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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 12:41

La blague n'est pas de moi, elle s'inspire de Coluche qui racontait qu'un type avait "une mine patibulaire mais presque". Patriote mais presque...

 

Des gens, un jour ou une nuit, ont pris les armes pour faire valoir des droits. Impensable aujourd'hui et franchement politiquement incorrecte. Aujourd'hui on doit défendre ses intérêts avec des mots, des pétitions ou à l'instar des patriotes des boycottes (voir texte ci-bas). J'oubliais le vote. Ah! Le vote! Si le vote pouvait changer le système, il serait illégal (pas de moi non plus). 

 

J'ai comme l'impression que notre impuissance (les moyens légaux et acceptables dans nos sociétés) a été programmé. On peut dire à peu près tout ce que l'on veut...tant que ça ne dérange pas le système en place. On peut décrier, analyser, défendre des idées, hurler. On peut faire tout ça dans la rue (quoique de moins en moins...), dans les journaux, les blogues et même dans de somptueuses revues avec papier glacé et en couleur ma chère!

 

Qu'on ne s'inquiète pas! Nos voix ne parviennent pas jusque dans les bureaux capitonnés des décideurs ou alors comme un murmure (je soupçonne même parfois ces bureaux d'être isolés-et pas uniquement du froid). Ou alors sont-ce des sourds qui en plus, ne veulent pas entendre? Ne seraient-ils sensibles qu'exclusivement aux chants des bien-nantis? Ces sirènes qui serinent de douces mélodies en forme de profit?

 

Non. Pas de violence. Pas de violence. La seule acceptable c'est celle qui n'en porte pas ou plus le nom. C'est la pauvreté, l'humiliation, l'exploitation des humains, des ressources, les attaques récurentes (sous plusieurs formes) contre la santé, l'éducation, le social. Les crises économiques pratiquement fabriquées de toute pièce (clés en main?) qui justifient ces attaques-coupures. 

 

Ces "attaques"?...C'est la guerre alors? Non...C'est la politique, c'est l'économie, la mondialisation... Le progrès quoi...

 

Heureusement nous vivons dans un pays civilisé, démocratique et libre! Heureusement nous vivons dans un pays où ces terroristes (c'est le nom qu'ils porteraient aujourd'hui) sont bannis à tout jamais. Imaginez...Ils étaient vaiment violents ces gens-là...

 

Un (très) bref résumé, pour ceux que ça intéresse, du mouvement des patriotes écrit par Sylvain Beaudoin, adapté par Micheline Champoux:

 

En 1837, une révolte éclata au pays. Cette révolte fut menée par une poignée de patriotes contre le pouvoir anglais. Les patriotes ne voulaient pas que le gouvernement d’Angleterre décide seul des lois du Québec.

Les premières disputes ont commencé au début du 19e siècle. À cette époque, le gouverneur Craig donnait toutes les nouvelles terres aux anglophones. Tous ceux qui prenaient les décisions dans le pays étaient aussi anglophones. Les francophones n’aimaient pas cette situation, mais ils n’avaient pas de vrai chef pour diriger une lutte organisée.

Si tu veux comprendre comment un groupe de francophones a tenté de défendre ses droits, viens avec moi dans le passé et retraçons les principaux événements.

Reportons nous en 1830. Un groupe de jeunes gens, qui veulent dénoncer les injustices, se font élire députés. Leur groupe se nomme « Parti patriote ». Leur chef est Louis-Joseph Papineau. Normalement, les députés sont élus par les gens pour administrer le pays et faire les lois avec le gouvernement.

Mais en 1837, le gouverneur du Québec, alors appelé Bas-Canada, veut diriger seul le pays et ne veut rien discuter avec les députés. Le gouverneur est anglais et les députés sont en majorité francophones. Les députés patriotes pensent que c’est injuste et ils organisent beaucoup de grandes réunions pour demander aux gens de ne pas accepter qu’un seul Anglais décide pour tous les francophones.

Le gouverneur prenait ses ordres du gouvernement d’Angleterre. Les patriotes décident donc de protester en ne payant plus de taxes à l’Angleterre. Ils demandent à la population de ne plus acheter ni vêtements, ni nourriture, ni aucun produit importé d’Angleterre. Ainsi, le gouvernement d’Angleterre ne recevrait pas l’argent des taxes payées à l’achat et la population ne désobéirait à aucune loi.

Voyant cela, le chef de l’armée, Lord Gosford, décide de riposter. Il « met à la porte » tout soldat anglophone ou francophone et tout employé du gouvernement soupçonné d’être du côté des patriotes.

En septembre 1837, un groupe de personnes, surtout des jeunes, forment une association secrète pour organiser une lutte contre ceux qui défendent le gouvernement anglais et contre Lord Gosford, en particulier. Cette association s’appelle « Les Fils de la liberté ».

Les Anglais forment aussi leur association afin d’empêcher les patriotes de faire des assemblées publiques. Ce groupe, le « Doric club », est protégé par l’armée de Gosford. Les rencontres entre les deux associations sont parfois très violentes. Puis, l’armée anglaise entre en scène.

En novembre 1837, l’armée anglaise se bat contre les patriotes à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le 16 novembre, Gosford veut arrêter 26 patriotes. Les patriotes se défendent avec des armes et des fourches. L’armée demande du renfort.

Le 23 novembre, l’armée anglaise attaque le village de Saint-Denis-sur-Richelieu, où se cachent beaucoup de patriotes. Les combats durent toute la journée. À la fin de l’après-midi, l’armée anglaise se retire. Mais ce sera la seule victoire des patriotes.

Le lendemain, dans le village voisin, l’armée gagne. On a dit que plus de 100 patriotes auraient été tués lors de cette bataille. Le 2 décembre, un colonel fait incendier plusieurs maisons à Saint-Denis, pour venger sa défaite de la semaine précédente.

Il y a plusieurs autres petites batailles. Mais le plus gros combat a lieu à Saint-Eustache, au nord de Montréal. Les patriotes s’étaient enfermés dans l’église pour se protéger de l’armée. En voyant cela, les soldats anglais mettent le feu à l’église. En moins de 4 heures, plus de 70 patriotes sont tués.

Le lendemain, les troupes anglaises incendient Saint-Benoît, un village voisin de Sainte-Eustache. Devant tant de défaites, les chefs des patriotes quittent le pays pour ne pas être capturés et exécutés. Ayant perdu leurs chefs, les patriotes cessent de se battre.

Quelques patriotes sont capturés et condamnés à quitter le pays. Le calme revient un peu. Mais, en juillet 1838, un nouveau groupe de patriotes s’organisent dans le plus grand secret. Ce sont les « Frères chasseurs ». Leur organisation ressemble à celle d’une armée.

Ils tentent de causer quelques ennuis aux dirigeants anglais. Beaucoup se font arrêter. Parmi eux, 12 sont pendus à Montréal et 58 sont envoyés en Australie, donc à l'autre bout du monde.

Vers 1840, des dirigeants anglais donnent quelques droits aux francophones. Ceux-ci peuvent participer à l’administration du pays et acquièrent le droit de parler français dans certaines réunions du gouvernement.

 

Trouvez pas que ça fait beaucoup de morts pour une journée de congé?

 

Oui, je sais...J'ai tendance à dépasser les bor(g)nes, mais c'est uniquement parce que j'ai deux yeux pour voir...Et un coeur pour sentir?


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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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