Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 16:06

L'accumulation de connaissances ou de savoirs n'a jamais donné la liberté, ne rendent pas meilleur (plus équilibré, aimant, en paix), n'empêche pas l'aliénation, la brutalité, la soif de pouvoir et de puissance.

 

L'éducation, telle que pensée aujourd'hui, nous permet, tout comme un ordinateur, d'accumuler des donnés sur une multitude de sujets: le savoir est issus de la mémoire. Il est toujours relié au passé et toujours limité. 

 

Le savoir est indispensable et responsable des avancées fantastiques dans presque tous les domaines et permet ainsi une vie plus facile, plus douce. Les prouesses technologiques dont nous sommes les témoins à chaque jours me dispensent de démontrer dans les détails l'immense progrès que l'humanité a accompli dans ce domaine.

 

Dans le domaine psychologique, c'est une toute autre affaire. Nous avons très peu évolué à ce niveau. Malgré toute notre habileté dans les sciences nous continuons à nous entre-tuer, à être mesquin, envieux, jaloux etc. Nous continuons à fonctionner selon le mode tribal, les tribus devenues nations, nous poursuivons la glorification de cette pensée vieille de plusieurs milliers d'années. Nos raisons pour poursuivre cet idéal sont plus sophistiquées qu'auparavant mais la base reste la même: il y a nous et les autres. Je suis québécois, canadien, américain, chinois etc. Nous nous identifions à notre pays et, tôt ou tard, nous rentrerons en conflit avec ces "autres".

 

De façon plus large ou générale, nous nous identifions à ce que nous pensons: je suis psychologue, musicien, philosophe, catholique, musulman etc. Encore une fois cette identification n'apportera que séparation, ce sentiment que nous sommes coupés, séparés les uns des autres.

 

Le problème d'identification ne peut être résolu par une plus grande accumulation de connaissances. Si identification il y a, cette accumulation ne fera qu'accentuer cette illusion, le savoir accumulé érigeant un mur de plus en plus épais et solide autour de notre personne, celle-ci prenant de l'expansion, parfois de façon subtile. 

 

Dans le domaine psychologique, l'accumulation de connaissances empêche la possibilité de se voir tel que nous sommes dans l'instant. Le savoir, ici, n'a pas sa place. 

 

La liberté prend racine dans l'ici et maintenant et n'est pas le résultat d'une accumulation de point de vues, d'un savoir de seconde main.

 

Notre culture croit fermement dans le "devenir" qui est la marque d'une absence de liberté. La liberté n'est pas une idée mais un état. Penser que l'éducation apportera la liberté c'est mettre la liberté comme un objectif à atteindre, un idéal. Or la poursuite d'un idéal, toujours dans le domaine psychologique, nous soustrait à nous même et fait passer l'idée avant le fait. Le passé avant le présent.

 

C'est à partir de l'observation de notre manque de liberté que la liberté peut se déployer. Lire et réfléchir sur la liberté empêche le processus de voir directement le fait. La liberté ne se trouve pas dans les idées mais dans la capacité de voir ce qui est dans le moment présent.

 

La tradition, notre culture fait grand cas de l'acquisition de savoirs et place la pensée au centre, nous éloignant ainsi de notre barbarie ou de notre animalité?

 

Il y a le fait: pendant que l'on marche sur la lune et que nous explorons l'univers, pendant que nous devenons technologiquement si sophistiqués nous continuons à nous entre-tuer...comme des barbares. Qui peut affirmer le contraire?

 

 

 

 

Par Yannick Rieu - Publié dans : Culture - Communauté : Blogueurs du Québec
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