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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 15:53

Assez surprenant notre capacité à vouloir éviter d'affronter ce qui est là, devant nous, d'une évidence implacable et...inévitable. J'ai parfois l'impression que nous agissons comme ces chats qui se rencontrent sur un territoire donné et qui évitent le regard de l'autre. Ce que je ne vois pas n'existe pas? Ce que je ne veux pas voir n'existe pas? Il est assez comique d'assister à une scène comme ces deux chats. Leur mauvaise foi est surprenante et efficace! Beaucoup de combats évités de la sorte.

 

Ce qui est bon pour les chats n'est pas forcément bon pour nous...J'irai même jusqu'à dire qu'en ce qui nous concerne, je trouve cela pathétique et d'une profonde tristesse. Surtout lorsqu'il s'agit d'aborder le domaine des idées.

 

Notre conditionnement, notre culture, nos traditions, nos façons de faire nous empêchent souvent d'être ouverts aux idées nouvelles ou simplement différentes de celles qui "circulent" dans nos société. Pour nous préserver d'avoir à réfléchir sans préjugés sur ces nouvelles propositions, nous faisons comme ces chats, nous portons notre regard ailleurs en espérant que ces idées passent et nous laissent en paix, ce que nous prenons pour la paix mais qui n'est qu'une forme de lâcheté.

 

Nous agissons comme si la réalité était remplacée, surclassée par des symboles auxquels nous nous accrochons désespérément, comme si au fond, la réalité était dérangeante, sa lumière trop violente et que l'ombre était pour nous plus confortable et sécurisante. Voir l'autre chat est problématique car il va falloir que je confronte. La cécité volontaire est plus facile: elle me permet le statu quo.

 

Le plus surprenant dans tout cela se trouve dans notre capacité à nous auto-illusionner sur notre propre culture, nos traditions etc. Le lavage de cerveau, qui commence dès notre plus tendre enfance n'est pas vu ou senti comme tel. Bien sûr, certaines valeurs peuvent avoir du bon, on ne peut tout et toujours tout remettre en question mais lorsque nous entrons dans le domaine psychologique il en va tout autrement. Il me paraît sain de faire table rase de tout ce qu'on nous a appris sur nous et de voir par nous-mêmes.

 

Quelques pistes? 

 

Jamais (ou presque) il nous viendra à l'esprit de remettre en cause l'idée de nation, de pays. Rarement il nous viendra à l'esprit de réfléchir sur le savoir et sa place dans notre vie. Lorsque cela a été fait c'était à l'intérieur du dit conditionnement donc sans remise en cause du fond. Quand avons-nous vraiment approfondi ou nous sommes-nous penchés sur ce qu'était la pensée, par nous-mêmes, sans passer par d'autres? Cet outil que l'on utilise à chaque jour, l'a-t-on bien observé? Son mécanisme, ses "ruses", ses illusions etc. Qui pense? Y a-t-il un penseur et une pensée ou tout cela ne fait qu'un? Si le penseur est la pensée qu'est-ce que cela signifie? Ces questions sont loin d'être anodines (à moins de penser en "chat"...) et entraînent une vision bien différente de notre place dans le monde mais surtout de sa qualité. 

 

Un exemple: Nous voulons réfléchir, par le biais d'états généraux, sur l'enseignement supérieur. Soit. Déjà, la volonté de vouloir séparer, couper en morceaux le problème de l'enseignement alors que celui-ci est global est significatif. Réfléchir oui, mais à l'intérieur de cadres bien précis et bien nets, celui de nos conditionnements? Rien de vraiment neuf ne pourra sortir de ces états généraux pour la simple raison que l'outil qui servira à réfléchir, notre cerveau et sa pensée, le fera dans les seules ornières qu'ils connaissent.

 

Sortir de notre conditionnement c'est d'abord être à même de le voir et le reconnaître. Mais comme nos deux chats, nous préférons continuer notre chemin en l'ignorant et s'illusionner sur la profondeur de notre réflexion.

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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