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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:22

Au procès de Nuremberg, à la fin de la deuxième guerre mondiale, la plupart des militaires qui étaient jugés ont clamés leur innocence face au massacre de 6 millions de personnes dans les camps de concentration en arguant le fait qu'ils ne faisaient qu'obéir aux ordres. La plupart ont été reconnus coupables quand même. 12 sur 24 accusés furent condamnés à mort, les autres en prison pour des peines plus ou moins longues, deux seulement furent acquittés.

 

Obéir ne nous soustrait pas à la responsabilité de nos actes. On pourrait prendre des exemples pour démontrer que la désobéissance a aussi permis des avancés au niveau de la connaissance. On peut penser à Galilée ou Copernic (dans son cas ses travaux furent remis en cause après sa mort) qui, sans le vouloir, ont désobéi à l'Église simplement par le résultat de leurs recherches. La terre n'était plus le centre du monde. 

 

Il est fort probable que les débuts de la civilisation ont débuté par des actes de désobéissance (je refuse de continuer à faire du feu à l'aide de deux bouts de bois...il y a certainement un autre moyen) et que cette même civilisation se terminera par un acte d'obéissance,  fin précipitée par un militaire quelque part, obéissant à son supérieur.

 

Nous sommes conditionnés à obéir. Déjà à l'école, on nous apprend à réagir au son de la cloche ou du sifflet, on nous met en rang, le silence est de rigueur, les cours sont donnés à heures fixes et sans possibilités de "débordement" sur l'horaire préétabli etc. Toutes ces attitudes militaires sont dans notre culture et sont vus comme allant de soi, normales voire indispensables.

 

Ne pas poursuivre les traditions, les remettre en cause est très mal vu en général. On cherche une sécurité à travers des actions qui ont été répété des millions de fois, pensant peut-être que cette répétition leurs donne une certaine validité. Ne dit-on pas qu'un mensonge répété finit par devenir une vérité? 

 

J'ai toujours une espèce de malaise devant les chiens trop obéissants. J'ai l'impression qu'à ce moment, ils ont perdu leur nature profonde, qu'on les a dénaturé, qu'ils ne sont plus des chiens mais des ersatz de chien. Des chiens avec des réflexes de soumissions. Notre intelligence ne nous permet-elle pas un autre chemin que celui de la soumission?

 

Comprendre pour agir mais agir sans comprendre...obéir?

 

Mettre la vie à genoux, la mettre en laisse, la rendre mécanique à l'instar de notre propre pensée, user de son autorité pour se faire obéir au lieu de faire comprendre. Notre culture contient en elle beaucoup de réflexes militaires. Nous obéissons sans toujours comprendre et, plus grave, sans vouloir comprendre.

 

C'est ainsi que la médiocrité arrive à survivre et même à s'étendre. 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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