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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 14:43

Il existe de nombreux éceuils dans lesquels un artiste peut tomber s'il n'est pas constamment vigilant. Celui du développement en est un puissant et beaucoup sont tentés par cette expansion économique, cette industrialisation de leur métier. 

 

C'est probablement pour cela que le mot artiste est pour moi problématique. Je préfère, et de loin, celui d'artisan. Ce que je suis et resterai.

 

Au début d'une vie dévouée à un art, il y a, la plupart du temps, la contrainte qui est un puissant moteur de créativité. Comment parvenir à certains résultats avec peu de moyens. L'imagination est alors à l'oeuvre, trouve des solutions originales, particulières pour chaque problèmes rencontrés. Une énergie se mobilise pour parvenir à créer une idée, un style, les mettre en forme, les dégager, les préciser.

 

Si (par malheur?) cette idée a du succès on tentera, dans la plupart des cas, de la reproduire, parce qu'au fond, notre désir de création a peut-être été confondu avec un désir de vendre, de prendre de l'expansion, de grossir "l'entreprise", la rendre plus riche (ce qu'on croit plus riche).

 

C'est ce que j'appelle la période de stagnation, qui peut durer un certain moment et être confortable. Des restes de créativité peuvent subsister mais ce n'en sont que des échos lointains, la répétition mécanique d'une créativité passée qui n'en porte plus que le nom. Une recette donc qui peut marcher sur une période de temps donné. C'est la période où l'artiste se "copie lui-même", continue cette recette qui a "bien marché" et qui est devenu sa marque de commerce. 

 

Si pour diverse raisons il restera créatif, donc en constante évolution, changement, on prendra ces changements (en général) pour un manque de constance dans son travail. La critique et le public n'aime pas trop de diversité chez un même artiste-artisan. Comme la plupart, on aime être rassuré...par la répétition sous diverse formes de la même idée.

 

On surfe donc sur cette vague qui va bientôt mourir sur la grève...Notre capacité à inventer, à créer s'émousse. 

 

Quelles étaient nos véritables motivations au tout début? Et là, il faut être suffisament honnête pour se dire que notre désir de vendre, de prendre une expansion (quelque forme que cette expansion peut prendre) était la base de nos actions. L'ambition, ce désir de se "répandre", caché derrière de grands discours sur cette supposée créativité (souvent réelle au début) a pris finalement toute la place.

 

Ce désir d'expansion pour l'expansion, cette philosophie qui pollue aujourd'hui presque toutes nos actions, notre vision économiste et réductrice des choses, reste la motivation première et sournoise, dans bien des cas, de nos projets.

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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