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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 08:09

Rendez-vous à 10:30 ce matin avec le public chinois. Une centaine de personnes, table genre conférence de presse avec micros, serviettes, thé vert et bouteilles d'eau. Un mot du directeur du théâtre et début de la rencontre.

 

On demande aux musiciens de parler un peu du rôle de leur instrument dans le groupe. Après cette introduction je parle un peu du projet "Love Story" et de la raison de mes choix musicaux. Certaines musiques de film se prête mieux que d'autres à des ré-arrangements et offrent plus de possibilités pour l'improvisation de par leur structure. Mon choix s'est porté aussi sur des musiques que le public chinois pouvait connaître, ce qui facilite leur compréhension de la musique de jazz.

 

Un saxophoniste classique interprète une pièce et demande une critique sur le vif. J'aborde le côté technique de l'instrument, en particulier le travail sur le son. Cela ne semble pas rebuter les gens même si mon intervention s'applique plus particulièrement aux saxophonistes (assez peu nombreux). Le son, que l'on soit jazzman ou non, est certainement une donnée importante concernant les instruments à vent. Chaque musicien développe un son qui lui appartient et qui caractérisera par son biais, sa façon originale d'aborder la musique. En jazz, le vocabulaire et la voix sont intimement liés.

 

Séance de photo, de signature, entrevues viendront clore cette rencontre trop brève (1 heure). Pas le temps d'aller trop loin dans nos explications. Quand même intéressant de voir l'intérêt porté au jazz et à l'improvisation. Quelques questions un peu saugrenues (est-il arrivé des accidents sur la scène?). Je récupère comme je peux et parle des accidents musicaux, les "erreurs" qui peuvent survenir dans une improvisation et l'utilisation de celles-ci comme tremplin pour aller de l'avant. La faute qui se transforme en particularité et se dilue dans le flux musical.

 

De ma fenêtre je peux apercevoir pas moins de 30 grues, des tours d'habitation en construction et d'autres toutes neuves qui sont déjà occupées. Au loin un temple construit en haut d'une petite montagne semble se perdre dans le gris du ciel.  

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 11:39

Arrivé à Huzhou, temps pluvieux et gris, la chaleur nous a quitté.

 

Nous avons donné un concert hier, salle remplie, bonne réception. Le public âgé de 3 à 40 ans apprécie beaucoup la musique. Les moments chargés d'énergie ont leur prédilection. Même si nous nous aventurons dans des improvisations parfois échevelées, harmoniquement plus "savantes" le public applaudit et semble satisfait, parfois au milieu d'un solo. J'aime cette réaction qui n'est pas régie dans un cadre particulier. Ne pas forcément savoir mais sentir les choses semble tout-à-fait sain et il me semble qu'une véritable communication s'effectue hors des balises préconçues du "comment se comporter en concert".

 

Les concerts ont une durée de 1 heure 40 minutes en moyenne, sans intermission. L'attention est là, soutenue, même de la part des enfants, ce qui me laisse toujours impressionné et étonné. 

 

Demain une rencontre avec le public est organisée. Bien hâte de répondre aux questions et surtout de connaître la nature de celles-ci. J'ai déjà partager dans un autre journal de tournée mon bonheur de voir la perspicacité des questions et aussi l'angle parfois déroutant que les chinois empruntent pour essayer de comprendre le jazz. Questions souvent d'ordre sociologique, la place de cette musique dans l'histoire occidentale, son origine, le sens qu'elle peut avoir ou contenir et son impact sur la société. J'ai déjà eu de passionnantes discussions à l'occasion de ces rencontres, c'est donc avec impatience que j'attends celle de demain.

 

J'ai été entendre un saxophoniste américain (Antonio Hart) hier soir au JZ Club, endroit reconnu à Guangzhou. Musique musclée, improvisations assez prévisibles, manque de variations dans le discours. Ce saxo ne connaît qu'un chemin mais il le connaît bien.

