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20 août 2019 2 20 /08 /août /2019 01:33

Quelle est et d’où vient cette fascination pour son pays, ses racines, son origine? Pourquoi certaines gens sentent le besoin de faire l’apologie de leur provenance, de leur pays, de leur patrie? De leur famille, de leur clan, de leur tribus? Pourquoi n’ai-je jamais senti cet appel de la nation, ce besoin de glorifier le groupe auquel je suis supposé appartenir? Devrais-je être fier de ce que les autres ont accompli de bien par le passé ou défait par leurs méfaits?

Je me contente d’observer.

Je suis un mammifère doté d’un cerveau. Celui-ci me permet de prendre du recul par rapport à moi-même, par rapport aux autres, aux situations, à mon environnement, à ma place dans le monde. Privilège de l’être humain...jusqu’à preuve du contraire! (la science aussi pose des questions à l’intérieur d’un paradigme bien défini qui peut changer au fil du temps, des découvertes, de la capacité de l’homme à braver et outrepasser ces paradigmes).

Qui suis-je, que suis-je? Je peux répondre en partie à ces questions fondamentales sans être non plus trop affirmatif. C’est ce que je redoute dans toutes formes d’apologie : le manque de recul, de doute, de détachement. L’émotion qui submerge tout...

Je me méfie des émotions en même temps qu’elles me servent - surtout dans mon métier : musicien. Le romantisme, forme d’émotivité, peut me mettre mal à l’aise lorsqu’il s’agit d’utiliser ce mode pour penser le monde. Les bons sentiments, les pieux souhaits, les pensées vertueuses, les raccourcis transformant la réalité en mythes cachent trop souvent une incapacité à voir le réel, à l’affronter. On transforme le passé en une sorte de fantasme, à travers une cécité partielle et bien choisie, un angle d’observation idyllique n’ayant que peu avoir avec le réel. En général le point de vue - l’émotion - est un mauvais départ pour toute investigation. C’est le « carburant » pour toutes les religions et pour, aujourd’hui, une certaine gauche à mon sens fourvoyée, ainsi qu’une droite tout aussi peu digne d’être prise au sérieux. Bien sûr, je le répète, comme l’intelligence, l’émotion à son rôle à jouer dans l’existence mais dès qu’elle dépasse ses «compétences » - le terrain sur lequel elle peut se déployer avec succès - elle perd de sa pertinence, de sa raison d’être, elle nous fait faire fausse route.

On peut apprendre du passé, cela va de soi. Glorifier celui-ci? Je connais trop le présent pour tomber dans ce piège...

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Published by Yannick Rieu