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21 août 2019 3 21 /08 /août /2019 05:01

 

L’autre

 

Lorsque devant une feuille de papier

Ma plus grande joie

Mon plus grand deuil

Est de constater 

Que « je » n’écrit pas

Mode d’emploi

 

La musique

Ultime refuge dynamique

De ma liberté

 

Maison hantée

Château gaieté 

Grotte épique 

 

Ne la bouscule pas 

Ne la cueille pas

N’y touche pas

Ne l’effleure même pas

Comme la fleur

Regarde-la

T’écouter

Souvenirs d’une année

 

Septembre

 

Dans une cours d'école

Des enfants rigolent

 

L'été s'endort

Sous un soleil d'or

 

Octobre

 

Sous le feuillage rouge

Rien ne bouge

 

Il est six heures

Et la lumière

Déjà 

Prend peur

 

Novembre

 

Une bruine d'automne

Des pas résonnent

 

Dans une rue abandonnée 

Une passante s'est égarée

 

Décembre

 

Le froid embrasse mes pas

L’argent de la lune

Invente

Des ombres et des dunes

 

Janvier

 

Le bleu encombre

Se cristallise en pénombre 

 

L'intense froideur

Pulvérise les odeurs

 

Février

 

Le temps ronge

Les âmes qui s'allongent 

 

Les journées sont longues

Et les nuits aussi

 

Mars

 

On sent comme un vent

De changement

 

Le soleil renaît

Le désespoir en retrait

 

 

Avril

 

Le sang coule dans ses bras

La sève monte d'ici-bas 

 

La neige en retrait

Coule dans les caniveaux

 

Mai

 

Après dormance

Les vélos roulent groggys 

 

Étourdis de leurs rêves

Endoloris par la trêve 

 

Juin

 

Des mômes dans la rue

Des senteurs de jasmin

D’asphalte et de jardin

 

L’école en bandoulière 

Pour leur âme buissonnière 

 

Juillet

 

Encore gamins

À ma fenêtre guetter

Les foudres de l’été

Les soleils carmins 

 

Août 

 

La lumière s’étire déjà

On sent la récolte 

Un souffle de révolte

L’école arrive à grands pas

 

 

 

 

 

 

 

 

—-

Encore amour toujours

 

Avant, pendant

Après, derrière, devant 

Dessus, dessous

Les tumultes avachis

Et les effrois

À même le bruit, les voix

La vie, les trépas 

Passent ou cassent

Les haines et les amours

Tombent ou dansent

Le silence et l’espace

Jusqu’à la fin de toujours

 

 

 

La conne

 

L’hystérique était là

Devant moi

Rouge brique 

En émoi

C’était une baronne

Une courtisane lubrique

Une reine sans couronne

Une sainte conne

Un centre à rabais

D’où tremblaient 

Tous ses membres

 

 

 

 

 

Infidélité

 

Salie, déchirée, souillée 

Par tous les côtés

Je t’ai prise 

Recto verso

Sans crises

Ni accrocs

Jetée sans émoi

Sans oui ni mais

Ni pourquoi

Sans autre forme de procès 

Et j’ai recommencé

Avec une autre que toi

Vierge, immaculée 

Je puis comprendre que tu sois froissée

Feuille de papier

Censure, inquisition

 

À toi petit con

À toi petite conne

Imbu de ta personne

Militant pour la liberté d’expression

À coup de censure et d’inquisition

Mais dis-moi

Qu’est-ce qui te prend

À vouloir interdire

Au silence réduire

Un simple manant?

Es-tu si propre?

D’avoir raison convaincu?

D’être une bonne personne?

Il y a peu des fesses au nombril

Que nul terrien n’aurait envie

De te botter le cul?

 

 

 

 

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Published by Yannick Rieu