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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 12:42

J'ai lu un livre quand j'avais autour de 20 ans qui est resté marqué dans ma mémoire. D'où je viens la bibliothèque municipale offrait un nombre réduit de bouquins mais le choix restait assez vaste pour occuper un jeune homme curieux de tout mais surtout de rien.

 

Quand tout nous intéresse c'est que dans le fond nous sommes indifférents à ce qui nous intéresse. Pas de passion véritable mais une mer d'intérêts, sans forme, sans buts précis, l'esprit constamment occupé à chercher pour chercher. Trouver pour moi n'avait aucun sens car cela aurait mis fin à mes recherches. J'explorais pour me sentir vivant et non pas pour trouver des réponses. Je crois que dans le fond, j'avais peur de trouver. Cela mettrait fin à mon rêve d'exister. Des réponses partielles me satisfaisaient. Je voguais sur cette mer de connaissance. Je vivais à l'horizontal.

 

C'est lors d'une visite à la bibliothèque que je tombai donc sur ce livre. Il était coincé tout en bas d'une étagère sur le dernier rayon presque au niveau du sol, poussiéreux et jauni. Il attira mon attention et commençai à le feuilleter. Pas de pagination, pas de nom d'auteur, édition inconnue. Le texte débutait dès la première page et finissait au verso du livre. En fait j'ai cru à ce moment que l'on avait tout simplement arraché la couverture et les pages de présentation et qu'il ne restait de ce livre que le texte. Pourtant malgré son air vieillot quelque chose me disait que ce livre n'avait jamais ou peu été lu. La reliure semblait neuve et certaine pages étaient soudées ensemble, vous savez comme ces vieux bouquins dont il faut couper certaines pages reliées entre elles.

 

J'emporte donc ce livre avec quelques autres chez moi. Je dois dire que j'ai eu quelques problèmes lors de l'enregistrement du livre car celui-ci n'était pas officiellement dans l'inventaire de la bibliothèque. Après plusieurs vérification du bibliothécaire dans ses fiches et concluant que ce bouquin ne faisait pas partie de la bibliothèque il me laissa partir avec le livre en prenant soin de noter la première phrase (il n'y avait pas de titre, ni de numéro d'enregistrement ni de pochette où mettre la date de retour et l'éventuelle carte où l'on notait les dates d'emprunt) en me faisant promettre de le ramener lorsque j'en aurais terminé la lecture. J'étais un habitué, il me faisait confiance.

 

"Je ne suis d'ici ni d'ailleurs, je ne connais ni souffrance ni joie. Le temps est une invention de l'homme. Je n'ai pas de concepts sur les choses du monde ni sur moi-même et pourtant j'existe". 

 

Cette phrase, notée sourire en coin par le bibliothècaire, avait piqué ma curiosité mais aussi ma méfiance. Combien de livres j'avais lu portant sur la spiritualité, sur les religions, les croyances et traditions, la psychologie et j'en passe! Tous ces livres m'avaient laissé comme un mauvais goût dans la bouche, une espèce de malaise. J'avais toujours l'impression qu'on essayait de me vendre quelque chose. En même temps cela faisait un peu mon affaire, je ne voulais pas trouver mais seulement chercher. Peut-être ces livres me ressemblaient trop...  

   

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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