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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 13:52

Nous vivons dans une époque où la confusion des genres et des repères est en pleine expansion pourrait-on dire. Pour qui observe un peu notre société cette affirmation est d'une évidence élémentaire. 

 

L'information prend des allures de propagande et vice et versa. Nous baignons dans un flot d'idées et nous nous noyons dans cette mer plus souvent qu'à notre tour.

 

Cette hallucinante confusion est propice à l'éclosion du "n'importe quoi" et la musique de jazz ne fait pas exception. 

 

Dans de nombreux festivals de jazz, on nous explique que le jazz est une musique difficile à circonscrire. Ainsi on présente "toutes sortes de jazz" qui débouche finalement sur une plus grande confusion pour le quidam, l'amateur, le peuple en général. J'y vois là une forme de mépris pour les gens et cette musique en particulier. 

 

Il est vrai que cette musique couvre un large spectre mais certaines limites sont dépassées sans vergogne.

 

Je ne suis pas un "puriste", j'aime la musique au sens large quand elle est honnête et dépourvu, tant que faire se peut, de buts commerciaux. On ne fait pas de musique pour gagner sa vie mais on fait de la musique et on gagne sa vie. Cette petite précision sémantique renferme en elle une grande différence philosophique si je puis dire.

 

Qu'est-ce que le jazz?

 

-"Man, if you gotta ask you'll never know!" (Louis Armstrong)

 

Sans vouloir la définir on peut quand même avancer quelques réflexions à propos de cette musique.

 

On note tout d'abord une confusion (déjà!) si on consulte différents dictionnaires. Allez voir sur le web et tapez "jazz définition" et vous verrez de quoi je parle.

 

Oublions donc les dictionnaires. 

 

Je note que les musiciens de jazz ne font pas de coupures, de césures entre leur vie et la musique qu'ils pratiquent. L'un et l'autre sont intimement liés. Il en découle que l'originalité, le son personnel et identifiable est une prémisse pour cette musique. Elle représente, dévoile ce qu'il y a de plus particulier en chacun de nous. De plus intime. C'est ce qui rend cette musique si touchante et vraie.

 

J'entrevois un lien entre une certaine honnêteté ou plutôt une connaissance de soi-même inhérente à cette originalité. Car ici, il ne faut surtout pas confondre originalité et une certaine "pose" que l'on pourrait prendre pour de l'original. Le musicien de jazz n'est pas cet acteur qui joue à jouer. On est pas jazzman (ou woman) de 9 à 5...La musique et notre philosophie de vie ne feront qu'un.

 

On porte en soi cette originalité, il suffit de la découvrir. Elle ne se cultive pas. Elle n'est pas une idée ou un concept. J'irais même plus loin en affirmant que l'originalité pourra éclore lorsque l'on aura plus d'idées sur nous-mêmes.

 

Il y a quelque chose comme une espèce de "laisser-aller" où la volonté de "faire original" est complètement absente qui permettra éventuellement l'éclosion et la floraison de cette originalité. 

 

Pour moi, il n'y a rien de plus pathétique que de voir un artiste "forcer" son originalité ou vouloir être particulier. Cette volonté d'être différent amène les pires extravagances et appauvrit et rend caduque le discours de n'importe quel artiste, musicien ou non.

 

Je terminerai en soulignant que l'improvisation est un élément important de la musique de jazz. Elle n'en a pas le monopole. De nombreuses musiques traditionnelles de partout sur la planète utilisent ce procédé et ne sont pourtant pas du jazz. 

 

La confusion des genres est pratique et rentable. Elle permet d'éviter une réflexion, même embryonnaire comme ici.

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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