 

J'ai parfois l'impression que certains musiciens devraient passer un peu moins de temps à travailler leur technique et à réfléchir un peu plus. Je suis bien conscient que nous vivons dans un monde où la technique remplace à plusieurs niveaux l'humain, le sensible. Je suis conscient aussi que le public est de plus en plus difficile à émouvoir, ses sens étant constamment sollicités et de façon souvent brutale. Lui chanter une petite chanson dans le creux de l'oreille ne signifie pour beaucoup, pas grand chose! On veut du sang, de l'énergie à profusion, on zappe pour un oui ou pour un non, faut que ça bouge et vite! Dans le cas contraire on risquerait de se retrouver face à soi-même et là...

 

Le savoir, dans la musique comme pour le reste, peut devenir un mur ou une fuite devant nous-mêmes et la véritable ignorance, c'est particulièrement vrai et dramatique pour un artiste, est de ne pas se connaître.

 

Sans cette vraie connaissance, l'artiste ne fera que se conformer, parfois avec brio, à ce qui a déjà été fait, réalisé. Il ne sera alors qu'une pâle copie de ses prédécesseurs. Ou alors il sera amené à "tricher" et croire que ses élucubrations mentales sont d'ordre créatif. On tombe alors dans le n'importe quoi du moment que c'est "original" et "nouveau".

 

Dans un monde qui semble en dégénérescence, on va même encourager à coup de millions ces pseudo-créateurs...

 

On pense ainsi encourager la culture.   

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 07:34

Le groupe commence à être à l'aise avec le répertoire. Ça se sent dans la musque qui prend de l'ampleur et dans le son du groupe qui s'homogénéise, devient plus soudé. C'est lorsque l'addition de plusieurs musiciens devient autre chose que leur somme que les choses deviennent intéressantes.

 

Nous sommes maintenant à Hanghzou distant d'à peu près 300 kilomètres au sud de Shanghaï. Journée de repos avant le concert de demain.

 

Sur la route en direction de Hangzhou (nous avons voyagé par autobus) j'ai été surpris par la différence entre les constructions humaines et celles créées par la nature. Toujours dans celle-ci, une sorte d'équilibre, d'harmonie, de douceur même, rien qui choque le regard ou n'offusque les sens. Tout se tient, tout est lié. Les constructions humaines ont rarement ces qualités, sont parfois prétentieuses et semblent même souvent, en comparaison avec la nature, grotesques.

 

Être cultivé ne veut pas forcément dire raffiné. On peut ainsi "posséder" une culture, savoir des choses sur différents sujets (philosophie, arts, mathématiques, sciences etc.) mais n'être qu'une espèce de réservoir où les fiches s'accumulent dans notre esprit, l'encombrant plus que lui donnant une sensibilité nécessaire au raffinement. Le raffinement provient de la capacité de voir directement, avec un esprit frais et disponible. 

 

Ainsi, la plupart de nos savants architectes sortant des écoles, remplis de savoir et souvent immature parce que spécialisés dans un domaine, ne connaissant qu'une portion étroite de la vie, n'ayant jamais eu l'occasion de voir le phénomène de la vie dans son intégrité, imaginent des constructions à l'image de leur personnalité morcelée. Cela vaut malheureusement pour toutes les activités humaines.

 

L'éducation contemporaine forme des spécialistes qui se sont conformés, dans une large part, à leurs professeurs, aux livres qu'ils ont lus et/ou étudiés, à la discipline propre à chaque école etc. Après s'être fait dominer de la sorte, parfois sous les fallacieux concepts "d'apprendre" ou pire "d'aimer" ces spécialistes voudront, inconsciemment la plupart du temps, prolonger et faire perdurer cette héritage qui sape ni plus ni moins la créativité que l'on porte naturellement en nous.

 

C'est l'impulsion créatrice qui produit sa propre technique. L'école, la plupart des institutions procèdent à l'inverse avec les aberrations que l'on peut observer et parfois subir.

 

Une pluie vient de s'abattre sur la ville. Du haut du 8ième étage de mon hôtel, je peux voir les gens courir pour s'abriter. Le soleil revient vite et sèche en quelques minutes les rues qui sont reprises d'assaut par les réfugiés du temps pluvieux. Le temps parfois s'arrête...le temps d'une averse. 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 03:14

Nouvelle ville, nouveau théâtre. Les tournées sont à la fois pleine de surprises mais aussi répétitives. Les mêmes gestes mais sans jamais les mêmes résultats. On bouge beaucoup mais au fond, les gens sont partout pareils. Il n'y a souvent que le paysage qui change.

