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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 06:20

Avoir un but et s'y conformer. Cette façon de faire, admise par la plupart d'entre nous et conforme à notre culture, recèle une logique qui nous éloigne de nous-mêmes, qui nous empêche d'être en contact direct avec la réalité, qui n'est autre que le présent. Vivre dans un "futur imaginé" constant, dans l'idée de soi-même au futur, avec cette image que nous nous faisons de nous-mêmes et que nous transportons constamment avec nous, image idéalisée et à jamais innaccessible, est ce mur que l'on entretient avec soin. Toute notre éducation nous y pousse. En tout cas, une grande partie. Penser au futur c'est encore être dans le passé!

 

Notre éducation nous indique, nous pousse à accepter, jour après jour, que la pensée, les idées sont la base et l'unique façon d'être dans ce monde, d'interagir avec lui. Il est extrêmement difficile de faire prendre conscience de ce fait car toute explication concernant cette qualité de présence, d'être, est approchée avec justement ce qui nous empêche de voir ce présent. Une fois le pli bien ancré (voir uniquement avec la pensée), notre premier réflexe est d'aborder la chose avec la tentative de la comprendre. Or, il n'y a que l'expérimentation qui puisse nous faire voir cette façon de faire. Toute explication ne fait que nous éloigner du fait.

 

La seule chose que l'on puisse faire est de dire que cela existe. Comme pour apprendre à nager, il faut se jeter à l'eau si on veut savoir de quoi il en retourne réellement...Pour cela, il faut un certain courage et une passion profonde pour la vie et les mécanismes qui la stucture. Il faut aussi être prêt à lâcher prise à toutes nos certitudes et conclusions, nos a priori si sécurisants mais aussi, et surtout, tout l'échaffaudage de notre "moi" qui fait de nous des îles séparés des autres et du monde en général. Le désespoir est probablement l'étincelle qui pourra enflâmmer cette prise de conscience.

 

Ce désespoir (pas ce désespoir qui n'est qu'apitoiment sur soi-même) doublé de passion est peut-être une clé qui ouvre sur du neuf. 

 

Toute notre culture fait l'apologie de ces îles (si riches soient-elles), idéalise finalement la construction d'êtres séparés les uns des autres. Une observation fine peut en voir toute la monstruosité et le non-sens dans certains cas. 

 

Il ne s'agit pas, encore une fois, de renier la pensée, mais de la mettre à sa juste place et de voir les ravages qu'elle cause lorsque utilisée pour des domaines qui requièrent, finalement, son silence.

 

Briser, faire éclater l'espoir imbécile. 

 


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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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commentaires

Thierry 15/11/2011 18:06


Je ne sais pas si l'allusion à "l'île" fait suite à notre conversation sur FB, mais si c'est le cas, j'aimerais apporter une précision: La métaphore de L'île n'en était pas une d'isolement, mais
une de trésor, d'identité ou de but profond au travers duquel l'épanouissement peut enfin s'accomplir.