolé, passif devant le "faire" des autres citoyens et humains qui nous ont précédés.

 

C'est pourquoi je fais une différence (et elle est de taille!) entre "avoir" de la culture qui n'est qu'accumulation de connaissances et "être" cultivé qui donne des êtres véritablement sensibles, donc responsables. Sensible à l'ensemble des phénomènes existants dans nos vie et non pas sur une seule facette de celle-ci.

 

On peut donc être cultivé sans traîner avec nous tout le fardeau du passé. Encore une fois, pour moi, être cultivé est le résultat d'une vie sensible et créatrice. La création n'étant pas ici les élucubrations de cerveaux plus ou moins malades mais un souffle qui vient de la qualité de présence à ce qui nous entoure.

 

La question est de savoir comment rendre sensible.

(à suivre)

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 12:30

Première neige. Joie pour certains, calamité pour d'autres...J'observe mes chats et j'ai l'impression qu'ils redécouvrent cette neige à chaque année. Reniflements, leurs yeux suivants chaque flocon qui tombe, tentatives de marcher sur ce blanc qui semble froid pour leurs petites pattes. Ils restent plus longtemps à la maison et ne font plus nuit blanche à l'extérieur comme ils peuvent le faire l'été.

 

Mes deux chats sont très différents. Bien sûr leur robe, l'une d'un gris uni, genre chartreux et l'autre d'un gris qu'on appelle "écaille de tortue", amalgame de différents tons de gris parsemés de lignes noires. L'un est plutôt petit, je dirais nerveux, avec des gestes et des demandes claires et est en général peu patient. S'il a faim et que son plat est vide il ne vous lachera pas tant qu'on aura pas rempli de croquettes son assiette. C'est avec des miaulements à fendre l'âme qu'il exigera qu'on lui ouvre la porte et si par malheur on tarde à lui ouvrir, il grattera la porte ou sautera sur le lit pour venir vous rappeler à l'ordre. Si vous êtes occupé à lire ou faire une quelconque activité il emploiera tout son charme et viendra se frotter à vos jambes, attendant le moindre geste de votre part pour se diriger en courant vers la porte qui mène à l'extérieur. 

 

Le chartreux, plus calme, pourra attendre de longues minutes (qui peuvent se transformer en heures) "sans dire un mot", sans démontrer la moindre impatience. Il arrive souvent que le matin, après un concert se terminant tard et passant plus de temps qu'à l'accoutumer au lit, je le trouve au pied de celui-ci, assis, me regardant droit dans le yeux quand je daigne les ouvrir...

 

Les chats n'ont pas le droit de venir dans la cuisine. Une ligne imaginaire, décrétée par mes soins, forme une espèce de frontière avec la salle à manger. Jamais ils ne passent cette ligne pour venir quémander de la nourriture pendant que l'on fait la cuisine. Au centimètre près! Ceci dit, je les soupçonne de franchir cette barrière la nuit si d'aventure quelques plats ont été oubliés la veille...

 

Une autre particularité et grande différence se trouve au niveau de leur réveil. L'un aime d'abord sortir quelques minutes, passant devant son plat sans manger alors que l'autre (le patient) devra en premier lieu manger avant de faire son petit tour. C'est systématique! Leur façon de manger est aussi particulière. Le gris uni mange avec la tête complètement enfouie dans son plat, alternant bouchée de salade et croquette avec une régularité assez étonnante (oui, mes chats mangent de la salade). On sent le grand plaisir qu'il a à manger, concentré sur son activité, presque grave, religieux je dirais. L'autre mange peu et s'activera sur les croquettes ou la salade sans jamais mélanger les deux. Lorsqu'il rentre de son tour, histoire, j'imagine, de s'ouvrir l'appétit, il ira d'abord voir le plat (vide la plupart du temps...) de son copain car on sait bien que l'herbe est toujours plus verte chez le voisin. "Rassuré", il se dirigera ensuite vers son assiette.