 

Les sociétés que nous nous sommes construites sont à maints égards identiques. Bien sûr des différences de surfaces évidentes peuvent être observées mais le fond reste semblable.

 

Le même désir de sécurité matérielle et psychologique , de réussite, la même recherche de confort, une vie aisée sans trop de soucis. Et la brutalité qu'amène cette recherche de sécurité, le même sentiment et le "droit" de passer en premier quitte à bousculer un peu les autres, qui eux aussi...

 

Il fait 41 degrés. Une vrai fournaise. Difficile de simplement se promener. On cherche la fraîcheur par tous les moyens. 

 

En arrivant devant le théâtre nous avons la surprise de voir nos photos et la publicité qui les accompagne en format, disons, géant! Ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère lorsqu'il s'agit de faire de la réclame! C'en est presque gênant, je dois avouer. En tout cas certainement pas habitué. D'ailleurs je ne m'y habituerai jamais. Je trouve toujours déplacé de faire la promotion de sa "gueule" ou de son nom et, en même temps, je sais que cela est nécessaire. 

 

J'ai décidément la fibre de l'artisan et non celle de la vedette...

 

Dans le train pour nous rendre à Shaoxing Keqiao, un jeune homme nous a fait goûter des crêpes qu'il avait fait pour son voyage. Crêpes croustillantes pliées en 4 avec à l'intérieur une sauce épicée dont j'aimerais bien avoir la recette. Vraiment délicieuses et pleines d'arômes ses crêpes! Petits moments de partage, sourire. Petits bonheurs.

 

J'observe depuis la fenêtre de ma chambre, il n'est pas rare de voir 3 personnes voire 4 sur un scooter. Le père, la mère, un enfant entre les deux et l'autre debout sur la plate-forme. Le concept de sécurité varie d'un pays à l'autre... Je me demande si parfois, au Québec, nous n'allons pas trop loin avec cette sacro-sainte sécurité...

 

Soundcheck dans une heure. Bien hâte de jouer!

 


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Published by Yannick Rieu - dans Culture
18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 01:23

Journée 2 de la tournée bien remplie comme prévue. Premier concert dans la province de Shandong au théâtre de la ville de Jining.

 

Nous sommes arrivés par train (genre TGV) et j'ai pu voir une région axée sur l'agriculture (fruits en tous genres, maïs, soya), le paysage ressemble par moment au sud de la France avec ses montagnes peu élevées garnies de rochers presque blancs avec un peu de verdure ça et là. Le temps est chaud et humide.

 

La ville de Jining me fait penser un peu à ces villes du far-west américain mais en plus moderne et grand...10 millions d'habitants avec son centre ville poussiéreux, des marchands de fruits le long des rues, une circulation anarchique mais quand même fluide, une vingtaine de jeunes filles qui dansent ou font de l'exercice, je ne sais trop, sur une musique genre disco des années 80. J'entends des flûtes au loin, je m'approche. À l'entrée du théâtre où nous jouons, un groupe d'étudiants jouent tous en même temps, chacun pratiquant son morceau ou ses gammes. Cela ressemble à un attroupement d'oiseaux, c'est gai et frais comme une oasis dans le désert. Beaucoup d'animation en tout cas, de musique , de bruits, de poussières, voitures, vélos, scooters, bicyclettes.

 

Avant le concert nous avons été invité pour un repas. Délicieux et plantureux, agréable pour l'estomac et pour les yeux. Des rouge, bleu, violet, jaune, vert. Piments, fleurs, légumes multicolores, poissons (C'est la spécialité de la région), poulet, mouton, des sauces variées pour accompagner le tout. Un régal! Nous sommes de nouveau invités après le concert pour un repas plus modeste mais tout aussi convivial.

 

Concert de 1 heure et 3/4. Un peu long, va falloir couper quelques morceaux. Difficile car chaque moment musicaux s'imbriquent et ont une suite logique. À retravailler donc.

 

Le théâtre est vétuste, je dirais usé par tous les artistes qui ont dû se produire ici. La salle est pleine (800-1000 places environ) et attentive. Le matériel fourni est comme le théâtre, un peu fatigué...rendra-t-il l'âme avant la fin du concert?

