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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 13:26

L'art d'écouter. Certainement l'art le plus important avec celui de vivre. Les autres viennent loin derrière. La musique, la peinture, l'écriture (etc.) dépendent en fait de notre capacité à transformer en quelque chose de sublime le simple fait d'écouter, d'observer, d'être attentif.

 

Écouter, ouvrir les portes, être présent à ce qui nous entoure, à l'autre. L'art d'écouter est certainement relié à la capacité de s'oublier pour laisser place à autre chose que soi-même. L'analyse, le jugement, l'opinion, autrement dit notre centre et tout le processus de la pensée doivent s'effacer pour que l'écoute devienne Art.

 

Les grands artistes-on peut être artiste sans pratiquer un art!- sont ceux qui ont cette qualité de présence, cette espèce de transparence requise pour être véritablement à l'écoute.

 

En musique, il est évidemment nécessaire d'écouter, de rentrer totalement dans la musique, de faire un avec elle. Pas de séparation entre les sons et le musicien. La musique, particulièrement dans l'improvisation, dirige la musique. C'est elle qui montre le chemin, chaque note étant la flèche, le tremplin pour la note suivante et ainsi de suite. Alors seulement la musique devient une aventure, une route qui se déploie au fur et à mesure devant nous.

 

L'écoute dans la vie de tous les jours devrait atteindre ce sublime qui permet alors d'apprendre, de rendre à chaque instant la richesse qu'il renferme. Autrement, le présent devient terne et vide, une sorte de prison d'où nous nous échappons par le réflexe de la mémoire, de la connaissance et de l'image que nous nous sommes forgé des gens et des choses. Nous vivons alors constamment dans le passé. Nous refusons le déploiement du présent et trouvons une grande sécurité dans la fixité de nos opinions, de nos jugements, de nos idées.

 

L'art d'écouter permet à la vie de prendre tout son sens. La mémoire avec les connaissances qu'elle contient prend alors sa juste place et n'est plus ce réflexe d'évasion devant l'inconnu, cette fuite devant le vivant.

 

Ce qui est vivant est toujours imprévisible, toujours en mouvement.

 

Le présent est mouvement. Vouloir appréhender le présent avec le passé c'est le conflit garantie.

 

N'est-ce pas ce que l'on peut observer quotidiennement autour de nous?

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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