 

L'un aime être pris dans nos bras, adore le contact en permanence et particulièrement les gratouilles sur son nez alors que l'autre, plus distant en général, débordera d'amour, fera éclater toute sa tendresse par vagues impossible à endiguer. Un tsunamie de câlins, se roulant par terre sur le dos, roucoulant, bavant à qui mieux-mieux, poussant votre main de sa petite tête, se perchant sur les meubles pour être plus proche de vous...et le voilà reparti!

 

Je crois que les chats, et les animaux en général, ont un sens de la justice, savent analyser nos comportements et s'y adapter. C'est pourquoi ma compagne et moi, faisont toujours attention à la façon de traiter nos compagnons et tentons de nous adapter à notre tour à leur personnalité et leurs particularités.

 

Nos chats, Mimi et Hehe (prononcez re-re) sont une grande source de joie et peuvent nous apprendre, finalement, beaucoup sur nous-mêmes.

 


 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 18:21

Croire, ne pas croire. Avoir des rêves, des visions d'avenir. Se projeter dans l'avenir. Avoir la foi ou non. Imaginer un monde meilleur, entretenir des utopies. L'Homme (lire l'être humain) aime se projeter dans l'avenir, il prend toutes sortes de façons pour évacuer le présent. La pensée a plus d'un tour dans son sac pour nous soustraire au présent et à sa grande richesse. 

 

La pensée est mécanique. Elle est faite de mémoire et n'est pas l'intelligence. Elle est un outil éventuellement utilisée par l'intelligence mais elle n'est pas la source de celle-ci. Notre monde moderne en a fait un dogme, un fétiche. L'Homme, dans sa propension à...L'anthropocentrisme, proclame qu'elle le met au sommet du règne animal.

 

Or il suffit d'observer un tant soit peu la nature pour s'apercevoir que l'intelligence est à l'oeuvre en dehors de nous! Remettre la pensée à sa place, ne pas ou plus en faire l'apologie systématique et savoir de quoi elle est réellement faite lui donnera sa juste valeur. Elle est, bien sûr, utile et incontournable pour apprendre des techniques, les langues et nombreuses choses pratiques pour la vie. Mais lorsque nous abordons le savoir psychologique, elle est d'une totale inéfficacité et même un mur qui nous empêche de nous voir telle que nous sommes.

 

Car la pensée crée des images. Images de nous-mêmes, des autres. Le vivant bouge constamment et ne peut être appréhendé que dans le présent, ce qui met hors-circuit toute image que l'on se sera créées. 

 

Les idées sont intéressantes mais ce ne sont que des idées! 

 

C'est ainsi qu'on en arrive à faire des guerres au nom de...la paix, l'amour ou la liberté...Tout ceci ne sont que des idées! Sommes-nous en paix? Sommes-nous aimants? Sommes-nous libres maintenant? Voilà des questions qui font peur car les réponses nous rendent bien inconfortables...Alors faisont face à cet inconfort! Arrêtons deux minutes de nous gargariser de concepts tout fait et vide de sens. Alors nous ferons un petit pas.

 

Notre savoir technique est grand mais notre psychologie en est encore à l'âge des cavernes: tribale (nationaliste) et guerrière! Et j'exagère à peine...

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 02:57

En revenant de faire des courses, je m'arrête pour observer l'arbre qui pousse entre ma maison et celle du voisin. Ses feuilles d'un orange vif contrastaient avec le bleu profond d'un ciel de fin de journée. Le vent faisait tournoyer les feuilles dans tous les sens et donnaient un peu la sensation d'une espèce de pluie d'étoiles, aidées en cela par le soleil couchant qui illuminait de ses rayons orangés les feuilles rendues presque fluorescentes. Je restai là pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que soleil disparaisse derrière la montagne.