 

Je sens cette curiosité mais aussi cette hésitation devant le rôle que le public pense qu'il doit tenir devant la musique que nous proposons. Applaudir ou non? quand? À la fin d'un solo, c'est ok?

 

Pour les prochains concerts, nous allons donner quelques précisions sur cette musique, le jazz, qui reste encore une musique à découvrir dans certaine parties de la Chine.

 

Content du début de cette tournée. Content aussi d'être loin de cette campagne électorale québécoise qui après seulement une semaine, me tapait déjà sur les nerfs.

 

Le voyage ne devrait pas être une fuite, bien sûr. J'admets que le hasard a bien fait les choses pour ce coup-ci. 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 03:20

Nous sommes arrivés à Beijing après un toujours trop long voyage en avion. 14 heures à regarder un film, tenter de lire ou de dormir, assis pas tellement confortablement avec ce bruit continuel et envahissant. Il est quand même extraordinaire que tout ça se passe à 900 kilomètres à l'heure et à 10,000mètres d'altitude! Les voyages en avion sont toujours violent parce que trop rapide. On ne voit pas les choses changer tranquillement autour de nous, on a pas le temps de s'acclimater, de voir venir les choses. On embarque à Montréal et débarque à Beijing sans transition. Violent dis-je.

 

Ce soir nous jouons au Eastshore Café, un de mes endroits préférés en Chine. Sur le bord du lac HuHaï, en plein coeur de Beijing, c'est un club de jazz apprécié de la gente estudiantine (pas de prix d'entrée) doté d'une ambiance, ma foi, un peu bruyante mais bien vivante. Son gérant, monsieur Lee, nous accueille toujours de façon chaleureuse. C'est le seul endroit que je connaisse (tout pays confondus) où on nous offre systématiquement un plateau de fruit à la fin de la soirée. Chose bien appréciée des musiciens.

 

Suis bien content de retrouver l'atmosphère bon enfant qui règne dans le quartier où nous logeons. À deux pas du Eastshore, notre hôtel se trouve dans un houtong, quartier populaire où on peut acheter des fruits, de la nourriture, des vêtements etc. Beaucoup de boutique, un peu touristique mais qui a gardé tout le charme de ce genre de quartier. Des cafés, restaurants en tous genres (de bio à fastfood), de petites terrasses accueillantes et j'en passe. On y trouve même le plus petit bar au monde (c'est ce qu'affirme un affiche à l'entrée): une (minuscule) table, 2 chaises...Je ne sais pas comment le proprio arrive à faire son profit...

 

Concert ce soir donc. J'ai bien hâte de "tester" le répertoire. Essentiellement composé de musiques de film, réarrangées pour un quatuor (basse, batterie, guitare et saxophone) il m'a fallu parfois pas mal de réflexion et de travail pour donner du sens à une musique écrite à l'origine pour orchestre symphonique par exemple...Donner aussi des plages ou des espaces pour l'improvisation dans une musique pas vraiment conçu pour ce genre d'exercice est un peu risqué par moment. Garder l'équilibre entre la composition, l'écriture et l'improvisation, respecter la "saveur" original d'un morceau sans en être l'esclave non plus...Apporter éventuellement sa touche personnelle sans être toutefois envahissant. 

 

Travail de funambule par moment...

 

Demain c'est voyage en train (2 heures et demi environ), répétition et test de son en après-midi et concert le soir.  

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 16:08

Une grande lassitude s'empare de moi. Une campagne électorale tous les quatre ans...J'en suis donc, grosso modo, à ma 10ième campagne. À chaque fois j'ai l'impression d'assister à une bataille de chiffonniers ou encore à des ex-conjoints qui se chamaillent pour savoir qui aura la garde des enfants (le peuple), qui a raison et qui sera le meilleur chef, qui sera le "boss".  

 

Et ça se tire dans les pattes avec toutes la mauvaise foi dont ils sont capables. L'autre, l'ennemi, l'adversaire ne fait rien de bon, ne peut pas faire quelque chose de bien ou de sensé. Ce serait reconnaître sa force, son intelligence et cela est hors de question. L'autre est mauvais parce qu'il est contre nous, il est de l'autre côté de la barrière, de notre barrière. De l'autre côté de nous-mêmes.

