Mercredi 2 octobre 2013 3 02 /10 /Oct /2013 19:35

Arrivé à Toronto. Vol entre Montréal et Toronto occupé par la voix enthousiaste d’Adrian. La nuit dernière fut courte, mon esprit occupé par les deux mélodies chinoises que nous allons jouer pendant la tournée.

 

Je viens de lire un article dans la Presse de Claude Gingras portant sur cette chanteuse (que je ne connais pas si ce n’est que de nom) du nom de Coeur de Pirate. Déjà le nom fait un peu fleur bleue voire pire.

 

En fait Monsieur Gingras brosse un portrait peu flatteur de cette jeune fille sans en avoir l’air. Quelque chose de pervers dans sa demarche: la faire passer pour une chanteuse stupide (ça existe!) avec l’assentiment de celle-ci mais sans qu’elle sache que tout cela n’est qu’un jeu. Naîve, Coeur de Pirate?

 

Titre en première page citant la chanteuse s’adressant à notre pervers critique:”Vous êtes le seul à avoir compris ce que je veux faire” Ah Oui?

Premièrement il laisse CdP parler de son amour de Chopin, “mon compositeur préféré” mais elle est incapable de nommer une seule oeuvre de cet artiste, ni d’ailleurs de Debussy ou Bartok qu’elle a étudié au conservatoire.

 

Deuxièmement Gingras nous explique l’ensemble de ce que propose Béatrice (c’est son vrai nom) se ramène à peu de chose. Laissons le critique s’exprimer: “Des textes très simples, naïfs, plutôt tristes, voire un peu maladifs”. Et la pauvre de souligner qu’elle parle surtout d’elle même: “J’ai parlé des problèmes des autres dans deux chansons seulement. À ce jour, j’en ai écrit une centaine”. Mmmm…On pourrait qualifier cette femme (fille?) de légèrement narcissique. Parler de soi dans 98 des 100 chansons que l’on écrit relève du genie ou de la connerie. À vous de choisir.

 

Ensuite nos deux amis parlent de la teneur de la musique de Coeur de Pirate. Simplicité déconcertante peut-on lire. Venant de Gingras le mot déconcertant peut être traduit par à peu près “c’est tellement niaiseux que je n’ai pas de mot pour décrire ce vide”. La voix? “Toute petite, sans une once de vibrato, avec une ligne de chant proche du parlé (elle ne chante pas vraiment donc), le tout à l’intérieur d’une octave” confirmé par Coeur de Pirate qui chante "do-ré-mi-fa-sol-la-si-do, et pas une note de plus!" Aucun travail sur la voix donc.

 

C’est là que notre génial critique, sans en avoir l’air, se risque à conclure: “Le résultat peut paraître-comment dire-insignifiant et je risque le mot". La petite (c’est l’expression de Gingras) reprend le mot “insignificant” pour elle-même pendant que lui souligne l’expression “peut paraître” et elle comprend. Le rapprochement avec le minimalisme la surprend: “Je n’avais jamais pensé à ça”.

 

J’ai un peu mal pour elle à ce moment…

 

C’est pas fini! Le critique lui fait part que sa diction est défaillante. “La diction: c’est ce qu’on me reproche le plus souvent. Mais ce n’est pas un accident, ça, c’est sûr”. Le reste oui?

L’article fini en "beauté" losque la chanteuse nous affirme qu’elle aurait le gout de faire du piano classique mais pas le talent, la technique, la force, la volonté.

 

Mon avion part dans quelques minutes. Je ressens comme un malaise. Allez savoir pourquoi.

 

Il y en a qui ont le don de se mettre dans la gueule du loup.  

Par Yannick Rieu - Publié dans : Culture - Communauté : Blogueurs du Québec
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