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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 17:10

Il m'apparaît évident que l'amour est un obstacle pour le genre de société dans laquelle les oligarques voudraient nous voir vivre. Nous avons, dans une grande majorité, assimilé, accepté, intériorisé le fait que nous sommes en constante compétition les uns avec les autres. Nous avons fait nôtre cette façon de voir et sommes même prêts à défendre becs et ongles nos privilèges devenus des droits. Nous trouvons tout-à-fait respectable, dans l'ensemble, notre société qui est fondée sur une incroyable injustice systémique. Nous faisons payer le prix fort à d'autres humains pour vivre comme nous le faisons.

 

Les nombreux conditionnements dont nous sommes l'objet depuis notre enfance, à l'école, à la télévision, par nos parents, notre entourage, nos professeurs, l'ensemble de la société font que nous avons perdu de vue cette base (l'amour) qui, si nous en sommes dépourvu-et nous le sommes-, rend caduque toute tentative de changements réels et profonds.

 

Ce mot, amour, est devenu plat à force de se coucher dessus voire suspect par nombre de gens. L'amour est un état et non une expérience. L'amour n'a pas d'objet. L'amour exclusif n'est pas l'amour, l'amour possessif n'est pas l'amour. L'amour exclut d'emblée la compétition, la jalousie, l'envie, la dualité sous toutes ses formes.

 

Il faut bien faire ce constat navrant, nous sommes dépourvus d'amour. Nous cachons notre handicap derrière des discours mielleux, derrière nos bons sentiments qui sentent (j'allais écrire qui puent) l'apitoiement sur soi et les autres qui ne sont qu'une autre forme subtile d'égocentrisme. 

 

Nos combats pour une plus grande justice sont limités parce que notre vision de la justice est limité. Quand ont nous aura donné de quoi nous satisfaire (et il en faut peu) nous retournerons à nos petites affaires, continuant notre vie mesquine, car au fond on se préoccupe de l'injustice dans la mesure où elle nous dérange personnellement ou en tant que groupe ou nation...Les autres...

 

Ce n'est donc pas la justice qui nous préoccupe mais...nous à travers la justice. C'est pourquoi nous pouvons nous déclarer, par exemple, satisfait du genre de vie que l'on mène pendant que d'autres se font massacrés, pendant que d'autres ne mangent pas à leur faim, n'ont pas accès à de l'eau potable etc.

 

Si nous commencions par le début? Si nous commencions par voir le manque d'amour en chacun de nous? Nous voir tels que nous sommes? Sans jugements ou conclusions mais simplement voir?

 

Alors, peut-être, on pourra parler de révolution. En attendant, on peut toujours s'étourdir avec nos spasmes pseudo-révolutionnaires et s'exciter collectivement pour quelques miettes de justice. 

 

Pour être francs, l'injustice...on s'en fout tant qu'elle ne nous touche pas...

 


 


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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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