 

Que de puérilité, d'enfantillages, de perte de temps et d'énergie! Quelle vue étroite et sectaire! Caricature de débats, pauvreté de vision et petites lâchetés lâchées sans en avoir l'air de ci de là...Le mépris de l'autre avec ce sourire qui cachent les dents acérées. Bien oui! Nous sommes après tout...civilisés!

 

Je ne lis plus les journaux, je ferme la radio...Pour ce qui est de la télévision, je lui ai réglé son compte depuis plusieurs années déjà. 

 

J'ai lu les programmes, ça me suffit. Les débats, pour en avoir écouter quelques-uns dans le passé ne m'intéressent pas du tout. Discussions au ras des paquerettes, insuportables. C'est vrai que ça se passe souvent à la télé alors ils doivent rester lisibles et compréhensibles pour la majorité, celle qui se laisse bluffer par des discours creux et démagogues.

 

Les partis politiques mettent la moitié de leur budget électoral dans la publicité radiophonique et télévisuelle. Ce n'est pas là qu'on va vous expliquer et argumenter dans le détail. 

 

D'ailleurs on ne le souhaite pas. Nous risquerions de comprendre... 

 

Pour moi une campagne électorale devrait durée une semaine ou deux maximum. Avec de vrais débats, de vrais échanges...On fait durer pourquoi? Pour vendre de la copie? Avoir du contenu pour les bulletins de nouvelles? Pour être sûr de bien comprendre? Je le répète, quelques heures suffisent pour connaître les programmes. 

 

Par le plus grand des hasard je pars en tournée et reviens à temps pour voter.

 

Ça m'évitera d'entendre des politiciens, qui, comme des exs, préfèrent se jeter la pierre continuellement, au lieu de travailler et de s'entendre pour le bien-être et l'avancement du Québec. Si vous n'êtes pas avec nous vous êtes contre nous. C'est à pleurer!

 

J'imagine juste une seconde ce que cela donnerait dans un orchestre! Beau tintamarre en perspective...

 

Arriverons-nous un jour à cette maturité qui fait qu'au lieu de travailler les uns contre les autres, nous travaillerons ensemble, dépassant nos idéologies pour appliquer notre intelligence aux faits. Impensable aujourd'hui.

 

Faut croire que ce n'est pas tout le monde qui a cette espèce de sentiment d'urgence et que pendant que la maison brûle, on préfère discuter de la couleur du seau contenant l'eau qui éteindra le feu. 

 

Nous avons besoin d'une réelle coopération et pas à un semblant de convivialité, masque de la civilité sous des airs, déjà entendus, de douce tyrannie sauce démocratique. 

 

Je me demande parfois si ce n'est pas dans notre culture... J'imagine que les moutons avaient une vie avant les bergers...Non?

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 14:31

Lâcheté. Un mot plus tellement utilisé mais qui fait froid dans le dos quand on y pense. Un mot qui peut parfois résumer une vie. Un mot qu'on a peur d'utiliser car dans un monde "politically correct", celui qui a remplacé "sourd" par "malentendant", "aveugle" par "non-voyant", "ministère de la guerre" par "ministère de la défense" nous n'osons plus nommer une chose par son nom à l'instar de notre regard se détournant devant les choses qui nous dérangent. 

 

À force de biaiser nous finissons par avoir les idées courbes. Tout naturellement. Cette forteresse construite sur du vide, sur cette incapacité à affronter, climatisée ou bien chauffée, nous coupant de la réalité du climat de la vie nous donne cette assurance prétentieuse dont seuls les imbéciles sont pourvus.

 

La lâcheté nous porte à calculer sans arrêt pour ne pas nous retrouver devant les faits ou nous-mêmes. Obligés de constamment arranger, transformer, justifier pour faire coïncider la réalité avec notre angle de vue, nous instrumentalisons le présent et le vidons de sa richesse intrinsèque.

 

Certains le font avec brio et échafauderont tout un monde virtuel riche en apparence mais pauvre en ce sens qu'il ne correspond à rien. Un monde fabriqué sans réels fondements si ce n'est que celui d'élucubrations, de systèmes et de théories qui n'ont d'intérêts que de tenir occupé un cerveau qui n'est plus à même de se taire. Le bruit comme détournement, celui qui kidnappe l'attention nécessaire pour regarder et voir. Tourner le dos au présent vers un passé ou un futur que l'on imagine toujours fleuris.

