Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 23:39

"Rien de plus dangereux que l'injustice les armes à la main" Aristote

 

Au moment où j'écris ces lignes, une loi spéciale sera peut-être voter pour forcer les étudiants à retourner...étudier.

 

Je vis au Québec. On m'a appris dans mes cours d'histoire la grandeur de ce coins de pays. Les luttes, les privations, les injustices combattues, les victoires obtenues pour un vivre meilleur, les soins gratuits, l'éducation possible à peu de frais, programmes sociaux pour les plus vulnérables etc.

 

Nous avons mis en place une démocratie, certes loin d'être parfaite mais porteuse de changements possible, de débats d'idées qui allaient dans le sens de la recherche d'un plus juste équilibre entre les citoyens québécois.

 

Jusqu'à il n'y a pas si longtemps j'ai cru que le système politique, avec tous ses défauts, cherchait à protéger les intérêts de la majorité. Or je dois bien admettre que les choses ont bien changé.

 

Une multitude de signaux, qu'aucun citoyen de bonne foi ne peut ignorer, me font douter que cet esprit est encore à l'oeuvre.

 

Nous vivons dans l'illusion du passé. Nous restons accrochés à des idéaux qui ressemblent plus à des ombres, qui ne sont plus que des ombres de ce qui a été.

 

le Québec, comme beaucoup d'autres pays, vit dans une espèce de pensée positive qui nous fait croire que nous sommes toujours dans un espace où les valeurs qui ont fait une certaine grandeur de ce pays, qui lui ont donné un certain sens, sont encore bien vivantes. Ces valeurs sont devenues de pâles reflets de ce qu'elles étaient mais on continue, comme une voiture qui poursuit sa route alors que son moteur est éteint, de croire que nous sommes en mouvement, que ces idées sont bien vivantes.

 

Les mêmes mythes, symboles, la même parole "citoyenne". Nous vivons dans un monde d'apparence où les mots "partage", "démocratie", "solidarité", "fraternité", "justice" ont été vidé de leur sens par une élite politique, les énarques et une pourcentage minime de la population qui profitent encore (pour combien de temps?) de ces illusions sémantiques, ce glissement de sens.

 

Cette pensée positive condamne les manifestants, les dissidents, ceux qui osent critiquer et remettre en question ce nouvel ordre établi. Stigmatisés par les oligarques, ceux qui refusent de capituler, d'abandonner, de se contenter de n'être qu'un rouage de plus dans cette farce dramatique qu'on appelle société démocratique se font pointer du doigts: se sont des fauteurs de troubles.

 

On voudrait tellement nous faire croire que l'épanouissement passe par un conformisme absolu. Une société qui prône la docilité collective (même de façon "soft") prend le chemin des pays totalitaires. Un nouveau totalitarisme. Celui qui sourit, qui rentre par la porte de derrière "pour pas déranger", celui qui est politiquement correct. Totalitarisme élu...Donc légitime.

 

Dans un pays où existe et se développe une pensée positive (y'a pas de problèmes, tout est beau, de quoi tu te plains etc.) il ne peut y avoir d'injustices, d'abus de toutes sortes, de violence gratuite, de répression...Ben non!

 

Pourquoi se plaindre et le faire savoir?

 

Au Québec tout le monde est heureux! 

Partager cet article

Repost 0
Published by Yannick Rieu - dans Culture
commenter cet article

commentaires