 

L'attention, soeur de l'observation, est pour moi une façon plus large de voir ce qui nous entoure que ce que la concentration permet. Par concentration on entend ce mécanisme qui exclut tous les autres sujets qui ne font pas parti du sujet sur lequel on se concentre. On écarte ainsi toutes pensés et autres "distractions" qui viennent en travers du chemin de la concentration.

 

La différence est minime et grande à la fois entre concentration et attention. L'attention prend sa source dans la passion alors que la concentration vient de quelque chose de plus mécanique, de plus violent et réducteur. L'attention est inclusive alors que la concentration est exclusive.

 

Dans une société où la performance est sacro-sainte, la concentration est ce qui est exigée le plus souvent, la spécialisation à outrance demeurant son résultat le plus visible. Ainsi l'on crée des humains performants, comme des machines peuvent l'être, c'est-à-dire sans état d'âme, sans vision globale des choses et du monde dans lequel nous vivons.

 

En érigeant constamment un mur autour de nous-mêmes par la concentraton, nous devenons insensible à ce qui est en dehors de nos passions individuelles. Notre "personnalité" reste dans une zone très étroite et pointu alors qu'une vie véritablement créative demande, exige, une vision globale des choses. 

 


 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 11:40

Le silence. Celui par qui tout arrive. Celui d'où l'on vient et vers qui on se dirige. Le silence est un personnage. Sagesse et perfection. Entre ces deux silences qui ne font qu'un, une vie, du bruit, des cris et pleurs. Quelques moments de bonheur arrachés par hasard, presque magré nous, au terreau d'une vie pourtant si fabuleuse quand on lui donne la chance d'être, d'éclore.

 

Par notre ignorance et notre manque d'attention journalière, nous transformons ce joyau en une lutte sans fin et, après tout, inutile. Nous passons à côté, préoccupés de façon maladive par notre petite personne. Nos projets, nos succès, nos opinions, nos valeurs combien discutables et peu discutés sont devenus le centre. Nous sommes le centre avec toute la prétention que cela implique, la brutalité, l'indifférence caché sous de tonnes de charité et de bons sentiments. Nous sommes boursouflés.

 

Parce que cette conscience, il faut la faire taire. Elle dérange nos plans. On sent bien que quelque chose ne va pas mais on fuit, on tait, on contourne, on ignore, on fait mille contorsions pour éviter de se voir en face. Ce serait trop laid à voir...

 

Alors on court au devant de soi, en avant, on se "dépasse" et performe, s'illusionnant sur le fond. On court parce que tout le monde court, on a peur de se faire dépasser par les gens et les évènements. On ne réfléchit plus, on éduque nos enfants dans cette voie malsaine et suicidaire sans se poser de questions. On veut et souhaite qu'il nous ressemble pour se sentir moins seuls. Cet héritage criminel est notre culture et on trouve que cela est bien et bon. Et pourtant...

 

Nous nous pensons et croyons civilisés alors que notre esprit n'a pas changé depuis des milliers d'années. Nous sommes toujours tribaux, guerriers, violents (toujours pour des raisons humanitaires...), séparés par nos nations, nos idées, nos religions, nos classes, nos races et j'en passe!

 

Et si nous laissions ce silence nous parler? Si nous le laissions entrer dans nos vies? Si nous arrêtions de gesticuler tels des marionnettes folles et grotesques? Si nous avions assez de cran pour nous voir en face?

 

Alors on verrait qu'une fleur s'est fanée, qu'un enfant souffre à cause de nous, qu'un adulte s'est perdu en chemin, que la nature étouffe sous nos pas.

 

Nous verrions que nous sommes une société exténuée, devant un mur ou un gouffre. Nous verrions que nous sommes rien.

 

Que du silence.

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 07:37

Il m'arrive, dans des moments de lucidités particulières, de me sentir inutile, de faire une musique bruyante, de manquer de profondeur dans ma démarche, bref d'être médiocre. J'ai souvent l'impression que ma (notre) vie se résume à refaire les mêmes erreurs, à parcourir des chemins mille fois empruntés, à tomber dans les mêmes précipices qui engloutissent notre vitalité, notre fraîcheur, notre vivacité. 

