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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 15:07

La musique devenue déballage technique. Maîtrise du verbe, vocabulaire de scientifique, prouesse instrumentale, language de cirque, pirouette harmonique et rythmique. La vitesse, la force, le savoir, le concept, l'idée qu'on voudrait originale...la pose. La pause?

 

La musique naît lorsque l'on meurt à elle. S'effacer, ne plus vouloir, disparaître derrière et entre les notes. Le détachement, sorte d'indifférence qui n'exclut rien surtout pas l'amour, l'envie d'aller vers l'autre mais sans bouger, donner sans choix, offrir parce qu'il n'y a que ça à faire.

 

Le crie qui prend des airs de silence et de douceur. La douleur muette qui transforme, rend humain, la douleur en forme de sourire, celle qui rend transparent. Cette douleur qui n'a pas de cause rend humble devant le vivant. Tout le vivant. 

 

Être sans vouloir. Toute une science qui ne s'apprend pas.

 

Ce vouloir tue la fragilité, la vulnérabilité si nécessaire à la création. Bruyant et souvent odieux de prétention, le vouloir réclame sans cesse, il se nourrit d'ambition, de réussite et de satisfaction puérile.

 

Sortir de cette logique marchande, scolaire et somme toute insignifiante devient suspect. On se méfie de celui qui ne veut rien, il est incompréhensible. On le qualifiera de suicidaire alors que lui pense le contraire.

 

En fait cette douleur n'en est pas une. Ou alors c'est un mélange de douleur et de joie, un élan immobile sans origine et sans but.

 

Certains l'appeleront passion.

 

Je me méfie de ce mot car il couvre beaucoup d'excès. 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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