 

Le lâche attend. Il s'occupe pour ne pas se rendre compte que finalement il attend. Il se perd en action, bouge sans cesse pour ne pas que la vie le rattrape, ce qu'elle fera le jour de sa mort!

 

Ce jour que je qualifierais de béni si j'étais croyant, implacable dans sa gande justice forcera notre regard à la regarder en face. La mort met les pendules à l'heure sans notre consentement. Elle devrait nous accompagner à chaque jour mais notre stupide prétention l'ignore, veut l'ignorer. Nous vivons comme si nous étions immortels avec des maladies de gens qui se pensent immortels. Nous pensons et agissons comme des dieux, dans le mauvais sens du terme...

 

Collectivement nous sommes lâches.

 

Une culture qui accepte que les enfants et le silence soient devenus des armes, eux qui nous ont rien fait, que les Arts ou la pensée soient devenus des outils pour l'expansion personnelle est une culture moribonde qui arrive à sa fin.

 

Il me semble, pour reprendre une idée d'Orwell, que l'optimisme est plus tragique que le pessimisme.

 

J'ajouterai que le pessimisme radical est peut-être le seul moyen de donner ses chances à un optimisme modéré. 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 15:28

Je me demande si c'est le système dans lequel nous vivons qui inspire la façon d'être des gens ou l'inverse. Un peu des deux probablement. Si, comme on l'affirme (un peu trop vite à mon goût), c'est le système qui façonne les citoyens, il est de toute première urgence de prendre du recul avec ce système, cette culture.

 

La structure de notre société reflète, d'une façon générale, notre structure interne. On ne peut changer véritablement une société, sa culture, ses habitudes sans changer ceux qui en sont les acteurs. C'est là, pour moi, que se trouve une véritable utopie, une illusion tenace et peut-être millénaire.

 

Ainsi au fil des siècles, des révolutions, des applications de systèmes divers-communistes, socialistes, capitalistes et leurs variantes-nous tentons de faire mieux, de vivre mieux sans pour autant avoir le courage de faire le pas qui serait de se regarder en face et de voir notre vrai visage.

 

Prenons, pour rester simple, le cas de notre démocratie.

 

Je pense que la plupart des gens vous dirons et même affirmerons que nous vivons dans un pays libre, où nous pouvons faire ce qui nous plaît, dire ce qui nous passe par la tête, voter pour choisir ceux qui nous dirigerons etc. Si nous restons à la surface des choses, tout cela est vrai mais si nous creusons un peu nous pourrons assez aisément voir que cette liberté est fortement balisée, circonscrite dans une zone bien définie d'où il ne fait pas bon sortir. La cage est vaste mais reste une cage.

 

Il existe une forme d'hypocrisie, quelque chose de pervers dans tout cela et les rapports entre les gens prennent souvent la même forme, le même mouvement. La communication, ce qu'on prend pour tel, reste, d'une façon générale, définie dans un spectre très étroit et bien définie. Malheur à celui ou celle qui se permettra d'aller plus loin et sortir de ce cadre.

 

Le culte du moi, cette espèce de tour d'ivoire intouchable, empêche finalement une véritable communication de s'établir. Nos dialogues resteront au niveau de l'ergotage (parfois savant), soumis à notre confort émotionnel d'où nous sommes bien incapable de sortir.

 

Ainsi, la campagne électorale en fait foi, nous exigerons des changements voire une révolution mais sans jamais se demander pourquoi nous en sommes arriver là, c'est-à-dire dans une société pourvoyeuse d'injustices, d'inégalités etc.

 

Posons-nous la question: si nous étions justes, égalitaires, pacifiques, inclusifs autrement dit aimants, aurions-nous vraiment besoin de dirigeants pour nous dire comment agir, pour légiférer jusque dans nos actions les plus intimes? 

 

Nous voulons un gouvernement propre, non corrompu, égalitaire etc. mais chacun de nous sommes-nous ce que nous exigeons de nos gouvernements?

 

Par quel miracle des gens qui sont incapables de se remettre en question seront à même de pratiquer de vrais changements de société?

 

Je me pose la question.

