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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 14:27

Lors de mes deux prochaines tournées (l'une à la mi-août et l'autre mi-septembre) je me propose d'écrire un journal de bord. Cet exercice me permet de prendre un peu de recul sur ce qui se passe jour après jour et de vous tenir au courant (pour ceux que ça intéresse) sur la réalité de la tournée dans un pays somme toute assez peu connu malgré l'information qui circule.

 

Comme je l'ai déjà souligné, ma compagne est chinoise. Grâce à celle-ci, j'ai pu dans le passé tenir des discussions (je ne parle pas chinois-pas encore) avec des gens de différents horizons (intellectuels, artistes, techniciens etc.) et ainsi avoir un accès privilégié à cette culture. J'y ai fait 10 tournées, enseigné à l'université de Guanzhou et donné de nombreux master class un peu partout dans le pays.

 

Des liens amicaux et professionnels se sont noués au fil des ans et je ne me considère plus comme touriste ou encore artiste de passage. Idem pour mes ami(e)s chinois(es).

 

Habitué que nous sommes à voir ce pays trop souvent diabolisé dans les médias, pris de haut du fait de notre système politique que l'on qualifie de démocratique et du leur qui est à parti unique on se gausse, des fois de façon subtile, de ce pays.

 

Ici au Québec, nous entrons très bientôt dans une campagne électorale qui déjà, sent bien mauvais. Cette mascarade démocratique, ubuesque par certains côtés, ne me dit rien qui vaille. Quiconque a parcouru les journaux ces derniers temps peut se rendre compte du cynisme qui prévaut chez beaucoup d'hommes et de femmes politique.

 

On se prépare, on répand ses millions de façon stratégique, on achète ou se vend, on calcule, soupèse ses chances dans tel ou tel parti, on va nous promettre des tas de choses-monts et merveilles- on va nous parler de notre fierté d'être québécois. On va parler de "votes stratégiques", de projets collectifs, de visions d'avenir, on va se battre, lutter les uns contre les autres, s'insulter, s'abaisser, reprendre les idées des autres pour les faire siennes tout en ayant vilipendé ces mêmes idées quelques semaines plus tôt.

 

Et nous allons participer, fustiger ceux qui ne pensent pas comme nous. La droite, la gauche, le centre, indépendantiste, fédéraliste, pour le privé, le publique ou un savant mélange des deux. 

 

La démocratie est un business et les moutons que nous sommes bêleront de satisfaction pensant que nous participons activement au sort du Québec. La démocratie pourrait donner quelque chose d'intéressant. Pas celle qu'on nous propose maintenant. Il y a longtemps que notre démocratie n'est plus digne de porter ce nom.

 

Nous vivons dans un pays à pensée unique ce qui est assez proche d'un pays à parti unique. Bien sûr, vous pouvez proposer des visions différentes mais ne vous avisez pas de prendre du pouvoir, de montrer trop de divergences dans vos options...Vous serez vite remis à votre place et rendu inopérants. De façon démocratique...Par des lois, en vous diabolisant, vous traitant de "communiste" ou "socialiste" des mots qu'on a pris bien soin de vider de leur sens profond pour ne brandir que leur squelette...pour faire peur. Et ça marche! Ça ne peut que marcher dans un pays où il y a un manque d'éducation flagrant et notre élite politique l'aura bien compris. Elle mise là-dessus. 

 

Oui, je pars en tournée dans un pays à parti unique. Un pays avec des problèmes immenses, soit. J'y perçoit cependant une volonté farouche de "faire mieux", d'avancer, de s'ouvrir, de connaître. Un pays où l'éducation est vu comme une condition sine qua non d'un meilleur vivre et non pas comme un danger, quelque chose de suspect.

 

En Chine on ne se cache pas la face, on ne se complaît pas, on ne se vautre pas dans une complaisance de soi-même et de son système. La prétention y est très mal vu, même subtile.

 

Quand on aura fini de se péter les bretelles avec l'ombre de notre démocratie, ce qu'il en reste, et qu'on ouvrira les yeux, on pourra peut-être commencer à parler de faire un pays.

 

Les premiers qui décilleront les yeux se feront taper dessus, au sens propre et figuré. 

 

On vous fera comprendre la liberté à coups de matraque s'il le faut...Ou à coups d'élections.

        

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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