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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 16:24

Le mot n'est pas la chose. Cette évidence est un premier pas vers une compréhension de notre façon de communiquer, du moins l'une de ses facettes.

 

Pour affirmer une telle chose il est important de saisir les obstacles créés par les mots.

 

Nous avons tous pu observer ces interminables réunions ou conférences internationales portant, par exemple, sur la paix ou le réchauffement climatique; ces réunions devant se terminer sans véritables consensus, chacun défendant son idéologie.

 

Plus près de nous, nous pouvons trop souvent constater les petites luttes mesquines qui se déroulent sur les différentes plate-formes ou médias sociaux, chacun défendant "sa" position, son point de vue, ne dérogeant que très peu ou rarement de sa pensée initiale. Nous défendons des idées comme si notre vie en dépendait, comme si notre opinion, notre "moi" prévalait sur les faits.

 

Au lieu de se pencher ensemble sur un problème et d'essayer d'y voir clair, nous partons en guerre (l'expression est à peine trop forte) pour étaler nos convictions et nos conclusions.

 

Il me semble que pour arriver à une véritable relation et non pas à ce semblant de relation que l'on constate, nous devons comprendre et donc dépasser la charge émotionelle que les mots peuvent contenir. Cet abandon de la charge psychologique reliée aux mots est une condition si ne qua non d'une saine communication.

 

Nous sommes attachés aux mots, ces mots-clichés avec leur contenu auquels notre "moi" s'identifie puisant un grand réconfort et un certain plaisir. Les mots deviennent ainsi des prisons, des conditionnants puissants dans lesquels l'esprit s'enferme.

 

Toute relation devient à ce moment impossible. Les dialogues deviennent des dialogues de sourds où toute compréhension est improbable voire impossible.

 

Les mots deviennent alors des écrans qui nous empêchent de voir la vie. Tout ce que nous voyons et entendons, c'est le bavardage superficiel de nos pensées dans un flux ininterrompu.

 

Quand cesse ce passé conditionné réagissant au présent, le mouvement de la vie prend tout son sens et peut éclore d'instant en instant. À partir de ce moment une véritable relation peut s'installer.

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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