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 14:27

Lors de mes deux prochaines tournées (l'une à la mi-août et l'autre mi-septembre) je me propose d'écrire un journal de bord. Cet exercice me permet de prendre un peu de recul sur ce qui se passe jour après jour et de vous tenir au courant (pour ceux que ça intéresse) sur la réalité de la tournée dans un pays somme toute assez peu connu malgré l'information qui circule.

 

Comme je l'ai déjà souligné, ma compagne est chinoise. Grâce à celle-ci, j'ai pu dans le passé tenir des discussions (je ne parle pas chinois-pas encore) avec des gens de différents horizons (intellectuels, artistes, techniciens etc.) et ainsi avoir un accès privilégié à cette culture. J'y ai fait 10 tournées, enseigné à l'université de Guanzhou et donné de nombreux master class un peu partout dans le pays.

 

Des liens amicaux et professionnels se sont noués au fil des ans et je ne me considère plus comme touriste ou encore artiste de passage. Idem pour mes ami(e)s chinois(es).

 

Habitué que nous sommes à voir ce pays trop souvent diabolisé dans les médias, pris de haut du fait de notre système politique que l'on qualifie de démocratique et du leur qui est à parti unique on se gausse, des fois de façon subtile, de ce pays.

 

Ici au Québec, nous entrons très bientôt dans une campagne électorale qui déjà, sent bien mauvais. Cette mascarade démocratique, ubuesque par certains côtés, ne me dit rien qui vaille. Quiconque a parcouru les journaux ces derniers temps peut se rendre compte du cynisme qui prévaut chez beaucoup d'hommes et de femmes politique.

 

On se prépare, on répand ses millions de façon stratégique, on achète ou se vend, on calcule, soupèse ses chances dans tel ou tel parti, on va nous promettre des tas de choses-monts et merveilles- on va nous parler de notre fierté d'être québécois. On va parler de "votes stratégiques", de projets collectifs, de visions d'avenir, on va se battre, lutter les uns contre les autres, s'insulter, s'abaisser, reprendre les idées des autres pour les faire siennes tout en ayant vilipendé ces mêmes idées quelques semaines plus tôt.

 

Et nous allons participer, fustiger ceux qui ne pensent pas comme nous. La droite, la gauche, le centre, indépendantiste, fédéraliste, pour le privé, le publique ou un savant mélange des deux. 

 

La démocratie est un business et les moutons que nous sommes bêleront de satisfaction pensant que nous participons activement au sort du Québec. La démocratie pourrait donner quelque chose d'intéressant. Pas celle qu'on nous propose maintenant. Il y a longtemps que notre démocratie n'est plus digne de porter ce nom.

 

Nous vivons dans un pays à pensée unique ce qui est assez proche d'un pays à parti unique. Bien sûr, vous pouvez proposer des visions différentes mais ne vous avisez pas de prendre du pouvoir, de montrer trop de divergences dans vos options...Vous serez vite remis à votre place et rendu inopérants. De façon démocratique...Par des lois, en vous diabolisant, vous traitant de "communiste" ou "socialiste" des mots qu'on a pris bien soin de vider de leur sens profond pour ne brandir que leur squelette...pour faire peur. Et ça marche! Ça ne peut que marcher dans un pays où il y a un manque d'éducation flagrant et notre élite politique l'aura bien compris. Elle mise là-dessus. 

 

Oui, je pars en tournée dans un pays à parti unique. Un pays avec des problèmes immenses, soit. J'y perçoit cependant une volonté farouche de "faire mieux", d'avancer, de s'ouvrir, de connaître. Un pays où l'éducation est vu comme une condition sine qua non d'un meilleur vivre et non pas comme un danger, quelque chose de suspect.

 

En Chine on ne se cache pas la face, on ne se complaît pas, on ne se vautre pas dans une complaisance de soi-même et de son système. La prétention y est très mal vu, même subtile.

 

Quand on aura fini de se péter les bretelles avec l'ombre de notre démocratie, ce qu'il en reste, et qu'on ouvrira les yeux, on pourra peut-être commencer à parler de faire un pays.

 

Les premiers qui décilleront les yeux se feront taper dessus, au sens propre et figuré. 

 

On vous fera comprendre la liberté à coups de matraque s'il le faut...Ou à coups d'élections.

        

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