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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 23:12

J'aimerais revenir sur un point concernant l'ambiance générale que l'on peut sentir en Chine, leur façon d'être, de communiquer et de faire les choses. Je ne peux que faire des comparaisons avec notre propre culture, celle-ci étant ma référence et ce sur quoi j'appuis mon raisonnement. J'essaie toujours de garder une distance avec ma culture que je qualifierais globalement d'occidentale, quoique l'on peut faire quelques nuances d'un pays occidental à l'autre. Ces nuances peuvent être subtiles et ne sont donc pas forcément fondamentales.

 

Beaucoup de gens voyage sans voyager, faute de temps (par exemple voir la Chine en trois semaines...) mais surtout faute de réelle curiosité. Voyager en surface, se contenter de visiter musées, panoramas et sites pitoresques sans rencontrer les humains qui forment ces sociétés n'est pas ce que l'on peut appeler voyager. Se déplacer physiquement est une chose et on peut le faire en gardant ses préjugés, ses valeurs (qui nous paraissent souvent les meilleures) voire sa xénophobie patente et/ou culturelle. Les gens trop préoccupés par eux-mêmes ou alors faussement "poètes" (dans "leur" monde!...) peuvent facilement passés à côté de toute une culture sans que cela les fassent réfléchir. On voyage pour aller vers l'autre. Si l'on veut "se" rencontrer (ce qui peut-être noble) on peut le faire chez soi...À moins d'avoir cette espèce de snobisme qui fait que nous ne pouvons nous remettre en question qu'au fin fond de la Chine ou autres contrés exotiques...

 

Dans le texte précédent je vous ai parlé du manque d'expérience (en général) des ingénieurs de son chinois pour la musique de jazz. Nous jouons dans de grands théâtres avec une acoustique prévue pour la musique classique. En principe ces salles possèdent des qualités indéniables et même parfois surprenantes. Le premier concert de la tournée a été notre baptême (nous aussi avons peu d'expérience de ces salles) et les techniciens ont apporté sur scène une forêt (ni plus ni moins) de micros, pensant que cette musique était proche du rock, peut-être à cause de la batterie, et voulait nous "amplifier" comme on le voit (et entend...) souvent dans cette musique.

 

Pour ma part, la musique de jazz se rapproche de la musique classique en ce qui concerne la prise de son c'est à dire le moins de micros possible pour garder la nature du son la plus proche de l'acoustique naturelle d'une salle donnée et des instruments joués. Comme en classique, les musiciens de jazz passent des heures à paufiner leur son et souhaitent donc une "vérité", une transparence dans l'approche que doit avoir le "soundman". J'irai plus loin en appliquant ce principe à l'éclairage que je souhaite toujours simple et sans effets comme on retrouve encore une fois dans la musique classique. 

 

Combien de fois je me suis retrouvé devant des ingénieurs du son remplis de prétention, sûrs d'eux-mêmes et de leur technique alors qu'ils étaient complètement incultes en ce qui concerne la musique de jazz! De véritables murs! Pour eux (allons, disons les 3/4) la prise de son rapprochée, qui consiste à placer des micros sur chaque instrument et chaque morceaux de batterie est la seule valable. Impossible de dialoguer ou alors il faut prendre mille chemins, utiliser toute sa diplomatie et son savoir faire pour amener le technicien à comprendre notre point de vue et sa validité. Tout ceci quelques heures avant un concert...On peut probablement sans se tromper parler de manque de modestie dans l'approche globale et la vision générale d'une personne de ce genre.

 

C'est tout l'inverse que je retrouve ici. Pas de prétention, de sûreté sans raisons, d'arrogance dû à la position hiérarchique (le soundman contrôle le son, toute l'ambiance d'un concert et est donc très important).  Ouverts aux suggestions, essayant de comprendre le comment et le pourquoi, analysant, travaillant avec le groupe pour une performance optimale, à aucun moment je n'ai senti une frustration quelconque, à aucun moment je n'ai senti ce mur sur lequel je me cogne trop souvent.

 

Je vais aller plus loin maintenant. Cette prétention et ce manque d'ouverture, je le rencontre pas seulement chez les ingénieurs de sons mais aussi dans toutes les sphères de la société québécoise. Peut-être que notre individualisme forcené nous amène à défendre becs et ongles nos positions et notre vision des choses. Au lieu de travailler ensemble pour bâtir nous travaillons trop souvent les uns contre les autres, c'est notre choix de société. Regardez la politique. Combien de temps, de talent et d'argent les partis sont prêts à gaspiller pour nous faire croire qu'ils sont les mieux placés pour nous diriger. Nous trouvons tout naturel ce gaspillage et cette façon de présenter les choses!

 

Cette façon de communiquer, le "chacun chez soi", quand il se retrouve dans une même famille est encore plus désolant et déroutant. C'est probablement pourquoi, lors de séparation on voit l'autre parent comme un compétiteur, un ou une adversaire avec lequel il faut se battre.

 

Pour moi, une société semblable ne peut qu'avoir un avenir médiocre et ses enfants devenir autant de peitis murs qu'il faudra escalader pour pouvoir réellement communiquer avec eux et donc les "toucher" comme on peut être touché par un magnifique coucher de soleil.  

 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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