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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 17:48

Il est très difficile de vraiment écouter. La plupart des gens entendent ce que vous dites mais sont incapables de réellement écouter comme on peut regarder sans voir. Écouter implique un abandon de nos préjugés, de nos défenses, opinions de toutes sortes et autres résistances.

 

Nous sommes tellement persuadés que nos opinions sont importantes, qu'elles structurent en fait notre personalité, que nous nous y accrochons désespérément, pensant ainsi être fort, avec une tête bien faite, sur les épaules. Ces opinions (souvent "arrêtées") servent en fait à cacher notre misère intellectuelle, notre manque d'ouverture et notre incapacité à nous renouveller.

 

La véritable et profonde écoute est en lien directe avec l'affection qui peut unir les protagonistes d'une discussion. Le lien d'amour (je n'aime pas trop utiliser ce mot devenu plat à force de se coucher dessus...) qui existe entre des interlocuteurs, fait parti de la qualité d'écoute nécessaire pour une compréhension mutuelle.

 

La rencontre, la communion n'est possible qu'à cette condition.

 

Écouter peut être un art. Pour parvenir à cela il est impératif de mettre de côté nos idées sur les événements, choses et activités journalières qui occupent notre esprit à longueur de jour et de nuit parfois. Entouré de nos préjugés, qu'ils soient d'ordres sociaux, religieux, culturels, psychologiques etc., nous n'écoutons plus qu'à travers ces horizons bruyants et distrayants. Le discours, les mots de l'autre ne sont plus qu'un vague flot de sons dont on pense saisir le sens, mais qui nous échappe en fait. En tout ou en partie.

 

Nous saisissons qu'une partie des idées exprimées, ou alors nous les déformons pour les rendre conformes à nos valeurs et sacro-saintes opinions.

 

Écoutez, pour voir. Ce slogan radio-canadien est plein de sagesse au fond et si nous écoutons réellement, nous allons probablement éteindre la plupart des radios et télévisions qui nous distraient, nous détournent de préoccupations légitimes par le biais de propagandes (les nouvelles ou informations formatées!) ou d'émissions plus stupides et vides de sens les unes que les autres.

 

Écouter réellement permet de saisir le sens derrière les mots. La volonté de manipuler qui peut se cacher derrière un discours en apparence anodin et politiquement correcte, le désespoir qui peut se cacher derrière la violence des mots, la tristesse qui peut se cacher derrière la beauté d'un poème, ou la beauté qui se cache derrière la fine observation d'un évènement ou de la nature. 

 

Nos esprits sont tellement attachés à nos croyances et à notre connaissance! Nous nous fuyons souvent à travers ces aspects de la vie. Se voir tel que nous sommes ne requiert aucune connaissance théorique, encore moins de croyance religieuse ou autres puériles fatras. Se voir en face demande une grande humilité et le moteur de cette humilité est la passion que l'on a pour la vie. La vie dans son sens le plus large. C'est cette passion qui va nous donner l'affection nécessaire pour communiquer réellement. Affection pour l'autre parce que faisant parti du vivant! 

 

Brel, dans une entrevue, parlait de la timidité (modestie) que l'on devait avoir devant le vivant.  

 

La plupart d'entre nous sommes passionés par nous mêmes, il faut bien l'admettre. Par ce que l'on fait, pense, par l'impact que cette action ou cette pensée peut avoir sur notre entourage. Notre société privilégie la réussite personnelle, l'ambition, l'individualisme et ainsi nous forme et déforme dès notre plus tendre enfance. Nous trouvons normal cet état, cette préoccupation presque maladive de notre personne, de notre moi. C'est notre culture et il est extrêmement difficile de s'en détacher et de voir toute la misère qu'elle apporte dans nos rapports les uns avec les autres.

 

Nous sommes devenus les spectateurs de nous mêmes.

 

 

 

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Published by Yannick Rieu - dans Culture
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