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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 20:56

La violence. Combien de gens violents se cachent derrière leur apparent attachement à une supposée non-violence. Paisibles en apparence. Avec le droit de leur côté. Le "bon sens" en prime.   

 

La violence montre son visage dans des actions spectaculaires comme la guerre, les conflits ouverts où l'on peut aisément la montrer du doigt et la condamner. Violence physique, la plus évidente. 

 

Il existe d'autres formes de violence qui n'en portent pas le nom, plus difficiles à cerner mais qui peuvent, à la longue, faire autant de ravage que cette violence évidente au premier coup d'oeil.

 

L'injustice ou le sentiment d'injustice vécu jour après jour, forme de violence qu'on nous impose, empêche le bon fonctionnement d'une société d'autant plus si cette injustice est présentée sous forme d'évidence, de fonctionnement normale, structurelle pourrait-on dire. On cherche à la présenter (et on y arrive!) comme une valeur fondamentale de notre société. On lui donne d'autres noms, bien sûr!

 

Peut-être sans le savoir, le présentateur qui vous annonce que telle ou telle banque ou compagnie d'assurance ou pétrolière engrangent des profits de x millards, que la guerre en Afghanistan a coûtée 350 millions de dollars, que Revenu Québec investit plusieurs millions pour se faire un "lifting" (quelques exemples parmi une flopée d'autres!) et que dans le même souffle ce présentateur vous annonce que les étudiants doivent "faire leur part", ce présentateur donc, participe à cette violence. Sans le vouloir. Une violence qui n'est jamais présentée ou reconnue comme telle, bien sûr! 

 

Quand on vous "explique" qu'il est tout à fait normal de se faire voler, qui des ressources minières, qui des ressources pétrolières, de faire payer la recherche universitaire aux citoyens mais de refiler les fruits de ces recherches et leurs profits éventuels au privé, on ne trouve rien à redire, c'est normal, c'est dans l'ordre des choses.

 

On a voté pour ça, le vote étant présenté comme une possibilité de choix, de changement alors que ce choix ne se limite qu'au visage qui appliquera une idéologie identique d'une élection à l'autre, avec quelques maquillages de surface.

 

Une pensée unique, totalitaire s'est donc tout doucement infiltré dans nos sociétés et elle a pour nom "Libéralisme économique" avec sa soeur "mondialisation". On nous présente cette idéologie comme naturelles, incontournable, qu'on ne peut rien y faire-comme une plante qui pousse-c'est dans la nature (des choses). Cette idéologie provient de décisions, de choix faits (souvent en catimini) par nos décideurs qui flirtent trop souvent avec ceux qui profiteront grassement des diverses retombés qu'une telle idéologie produit. On a qu'à voir un peu la valse des ministres ou députés qui, après avoir fait oeuvre dans le publique, s'en vont récolter les fruits de leur travail dans le privé...

 

Le devoir de rentabilité, phoenix du Libéralisme Économique, s'est infiltré partout, dans les moindres interstices de nos activités: culture, éducation, santé, transports et j'en passe.

 

Ce devoir d'être rentable est en soi d'une grande violence. Il ramène finalement les êtres humains et leurs activités qu'à des rouages d'une machine qui broie ceux qui osent réfléchir, contester, agir, proposer, manifester. Ou les met de côté, tout doucement, avec violence...

 

Le totalitarisme économique a pris racine. Insidieusement.

 

Il est violence.


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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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