 

Nos rapports humains remplis de malentendus tissent une incompréhension mutuelle qui, au fil des ans, ne font qu'obscurcir notre vision. Nous restons là, à la surface des choses, nous contentant de nager ou marcher sur l'épiderme de la vie. Rarement nous plongeons pour voir plus loin, plus bas ou plus haut, plus vrai. 

 

Notre société qui fait constamment l'apologie du succès (quel qu'il soit) fait ni plus ni moins que l'apologie de la brutalité. Car tout succès est brutal. Je le vois tous les jours et ce, à plein de niveaux. Comme j'aimerais sortir de ce cul-de sac qui me force, qui m'oblige à performer. Ce mot odieux mais qui est si banal et accepté dans mon domaine (la musique) m'amène me à poser de sérieuses questions sur mon envie de continuer sous cet angle, de cette façon ma "carrière". Et Dieu sait si je fais attention! Ce n'est pas assez.

 

Un parfum de compétitivité assez nauséabond, sous-jacent, non-déclaré mais toujours présent pollue toute la communauté dont je fais partie. Je m'en tiens le plus loin possible mais nous vivons dans un si petit monde qu'il est presque suicidaire de procéder de la sorte. De petites "gimmicks" se forment, des "familles", des clans fermés où l'on a tôt fait de juger l'autre comme un ennemi, un concurrent potentiel qu'il faut dépasser ou ignorer...

 

Il y a aussi ces tapes dans le dos, ces sourires qui cachent des pensées peu généreuses, ces fausses amitiés qui se définissent ou se réduisent à la hauteur de ce qu'elles peuvent rapportées. Les opportunistes avec lesquels il serait inutile de parler franchement parce qu'il vous diraient que les choses ne sont pas "si pires" et que...bah...voyons, c'est cool...vient on va prendre une bière...

 

Je ne fais pas de musique pour gagner de l'argent, ni pour satisfaire mon égo, ni pour faire passer du bon temps à des désoeuvrés, mais tout va dans le sens contraire! La renommée, si importante! La stature, les futures vedettes que l'on forme dans des "académies" grâce à des profs complaisants qui ont renoncés, ou n'ont jamais été effleurés par un doute quelconque sur cette entreprise combien hypocrite. Ces petits génies qui n'ont de génie que leur mémoire et qui sont d'une violence inouïs, prêts à sacrifier beaucoup de choses pour leur sacro-sainte carrière et qui osent tenir des discours sur leur soi-disante créativité ou leur grande sensibilité! On ne fait plus de différence entre des artistes et des entrepreneurs, des créateurs et des hommes ou femmes d'affaires, spécialistes de propagandes doublé(e)s d'habiles technicien(ne)s.

 

Attention, messieurs-dames! Il y a encore des yeux et des oreilles qui vous voient et vous écoutent. Qui voient votre sinueux et malodorant chemin. Il y a encore des oreilles capables d'écouter derrière vos notes et vos discours à l'eau de rose. Des oreilles qui écoutent et qui entendent...

 

Heureusement que dans tout ce fatras, il existe encore des personnes qui vont, bon gré mal gré, à contre-courant de cette masquarade culturelle.

 

Il n'y a rien qui me rebute plus que cette gauche caviard bien-pensante, "non-violente", cool, poète de salon, charitable...De vrai curé sans la soutane! 

 

Le jupon dépasse de sous vos masques...Arrivistes va! Go far with your business...

 

Il m'arrive aussi, dans des moments de luciditées particulières, de me mettre en colère...Allez...viens, on va prendre une bière... Colère généreuse comme dirait Brel!

