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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 20:02

Plusieurs mots, lorsqu'ils sont avancés, provoquent des réactions pavloviennes chez certaines personnes qui sont incapables d'évacuer la charge psychologique que ces mots contiennent. Les mots "communiste", "totalitaire" ou encore "anarchiste" en sont de bons exemples. On utilise ces mots comme des épouvantails qui sont supposés faire peur et on ne se gêne pas...

 

Je voudrais me concentrer sur un mot: "totalitaire"

 

Notre société qualifiée de démocratique (elle l'est encore sous plusieurs aspects) à pris depuis quelques décennies des allures qui font craindre le pire si la tendance se maintient.  

 

Raymond Aron (philosophe, sociologue, politologue et journaliste français), pourtant en faveur du libéralisme en économie, était quand même (je cite) "soucieux de ne pas sombrer dans une apologie dogmatique du marché et de la main invisible". Il se méfiait de tout système doctrinaire, qu'il soit marxiste ou libéral. Mort en 1983, il n'a pu qu'assister au début des dérives sérieuses du marché qui se sont accentuées et accélérées depuis une vingtaine d'années.  

 

Nous sommes aujourd'hui sous la coupe de cette doctrine, de cette "main invisible" qui me fait dire que les tenants de cette idéologie-le libéralisme économique-présentent des attributs, si le politique n'interfère pas, qui penchent dangereusement vers un nouveau genre totalitarisme.

 

Raymond Aron:"La compétition pour l'exercice du pouvoir, c'est-à-dire la démocratie politique, paraît, à la longue, incompatible avec le libéralisme économique. La plus grande erreur des libéraux est, me semble-t-il, est d'avoir crû que le libéralisme politique et le libéralisme économique allaient de pair. Je pense que le libéralisme politique, si on définit ainsi le système électoral, parlementaire, de compétition pour l'exercice du pouvoir, conduit de manière presque fatale à un système d'économie partiellement dirigée et partiellement socialiste. Personnellement, je crois que si l'on voulait, à l'époque moderne, avoir un système économique libéral tel que le souhaite M. Von Hayek ou M. Jacques Rueff (partisans du libéralisme économique "pure" et "dure" comme on le vit de plus en plus), il faudrait une dictature politique". (c'est moi qui souligne)

  

                                                                                                                                 Que se passe-t-il depuis quelques années? Le politique se désengage massivement pour laisser place au libre marché, au privée. On laisse de plus en plus cette "main invisible" décider et diriger notre société. Nos gouvernements se retirent et laissent le soin à ce système économique, la spéculation financière en particulier, de réguler nos vies avec toutes les inégalités et les graves problèmes que cela engendre. La hausse des frais, la marchandisation du savoir est un de ces problèmes, le Plan Nord en est un autre.  

 

La doctrine du libéralisme économique "à tout crin", l'abandon de la régulation du système financier, présentée comme seule et unique possibilité de développement s'est installée et le politique se transforme inexorablement en une sorte de dictature politique, pas trop féroce pour l'instant (quoique...) mais qui ne peut que se durcir au fil du temps. Cette autorité se retrouve au service des financiers cupides et "invisibles", tout comme cette fameuse "main".

 

Les désordres créés par les inégalités dû au libéralisme économique laisser dans une large mesure à lui-même et soutenu par notre gouvernement doivent être contenus. C'est ce qui explique ce durcissement et cette volonté farouche de ne pas céder devant les demandes répétées du peuple pour plus de justice et une meilleure répartitions des richesses. 

 

Sans tomber dans l'excès ou la paranoïa, on peut voir que le chemin que nous prenons ou qu'on voudrait nous faire prendre n'augure rien de bon.

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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