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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 01:33

Nous n'hésiterons pas à dire n'importe quoi pour faire semblant d'être debout. Nous ne reculerons devant rien, quitte à faire croire n'importe quoi pour faire lever une indignation de piètre qualité. Nous porterons la médiocrité tous les jours, vu qu'elle nous sied si bien et nous en ferons notre fleuron pour l'éternité. Nous sortons dans la rue alors qu'il faudrait rentrer en nous-mêmes. Pas pour se regarder, pour se voir. On aura la révolution à la hauteur de nos capacités à voir le réel. Pas plus. Je crains le pire.

 

Notre conception de la liberté porte en elle nos limites intellectuelles. Non, nous nous refusons à réfléchir avec une certaine profondeur car cette réflexion pourrait mettre en danger nos valeurs. Nous sommes des révolutionnaires qui refusons la véritable révolution. Nous ne voulons que notre confort moral intellectuel et bien sûr physique.

 

Demain meilleur qu'hier? Non! Demain comme aujourd'hui car aujourd'hui c'est déjà demain. Le présent porte en lui le futur, on en sortira jamais, il faut le comprendre, le sentir, le faire sien. Nous courons derrière des idées qui ont été mille fois pensées et repensées, repassées, plates et sans goût. Cent fois mâchées et digérées. Nous n'avons plus le goût, nous n'avons pas de goût. Nous sommes sans saveurs, on ne sent plus rien ni par le nez, ni par la peau. Sans odeur et insensibles. Presque transparents à force d'insipidité.

 

Un pays comme moyen de vivre mieux? Ne voit-on pas cette vieille idée avec tout son lot de souffrance qu'elle a causé, ressortir à chaque fois que la peur réapparaît ou se fait plus pressante? On se recroqueville, se racrapote sur nous-mêmes, avec nos semblables, je veux dire ceux qui nous ressemblent. Nous formons ainsi le tapis sur lequel les puissants viennent s'essuyer les pieds. Nous courbons le dos comme nous courbons nos idées à force de se regarder le nombril.

 

Nous croyons rugir alors que nous ne faisons que bêler en cadence. Nous nous pensons suif alors que nous sommes de mèche. Notre crinière, c'est du vison...Nous sommes prêts à déchirer nos chemises...à condition qu'elles ne soient pas de chez Vuitton. C'est une image, faut-il le préciser? Oui, il le faut.

 

Nous croyons encore dans cette pensée manichéenne qui sépare les Hommes en 2 parties bien distinctes et irréconciliables: la gauche et la droite. Nous pensons pouvoir faire un monde nouveau avec de vieilles idées. Nous n'avons qu'une piètre imagination et une largesse de coeur en proportion. Nous ne voyons pas encore que c'est notre identification à nos idées qui nous sépare les uns des autres. Nous voyons la vie comme une image, comme une chose qui est devant ou derrière nous alors qu'elle est à l'intérieur. Et maintenant. La vie n'est pas une idée. L'idée c'est l'image, la vie c'est tout de suite.

 

Je ne veux pas me battre et il ne faut pas que ça fasse mal. Au pays des incultes l'érudit passe pour un génie alors qu'il ne fait que se rappeler. J'entends ces génies faire l'apologie de la tolérance alors que cette tolérance n'est que du mépris en cravate. Je cite: "...être libre autant qu'on puisse l'être quand on vit avec d'autres et qu'il faut partager." C'est un écrivain "de gauche" qui a écrit cela...Il a du être distrait quelques instants... Voyez-vous toute la finesse de cet égoîsme? L'inconscient qui se croit ou se voudrait conscient. Le lyrisme n'est pas une pose.

 

Nous voulons changer le monde dit-on, oui...mais pas nous...?

 

La révolution n'est pas un hobby. C'est un travail sur soi d'instant en instant. 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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