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 08:12

Depuis deux jours une question me trotte dans la tête. Elle concerne la culture, son importance dans nos vies, sa place, son utilité, son impact sur nous, notre personnalité et sa structure. Est-ce que cette culture (connaissances de l'art en général, lecture de diverses natures, sur divers sujets, connaissances en mathématique, en philosophie etc.) nous rend plus à même de nous connaître? Ou n'est-elle que "compétence", information qui, certes, nous apprend des choses sur ce qui nous entoure, ce dans quoi on baigne, sur le tissus que forme l'être humain, ses relations et les diverses formes que prennent celles-ci. On ne peut être contre une certaine vertu. Mais est-ce que cette culture nous aide à nous comprendre, je veux dire, nous comprendre sur le moment, à voir en nous d'une façon claire, directe, sans détour? Car le noeud du problème, me semble-t-il, est là.

 

Est-ce que cette culture rend les Hommes raisonnables? Parce que la vrai question est là. Est-ce que cette culture peut rendre un être humain...plus humain? Combien de guerre déclenchées par des hommes avec beaucoup de connaissances, de culture...Alors? Y a-t-il quelque chose à cette culture ou cette espèce de sensibilité très étroite qui fait qu'on peut être à même d'apprécier ou connaître tel ou tel philosophie, peintre, musicien ou que sais-je et être, dans la même foulée, celui par qui les conflits viennent ou sont déclenchés, petits ou grands?

 

On a connu des philosophe très cultivés, savants et...nazis par exemple. De même des musiciens, physiciens, peintres, tous spécialistes et sensibles uniquement dans leur domaine et perdus en ce qui à trait au reste. Les exemples foisonnent dans l'Histoire.

 

Alors, la culture comme "compétence" est inutile! Désolé de le dire. Elle ne rend pas meilleur, juste "au courant" comme on est au courant de ce qui se passe lorsque l'on écoute les informations. Elle permet, dans certains cas, de développer une sensibilité mais toujours spécialisée, tronquée, fracturée. On ne peut aborder le problème de la culture, du fait d'être cultivé sans parler de l'humain dans sa globalité. Il faut aller plus loin et plus profondément dans notre analyse.

 

Il y a donc quelque chose d'autre qui doit être en amont de cette culture et qui est beaucoup plus important. Brel, dans une entrevue, disait que la véritable intelligence ne pouvait être qu'au-dessus du coeur, ainsi que Krishnamurti, philosophe indien (en tout cas, né en Inde). Il y a peut-être une piste ici. Lorsque l'on parle de coeur, de quoi parle t-on? Peut-être de cette passion qui n'a pas d'objet? J'en ai déjà parlé dans un autre petit texte. "Avoir de la culture" ne serait pas un point de départ mais le résultat de cette passion, tout comme l'enfant (en principe) naît de l'amour. (voir La passion)

 

Nous construisons le monde selon nos modes de pensées. Ce monde et sa structure est une image de notre monde intérieur. Ceci est un fait. Il faut d'abord voir cela par nous-mêmes, sans l'aide de livres, de concepts ou de théories élaborés par d'autres. Comme on ne sait ce qu'est une pomme qu'en la goûtant. On pourra lire toute sa vie sur les pommes sans savoir ce que c'est si on n'a pas vu et surtout goûter soi-même. La pomme selon "x" ou "y" peut être intéressant mais inutile jusqu'à un certain point.

 

Comment prétendre changer ce monde si on ne change pas d'abord ce qui "pense" ce monde? Le changement véritable viendra d'un changement effectué profondément en nous-mêmes. À partir de là la culture a une valeur certaine, indéniable sinon elle ne restera qu'un autre subterfuge qui nous éloigne de nous-mêmes.

 

Voilà ce qui me turlupine depuis deux jours. La culture oui, mais certainement pas comme on la pense maintenant, qui n'est qu'une autre forme de compétence, d'accumulations de donnés pour appréhender les autres et nous-mêmes mais seulement sous un certain angle. Trop peu en ce qui me concerne. 

 

La connaissance, dans ce domaine, n'est pas accumulation de savoir.

 

À suivre.

 

     

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Published by Yannick Rieu - dans Culture